Un ancêtre quelque peu encombrant !

 

 

Lorsque Wang Tse Ming (Wang Zeming), disciple direct de Wang Hsiang Chai (Wang Xiangzhai), et qui transmit la filiation de l’Ecole San Yi Chuan (Sanyiquan ou " Poing des Trois Harmonies ") à Georges Charles, fut contraint, en 1949, de quitter précipitamment la Chine ce ne fut pas en raison de ses activités personnelles mais simplement parce qu’il était le descendant de Wang Yang Ming (Wang Yangming ou Wang Shuren) (1472 1529) un mandarin philosophe, homme d’action et réformateur, ayant vécu sous la dynastie Ming.

 

Wang Yang Ming
Wang Yang Ming (1472 1529)
Mandarin, philosophe, homme d'action
Ancêtre de Wang Tse Ming (Wang Zemin)

 

Ce simple fait lui valut d’être activement recherché par la police politique du nouveau régime et il apprit que sa tête avait été mise à prix comme celle d’autres descendants de cet illustre ancêtre qu’il avait le tort d’honorer dans l’Autel familial des ancêtres.

La famille de Wang Tse Ming était, en effet, originaire de Yueh qui se trouvait dans le district Yu-Yao situé au sud-est de Hangzhou (Hangcheou) dans le Zhejiang (Che Kiang).


Cet endroit bénéficiait déjà d’une grande célébrité puisqu’il se situait à immédiate proximité du tombeau et du temple de Yue Fei (Yao Fei) (1103 1142), le " Général Patriote Protecteur des Frontières ", l’un des héros les plus célèbres de la Chine. Hangzhou avait été, en effet, la capitale impériale des Song du Sud et bon nombre de grandes familles s’étaient fixées dans ses environs immédiats où elles entretenaient des domaines.


C’est dans l’un d’eux que le treizième jour du neuvième mois de la huitième année de Cheng Hua (1472) naquit Wang Yang Ming, de son nom privé Wang Shou Jen (Wang Shouren), également nommé Po An. A cette époque, la famille Wang honorait déjà la mémoire d’un célèbre ancêtre, Wang Hsi Chih (Wang Cixi) (321 379), calligraphe réputé ayant été ministre à la cour de l’Empereur Hsiao Wu Ti.

Le père de Wang Yang Ming, Wang Hua Tsing, était, de son coté, ministre à Nanjing (Nankin) et avait été titré " Mandarin Erudit ", l’un des titres officiels les plus enviés récompensant les hauts fonctionnaires impériaux, en 1481.


La mère du jeune homme mourut lorsqu’il avait treize ans et il suivit donc son père dans ses activités mandarinales.

En 1491, lorsqu’il avait dix huit ans, juste après s’être marié avec Mademoiselle Chu, la fille du Conseiller d’Etat, il rendit visite à Lou Liang (1422 1491), un savant taoïste très réputé qui accepta de l’initier et dont il fut le dernier disciple.

Celui-ci lui transmit, notamment, l’oeuvre complète du philosophe Chu Hsi (Zhu Xi) (1130 1200) fondateur de l’Ecole du Principe Rationnel (Li Xue).

Pour celui-ci " L’Esprit (Shen) ne peut exister que si il y a combinaison et harmonie entre le Souffle (Qi) (énergie vitale) et le Principe (Li) ".

Cette unité de l’Esprit et du Principe était également prônée par Lu Jiuyan (Liu Xiangshan) (1139 1199), le fondateur de l’Ecole de l’Etude du Coeur (Xinxue) (Coeur en tant que formateur de l’Esprit.

" Xin (Coeur)est ce qui engendre Shen (Esprit) ".

" L’Univers est le Coeur de mon Esprit et mon Coeur est l’Univers ! ".

On retrouve ce principe dans les enseignements essentiels du Fondateur de l'Aïkido, Morihei Ueshiba O Sensei.

Mais il est vrai que Wang Yangming est très connu et étudié au Japon sous le nom de O Yomei.

Cette rencontre avec Lu Jiuyan influença très profondément Wang Yang Ming qui chercha à l’approfondir toute sa vie durant.

Lorsqu’il choisit un nom pour son Ecole, beaucoup plus tard et après une illumination, il utilisera simplement celui de Xinxue... " Etude du coeur-esprit " aussi traduit par " Pureté du Coeur ".


Parallèlement Wang Yang Ming se passionnait pour " l’art militaire " (Wushu) et la stratégie. Très jeune ils réussit brillamment les examens officiels puisqu’en 1492 il était déjà diplômé du Mandarinat au niveau de la province.


Ce qu’il confirma en 1493 et 1496 où il reçut un titre officiel du Mandarinat Impérial


En 1499, à seulement vingt huit ans, il réussit l’examen impérial le plus élevé et obtint, à la seconde place pour tout l’empire, le titre envié de " Savant Reconnu ".

 

 

Une carrière bien remplie…d’honneurs et de disgrâces