Le Yijing des praticiens du Tao

 

" Oh, combien il est difficile de demeurer taoïste dans un bas monde qui ne respecte plus même Confucius ! "

Wang Tse Ming
Wang Tse Ming (Wang Zemin ou Tai Ming Wong) 1909 2002

 

avait coutume de soupirer le Maître Wang Tse Ming dans de multiples occasions où sa patience était prise en défaut et se heurtait au quotidien contemporain du monde phénoménal qui nous entoure encore et toujours.

Le fait qu’il se prétendait descendant direct de l’illustre Wang Yang Ming (1472 - 1529), alias Wang Shouren, fondateur de l’Ecole de l’Esprit (Xinxue), dont on dit qu’il révolutionna la pensée philosophique de la Chine des Ming et du Japon jusqu'à l’Ere Meiji, le fait qu’il soit considéré comme un initié taoïste du Ling Pao Ming , le fait qu’il ait passé plus de soixante années de sa vie à étudier, à pratiquer, à enseigner divers Arts Taoïstes comme la calligraphie magique (Fu Lu), la géomancie chinoise (Feng Shui) et les Arts Chevaleresques (Wushu) avec les Maîtres les plus réputés de Chine, dont le fameux Wang Xiang Zhai (Wang Hsiang Chai) ne lui permettaient pas, pour autant, de conserver, dans ces circonstances, la fameuse impassibilité qui, soit disant, est l’apanage de la sagesse orientale.

 

Wang Yang Ming
Wang Yang Ming (1472 1529) ancêtre de Wang Tse Ming
Il dénonça les "boutiquiers de Confucius"



Cette phrase s’accompagnait d’un demi-sourire narquois et désolé et d’une indéfinissable lueur dans le regard. Cette lueur métallique, presque assassine, en disait beaucoup plus qu’un long discours.

Après, généralement, il se refermait comme une huître se bornant à poursuivre son chemin ou son activité, par principe, sans sembler attacher aucune importance à ce qui pouvait se passer autour de lui.

L’un des rares sujet qui motivait sa formule, faisait apparaître cette lueur mais l’engageait, par contre, à devenir intarissable était, justement, le fameux Yijing.


Une fois le mot lancé chacun en prenait pour son grade et ceci dans des proportions homériques où copistes, traducteurs, commentateurs, interprètes, devins, bidouilleurs de baguettes et de piécettes se retrouvaient sur la sellette. Sa théorie était on ne peut plus simple...


Que ce soit en Chine ou en Occident on s’est, de tous temps, évertué, et plus particulièrement en ce qui concerne le Yijing, à rendre compliqué et inutile ce qui, à l’origine, était simple et efficace.

Il convenait donc de tout reprendre, de tout repenser, de tout expliquer depuis le départ.

Dans cette hypothèse, il souhaitait mettre en œuvre les principes essentiels exposés par Wang Yang Ming :


Apprendre, s’enquèrir, réfléchir, débattre, agir constituent autant d’aspect de l’étude. Etudier sans qu’il y ait action cela ne se peut.
De tous temps en tous lieux, rien n’a jamais pu se nommer étude qui n’ait impliqué de l’action.
Etudier c’est agir, agir c’est étudier.
L’étude n’a de valeur que si elle est étayée par l’action et réalisée par l’esprit. Si ce que je cherche dans mon esprit se révèle faux dans l’action, quand bien même cela serait affirmé par Confucius, je ne me permettrai pas de le prendre pour vrai.
Ne parlons pas même des autres qui n’arrivent pas même à la hauteur de la sandale de Confucius.
Si ce que je cherche dans mon esprit se révèle vrai dans l’action, quand bien même cela sortirait de la bouche d’un homme du commun, je ne me permettrai pas de le prendre pour faux.
Alors, à quoi bon mal citer Confucius !
En cas de doute il convient simplement d’agir
".

 

Un article de Xavier "Shawei" Garnier sur le Yijing et Leibniz
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YI JING : Traité de la simplicité originelle...