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" Oh, combien il est difficile de demeurer taoïste
dans un bas monde qui ne respecte plus même Confucius !
" avait coutume de soupirer le Maître
Wang Tse Ming dans de multiples occasions où sa patience
était prise en défaut et se heurtait au quotidien
contemporain du monde phénoménal qui nous entoure
encore et toujours.
Le fait qu’il se prétendait descendant direct de l’illustre
Wang Yang Ming
(1472 - 1529), alias Wang Shouren, fondateur de l’Ecole de l’Esprit
(Xinxue), dont on dit qu’il révolutionna la pensée
philosophique de la Chine des Ming et du Japon jusqu'à l’Ere
Meiji, le fait qu’il soit considéré comme un initié
taoïste du Ling
Pao Ming , le fait qu’il ait passé plus de soixante années
de sa vie à étudier, à pratiquer, à
enseigner divers Arts Taoïstes comme la calligraphie magique
(Fu Lu), la géomancie chinoise (Feng Shui) et les Arts Chevaleresques
(Wushu) avec les Maîtres les plus réputés de
Chine, dont le fameux Wang
Xiang Zhai (Wang Hsiang Chai) ne lui permettaient pas, pour
autant, de conserver, dans ces circonstances, la fameuse impassibilité
qui, soit disant, est l’apanage de la sagesse orientale.
Cette phrase s’accompagnait d’un demi-sourire narquois et désolé
et d’une indéfinissable lueur dans le regard. Cette lueur
métallique, presque assassine, en disait beaucoup plus qu’un
long discours. Après, généralement, il se refermait
comme une huître se bornant à poursuivre son chemin
ou son activité, par principe, sans sembler attacher aucune
importance à ce qui pouvait se passer autour de lui. L’un
des rares sujet qui motivait sa formule, faisait apparaître
cette lueur mais l’engageait, par contre, à devenir intarissable
était, justement, le fameux Yijing.
Une fois le mot lancé chacun en prenait pour son grade et
ceci dans des proportions homériques où copistes,
traducteurs, commentateurs, interprètes, devins, bidouilleurs
de baguettes et de piécettes se retrouvaient sur la sellette.
Sa théorie était on ne peut plus simple...
Que ce soit en Chine ou en Occident on s’est, de tous temps, évertué,
et plus particulièrement en ce qui concerne le Yijing, à
rendre compliqué et inutile ce qui, à l’origine, était
simple et efficace.
Il convenait donc de tout reprendre, de tout repenser, de tout
expliquer depuis le départ. Dans cette hypothèse,
il souhaitait mettre en œuvre les principes essentiels exposés
par Wang Yang Ming :
" Apprendre, s’enquèrir, réfléchir,
débattre, agir constituent autant d’aspect de l’étude.
Etudier sans qu’il y ait action cela ne se peut. De tous temps en
tous lieux, rien n’a jamais pu se nommer étude qui n’ait
impliqué de l’action. Etudier c’est agir, agir c’est étudier.
L’étude n’a de valeur que si elle est étayée
par l’action et réalisée par l’esprit. Si ce que je
cherche dans mon esprit se révèle faux dans l’action,
quand bien même cela serait affirmé par Confucius,
je ne me permettrai pas de le prendre pour vrai.
Ne parlons pas même des autres qui n’arrivent pas même
à la hauteur de la sandale de Confucius. Si ce que je cherche
dans mon esprit se révèle vrai dans l’action, quand
bien même cela sortirait de la bouche d’un homme du commun,
je ne me permettrai pas de le prendre pour faux. Alors, à
quoi bon mal citer Confucius ! En cas de doute il convient
simplement d’agir ".
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