Le syndrome de la falaise


Par Georges Charles

 

Falaise Mers
Quelques menus travaux.
2.575 millions € HT (voir affiche plus bas !)
Vous marrez pas c'est vous qui allez payer la facture !


J’ai la chance d’habiter, donc de vivre, à immédiate proximité de la côte normando-picarde et de ses falaises réputées qui sont celles, d’un coté, du Tréport et de l’autre de Mers les Bains.


Or, si la terre gagne sur la mer sur le front sableux de la Baie de la Somme, c’est la mer qui avance sur la terre lorsque celle-ci offre de la résistance grâce, ou à cause, de ces dites falaises.


Et celles-ci ont la fâcheuse tendance de s’effondrer sous l’attaque des marées rendant leur abord, par en bas, ou leur surplomb, par en haut, assez dangereux.
C’est un fait.


L’accès aux plages situées sous ces falaises est donc réglementé la plupart du temps mais strictement interdit lorsqu’un pan de falaise s’est écroulé.

 

Falaise Mers
On a la pelle et le seau qu'on peut !


Or, logiquement, la plage est plus dangereuse lorsque le pan de falaise menaçant est encore présent que lorsqu’il est transformé en blocs de craie gisant sur l’estran.


Mais à ce moment la plage est ouverte.


Il suffit que ce pan se soit effondré pour que la plage soit interdite.

 

Falaise Mers
Procédure en cas d'accident.


Alors que visiblement on ne risque plus rien puisque l’effondrement signifie la fin du danger immédiat.


Lorsque le morceau de falaise est sur la plage il ne risque plus de vous tomber sur la tête.
Puis, peu à peu, l’interdiction cède à nouveau la place à l’autorisation puisqu’il faut bien que les touristes se promènent.


Et ce peu à peu finit par aboutir au fur et à mesure à un nouveau risque d’effondrement qui rend la plage ouverte plus dangereuse que lorsqu’elle était fermée.


Vous suivez ?


La logique voudrait qu’on ferme l’accès à ces plages mais les commerçants et restaurateurs locaux verraient leur chiffre d’affaire s’effondrer sur la plage déserte.


Et le chiffre d’affaire motive des taxes et des impôts.


Donc on aboutit, naturellement, à un compromis entre le principe de sécurité et le principe de rentabilité.

 

Falaise Mers
"Quand vous faites un trou dans votre jardin, il y a nécessairement une bosse.
Lorsqu'il n'y a plus de bosse il faut chercher la brouette
Plutôt que de chercher à combler le trou il faut récupérer la bosse"
GC

Il convient donc de nationaliser les pertes et de privatiser les profits !

 

Il n’empêche que la plage est généralement fermée alors qu’il n’y a plus de danger et qu’elle se retrouve ouverte lorsque le danger est à nouveau potentiellement présent.


C’est le syndrome de la falaise.


Syndrome qui semble être désormais une norme qui s’étend à d’autres activités que celles des plagistes.


Il convient donc maintenant d’attendre qu’un accident d’avion, de train, de passage à niveau se soit produit pour que l’on envisage, enfin, de prendre des mesures.


Il faut qu’on ait relâché dans la nature des dangereux récidivistes qui justement se mettent à récidiver pour qu’on prenne, enfin,  des mesures pour tenter d’éviter de nouvelles victimes.


Il faut que des ministres aient quelque peu dérogé au simple bon sens et à un minimum de morale pour qu’on envisage des mesures qui consisteraient à ce que la ministre des transports ne soit pas la femme du PDG de Renault ou que le ministre des affaires étrangères ne s’affiche pas ouvertement avec un dictateur en pleine phase de répression.


Ou du moins que cela soit plus discrètement effectué.


Il faut que des médicaments aient prouvé leur dangerosité, et provoqué des centaines de morts ou de malades, pour qu’on envisage de mieux veiller aux précautions de mise sur le marché, juteux, de la santé.


Il faut que les deux grands partis politiques, qui sont en fait des majorités alternatives et non des oppositions, voient un troisième larron se rapprocher de la ligne d’arrivée pour qu’ils se rendent compte de leur incompétence et de l’exaspération qu’ils engendrent depuis des années.


Mais sans pour autant modifier quoi que ce soit de leur attitude de morgue vis-à-vis des citoyens.


Et qui se disent  que, finalement, ils vont encore nous faire le coup de la falaise qui va s’écrouler et qu’il convient de manifester pour qu’on ne ferme pas la plage.


Alors qu’il suffit d’observer la Belgique qui se passe fort bien d’une majorité et d’une opposition pour faire fonctionner le pays à peu près normalement.


Continuez à nous prendre pour des veaux ou pour des moutons .

 

Continuez comme ça et ce ne sera pas un pan de falaise mais un ras de marée.

Falaise Mers
Vous êtres prévenus !

Un ajout du lundi 14 mars

J'ai horreur d'avoir tort mais peur d'avoir raison.

Il aura fallu attendre l'éboulement de la falaise Japon pour remettre en cause le tout nucléaire et, éventuellement, envisager de revoir la situation actuelle de nos merveilleuses centrales.

Et là tous les cafards, les cloportes, les scolopendres et autres poissons d'argent sortent précipitamment de dessous la moquette élimée où on les avait confinés.

Le Grenelle de l'environnement n'avait eu pour but, en réalité, que de justifier le nucléaire.

Il convient désormais d'un Grenelle du nucléaire pour dissoudre le nucléaire comme le Grenelle de 68 avait dissous 68.

A la radio et à la télé on constate que, depuis avant hier, ce nucléaire est devenu, comme Moubarak, comme Ben Ali et comme Khadafi, parfaitement infréquentable.

Alors qu'il y a un mois, à peine, la plupart des journalistes lui ciraient les pompes.

Mais non seulement il va bien falloir composer avec et gérer les accidents qui n'auraient jamais pu se produire mais, en plus le justifier et gagner du temps avant d'être obligé de le remplacer par des barbus.

Et on n'a pas tout vu !