|
|
Le Stage traditionnel de Reims et quelques
à-cotés
|
|
Le Stage de Reims est désormais une tradition puisqu'il
s'agit de la onzième année consécutive où
nous sommes invités par l'Association Jinding et où
nous retrouvons avec plaisir nos amis Membres Enseignants de la
Connvention des Arts Classiques du Tao Georges Marie Melin, Annie
Raulin et Remi Lamberth. Cette année à d'ailleurs
été l'occasion de délivrer une attestation
d'enseignante à Marie Odile Ladouce qui franchit ainsi le
pas qui relie la pratique et l'enseignement.
Comme chaque année nous étions plus d'une vingtaine
de pratiquantes et pratiquants confirmés et de plus jeunes
et nous nous sommes retrouvés dans un gymnase fraichement
remis à neuf ce qui nous changeait quelque peu de l'ancienne
MJC, fort sympathique au demeurant mais ô combien vétuste.

Le groupe des pratiquants : le but est bien protégé
!
|
Le Salut du Tigre Blanc et du Dragon
Vert : déjà un univers en soi
|
Un aspect de la pratique très important a été
particulièrement développé.
Il s'agit du Salut, très rituel, de "L'Union du Tigre
Blanc et du Dragon Vert" qui demeure un joyau de cette pratique.
Le salut, issu de la Chine Classique, est actuellement négligé
par la plupart des écoles...chinoises.
La raison en est simple, il évoque une autre Chine.
Celle de la sagesse millénaire, celle des grands classiques,
celle de Confucius et de Lao Tseu, de Bodhidharma, de Wang Yang
Ming celle du respect d'autrui et des bons rapports avec les pays
environnants.
Celle où l'Empereur de Chine faisait élever le "Grand
Dagoba blanc", la plus haute pagode de Pékin, en l'honneur
de la première visite à Pékin de son proche
voisin, le
Dalaï Lama.
Celle de la Chine où "Le Cong-Fou des Bonzes de Tao-Ssè",
l'antique gymnastique de
santé et d'éveil, décrit par le Père
Amiot n'avait pas encore été récupéré
par Ling pour "créer" sa fameuse "gymnnastique
suédoise" qui donnera plus tard naissance à l'hébertisme
puis à l'olympisme et à ses dérives mafieuses.
Celle de la Chine qui, plusieurs millénaires avant nous,
traitait d'écologie dans ses classiques et organisait, en
400 av.J.C. une conférence de désarmement.
Celle de la Chine où est né le Taoïsme et le
Bouddhisme Chan.
Celle, non pas de la Chine du passé, mais de la Chine millénaire
et immémoriale dont les habitants, nés sous le ciel,
se nommaient eux-mêmes les "Célestes".
Cette Chine là n'appartient plus aux Chinois mais à
l'humanité toute entière et à toutes celles
et ceux qui se retrouvent dans la Voie - Tao - et dans son Principe
-Te - et qui se reconnaissent dans des valeurs de Bienveillance
(Ren), de Justice (Yi), de Convenances (Li) et de Fraternité
(Yishi).
Cette Chine se retrouve simplement dans ce salut qui dérange,
bien évidemment, celles et ceux qui préfèrent
la fuite en avant et l'exotisme de pacotille.
Et celles et ceux qui souhaitent cantonner ces pratiques à
une simple gymnastique douce et anodine sans saveur et sans odeur.
|
Les formes externes fondamentales : un
oubli à combler
|
|
Il est donc possible de pratiquer l'Externe tout en se tournant
vers l'Art de Vie et la vivification plus que vers la destruction
et la mortification.
Tout n'est simplemennt question que de compréhension !
Mais si rien n'est expliqué, généralement sous
le fallacieux prétexte qu'il n'y a rien à dire, l'externe
demeure une simple pratique brutale qui se limite à une simple
méthode d'auto-défence.
C'est limiter l'Art Chevaleresque à son aspect le plus primaire
!
Retrouver l'origine classique de l'Externe c'est se tourner vers
une ouverture infinie et non vers une slérose de casseurs
de briques et de fendeurs de planches déguisés en
faux moines.
Mais comprendre l'Interne c'est aussi éviter la désillusion
de l'interne et des tentatives d'intégration cosmiques se
réduisant souvent à du mystico-gélatineux.
Il est plus facile d'être en harmonie, seul, avec l'Univers
que d'accepter la différence d'autrui là, maintenant.
Et que de supporter son voisin de palier !
Entre le défoulement hystérique d'un externe mal compris
et le refoulement obscessionel d'un interne mal interprété
il existe un vaste monde qui mérite d'être exploré.
Dans cette optique le travail du "Poing des Cinq Eléments"
et le travail des
"Cinq Animaux" demeure quelque chose de très concret
mais aussi de très initiatique.
Dans le simple sens où celui qui pratique et qui comprend
la pratique évolue dans celle-ci et ne se limite pas à
une simple apparence de pratique.
Retrouver les postures de base qui permettent un travail en profondeur
procure une sensation réellement vécue au travers
de ses os, de ses muscles, de sa circulation, de sa respiration,
de ses sensations, de son intention.
C'est autre chose qu'une chorégraphie violente et paranoïaque
!
|
Le Tao Yin Qigong du Ling Pao Ming :
Une autre voie de réalisation
|
La pratique de l'Externe n'exclut pas de se réaliser dans
l'interne.
La fameuse "Gymnastique chinoise" ne se limite pas, heureusement,
à sa vision occidentalisée d'une gymnastique douce
pour personnes du quatrième âge !
Ou à un "Qigong" permettant, miraculeusement de
tout soigner y compris le mal de vivre.
De tous temps elle fut pratiquée en Chine et dans la plupart
des pays voisins et de la diaspora chinoise par des gens de tous
âges et de toutes conditions.

Un travail corporel et énergétique
!
Elle fut pratiquée tant par le Mandarin ayant rang de ministre,
quand il ne s'agissait pas de l'empereur lui-même, que par
le paysan illètré mais à qui "on ne la
faisait pas" sur les questions de temps et de climat...et de
problèmes de dos !
Chacun y trouvant un avantage et qui, reconnaissant ses bienfaits,
transmettait son savoir de génération en génération
et ceci depuis des siècles sinon de millénaires.
Sans, probablement, le secours d'une fédération ou
d'un ministère compétent.
Cela se faisait, cela se fait et cela se fera encore sans trop de
difficulté.
Probablement en Chine mais aussi en Occident.
Puisque la Chine ne détient pas, sur ce sujet particulier,
de monopole.
En fait il suffit de pratiquer pour devenir pratiquant !
C'est aussi simple que cela.
Et de bien pratiquer pour devenir un bon enseignant.
Et d'enseigner pour demeurer enseignant.
Les histoires de tenues, de ceintures, de chaussures et de médailles,
de papelards et de reconnaissances sportives ne sont que secondaires
sinon très superflus.
La pratique se suffit à elle-même et n'a pas besoin
de justification ni de justificatifs pour être et pour demeurer
ni pour se transmettre.
Sinon elle n'existerait plus depuis des siècles.
La méthode que nous transmettons, et nous nous en excusons,
ne date que du treizième siècle et s'est transmise
de génération en génération sans rien
avoir demandé à personne.
Elle n'est pas cinq fois millénaire mais re-créée
la semaine dernière par le Grand Maître Pimpampoum
comme cela se voit très souvent.
Mais elle a le mérite d'être présente en France
depuis 1949 et transmise au sein de l'Ecole San Yiquan depuis 1974.
Et elle peut être pratiqué par toutes et tous et surtout
par celles et ceux qui n'ont plus envie de "faire du sport"
comme on "fait les pyramides" ou comme un "fait un
infarctus".
Lorsqu'elle est pratiquée par des handicapés simplement
parce qu'elle s'adapte à leur handicap mieux que ne le fait
la société ou les transnports en commun nous n'en
faisons pas tout un plat.
C'est simplement "la pratique".

Quelques conseils à Jeremy !
|
Et la pratique du Bâton dans un
contexte d'amitié et de respect d'autrui
|
Généralement lorsqu'on parle d'Arts Martiaux et plus
encore de pratique d'armes on imagine le pire.
Ici nul besoin de pousser des cris furieux et de mettre en scène
la violence.
Ni de risquer plaies et bosses.
Cette pratique du bâton représente un travail en soi.
Mais le bâton permet de mieux comprendre et apprécier
les mouvements corporels et la capacité de transformer l'intention
en action et de préciser celle-ci en solo ou avec un partenaire.

Un travail en solo et en groupe !
Il s'agit donc d'un jeu.
Les Chinois, jadis, lorsqu'il pratiquaient parlaient d'un jeu (Shi).
On joue donc au Taiji, au Kung-Fu, au "Qigong", aux échecs
chinois.
Il s'agit donc d'un échange plus que d'une confrontation.

Le bâton lien entre terre et ciel au traves
de l'Etre Humain
Un échange ou corps, bâton, intention, mouvement ne
font qu'un.
Un échange où l'on recherche plus l'harmonie avec
un partenaire que de faire semblant de vaincre un faux adversaire
bien consentant et bien élevé.
Mieux vaut jouer dans l'harmonie que de se complaire à une
mise en scène où, d'avance, les jeux sont faits et
où il existera nécessairement trois perdants : les
deux "adversaires" et la pratique.

Le fauteuil n'exclut pas le bâton...ni
la pratique !
Retrouver le plaisir de manier un "outil" de manière
à l'utiliser rationnellement voilà une autre tâche
plus profonde que de s'imaginer en Samuraï attaqué par
des Ninjas à la sortie d'un super-marché...ou dans
une salle de sport.
C'est encore se tourner vers ce qui construit, vers la vie, plutôt
que vers la mort.
Le Wushu authentique comme le budo authentique est un art de vie
et non une pratique mortelle ou qui se prétend telle.

Un jeu d'armes mais pas une arme pour jouer !
Et le plaisir de se retrouver et
de partager le subtil et le concret.
|
La pratique n'exclut pas ses à-cotés.
Depuis des années nous nous retrouvons donc tant pour
un pic-nic où chacun amène quelque chose à
manger ou à boire que pour un repas pris en commun
dans un restaurant asiatique.

Le traditionnel picnic de Reims
Pour ne pas déroger à la tradition, le beau
temps aidant, nous avons pu dresser les tables à l'extérieur
pour un sympathique repas en commun.
Ce fut le moment, également, d'évoquer plusieurs
actions humanitaires concernant l'Extrême-Orient avec
l'Association Assistance Médicale Toit du Monde et
l'Afrique avec l'implication de Georges Marie Mélin
dans la pratique de l'acupuncture.
Cette forme de médecine désormais bien connue
et appréciée du public occidental peut être
mise à profit pour soigner, à moindres frais,
des populations démunies.
J'ai pu rappeler à ce sujet que j'avais, dès
1994, écrit plusieurs articles concernant le rôle
essentiel de l'artesisia annua (armoise à fleurs jaunes)
dans le traitement de la malaria et du paludisme et qu'il
n'était pas nécessaire d'atendre les laboratoires
occidentaux pour utiliser cette plante comme cela est le cas
en Chine depuis près d'un millénaire avec d'excellents
résultats.
J'ai également fourni des indications précises
quant à son utilisation et sa culture afin que cette
plante puisse être utulisée dans le cadre des
opérations humanitaires en Afrique et ceci en passant
au dessus d'une information détournée par les
laboratoires produisant l'artémisine sous brevet.
Les Chinois n'ont pas attendu l'extraction de cette mollécule
nis le brevet d'exploitation pour utiliser la plante.
Les Africains pourraient tout à fait faire de même
si ils étaient informés et non désinformés
y compris par certaines ONG qui ont visiblement d'autres intérêts
que de soigner la maladie.
La discussion a donc été assez animée
et passionée mais très constructive.
Et devrait être suivie d'effet.
|
Et même de découvrir
un bon restaurant où l'on peut apporter son vin
!.
|
|
Ce fut également l'occasion de se retrouver, le stage terminé,
en comité plus restreint et d'affermir les liens entre l'Association
Jinding et l'Association IDAMCT qui toutes deux oeuvrent au sein
de la Convention des Arts Classiques du Tao.

Du subtil et du concret à la Table Kobus
A cette occasion nous avons pu apprécier la cuisine fort
inventive de "La Table Kobus" à Epernay.
Et d'avoir une discussion avec le Chef, Thierry Sidan, un ancien
du Crillon, sur le travail des saveurs, des couleurs, des textures.
Et de constater que la meilleure cuisine n'était pas du tout
incompatible avec les règles millénaires de la diététique
chinoise.
L'une des particularités de ce restaurant est de permettre
à ses convives d'apporter la bouteille de leur choix.
Il est souvent difficile au restaurant, à moins d'avoir de
très gros moyens, de réelement faire coïncider
les plats proposés à la carte avec les vins proposés
sur la carte de ce même restaurant.
En règle générale il faut donc se contenter
de déclasser le vin par rapport au plat choisi sinon de choisir
un vin passe-partout.
Ce qui est réellement dommage.
La Table Kobus possède évidemment une carte des vins,
et même une excellente carte des vins avec, évidemment
les meilleurs crus de Champagne.
Il est donc tout à fait possible, comme dans n'importe quel
bon restaurant de choisir sur cette carte un vin adapté au
repas que l'on commande.
Mais il est aussi possible, et c'est cela qui est une sacrée
innovation, de composer un repas en fonction du vin que l'on choisira
dans sa propre cave !
Et sans recevoir de coup de bambou ni l'hire du patron, du chef
ou des serveurs.
Donc d'apprécier pleinement un plat confectionné par
un Chef et de boire le vin qui convient sans être obligé
de laisser une ardoise équivalant à plusieurs mois
de salaire.
Il est souvent dommage de boire, chez soi, d'excellents vins avec
des plats qui, c'est normal, ne seront pas nécessairement
à la hauteur.
La grande cuisine ne s'improvise pas et c'est aussi un métier
et une passion.
Et il est dommage au restaurant de devoir se contenter d'un vin
somme toute quelconque avec un grand plat.
L'équation semblait difficile à réaliser, surtout
en France où les habitudes sont ce qui est le plus difficile
à faire évoluer.
Nos amis Italiens dans bon nombre de leurs plus grands restaurants
pratiquaient déjà le fait de pouvoir apporter sa bouteille.
Et si ils le faisaient c'est qu'il est possible de le faire et,
probablement, d'en tirer profit.
Ce qui n'est pas dépensé pour le vin peut, en effet,
l'être dans le choix de plats ou de menus plus élaborés.
Et chacun y retrouve son compte.
Puisque le vigneron, de toutes façons, est honoré.
Et que la qualité des plats et du vin en profitent.
Voilà donc une bonne initiative qui devrait faire quelques
émules.

En discussion avec le Chef Thierry Sidan
La Table Kobus
3 rue Dr Rousseau
51200 EPERNAY
tel. : 03 26 51 53 53
site : http://www.lattablekobus.com
|
|