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Charles George Gordon alias "Chinese
Gordon" alias "Gordon Pacha".
 Une exceptionnelle photo de Chinese Gordon en
1863
Il pose en uniforme de "Titou"
- Généralissime
de l'Armée Impériale des Treize Bannières Mandchoues.
Derrière lui les étendards pris aux Tai Ping.
Cette photo servira de modèle à son portrait officiel
Toute ressemblance avec un personnage existant récemment ne serait que
pure coïncidence !
Et il ne s'agit pas d'un montage.
Un officier sans peur et sans reproche
Georges Charles Gordon est né à Woolwich (G.B.)
en 1833. Il est le fils de Lord Gordon Officier Commandant de l'Artillerie
Royale.

La maison natale de Charles George Gordon à Woolwich
Après avoir été cadet de l'Académie
Militaire d'Artillerie, il sort premier de sa promotion et est muté
comme Second Lieutenant dans le corps de l'élite professionnelle
de l'Armée Britannique, le Royal Engineers à Chattam
dans le Kent.
Ce régiment est chargé de recueillir sur le terrain,
avant la bataille, des informations sur le terrain et sur l'ennemi
et ses retranchements pour ouvrir la voie aux troupes d'assaut en
faisant, notamment, sauter les ouvrages fortifiés et, si
possible, de sécuriser le terrain.
Il se compose donc d'éclaireurs, de sapeurs, de nettoyeurs
commandés par des officiers ayant le sens du renseignement
et de l'aventure. C'est "le" régiment d'élite
de l'armée professionnelle britannique.
Ce régiment est donc, encore de nos jours, concernant l'armée
britannique, le premier à être sur le terrain et à
pénétrer en territoire ennemi.
Ce fut encore le cas il y a quelques années au Kossovo ou
en Irak où, lors d'une expédition franco-anglaise,
il précéda la non moins fameuse Légion Étrangère.
Il fut donc, historiquement, à l'origine des corps spéciaux
et fut mis amplement à contribution lors de la dernière
guerre mondiale à l'occasion d'opérations sur le continent.
Nombre d'entre-elles demeurent encore classées "For
your Eyes Only" à l'équivalent de notre "Secret
Défense".
Ce régiment utilise habituellement les services discrets
et efficaces des fameux Gurkas, des montagnards népalais
qui utilisent avec dextérité leur fameux couteau recourbé,
le Kukri.
Et il est souvent appuyé par la non moins fameuse "Garde
Noire" (Black Watch) composée de montagnards écossais
des Highlands recrutés par le Clan Gordon au sein des Gordon's
Highlanders.
La couleur très sombre de leur kilt est à l'origine
de leur surnom.
Georges Charles Gordon commandera ce régiment pendant plusieurs
années lorsqu'il sera devenu Général.
Charles George Gordon photographié en civil en 1882
Il est à noter que le socle de sa statue, à Trafalgar
Square, porte sur le flanc droit la mention "Fortitude and
Faith" (Force d'Ame et Courage) qui était sa devise
préférée. Or, le terme "Fortitude"
sera utilisé comme nom générique de la principale
opération d'intoxication de l'Allemagne nazie concernant
le débarquement allié en France.
Elle consistait principalement à inciter Hitler à
croire que si un débarquement avait lieu en Normandie ce
ne serait qu'un leurre chargé de dissimuler une opération
plus importante devant se dérouler dans le Pas de Calais,
à proximité de Boulogne sur Mer. De ce fait Hitler
bloqua d'importants effectifs sur cette région au lieu de
les envoyer en renfort en Normandie, rendant alors possible le débarquement
allié. Ces renforts demeurèrent bloqués jusqu'en
septembre 1944, preuve que l'opération Fortitude avait parfaitement
fonctionné.
Nos amis Anglais se sont rappelés qu'en Chine, en Egypte
et au Soudan, les stratégies de Gordon permirent toujours
à un petit nombre de l'emporter sur la multitude et l'intelligence
sur la force brutale.
De son coté, l'opération Faith, demeurée ultra
secrète eut pour but de protéger, à tout prix,
la vie de Adolphe Hitler, pièce maîtresse de l'Opération
Fortitude et sans lequel celle-ci n'aurait pu avoir lieu.
En effet seul Hitler était en mesure de s'opposer à
ses généraux qui lui demandaient à cors et
à cris les fameux renforts pour la Normandie.
Elle eut également pour but de tenter de liquider, par tous
les moyens, le Maréchal Rommel qui était le seul à
pouvoir s'opposer à Hitler.
Après avoir été gravement blessé lors
d'une attaque aérienne anglaise soigneusement minutée
il fut prié par Hitler, étrangement averti de sa trahison,
de se suicider.
Ce qu'il fit avec le révolver de son chauffeur que celui-ci
avait oublié dans la boite à gants de la voiture qui
l'emmenait à Berlin.
Il eut donc des funérailles nationales au grand soulagement
de l'Etat Major allié. Fortitude and Faith permirent de gagner
la guerre mais eurent un coût humain très élevé.
De très nombreux réseaux de résistants français
également "intoxiqués" par le débarquement
dans le Pas de Calais et qui furent livrés à bon escient,
de nombreux résistants allemands qui avaient pour but d'attenter
à la vie de Hitler et qui alors devenaient plus qu'indésirables,
de nombreux soldats alliés sacrifiés dans des opérations
de diversion ou vouées à l'échec comme à
Dieppe en 1942 (où il y eut plus de soldats et d'officiers
tués en une seule journée que le 6 juin 1944 sur toutes
les plages de débarquement !
Dieppe fut donc beaucoup plus meurtrier qu'Omaha Beach.), de nombreux
civils tués sous les bombardements stratégiques dont
le seul intérêt fut d'attirer l'attention des Allemands
sur le Pas de Calais furent les conséquences dramatiques
de cette stratégie où la fin ultime justifie des moyens
inavouables.
Une partie du voile a été très récemment
levée sur Fortitude, il demeure à encore abattre le
mur qui se situe derrière le voile.
Gordon aurait probablement aimé que cela fut fait puisqu'involontairement
il fut mis en cause.
Charles George Gordon au siège de Malakoff pendant la Guerre de Crimée
Gordon, jeune officier breveté qui s'est spécialisé dans l'artillerie de sape, participe à la Guerre de Crimée et débarque en 1854 à Baklava. Il participe à diverses opérations sous le commandement de Lord Raglan dont l'assaut de Redan, le 18 juin 1854 et l'expédition de Kunbun. Après près d'un an de combat et de lourdes pertes dut tant à des maladies comme le typhus qu'à des erreurs stratégiques monumentales dont la fameuse "charge de la Brigade Légère" donne un apperçu, les troupes russes commandées par le Général Prince Alexandre Menshikov tiennent toujours en respect les troupes franco-britanniques.
Le siège de Sébastopol s'éternise.

Gordon à Malakoff : miraculeusement épargné par un boulet de canon
Sa carrière auraitpu s'arréter à cet instant précis !
Début septembre 1855 Gordon est détaché auprès de l'Etat Major français du Général Pélissier et propose de détruire une importante redoute qui protège l'ouvrage fortifié de Malakoff.
Sous un feu très nourri il parvient, avec des sapeurs du Génie, à investir la redoute et après un violent combat à la faire sauter.

La tour de Malakoff et à droite la brèche ouverte par Gordon.
Grâce à cette action le 3eme Zouave peut se lancer à l'assaut et après un combat très violent au corps à corps à la baïonnette et à l'arme blanche le fort de Malakoff tombe aux mains de l'armée française.
Ce qui permettra au Général Mac Mahonde de dire le fameux "J'y suis, j'y reste ! "
Le verrou que constituait Malakoff ayant sauté, Sébastopol est rapidement investi ce qui met fin à cette expédition. 
Le Troisième Zouaves prend d'assaut la Tour de Malakoff ce qui
permet de terminer victorieusement le siège de Sébastopol et la
guerre de Crimée.
C'est le Général Mac Mahon lui-même qui demandera à ce que Gordon soit décoré de la Légion d'Honneur et qui lui remettra sur le front des troupes franco-anglaises.
Gordon avait alors 22 ans et c'était sa première décoration.
Bien d'autres suivront !
Mais ce fait militaire révèle la personnalité extraordinnaire de Gordon qui sut toujours, lorsqu'il se sentait investi d'une mission, être là au bon endroit, au bon moment pour modifier le sens de l'histoire.
Il réalisait souvent à lui seul ce qu'une multitude n'avait pu obtenir.
Ce fut le cas en Crimée mais également, plus tard, en Chine, en Palestine, au Soudan.
Devenu attaché militaire auprès d'une commission internationale il séjournera en Turquie, en Bessarabie et en Arménie.
Il revient en Angleterre en 1858.
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Charles George Gordon en Chine : Chinese Gordon
Le sac du Palais d'Eté

Gordon recrute des soldats chinois qui lui seront toujours fidèles et qui le nommeront
"Chinese Gordon" "Gordon le Chinois" !
C'est un des rares officiers britanniques qui parle et écrit couramment le chinois et qui s'intéresse de très près aux grands Classiques.
Pour les Chinois de l'époque c'est le type même du Mandarin Militaire qui aurait pu être comparé à Wang Yang Ming.
En 1860 Français et Anglais déclenchent une opération
militaire qu'ils nomment "Guerre de l'Opium".
Les occidentaux reprochent au pouvoir impérial chinois le
promulgation de décrets interdisant la vente et l'usage de
l'opium.
Or la France et l'Angleterre par le biais de l'Indochine et des
Indes sont les fournisseurs patentés de millions de Chinois
qui s'adonnent aux paradis artificiels de la "boue noire".
Après avoir écrasé les armées chinoises
ils s'installent donc à Pékin la "Capitale du
Nord" non sans avoir préalablement pillé le Palais
d'Eté de Palikao en octobre 1860. Lord Elgin, le commandant
en chef de l'armée britannique charge Georges Charles Gordon,
alors jeune officier, de superviser l'opération.
Il s'acquitte parfaitement de cette tâche et avec l'accord
de Lord Elgin et du Général Jamin, commandant l'armée
française, propose qu'une somme de 80 francs or soit allouée
à chacun des soldats de l'expédition et qu'il soit
constitué une réserve pour les officiers des deux
armées à condition d'éviter le pillage individuel.
Gordon se propose d'avancer les fonds et est évidemment fortement
acclamé tant par les troupes que par les officiers.
l se charge personnellement de réaliser l'opération
et de transformer les objets d'art en monnaie sonnante et trébuchant.
Une partie du trésor de guerre part en France et en Grande
Bretagne, l'autre est vendue sur place à des compradores
chinois qui, au passage, tirèrent également un substantiel
bénéfice dans la transaction.
Cette opération économique, fort rentable, dont Gordon
était le maître d'oeuvre, fut un modèle du genre
ce qui n'empêcha d'ailleurs pas les troupes occidentales de
saccager le palais d'été auquel les Chinois avaient
déjà mis le feu en fuyant.

La mise à sac du Palais d'Eté
"Ce Gordon avait participé, en
1860, à la Bataille de Pékin, parmi les troupes franco-britanniques,
à l'incendie et au sac du Palais d'Eté Yuanmingyuan
; c'était un gangster capitaliste de la pire espèce
; il admit lui-même "avoir détruit par vandalisme
les richesses les plus précieuses"
(La Révolution des Tai Ping - Editions
en langues étrangères Pékin 1978)(P.145).
Mais cela permit surtout à Gordon de se faire connaître
tant des instances militaires que des commerçants occidentaux
et chinois qui reconnurent en lui un homme de parole, un organisateur
né et un fin stratège.
L'Armée Toujours Victorieuse.
A la suite de cette défaite militaire la Chine Impériale
fut contrainte de signer plusieurs "traités d'amitié
et de commerce" en complément du Traité de Tientsin
signé le 10 juin 1858.
Ces traités permettent, bien évidemment, de reprendre
de plus belle le juteux commerce de l'opium et de faciliter celui
ci par l'ouverture aux occidentaux de seize ports dont Shanghaï
et Hong Kong.
Mais ce commerce maritime et terrestre était fortement menacé
par la révolution des Tai Ping qui s'étendait peu
à peu dans le pays.
Avec l'accord de l'Empereur Hsien Feng (Hien Fong ou Weng Tsung)
les occidentaux constituent une armée de volontaires nommée
"Alliance de défense sino-étrangère"
et placent à sa tête un général d'infanterie
britannique, John Michel.
Il est rapidement rejoint par un aventurier nommé Ward qui
se vantait d'avoir été flibustier en Amérique
du Sud.
Ward recrute rapidement tout ce que le sud de la Chine comporte
comme gens de sac et de corde avec l'assentiment et le support financier
des grandes compagnies occidentales.
Bien armée cette troupe remporte plusieurs victoires sur
les Tai Ping et la jeune impératrice douairière Cixi
(Tseu Hi) lui décerne le titre de "Armée toujours
victorieuse". Mais Ward pendant le siège de Tsehi en
septembre 1862 est tué d'une balle en pleine tête.
Le Consul britannique de Shanghaï écrit "Je me
sens navré et désespéré car ne sais
pas comment lui trouver un successeur".
Plusieurs lui succéderont dont les Français Breton
et Tardif de Moidrey, l'Anglais Holland qui seront rapidement tués.
C'est un autre américain, ancien lieutenant de Ward, Henri
Burgevine qui leur succède. Mais ses exactions et sa brutalité
sadique sont telles que ses commanditaires finissent par le mettre
hors la loi.
Tant et si bien qu'il finit par passer dans l'autre camp et rejoint
les Tai Ping.
Chez lesquels il reprend ses mauvaises habitudes à tel point
que ceux-ci le livrent pieds et poings liés aux troupes impériales.
Enfermé dans une cage de bambou il est ramené à
Shanghaï pour y être jugé.
Sur le chemin la cage tombe opportunément dans une rivière
et il se noie.
Faute de trouver un nouveau volontaire et en désespoir de
cause, les occidentaux décident alors de faire appel à
un militaire de carrière et se souviennent de Gordon.
Il accepte le contrat mais demande carte blanche.
Deux heures après sa nomination il passe en revue l'Armée
Toujours Invincible. Contrairement à ses prédécesseurs,
des aventuriers qui étaient fiers de l'être, il se
présente en grande tenue d'Officier des Gordon's Highlanders
avec kilt, sporran, poignard kirk dans la chaussette et badine de
commandement sous le bras.
Il est accompagné d'un détachement de Highlanders
et procède à l'inspection au son du tambour et de
la cornemuse, accompagné par ses deux immenses chiens bergers
Setters.
Les Chinois sont sidérés.
Les occidentaux ne le sont pas moins.
Il vient se placer devant chaque chef de groupe, et, presque au
contact, se met au garde à vous et salue comme à la
parade puis serre chaleureusement la main de celui qu'il considère
désormais comme un officier à part entière.
Chinois et Indiens y compris.
Quelques mots pour chacun dans leur langue maternelle.
Il en maîtrise parfaitement plus d'une vingtaine.
Peu à peu toute la troupe se redresse et présente
les armes, fière d'être considérée non
pas comme un ramassis de mercenaires mais comme des militaires.
Il fait jouer la Marseillaise, God Save the King et l'Hymne Impérial
Chinois dont il a réussi à retrouver la partition.
A la fin de ce dernier les hourras retentissent de toutes part puis
les troupes défilent impeccablement, lui rendant les honneurs.
Il baptise alors chaque régiment suivant la tradition chinoise
des Quatre Animaux du Zodiaque, à l'Est le Dragon vert considéré
comme l'infanterie, au Sud l'Oiseau Rouge considéré
comme la cavalerie, à l'Ouest le Tigre Blanc considéré
comme les troupes de réserve aguerries, au Nord la Tortue
Serpent Noire considérée comme l'arrière garde.
Il ne manque que le Dragon Jaune à Cinq Griffes considéré
comme la Garde Impériale. Il le remplace par une garde personnelle
constituée de montagnards des Highlands recrutés par
le Clan Gordon.
A la fin du défilé il est déjà, pour
tous, "Chinese Gordon ", "Gordon le Chinois".
Non content de parler et d'écrire le chinois, il cite les
grands classiques et, fait encore plus extraordinaire pour un blanc,
il s'est attaché l'amitié et les service d'un jeune
maître chinois déjà très renommé
en la personne de Shen Zhureng (Shen Shaoxung), expert réputé
en Feng Shui (géobiologie chinoise) et dans l'Art de la Guerre,
auteur du "Shenshi Xuankong Xue" (Traité de l'Ecole
des Etoiles volantes) qui demeure, encore de nos jours, l'une des
ouvrages de Feng Shui les plus réputés en Chine.
Celui ci lui traduit et lui commente plusieurs versions des "Treize
Articles" de Sun Tse (Sun Tzu ou Sunzi) ainsi que le "Traité
secret de stratégie des Trente Six Stratagèmes"
de Tan Daoji.
Sunzi ou Sun Tzu, le Maître stratège qui inspira Chinese Gordon
Au lieu de mépriser les conceptions chinoises Gordon s'en
imprègne et les utilise au profit de l'Armée Toujours
Victorieuse.
L'utilisation rationnelle du terrain lié à la pratique
du Feng Shui adapté à l'art militaire lui donne rapidement
le dessus.
Lorsque Hong et les Tai Ping utilisent des armes chinoises tout
en voulant copier la stratégie occidentale, il utilise la
stratégie chinoise la plus classique mais avec des armes
occidentales.
Gordon inaugure la technique des Commandos qui restera une grande spécialité
du corps des Royal Engineers
Il attaque de nuit et par le fleuve un campement Taiping
Il remporte alors de nombreuses victoires à Jiaoding, Qingpo,
Ningpo, Jishan, Wusong, Liuhe.
Entraînées par son exemple les troupes impériales
commandées par le Taotai (Daodai) (généralissime)
Li Hongzhang (Li Hong Tchang) (1823 1901) reprennent peu à
peu le dessus. En mars 1864 voici ce qu'écrit Li au sujet
de Gordon :
"Gordon a un savoir vivre et un comportement bien supérieur
à ceux de tous les étrangers avec lesquels je suis
entré en contact et il ne laisse nullement apparaître
cette suffisance qui rend la plupart d'entre eux répugnants
à mes yeux. En outre son allure militaire est splendide et
il est direct et capable !".
Le Général Li écrivit une supplique au Trône,
louant chaleureusement Gordon auprès de l'Impératrice
Douairière.
Celle-ci, au nom de l'Empereur, promulgua le décret suivant
:
"C'est pourquoi nous sommes enclins à reconnaître
les services exceptionnels de Georges Charles Gordon en lui accordant
des récompenses exceptionnelles. Nous lui conférons
le titre envié de Gardien du Trône, le marquisat de
premier rang, perpétuellement héréditaire,
la décoration de l'Ordre de la Plume de Paon à Deux
Yeux, la fonction de Titou (Général de Corps d'Armée)
et le droit de porter la Tunique Jaune en présence de l'Empereur".
L'Impératrice Douairière CIXI au nom de sa Majesté l'Empereur de Chine
Le portrait officiel de Georges Charles Gordon
en uniforme de Titou - généralissime -
de l'Armée Impériale Mandchoue.
Il porte la tunique jaune réservée à ceux qui
peuvent approcher l'Empereur de Chine, honneur exceptionnel auquel
aucun autre occidental n'eut droit.
Il est armé d'un sabre au fourreau de galuchat vert.
Mais, sur la table, un pinceau indiquant qu'il écrit le chinois.
"Wen Wu" - le pinceau et le sabre -
Mandarin Civil et Militaire, ce qui en Chine, représente
l'aboutissement des vertus confucianistes (Wen) et de la bravoure
chevaleresque (Wou).
Le portrait officiel de Georges Charles Gordon en costume de Titou
atteste du fait exceptionnel qu'il portait cette tunique jaune que
nul occidental avant lui, y compris les Jésuites invités
à la Cour, n'avait jamais revêtue.
Cela étonne encore nos amis Chinois pour qui cette tunique
jaune est le symbole le plus élevé dans la hiérarchie
militaire impériale puisque celui qui la détenait
pouvait demeurer armé en présence de l'empereur.
Signe d'une confiance absolue.
Le titre de Gardien du Trône
était également la plus haute distinction militaire
habituellement réservée aux officiers supérieurs
de la Garde Impériale.
Le titre de Marquis (Hou) de Premier Rang représentait quant
à
lui une très haute distinction civile et permettait d'administrer
au moins cinq Comtés.
Il s'agit d'un titre nobiliaire perpétuellement héréditaire
donc concédé par l'Empereur de Chine à la descendance directe ou indirecte du récipiendaire.
Il ne cessera donc de fait qu'à l'avènement de le République de Chine en 1911.
Au même moment où le Marquisat de Yue, dont Wang Zemin (Wang Tse Ming ou Tai Ming Wong) était l'un des derniers représentants avec le Titre de Comte de Yue, cessera également d'exister.
La fonction de Titou assortie à décoration de la plume
de Paon à Deux Yeux correspondait, ou peu s'en faut, au titre
de "Feldmarshal", titre qui s'obtenait sur le champ de
bataille et non dans une école de guerre ou dans une antichambre
ministérielle.
Il est vrai que Gordon avait fait plusieurs fois preuve d'un courage
insensé comme le jour où il était pénétré,
seul et sans armes, dans les murs de Suzhou, la ville aux mille
canaux, encerclée par son armée.
Il proposa tout simplement au "Cinq Rois" qui défendaient
la ville de se rendre en échange de la vie sauve.
Et ceux-ci se rendirent le lendemain matin après l'avoir
invité à partager un banquet et après avoir
liquidé Tan Chao Kouang, le Prince Mou, qui refusait de capituler.
Gordon obtient la reddition de Suzhou
Les portes de la ville s'ouvrirent et Gordon reprit son chemin victorieux.
Mais il apprit le lendemain que Li Hongzhang, ne respectant pas
sa parole, avait fait exécuter les "Rois Coolies"
et fait massacrer les 20 000 Tai Ping de la garnison. Gordon fou
de rage, un révolver dans chaque main, revint parcourir Suzhou
"à la recherche de ce bâtard d'asiatique".
Chinese Gordon à la recherche de Li
Li ne dut son salut que dans la fuite.
L'impératrice au courant de cet état de fait fit envoyer
à Gordon une prime de plus de
10 000 taels d'or qu'il refusa
mais finit par distribuer à ses soldats.
Ceux-ci l'adoraient et respectaient son courage exceptionnel et
sa parole sans faille.
Les Chinois le considéraient comme
une divinité de la guerre, un "Général
Tigre Céleste" réincarné.
Ils relataient qu'au cours des combats les plus intenses il demeurait
debout, son stick sous le bras et le cigare aux lèvres, n'utilisant
que très rarement une arme mais encourageant chacun du geste
et de la parole, omniprésent.
Un jour voyant un soldat terrorisé et s'enfuyant devant une
charge des Tai Ping, il l'agrippa, le retourna comme un sac et l'obligea
à tirer, son fusil posé sur sa propre épaule,
faisant office de bouclier.
Voyant cela les autres fuyards vinrent à la rescousse, arrêtant
net la charge.
Gordon repartit souriant comme si rien ne s'était passé.
Mais en mars 1864 son invulnérabilité lui fit défaut
et il fut néanmoins blessé devant Jintang.
Ce qui ne l'empêcha pas de continuer à donner ses ordres.
L'Armée Toujours Victorieuse fut dissoute.
Mais le premier juin de la même année le Roi des Tai
Ping, encerclé par les troupes de Li dans Tchongchan, se
suicida en avalant des feuilles d'or.
La révolution des Tai Ping aura fait, estime-t-on actuellement,
plus de vingt millions de morts.
Sans l'Armée Toujours Victorieuse et Chinese Gordon nul ne
sait quelle aurait été la fin de l'histoire.
A l'encontre de nos Amis Chinois, précisons un simple fait.
Gordon est intervenu en Chine suite aux accords passés entre l'Empereur de Chine et la Grande Bretagne.
Gordon était un officier britannique et il a donc obéi aux ordres de sa hiérarchie qui a respecté ses accords, donc la parole donnée. .
Il a été mis, ensuite, à la disposition de l'Empereur de Chine comme les accords signés le prévoyaient et il a aidé à sauvegarder le trône impérial ce qui était sa mission.
Il ne s'agit donc en aucun cas d'un "mercenaire"
mais bel et bien d'un officier dans l'exercice de ses fonctions.
Ce qui est fort différent.
Gordon l'humaniste guerrier.

Gordon en grand uniforme avec ses multiples décorations gagnées sur le terrain
Dont la Grand Croix de la Légion d'Honneur qui lui fut remise par la France
pour son aide et son courage au siège de Malakoff pendant la Guerre de Crimée
Ce fut sa première décoration, il avait 22 ans.
Gordon aurait probablement pu demeurer en Chine et y finir sa vie
dans les honneurs.
Il préfèra rentrer à Londres où parallèlement
à ses activités militaires il milita dans de nombreuses
associations de bienfaisance, créant la "Milton Médicant
Society" qui regroupa les mendiants et les défavorisés
des bas quartiers et, pour la première fois, des "gens
de couleurs" qui y étaient représentés
officiellement.
Il rencontra William Booth, fondateur de l'Armée du Salut
auquel il apporta son appui inconditionnel ainsi qu'une partie de
sa fortune.
Il aida à constituer la structure quasi militaire de cette
organisation et lui apporta son crédit personnel auprès
des autorités religieuses et politiques.
Il soutint activement la "Native Rule" qui s'opposait
à l'ordre colonial en Irlande, en Écosse, en Afrique
du Sud, en Inde, au Botswana, en Rhodésie, au Soudan, en
Palestine.
Dès qu'il le pouvait il se consacrait personnellement à l'éducation morale des enfants de ses soldats.
Gordon faisant la classe aux enfants de ses troupiers
Il y consacrait beaucoup de son temps et ce n'est donc pas une affiche électorale !
Ce faisant il s'opposa officiellement à Gladstone qui, au
contraire, défendait la "Home Rule", donc les colons
au détriment des "indigènes".
Les prises de position de Gordon, notamment en faveur de la suppression
totale et définitive de l'esclavage et de la traite des noirs
en Afrique lui valurent de franches inimitiés dans le monde
politique de l'époque.
En 1873, devenu quelque peu indésirable à Londres,
il se rend pour un premier séjour au Soudan, alors sous protectorat
britannique, où il accepte de devenir gouverneur général.
La légende de Gordon Pacha est toujours bien vivace
!
Il s'emploie alors activement à pourchasser sans merci les
trafiquants d'esclave et d'ivoire allant jusqu'à organiser
plusieurs opérations meurtrières.
Les hommes du désert le surnomment "l'Ange de la Mort".
Bien avant Lawrence d'Arabie, à qui il servira toujours de
modèle, il s'habille en Bédouin, monte un dromadaire
et parcourt le désert à la recherches des caravanes
à la tête d'une troupe fanatisée. 
Le légendaire Gordon Pacha illustre un paquet de cigarettes destiné à la troupe
A l'époque on mourrait plus souvent sur un champ de bataille que du cancer !
Entre temps il s'est initié au Soufisme, parle et écrit
l'Arabe classique, cite le Coran et ses hommes le nomment désormais
"Gordon Pacha".
Les trafiquants sont exterminés, les esclaves libérés.
La plupart d'entre eux le rejoignent et constituent alors sa "Garde
Noire Soudanaise" (Soudanese Black Watch).
Il promulgue une loi interdisant l'esclavage et le trafic d'esclaves
sur tout le territoire du Liban et y libère tous les esclaves.
Il prend également parti pour les minorités noires
chrétiennes et animistes qu'il protège des fondamentalistes
musulmans.

Gordon Pacha - gravure sur bois - Soudan
L'imagerie populaire donne une idée de la popularité du personnage
Le compositeur britannique Edward Elgar (Pomp and Circumstance) avait comme
projet de lui consacrer sa Première Symphonie en 1898.
Elle lui fut simplement dédiée.
Ce faisant il nuit évidemment très gravement aux intérêts
divers tant des Britanniques que des Français et des Arabes
particulièrement Egyptiens qui tirent de ces trafics de très
nombreux avantages.
Il est alors rappelé à Londres où il reprend
de plus belle ses diverses activités humanistes sinon subversives.
I
l passe le plus clair de son temps et la presque totalité
de sa fortune à créer et entretenir de nombreuses
associations parfois révolutionnaires.
Il milite, évidemment, pour l'autonomie de l'Irlande et de
l'Ecosse.
Puis il décide de se rendre aux Indes où, après avoir commandé sagarde personnelle, il devient
rapidement le secrétaire et le conseiller personnel du Vice
Roi.
Charles George Gordon (au centre) aux Indes avec la Garde du Vice Roi
Il y entretient de nombreux contacts avec les partisans déclarés
de la "Native Rule", donc de l'indépendance.
Le Golgotha et le Calvaire de Gordon à
Jérusalem.
En 1883, Gordon est en Palestine, à Jérusalem, alors
sous protectorat britannique.
Son séjour en Chine et ses études de Feng Shui avec
Shen Zhuren (Shen Shaoxung), le jeune Maître de l'Ecole des
Etoiles filantes, ainsi que sa curiosité naturelle, l'incitent
à rechercher l'emplacement exact du Golghota, lieu où
aurait été crucifié le Christ.
La version officielle ne le satisfait pas car Golghota, en Araméen
et en Hébreu, signifie "crâne", et par extension
"en forme de crâne" et la colline du Mont des Oliviers
que l'on donne comme le lieu de la crucifixion n'évoque en
rien ce terme particulier.
Pendant des jours, sinon des semaines, il parcourt à pied
Jérusalem et ses environs, seul, vêtu comme un Palestinien,
recherchant une colline en forme de crâne, il questionne les
habitants.
Un vieil homme lui indique qu'une tradition ancienne désigne
un endroit particulier qui n'est pas une colline, mais une falaise
comportant, de plus, plusieurs tombes considérées
comme très anciennes et un jardin secret connu de quelques
rares initiés.
Un matin à l'aube, il se rend sur place et ses efforts sont
récompensés puisque le crâne apparait avec ses
trous orbiculaires et nasal, les mâchoires inférieures
et supérieures.
Il s'agit d'une falaise dominant Jérusalem et qui semble,
en effet, un lieu propice aux crucifixions puisque particulièrement
spectaculaire et sinistre.
Sa force de conviction est telle qu'on décide alors d'y élever
un calvaire, le "Calvaire
de Gordon" (Gordon's Calvary).
Calvaire provient du latin "calvaria", traduction de l'Hebreu
Golgotha, qui signifie "crâne" et par extension
"ossements".
A l'époque la nouvelle de la découverte de l'emplacement
réel du Golgotha fit beaucoup de bruit et, devant l'évidence,
nombreux se rangèrent à la thèse de Gordon.
De nos jours le Calvaire de Gordon existe toujours à Jérusalem
et est amplement photographié par les pèlerins et
les touristes.
De ceux qui l'ont vu, nul ne doute que Gordon avait raison.
Plusieurs tombes sont visibles et un petit jardin y est entretenu
apportant au lieu, au demeurant sinistre, un havre de paix et de
quiétude.
Gordon Pacha et le Mahdi.

La statue de Gordon Pacha à Kartoum au Soudan en 1926
La réplique de cet statue est au Royal Ingeneers.
Entre temps est apparu au Soudan un nouveau prophète en la
personne de Muhammad Ahmad Ibn Allah Al Mahdi qui prétend
être le douzième Iman caché descendant l'Ali.
Celui dont "La Main est guidée par Dieu", le Mahdi,
veut instaurer un pouvoir intemporel imposant les loi islamiques
les plus fondamentalistes ainsi que la Sharia, Loi Sainte, dans
toute la région.
Il a donc entrepris une guerre sainte contre tous les intérêts
occidentaux et contre les modérés de l'Islam.
Cela aurait pu être simplement anecdotique, car les nouveaux
prophètes et illuminés de Dieu n'ont jamais manqué
à la région, si le Mahdi et son armée fanatisée
n'avait anéanti, en 1883, une expédition anglaise
forte de 15000 hommes et commandée par le Général
Hicks.
Devant le catastrophisme de la situation le gouvernement britannique
fait alors, une fois de plus, appel à Gordon.
Gordon Pacha revient donc à Kartoum acclamé par la
population.

Gordon Pacha entre dans la légende africaine
à Kartoum
Kartoum est une plaque tournante du commerce dans toute la région
du nord est de l'Afrique et en quelque sorte un passage obligé entre l'Afrique centrale et l'Afrique du nord.
Ce commerce qui implique toutes les populations vivant dans la région
s'accommode assez mal des principes d'un Islam fondamentaliste tel
que le prône le Mahdi.
Gordon, soutenu et pressé de toutes part, demande les pleins
pouvoirs à Londres ainsi que l'envoi d'une force militaire
conséquente.

"Kartoum, la dernière aventure impériale" par Michael Asher
L'un des nombreux ouvrages consacrés à Gordon Pacha
Londres fait la sourde oreille et laisse comprendre à Gordon
qu'il conviendra qu'il se débrouille avec les moyens du bord,
c'est à dire une garnison locale composée de Soudanais.
Gordon, suivant son habitude, ne se laisse pas démonter pour
autant et recrute une milice locale à l'aide de sa fameuse
"Garde Noire Soudanaise".
Il entraîne ses troupes et entreprend plusieurs expéditions
contre les groupes armés du Mahdi sans pouvoir, toutefois,
obtenir de résultat décisif.
Le 29 mars 1884 l'armée du Mahdi attaque Kartoum mais, malgré
une supériorité numérique écrasante,
subit de nombreuses pertes et est repoussée.
Gordon a utilisé, comme en Chine, sa science du terrain et
une capacité stratégique défensive sans faille.

La base de la statue de Gordon
à Trafalgar Square :
"Fortitude and Faith"
Sa devise personnelle.
Fortitude, comme disent les Anglais. C'est la force d'âme,
le courage, la vertu qui permet de repousser les limites de la défense
et d'envisager une contre attaque. Gordon en organise plusieurs,
obligeant le Mahdi à se tenir, à son tour, sous la
défensive.
Le siège durera alors 312 jours et le 26 janvier 1885 vers
15 heures, Gordon tombera, dans des circonstances encore méconnues.
La fameuse colonne de secours n'arrivera jamais.
Il faudra attendre 1898 pour que Lord Kitchener délivre Kartoum des troupes Madhistes.
Mais le Mahdi ne survivra pas longtemps à Gordon : il mourra en juin 1885 de maladie.
.
La mort de Gordon Pacha le 26 janvier 1885 à Kartoum
suivant une gravure d'époque
Une épitaphe à la Cathédrale
Saint Paul et une statue à Trafalgar Square.
La mort de Gordon, abandonné par le pouvoir politique, provoquera
un ras de marée en Angleterre, particulièrement dans
les classes défavorisées de la société
qui accusèrent le gouvernement de l'avoir laissé tomber,
sinon de s'en être débarrassé, en raison de
ses convictions politiques en leur faveur.
Le gouvernement Balfour fut contraint de démissionner devant
la levée des boucliers que provoqua le scandale de cette
nouvelle désastreuse.
Une souscription populaire eut lieu pour lui ériger plusieurs
statues dont la plus connue est à Trafalgar Square, non loin
de la Colonne Nelson, où il est représenté,
droit et pensif, en tenue d'Officier, le pied posé sur un
affût de canon détruit.
Comme méditant sur la folie de la guerre.
Sur le coté gauche du socle figure une allégorie avec
deux femmes et sa devise personnelle préférée
"Faith and Fortitude".

La statue de Charles George Gordon a Trafalgar Square
Réalisée par Sir W. Thorneycroft R.A. (1850 1925)
Son épitaphe, à la
Cathédrale Saint Paul, fut rédigée par Lord
Kitchener, qui reprendra Kartoum en 1898 :

Le Mémorial de Charles George Gordon à la Cathédrale Saint Paul à Londres
"Gordon est un Homme qui de tous temps et en tous lieux
a donné sa force aux faibles, sa fortune au pauvres, sa sympathie
à ceux qui souffrent et son coeur à Dieu".
Lord Kitchener

Lord Kitchener of Khartoum
En grand uniforme du Royal Engineer
Il reprendra Kartoum en 1898 et rendra un vibrant hommage à Gordon Pacha.

La base de la statue réalisée par Sir W. Thorneycroft RA (1850 1925)
Elle est encore visible à Trafalgar Square
Elle indique qu'il fut le Major General Commandant le Regiment des
Royal Engineers, l'un des plus célèbres de l'Empire Britannique et qui existe toujours !
Tué à Khartoum 26 janvier 1885

En Angleterre comme en France tout finit aussi par des chansons
Un film à grand spectacle lui sera consacré en 1966
: Kartoum, de Basil Dearden, avec Charlton Heston dans le rôle
de Gordon et Lawrence Olivier dans le rôle du Mahdi.
En réalité, contrairement à ce qui est décrit
dans ce film, les deux hommes ne se seront jamais rencontrés
de leur vivant.

Gordon et le Mahdi sur un fond de Kartoum en flammes !
Comme Lawrence d'Arabie il rédigea plusieurs ouvrages
de réflexion et de mémoires qui relataient une partie
de ses aventures extraordinaires et de ses nombreux voyages.
Il ne se tua pas, comme Lawrence (et comme Coluche !), dans un accident
de moto inexpliqué.
Les "amitiés particulières" de Gordon Pacha.
Mais, après sa mort, on lui attribua également des
amitiés particulières
("Mars without Venus" du Major General Franck M. Richardson
- Mars sans Vénus - allusion perfide à un livret gothique
"The Service of Venus and Mars - Music for the Knights of The
Garter" - "Au Service de Mars et de Vénus - Musique
pour les Chevaliers de l'Ordre de la Jarretière" - qui
sous entendait que Charles George Gordon servait volontiers Mars,
la guerre mais pas Vénus, donc les femmes.
Gordon ayant été élevé,
à titre posthume, au rang de Grand Maître de cet Ordre,
le plus prestigieux délivré par La Couronne Britannique,
donc par le Roi ou la Reine d'Angleterre aux plus vaillants chevaliers
du Royaume et ceci depuis 1340).
La devise de cet ordre "Honni soit qui mal y pense", en
français dans le texte, est avec "Dieu et mon Droit
", en français également, la devise de la Maison
Royale.
Elle est à rapprocher de la devise des Gordon "Do Well
and let them say" - "Fais pour le Bien et laisse les dire" -
L'homosexualité de Gordon Pacha, comme celle de son disciple
Lawrence d'Arabie, a été le sujet de multiples controverses
à une époque où elle était considérée
comme un péché presque mortel sinon une tare inavouable.
Dans les deux cas, comme dans celui de Pierre Loti en France, il
s'agissait de personnages hors du commun aimant à se travestir
et à adopter les moeurs et coutumes de peuples considérés
comme "barbares" par la "Gentry" et pratiquant
donc une sexualité différente !
Ce qui aux yeux des puritains de l'époque victorienne était
considéré comme le summum de la débauche, les
"orientaux" étant réputés comme pratiquant
la sodomie.
Concernant Gordon, il avait eu le tort d'avouer dans l'un de ses
nombreux écrits qu'il "possédait un penchant
pour la jeunesse de corps et d'esprit" ce que certains ont
immédiatement traduit, dans un langage d'époque, par
"éphébérastie" - de éphèbe
: adolescent(e) et erastês : amoureux, aimant, attiré par.
Et donc par "pédérastie" - de paidos : enfant
et erastês : aimant.
Donc aimant les enfants !
Ce que l'on traduirait de nos jours, à tort, par "pédophile".
En jouant ainsi avec les mots il fut possible de tenter de transformer
Gordon en ogre à la Gilles de Rais sur la base
de son affirmation !
Nobody is perfect ! 
La devise et les armes du Clan Gordon.
Tout un programme.
"Bien faire et laisser dire"
La Chine et le dessous des cartes au Soudan
Pourquoi Pékin s'accroche à Kartoum
et favorise le bourbier du Darfour ?
Une autre analyse de la situation inspirée par Gordon Pacha
Cliquer ici
Gordon Pacha au Soudan réussit à lui seul ce que ne put accomplir une armée

Gordon Pacha en grand uniforme
Photo et cadre provenant de Kartoum
Propriété de l'auteur
Charles Georges Gordon est le frère du mari de l'arrière grand-mère de l'auteur.
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