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VIVEMENT L'EFFET DE SERRE ! .
Par Chan Sanyi alias Georges Charles
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Quand l'indexation nous tient par la barbichette.

C'est même pô une usine à
gôz c'est les forges d'Outreau à Boulogne !
Ouais, mais c'est pas mal vu comme zinzin.
Au vu et au su de l'augmentation des tarifs du gaz et, prochainement
encore, de l'électricité nous sommes désormais
en droit d'attendre ce que les climatologues nous promettent : l'effet
de serre.
En effet, dans notre pays, producteur exédentaire d'électricité,
se chauffer en hiver devient désormais un luxe réservé
aux classes les plus favorisées.
L'électricité, on le sait, est devenue hors de prix.
Il faut être PDG d'un multinationale ou agent EDF/GDF pour
se chauffer grâce à l'électricité.
De ce fait, tous les ans les préfets des régions nord
de la France mettent officiellement en garde leurs administrés
contre les asphyxies causées par des modes de chauffage dangereux
et souvent obsolètes : poêles à charbon, à
sciure, à pétrole et à n'importe quoi qui causent
tous les ans de nombreux décès dont les enfants et
les personnes âgées sont les premières victimes.
Salauds de pauvres !
Dans les appartements insalubres et désuets, donc très
mal isolés, des banlieues provinciales on a cessé
depuis longtemps d'utiliser les convecteurs électriques d'origine
qui faisaient exploser le budget familial avant le quinze du mois.
Ils se retrouvent désormais en masse dans les brocantes.
Exit le "tout électrique" sympathiquement installé
par l'office HLM.
Et on se chauffe comme on peut.
Avec n'importe quoi. Donc n'importe quoi.
Au risque de s'empoisonner le sang, de se détruire les poumons
ou d'incendier l'appartement.
C'est cela le service public.
Où plutôt l'ex-service public.
Notre joyau national, né dans l'immédiate après
guerre à partir de l'ECFM (Électricité Charbon
et Force Motrice !) qui avait obtenu de gros avantages de "Mon-Maréchal"
avait préféré changer de nom.
On comprend pourquoi.
Un peu comme Inter France, radio parfaitement collaborationniste,
était devenue France Inter.
Ceci grâce à "Mon-Général".
La lessive qui lave plus blanc.
Il fallait un "Grand Service Public au Service du Public"
(Delouvrier).
Il fallait donc produire de l'énergie à bon marché
de manière à ce que la France puisse s'éclairer
et se chauffer.
Ce qui se fit fort bien pendant de nombreuses années.
De temps en temps les employés de cette grande société
venaient couper le gaz et l'électricité aux nécessiteux
qui alors s'asphyxiaient dans l'indifférence générale.
Mais bon an mal an la facture restait acceptable au plus grand nombre.
Puis vinrent divers chocs pétroliers et énergétiques.
On nous expliqua doctement que pour éviter d'être dépendants
de ressources extérieures, donc du pétrole, il nous
fallait se tourner résolument vers le nucléaire et
l'atome.
C'était ça ou passer à la casserole.
Ce fut donc cela.
Et la France revendit alors l'électricité excédentaire
à la plupart de ses voisins.
Mais la facture de l'usager français ne baissa pas pour autant.
Deux poids lourds douze mesures :
On nous expliqua ensuite qu'il fallait utiliser le gaz naturel qui,
par essence, échappait aussi aux produits pétroliers
ce qui n'était pas le cas, par exemple des GPL (Gaz de pétrole
liquéfiés) - comme le Butane ou le Propane).
Ce gaz naturel, dit gaz de ville, en fait Gaz de Lacq ou de Gröninge
sinon d'Algérie est d'une qualité combustible assez
médiocre.
Par entente entre les "gaziers" (gaz de ville) et les
"pétroliers" (GPL) on indexa donc le prix du "gaz
de ville" sur le prix des GPL afin que la concurrence entre
les deux s'équilibre "naturellement".
Mais à prix égal les GPL demeuraient plus rentables
puisque d'un pouvoir énergétique plus avantageux.
En gros avec la même quantité de gaz il fallait une
minute pour faire bouillir un litre de lait avec du GPL (butane
ou propane) et trois pour faire bouillir le même lait avec
le Gaz de ville.
Il n'y avait pas photo et beaucoup d'utilisateurs le savaient.
Donc choisissaient le GPL.
Les "gaziers" et les "électriciens",
donc les employés de la base au sommet de la hiérarchie,
d'EDF GDF étant approvisionnés presque gratuitement
cela ne leur fit ni chaud ni froid.
Mais comme il fallait bien vivre, un autre accord fut passé,
secrètement, entre les "pétroliers" et les
"gaziers".
Pour rendre, d'un commun accord, les GPL moins performants.
On ajouta donc dans chacune des bouteilles, de la plus petite à
la plus grosse, un gaz inerte qui diminuait la capacité énergétique
des GPL et rendait alors le Gaz de ville concurrentiel.
Enfin !
Moyennant quelques valises de billets qui se répartirent
dans la nature.
Et comme cela ne suffisait pas on empêcha , grâce à
une loi bienvenue, la livraison des dites bouteilles à domicile.
De même que la Ville de Paris les interdit ou les réglementa
dans les Immeubles parisiens.
Moyennant probablement quelques arrangements sympathiques en contrepartie.
De ce fait si vous voulez vous chauffer au Butane ou au Propane
il faudra aller chercher la bouteille chez un distributeur agréé
puisque celui-ci ne peut pas vous la livrer à domicile.
Donc la mettre en vrac dans le coffre de votre véhicule.
Ce qui normalement est strictement interdit puisque rentrant dans
le cadre du transport de matières inflammables et dangereuses.
C'est ce que prétend le Service des Mines lorsque l'on veut
équiper son véhicule automobile d'une combustion au
GPL qui serait tout à fait Fonctionnelle avec très
peu de frais.
D'un coté la loi oblige l'usager du GPL à aller chercher,
en voiture, sa bouteille de gaz tandis que de l'autre elle prétend
que la même bouteille deviendrait dangereuse lorsqu'elle est
utilisée comme carburant automobile dans le même véhicule.
Vous pouvez donc acheter vos bouteilles de butane à Lille
et vous rendre dans votre résidence secondaire du Cap Ferrat
sans que personne n'y trouve à redire puisque dans ce cas
le gaz est à usage domestique.
Si vous adaptez la même bouteille de gaz sur votre moteur
diesel, ce qui est tout à fait possible vous risquez, par
contre, de très graves ennuis et ceci sous des prétextes
de sécurité puisque votre système ne sera pas
agréé par les Mines.
Mais il est vrai que les taxes ne sont pas du tout les mêmes.
Vive le Gaz de France Roumain !
De son coté GDF s'apprête, à grands frais, à
devenir actionnaire majoritaire de la société nationale
de distribution du gaz...en Roumanie.
Et à promettre aujourd'hui au citoyen roumain ébahi
la même chose qu'au citoyen français après la
libération : pouvoir se chauffer avec une énergie
bon marché.
Il va rapidement déchanter, le Roumain.
Tandis qu'ici, en France, le citoyen est devenu un usager, ou plutôt
un usagé que l'on jette après s'en être bien
servi, puis un consommateur, largement sommé de s'éxécuter,
puis un client qui passe à la caisse et finalement un gogo
qui doit se laisser tondre ou plumer, au choix.
Mais qui continue toutefois fiscalement à soutenir le zinzin
de bon coeur et à s'attendrir sur le gazier, ou le rombier,
qui ne coupera plus le gaz quand on lui en donnera l'ordre.
Du moins pas tout de suite.
Et on nous dit que le gaz va augmenter de près de 10% car
il est indexé sur le prix du pétrole.
Ben donc !
Et quelques valises de plus qui vont se répartir dans la
nature.
Dans la vie active lorsque l'on évoque une "usine à
gaz" il est significatif que cela corresponde à un montage
abracadabrantesque auquel plus personne ne comprend rien.
C'est fait pour ça.
Une entropie organisée.
Le seul espoir qui reste donc et encore aux familles françaises,
et bientôt roumaines, est que le fameux effet de serre permette,
enfin, de diminuer cette facture de chauffage en hiver qui ne cesse
de progresser d'une manière exponentielle.
En espérant que les étés ne seront pas trop
chauds car les climatiseurs fonctionnent à l'électricité.
C'est probablement pour cela que l'ancien PDG du GDF est devenu,
après maintes péripéries byzantines, le nouveau
PDG d' EDF.
Fallait le faire !
Vous avez dit usine à gaz ?
En attendant il va falloir payer et la fermer.
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