L'histoire molle ou le vol à la chinoise institutionalisé

Georges Charles

L'histoire molle et le discours du 18 juin 1940

Par Georges CHARLES


Les montres molles par Salvador Dali


L'histoire, parfois, subit le sort de ces montres molles qui se déforment au grè de leurs supports.

 

Il existe le vol à la tire, à la portière, à la roulotte, à l'arraché, à la chinoise.

Le vol à la chinoise consiste à déplacer un objet peu à peu et petit à petit sans que son propriétaire s'en aperçoive jusqu'au moment de le faire disparaître pour de bon.

Si, entre temps le propriétaire se rend compte que l'objet n'est plus à la place où il devrait être, le « chinois » le retrouve non loin mais par terre, comme si il était tombé.

L'objet n'est donc pas disparu sauf si le propriétaire, au bout de quelques jours, ne s'est rendu compte de rien.

Si tout se passe bien l'objet est alors définitivement subtilisé et nul n'y aura vu que du feu.

Il semble désormais exister une histoire « à la chinoise » où certains faits se modifient peu à peu et petit à petit pour tenter de faire coller le mythe fondateur à la réalité mais sans trop heurter les personnes sensibles.

Il en est ainsi du fameux discours du 18 juin.

Déjà dans « De Gaulle, mon père » Philippe de Gaulle admettait que ce fameux premier discours n'avait été entendu que par très peu de monde et que, n'ayant pas été enregistré il le fut le surlendemain c'est-à-dire le 20 juin.

C'est désormais dans la presse hebdomadaire qu'on apprend désormais, et pour le soixantième anniversaire, qu'il n'y eut pas un discours mais plusieurs discours.

 

« 18 idées reçues sur l'homme du 18 juin » - Le Nouvel Observateur N° 2379 du 10 au 16 juin 2010. Page 18.

Un appel historique mais sans audience
Qui songe à écouter la BBC le 18 juin 1940 vers 20 heures ? …Le premier message de de Gaulle celui du 21 mai diffusé par la radio française a sans doute été beaucoup plus entendu que celui de la BBC. En outre on confond très souvent trois messages : celui du 18 juin qui n'a jamais été enregistré, celui du 22 juin 1940, dont l'histoire garde l'enregistrement sonore et celui de la première affiche de l'appel placardée à 1000 exemplaires dans Londres à partir du 3 août 1940. La photo du général de Gaulle qui immortalise l'appel du 18 juin date en fait d'octobre 1941. Personne n'ayant songé à photographier le rebelle du 18 juin 1940 ».

On apprend également que contrairement à un autre mythe établi les premiers à rallier Londres furent des militants de droite, sinon de droite extrême, des militaires et des Français d'Outre-mer, et à l'époque particulièrement des « Africains ».

« Ferveurs patriotiques » - Télé Paris Obs N° 2379 du 12 au 18 juin 2010 page 72

« En 1940 à Londres, pas d'ouvriers, pas de paysans, pas de communistes, très peu de socialistes ou de Juifs mais beaucoup d'aristocrates et de fils de la bourgeoisie venant de l'Action française et des Croix-de-Feu … »

 

 

Et que malgré le ou les discours l'immense majorité des militaires français embarqués à Dunkerque pour l'Angleterre décidèrent de revenir en France sur deux bateaux prêtés par les Britanniques

 

Une irrésistible ascension…Non des débuts calamiteux
(Nouvel Obs 2379 page 18)

« « Sur les 500 000 Français présents en Angleterre, évacués de Dunkerque ou membres du corps expéditionnaire de Norvège 1200 restent à Londres soit 2,4% de l'effectif. Les autres repartent en France… ».

 

 

 

Quelques centaines de milliers au bas mot.

Tout ceci, évidemment affirmé en quelques phrases lapidaires au milieu d'articles conséquents.

Il fallait le dire mais assez discrètement puisque l'histoire « officielle » donc « pédagogique » continue à entretenir le mythe sans faille d'un De Gaulle en uniforme martelant son message du 18 , à la BBC devant un Churchill bienveillant.

Et les Français l'oreille collée à l'appareil de TSF et se ruant, par tous les moyens, vers Londres et finissant, avec De Gaulle, remontant les Champs Elysées sous les applaudissements des Parisiens.

C'est peut-être un petit peu plus compliqué que cela.

Plus compliqué mais quand même assez simple, comme le fameux « vol à la chinoise ».

Je vous propose donc de gagner un peu de temps et d'ouvrir le sac d'un coup et ainsi de gagner un peu de temps sur les futures révélations « autorisées ».

Comme cela fait des années et des années que nous répétons la même chose il n'y a plus grand risque à le faire.

Peu avant son départ pour Londres, le 14 juin pour être précis, de Gaulle demande à son ordonnance, Geoffroy Chodron de Courcel de lui retenir une table à l'hôtel Splendid de Bordeaux où le Maréchal Pétain a ses habitudes.

Celui-ci soupe seul et de Gaulle décide de provoquer un entretien.

Il se lève donc et vient se poster debout devant la table du Maréchal qui fait alors semblant de ne pas le voir.

De gaulle tousse bruyamment et devant le manque de réaction de Pétain se saisit d'une chaise et s'assoit face à lui.

Pétain lève alors les yeux et dit « Oui, de Gaulle, alors ? »

De gaulle parle quelques instants à voix basse.

Mais Pétain se lève à demi et frappe la table à deux mains en éructant « Tant que je serai vivant il n'en est pas question. Au revoir, Monsieur »

De Gaulle alors se lève vivement renversant sa chaise et dit à haute voix « Puisque c'est ainsi, Monsieur, nous nous reverrons ! »

Et il quitte le restaurant à grandes enjambées laissant Courcel et un autre témoin médusés.

Philippe de Gaulle relate également cet entretien houleux mais évidemment sans entrer dans le détail (De Gaulle, mon père éditions Pocket page 157).

Le fait est que de Gaulle décide de partir pour Londres , en civil.

Nul ne sait, évidemment ce que de Gaulle a demandé « d'extrêmement important » à Pétain mais visiblement le refus a motivé son départ.

Si Pétain avait accepté probablement que l'histoire aurait pris un autre tour.

Pétain serait-il parti à Londres ?

De Gaulle serait-il resté en France ?

Nul ne peut le dire.

Mais ce qui est certain est que de Gaulle à Londres décide de parler à la radio le 18 juin et que c'est Lord Halifax , du Foreign Office et non Churchill qui lui fournit l'autorisation.

Le discours est donc radio-diffusé sur les ondes de la BBC, en plein exode et le lendemain du discours de Pétain acceptant l'armistice avec l'Allemagne.

Mais à la BBC comme presque partout ailleurs on n'y prête grande attention puisque Churchill, le même jour, fait également un discours à cette même BBC

Ce n'est que le lendemain, devant plusieurs demandes d'auditeurs n'ayant pas entendu tout le discours ou compris le nom du général qui l'avait tenu que la BBC se rendra compte qu'il ne fut pas enregistré.

Le Foreign Office, prévenu de ce fait demanda à de Gaulle, de fort mauvaise humeur de revenir effectuer le même discours le 20.

De Gaulle était furieux d'autant plus qu'on lui demanda de ne pas évoquer le discours de Pétain ni même le nom de celui-ci.

Il écrivit donc un autre discours avec l'aide de Chodron de Courcel car celui-ci avait pris des notes, discours qui fut donc assez différent du premier.

Et qui fut probablement caviardé par Churchill lui-même.

Le 20 alors qu'il était dans le studio d'enregistrement il constata la présence d'Halifax mais également de Churchill qui tenait à ce que la close concernant Pétain fut respectée.

On déplora alors que le général soit venu en civil car on souhaitait prendre une photo de lui en uniforme pour la postérité..

De Gaulle explosa « Ou voulez vous que je puisse trouver un uniforme d'un général français de près de deux mètres dans Londres ? »

Il enregistra le discours, Churchill donna l'autorisation de le diffuser après l'avoir consciencieusement écouté et remercia de Gaulle.

On lui remit l'adresse d'un tailleur afin qu'il puisse se faire confectionner un uniforme sur mesure.

Pour la petite histoire le tailleur ne disposait que de drap militaire Belge et de Gaulle explosa encore une fois refusant d'être habillé de couleur « caca d'oie ».

On lui expliqua que sur la photo noir et blanc cela serait du meilleur effet car plus contrasté.

Et il revint le 23 pour effectuer un nouveau discours et une photo devant le micro, photo qui lui valut son surnom de « général micro » (ou minuscule général !).

Mais par la suite ce fut une autre photo, en vrai uniforme cette fois, qui deviendra « La » photo officielle telle que nous la connaissons aujourd'hui.

Le problème est qu'elle date du 10 octobre 1941 !

Dixit le Nouvel Obs dont les journalistes retrouvent peu à peu la mémoire évaporée dans les limbes de l'histoire minuscule.

Entre temps Lord Halifax demanda à de Gaulle de ré-écrire le fameux discours en vue de le diffuser par tracts lancés d'avions au dessus de la France.

De Gaulle refusa net en disant « Ce n'est pas Churchill qui me vendra comme avec une réclame de savonnettes »

Et ce fut Chodron de Courcel qui fut mis à contribution et qui rédigea, presque sous la dictée de Churchill, le fameux discours qui devait être balancé sur la France.

 


La fameuse affichette "officielle" du discours du 18 juin 1940.
En fait un "digest" rédigé par les services secrets britanniques sous la direction de Winston Churchill en août 1940 et que de Gaulle assimilait alors à "une savonnette".

 

Et qui, comme le rappelle le Nouvel Observateur, sera placardé à 1000 exemplaires sur les murs de la capitale britannique en août 1940.

C'est ce discours apocryphe issu du service de renseignement britannique qui a étrangement été choisi officiellement représenter le discours « officiel » du 18 juin sur les monuments et dans les livres d'histoire.

De Gaulle, mon père – Philippe de Gaulle Entretiens avec Michel Tauriac – Pocket page 191 et suivantes

« Pourquoi un texte différent dut-il placardé après coup sur les murs de la capitale britannique ?
-Il s'agit du texte de l'affichette bordée de tricolore dont nous avons déjà parlé. Mon père l'a composé un peu plus tard. Sachant que son message radiophonique avait été très peu entendu…on lui fit valoir qu'un texte plus court conviendrait mieux. D'où cette affichette qui reprend en raccourci la teneur de l'appel et qui est marquée « 18 juin »…moi je reste sur ce que j'ai entendu de la bouche même de mon père le soir du 22 juin où je l'ai accompagné à la BBC pour son troisième appel…Je ne l'avais jamais entendu auparavant à la radio. Le 18 au soir, on le sait, nous ignorions qu'il était à Londres ».

 

On notera le « on » du « on lui fit valoir » et du « on le sait ».

Il est parfois étrange de constater que certains noms semblent difficiles à prononcer dans certaines circonstances.

Winston Churchill, lui-même, n'est pas exempt du « vol à la chinoise » et de l'histoire molle puisque sur les affiches anglaises du soixantième anniversaire du Blitz « Britain at War Experience » on lui a subtilisé son fameux Havane !


Churchill et son fameux havane - photo d'époque !

 

 
Photo actuelle du même Winston dans l'histoire molle.
Le fameux havane a connu le sort du "vol à la chinoise" crapoteux des néo-historiens.

 

Par ironie du sort les sujets du Bac de philo du 17 juin 2010 sont :

Une vérité scientifique peut-elle être dangereuse ?

La recherche de la vérité peut-elle être désintéressée ?

Le rôle de l'historien est-il de juger ?

Faut-il oublier le passé pour se donner un avenir ?

Je pense que ces deux photos répondent, sans commentaire, à ces quatre questions.
Mais je ne suis pas prof de philo !


Et notez qu'il est désormais également très difficile de trouver une seule photo du Général* avec son éternelle Craven sans filtre qui pendouille à sa lèvre et qui fascinait toujours ses interlocuteurs tant elle semblait animée d'une vie propre.

 

 

http://www.dailymail.co.uk/news/article-1286620/Churchill-non-smoker-How-todays-PC-censors-airbrushed-cigar.html

 

*Général qui était Colonel pendant la Campagne de France et qui fut exceptionnellement élevé au rang de Général de brigade à titre temporaire pour la durée de sa mission de sous secrétaire d'état à la défense par Paul Reynaud, Président du Conseil, le 5 juin 1940.
De Gaulle estima donc que cette mission continuait à Londres et par la suite nul ne lui en fit le reproche.
Il conserva donc ses deux étoiles ad aeternam.
Il refusera dans son testament d'être élevé à la dignité de Maréchal de France.
Il y aurait eu un Maréchal de trop.



Entretien avec mon père
Par Georges Charles


Lionel Charles (à gauche) avec Claude Astier (au centre) et Maurice Schumann - la Voix de "Honneur et Patrie" à Londres (à droite)
Cours sacrée du Fort de Bondues Septembre 1998

 

Mon père, Lionel Charles, jeune résistant, dont le père Georges Charles, mon grand père, a été fusillé le 6 janvier 1944 au Fort Lobeau de Bondues dans le Nord, tout près de Lille, pour fait de résistance notoire puisqu'il fut arrêté lors d'une importante réunion des responsables de réseaux à Lille porteur de photographies de sites de lancement de V1 et de V2 et de plans de blockhaus de la côte de Wimereux dans le Pas de Calais, se souvenait parfaitement du discours entendu à la radio, en France, le 18 juin 1940.


Ce qui a occasionné, devant témoins, un soir de Noël à Amiens, ce dialogue que je reproduis le plus fidèlement possible et de mémoire.

 


GC : Tu te souviens du fameux discours de de Gaulle le 18 juin 1940 ?

LC : comme si j'y étais encore !

GC : Où étais-tu le 18 juin 1940 ?

LC : c'était l'exode et nous étions partis de Boulogne, Georges, ton grand-père s'était engagé dans l'armée malgrè sa dispense et nous ne savions pas où il était.

GC : Et où étiez vous ?

LC : Vers Bourges ou Nevers quelque part par là.

GC : Vous aviez un auto-radio ?

LC : Bien sur que non, cela n'existait pas et il y avait longtemps que nous avions abandonné la voiture car nous n'avions plus d'essence. Nous étions donc à pied et nous cherchions, comme plusieurs milliers de personnes, un abri pour la nuit. Il avait fait très chaud et nous mourrions de soif.

GC : Et vous avez trouvé de quoi vous loger ?

LC : Oui dans une immense grange, ou plutôt un hangard, où nous étions plusieurs centaines.

GC : Et c'est là que vous aviez une radio ?

LC : Ah non, pas de radio. Mon père a été le premier à en vendre à Boulogne et à l'époque elles pesaient très lourd et nécessitaient une grande antenne et surtout de l'électricité. Et puis nous avions autre chose à faire, nous cherchions de l'eau pour boire et pour nous laver les pieds qui étaient enflammés à cause du goudron qui fondait sur la route. Il avait du faire plus de quarante à l'ombre. Et de toutes manières les Italiens, les salauds, avaient bombardé les lignes électriques, il n'y avait plus de courant nulle part.

GC : Donc pas de radio, pas de courant.

LC : Evidemment, non et nous étions crevés. On a mangé un morceau de pain et on s'est couchés comme on a pu, dans la paille.

GC : Et vous vous êtes réveillés le lendemain.

LC : La nuit a été longue car il y avait beaucoup de bruit et nous craignions plus les avions italiens que les chars allemands. Mais on a pu un peu dormir.

GC : Et on était donc le 19 juin au matin.

LC : Oui, le 19.

GC : Et le discours du 18 ?

LC : ...............................

GC : C'est pas grave, tu as du l'entendre un peu plus tard ce fameux discours.

 

 

Discours du 18, du 22 ou après ce n'est pas grave puisqu'une bonne partie de la famille a résisté, tout de suite, sans trop se poser la question.



Georges Charles, mon grand père, après avoir amené sa station météo de l'Armée de l'Air, sans enconbre, du nord de la France jusqu'en Afrique du Nord, ce qui lui valut une médaille et une citation, après qu'on lui fit comprendre que son geste était totalement inutile, résista dès son retour en 1940 et s'engagea pour la durée de la guerre début 1941 en tant qu'agent P2, sous le pseudonyme de "Marsouin", donc officier de renseignement à plein temps avec comme couverture celle d'artiste peintre, ce qui, étrangement mais génialement, lui permettait de nombreuses "entrées" jusque dans les Kommandanturs qu'il décorait au risque de passer auprès des attentistes pour un kollabo de la pire espèce.
Cette activité lui permit de visiter la plupart des lieux stratégiques dont la fameuse villa blochkaus de Wimereux, près de Boulogne, qui reçut Rommel et Hitler lors de leur visite sur la côte.
Ayant été le Président de l'Association Sportive de Boulogne sur Mer et de son Club de Foot il avait entretenu et conservé de très nombreuses relations qui lui furent utiles dans son activité de renseignement.


Il aida, parallèlement, avec ma grand-mère, au sein du réseau d'évasion PAT et sous les ordres directs de Norbert Fillerin, de nombreux pilotes alliés à rejoindre l'Angleterre.

Il agira, sur le terrain, pendant trois années, ce qui, pour les agents P2 était une longévité exceptionnelle, effectuant plusieurs voyages inter-zones entre la zone interdite, dite zone rouge, sa région de résidence, la zone occupée et la zone "nono" (non occupée), il se rendra une fois en mission en Afrique du Nord et deux fois en Angleterre d'où il revint pour continuer ses missions de renseignement et de convoyage d'aviateurs alliés ainsi, le croyait-il, que la préparation du futur débarquement qui devait avoir lieu dans le Pas de Calais, non loin de Boulogne.


Cette mission ultra secrête nécessitera une prise de risques accrue puisque les Alliés souhaitaient des renseignements sur toutes les infrastructures militaires de la région de Boulogne.

Il tombera dans un traquenard à Lille, le 4 décembre 1943, lors d'une importante réunion des responsables de réseaux liés à cette opération de débarquement où il fut arrêté en possession de photos de bases de lancement de V1 et de V2 ainsi que de plans de divers blockhaus de la région de Boulogne.

Suivant mon oncle, donc son beau-frère, Roger Gaston, déporté à Dachau mais revenu il ne s'agissait pas d'une trahison comme cela a été prétendu par la suite mais bel et bien d'une opération bien programmée dans le cadre de l'opération Fortitude.

Ces réseaux et leurs chefs ont bien été "balancés" comme "agents liquidables" suivant le principe de Sun Tsu dans son XIIIe chapitre et ceci pour accréditer l'hypothèse certaine d'un débarquement dans le pas de Calais.

Si il a parlé il a alors totalement effectué sa dernière mission qui fut de loin la plus importantes de toutes celle qu'on lui avait confié.

Le seul inconvénient est qu'il ne le savait pas et que jamais personne n'a officiellement reconnu ce fait.

Les quelques dizaines d'aviateurs qu'il a pu sauver et auxquels il a permis de reprendre le combat *, les documents qu'il a pu transmettre à Londres ou à Alger, les actions qu'il a pu mener en prenant tous les risques en 1940, 1941, 1942 et 1943 ne sont rien en comparaison au sacrifice suprême qui a permis de remporter la victoire en assurant le débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944.

* Une prime de 6000 francs or, l'équivalent actuel du prix d'une bonne voiture allemande neuve, était offerte pour qui livrait un aviateur allié aux autorités nazies...

 


Certificat de l'Air Chief Marshal commandant en chef des Forces Alliées dédiée à Monsieur et Madfame Georges Charles.

"Pour l'aide apportée aux marins, soldats, aviateurs du Commonvealth qui rendit possible leur évasion et leur permit d'échapper à la captivité"

 

 


Certificat de Service signé par Montgomery, Maréchal et Commandant en Chef.

 

 


Certificat signé par le Président des Etats Unis d'Amérique qui

" Exprime la gratitude et les remerciements du Peuple Américain pour la courageuse action qui permit l'évasion de soldats alliés "


Et il convoya, jusqu'en Afrique du Nord et en Angleterre, des documents d'une grande importance.

Et revint à chaque fois continuer sa mission de renseignement dans les deux zones ainsi que dans la zone interdite où il résidait.

Il eut probablement le tort d'appartenir au SOE britannique.
Et d'être victime de l'opération Fortitude.


Bien que faisant également partie du Réseau Alliance, il fut ce que de Gaulle nommait alors les "exogènes" donc des Français résistants qui avaient le tort de ne pas être directement sous ses ordres, comme, par ailleurs le fameux Commandant Kieffer.


Et qui ne furent reconnus, en France, que du bout des lèvres.



Ses deux frères Jean Charles et Jacques Charles partirent pour Londres.


Jacques Charles y convoya une soixantaine de pilotes alliés que lui confia le Réseau PAT.


Il devint, sous le pseudonyme le "Lézard" l'un des principaux responsables des "opérations rail" au sein du BCRA, donc des services secrets de de Gaulle.

Il fut aidé dans cette tâche par mon arrière grand-père, Georges Charles, également, qui était un important responsable du chemin de fer dans la région du Nord Pas de Calais.


Il fut l'officier liquidateur du Réseau de renseignement Alliance.

 


Certificat du SR Alliance concernant Georges Charles, fusillé au Fort de Bondues le 16 janvier 1944 et signé par le Chef du Réseau Marie Madeleine Fourcade-Méric.


Le certificat est co-signé "Certifié conforme" par l'Officier liquidateur du Réseau, Frère du fusillé, Jacques Charles.

Ce qui se passe de commentaire.


Roger Gaston, mon oncle, le frère de ma grand-mère, mariée avec Georges Charles eut également une résistance plus qu'exemplaire et de première heure.
Mais effectuée également en France, sur le terrain en tant qu'Officier de renseignement.

Il sera déporté à Dachau mais en reviendra, comme Norbert Fillerin, le Chef du Réseau d'évasion PAT sur le Nord de la France, avec la certitude qu'il avait, aussi, été balancé dans le cadre de l'opération Fortitude.


Mais il gardera le silence, sauf en famille.

Mon père, Lionel Charles, aidera mon grand père, dans ses activités de renseignement et de convoyage de pilotes alliés jusqu'en zone sud et, malgrè son jeune âge, reçut la médaille de la Résistance.

Jusqu'à son décès il se rendra à Bondues pour les cérémonies officielles concernant les 63 résistants fusillés.

 


Ordre de mission des Services Spéciaux concernant Lionel Charles

Un de mes cousins, Abel Charles, jouera un rôle très important dans la libération de Boulogne et permit à la population d'échapper à un bain de sang.

Plusieurs de mes cousins, plus jeunes, s'engagèrent en 1944 pour "casser du boche" et pour la durée de la guerre.


Et se retrouvèrent donc en Indochine et jusqu'à Dien Bien Phu où l'un d'eux, le Capitaine Charles sera le bras droit de Bréchignac, le Para, et y sera grièvement blessé.

Puis en Afrique du Nord et en Algérie où, en tant qu'Officiers, ils se sentiront trahis puis lâchés par les "politiques" puis par les "historiens" après n'avoir fait "que leur devoir" et, peut-être, un tout petit peu plus encore.

Je leur dédie donc cette "histoire molle".

 

 

Pour en savoir un peu plus sur la résistance "autrement"

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Et sur les Maquis et plus particulièrement celui du Mont Mouchet

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