Ce n’est point trahir un secret que d’affirmer que le thé est la boisson la plus consommée en Orient et en Extrême-Orient...
Or, qu’on le veuille ou non, c’est à partir d’une plante unique, Camellia sinensis, que va s’élaborer non pas une culture unique, au sens propre et au sens figuré, mais une extraordinaire floraison culturelle permettant, mieux que toute autre, d’apprécier les particularités spécifiques de son implantation.

Pour un connaisseur rient n’est en effet plus chinois qu’un thé chinois, plus indien qu’un thé indien, plus tibétain qu’un thé tibétain, plus japonais qu’un thé japonais... et par extension plus russe qu’un thé russe et plus anglais qu’un thé anglais. Ce qui semble, au départ, à une simple lapalissade se manifeste on ne peut plus profondément avec l’usage.
Etrangement les deux plus anciennes et les plus grandes civilisations présentes dans la zone d’influence du thé revendiquent haut et fort son origine. Les Indiens prétendent qu’il est né dans le nord de l’Inde tandis que les chinois affirment qu’il provient du sud de la Chine.
Les premiers jettent le Bouddha dans la balance en affirmant que ses paupières, une fois coupées et jetées au sol, donnèrent naissance au premier théier, les seconds invoquent l’Empereur Sheng Nung qui aurait découvert ce breuvage grâce à quelques feuilles tombées par hasard dans l’eau chaude qu’il s’apprêtait à boire.

Dans les deux cas le thé permit d’éviter l’endormissement et de favoriser, par contrecoup, l’éveil. Afin de ne pas avoir à prendre parti dans cette querelle on distingue donc désormais deux grandes catégories de thé : le thé d’Assam et le thé de Chine. Les botanistes lorsqu’ils sont poussés dans leurs derniers retranchements avouent qu’il provient probablement d’Inde mais n’en continuent pas moins, en latin, à affirmer sa provenance chinoise (sinensis). Comme il se doit la Chine demeure le plus grand producteur et consommateur mondial de thé tandis que l’Inde conserve son titre de premier exportateur mondial. Un point partout. Le plus étonnant est, par contre, qu’à partir de ces deux zones d’influence le thé à su conquérir le monde et trouver son autonomie en s’adaptant au fait culturel, et parfois religieux, sinon économique.

La Chine du thé