LE CENTENAIRE DE LA NAISSANCE DE WANG ZEMIN
(4 avril 1909 - 15 octobre 2002)
par Georges Charles

Arts Classiques du Tao

 

"Comte pendant l'empire, je devins malgrè moi citoyen de la République Chinoise en 1911, camarade révisionniste fort recherché en 1949, réfugié politique expatrié en Occident, citoyen chinois naturalisé français sous un nom vietnamien en 1953 et je m'apprète à devenir une crapule nationalisto-capitaliste en décidant de me retirer, enfin et faute de mieux, à Taiwan"

Wang Zemin en 1979.

 

Le Maître Wang Zemin sous la direction duquel j'ai étudié pendant près d'une dizaine d'années à Paris, de 1970 à 1979, est né le 4 avril 1909 à Canton (Guang Zhou) dans la province de Guang Dong.
Nous fêterons donc, ce 4 avril 2009, lors du Stage de Printemps le centenaire de sa naissance.


Wang Tse Ming - Wang Tse Min - Wang Zemin - Wong Tai Ming (1909 2002)
Portrait original par Patrice Vaidie pour l'ouvrage de Georges Charles
"Je m'initie au Kung-Fu Wushu"
Editions Budo à paraître er semestre 2009.

Hangzhou et le Clan Wang de Yue


Le panoram extraordinnaire de la ville de Hangzhou

Sa famille, on pourrait dire son clan, était originaire des environs de la ville de Hangzhou, située dans la province du Zhe Jiang.
Il s'agit, en effet, du Clan Wang de Yue qui, jusqu'en 1911, détenait le Marquisat (Hou) ou le Comté de Yue et qui était considéré depuis des siècles et des siècles comme le "Protecteur de Hangzhou".
La ville de Hangzhou et sa région immédiate ont toujours été considérées comme un petit paradis sur terre.
C'est Marco Polo lui même qui l'affirme.
"Il n'y a pas au monde ville pareille ni qui vous offre au même degré des délices tels qu'on se croirait au paradis"
Elle fut, sous les Song du Sud, un moment capitale impériale.
La ville comporte de nombreux monuments dont la très ancienne Pagode des Six Harmonies qui date de la période des Cinq Dynasties (907 978) ainsi qu'une importante mosquée qui fut maintes fois restaurée.

Le Lac de l'Ouest - Xihu - un des endroits les plus romantiques et historiques de la Chine.

Mais c'est autour du fameux Lac de l'Ouest (Xi Hu) que l'on peut rencontrer l'histoire de la Chine dans ce qu'elle a de plus extraordinaire.
On y rencontre tour à tour le Temple du Grand Bouddha (Da Fo Si) qui, à l'instar du Shaolin du Henan, fut détruit par les Mongols, par les Mandchous, par les Tai-Ping par les seigneurs de la guerre puis pendant la révolution culturelle mais qui ne fut jamais totalement restauré.
Non loin du Bao Shi San (Sommet de la Pierre Précieuse) se situe le lieu où Ge Hong, le célèbre alchimiste composa son élixir d'immortalité. Un petit temple a été élevé à sa mémoire (Ge Ling).


Le sommet de la "Pierre Précieuse" Bao Shi San ou venait méditer Ge Hong, l'alchimiste magicien.


Et l'entrée de la grotte de Ge Hong ou il réalisa un "elixir d'immortalité"

En allant vers l'Ouest on y trouve la Grotte des Nuages Pourpres (Zi Yun Dong) et le tombeau de Niu Gao, compagnon d'arme du Général Yue Fei qui fut exécuté avec lui.


La grotte des nuages pourpres, un autre endroit "magique" réputé

Puis c'est le tombeau mausolée du Général Yue Fei, lui-même, devenu héro national après avoir été éxécuté en 1141 sous prétexte de traitrise.
Le Temple Funéraire est l'un des monuments les plus visités de Chine et il est bon, pour les homme politiques de se faire photographier à coté de la statue de Yue FeI.
Ce que firent Mao et Chang Kai Chek et tant d'autres.
Devant le mausolée sont les statues des deux traitres qui sont toujours, malgrè l'interdiction, couverts de crachats.


Les deux traitres qui vendirent Yue Fei et qui sont toujours accroupis à l'entrée du mausolée.
Ce sont probablement les personnages les plus détestés de Chine !

Yue Fei fut l'initiateur des fameux Baduanjin (Pa Touan Chin) ou "Huit brocards" et de la "Lance à crochet de Yue Fei" (Yue Fei Gulianjiang) qui fut à l'origine du Xingyiquan ou "Poing de la Forme et de l'Intention".
Il fut accueilli et adopté par le Comte Wang de Yue suite à une innondation lorsque il fut retrouvé, avec sa mère, dans un couffin échoué sur la rive du lac.


Le mausolée de Yue Fe, l'un des lieux les plus visités en Chine... Par les Chinois

C'est donc le Clan Wang de Yue qui lui permit d'entreprendre des études militaires et il deviendra général de l'Armée Chinoise sous le titre de "Yue Wou Mou Wang" (Yue acceuilli et adopté par Wang) mais qui entend également que ce titre lui fut decerné par l'Empereur (Wang).


La tombe de Yue Fei et de son fils qui fut également exécuté

Vers l'Ouest on trouve encore la Grotte de Long Hong où sont représentés les principaux personnages qui furent à l'origine du Bouddhisme en Chine : Matanga ; Zhu Fa Lan ; Bodhidharma ; Xuan Zhang.
Plus au sud on parvient au Temple du Puits du Dragon (Long Jing Si) qui marque le territoire de production de l'un des plus fameux thés de Chine qui porte son nom : le Long Jing.


Les plantations du thé du "Puits du Dragon de la Montagne de Jade"
L'un des crus les plus réputés du thé chinois
Toute proportion gardée c'est à peu près l'équivalent des "Grandes Murailles" à Saint Emilion !


C'est également le lien exact de l'origine du Clan Wang de Yue qui, pendant des siècles, a possédé l'exploitation et la commercialisation de ce thé.
On y trouve donc la colline Yu Wang (Yu Huang) qui signifie à la fois "origine des Wang" et "Empereur de Jade".
A son sommet est le temple taoïste où sont regroupées sept jarres de bronze, remplies d'eau, et disposées comme la Grande Ourse (Sept Etoiles - Qi Xing).
Elles sont censées protéger la ville de Hangzhou des incendies.


Les "Sept Etoiles" du temple taoïste de la Montagne (colline !) de l'Empereur de Jade
Wang Yu Shi, qui suivant la tradition, protègent depuis les Song la ville de Hangzhou des incendies.
La huitième étoile, Taixi Taiyi, ou Grande Unité du Nord, la "Polaire" se trouve au centre du "Champ des Huit Trigrammes" (Baguan Tian).

En contrebas de la colline se situe le "champ des Huit Trigrammes" (Bagua Tian) au centre duquel se situe l'autel de l'Empereur des Song, également considéré comme Taixi Taiyi, la Grande Etoile du Nord.
L'Empereur y venait solennellement chaque année au printemps.
L'endroit étant sous la protection du Clan Wang de Yue les entrainements militaires se faisaient à l'abri des regards indiscrets, les trigrammes formant un labyrinthe infranchissable pour qui ne connaissait pas les passes (Guan).
Depuis fort longtemps le Clan Wang de Yue utilisait les services d'un Maître d'Armes issu de la descendance de Wang Lang, le créatreur de cette technique, pour entraîner les guerriers.


Le "champ des Huit Trigrammes" photographié il y a quelques années par Jean Luc Saby
sur mes instructions lors de son voyage à Hangzhou.
Il est en très mauvais état car il n'intéresse pas grand monde et est plus ou moins entretenu par les paysans.


Le "champ des huit trigrammes" plus récemment.
Il est à nouveau fort bien entretenu et c'est tant mieux !
On y distingue même un Taiji (Yin/Yangà tournant dans le bon sens.
Le "pivot central du Ciel" , au centre du Taiji, représente l'Etoile Polaire.


Les Officiers qui pouvaient être mandés à la Garde Impériale pratiquaient l'Epée au Sept Etoiles (Qi Xing Jian) et l'Eventail de Fer (Tie Shan).
Les Membres du Clan Wang étudiaient quant à eux la fameuse "Lance à Crochet de Yue Fei" (Yue Fei Gulianjiang) en accord avec le Clan de la Famille Yue.
Ce clan entretenait une garnison provinciale et fournissait à la Garde Impériale des officiers.

Le Clan Wang de Yue disposait de très importants revenus fonciers issus de terres riches et propices à l'élevage.
Il était dit que ce Clan possédait les revenus de "cent familles".
Ot, pour bénéficier du titre de "famille" il convenait alors de posséder cent boeufs.
Cent fois cent cela fait dix mille (Wan), une myriade.
Et on disait alors que les boeuf du Clan Wang de Yue étaient aussi nombreux, ou innombrables, que les étoiles dans le ciel.
Mais ce Clan était représenté par sept principales familles représentées sur l'étendard par les "Sept Etoiles d'or sur champ de sinople"
Donc un fond vert et les sept étoiles de la Grande Ourse dorées.
La "huitième étoile" étant, bien évidemment la Polaire (Tai Xi Tai Yi) (Grande Unité du Nord).
Cet étendard était célèbre dans toute la Chine Médiévale car il avait participé aux principales batailles.

Le devise de la Famille Wang est :

San Heng Yi Shu Wang



Ce qui peut se traduire par " Trois- Transversal (d'Est en Ouest) - Unité - Se dresse - Wang "
On retrouve "San Yi" (Trois-Un) "Trois Unités" par extension "Trois Harmonies" utilisé dans le nom de l'Ecole San Yiquan.
"San Heng" représente l'étendue du territoire (d'Est en Ouest) donc l'horizontal, la Terre.
par extension "ce qui produit".
"Yi Shu" représente l'Unité qui se dresse donc le vertical, le Ciel du nadir au zénith.
"Wang" est le nom du clan mais qui signifie "Roi", "Empereur", "Suzerain" donc ce qui est élevé.
On pourrait donc traduire simplement cette devise par
"De l'Orient au Ponant se dresse (le clan) Wang"
Ce qui exprimait sa puissance dans la Chine Impériale.

Mais en fait le Clan tirait sa principale richesse de l'exploitation et de la commercialisation du Thé du Puits du Dragon (Long Jin) et de ses crus les plus fameux, dont celui de la "Montagne de Jade".
Ainsi que de plusieurs sources très réputées dont l'eau était fort prisée des amateurs de thé et des calligraphes : la source du Dragon Jaune (Wang Long Dong ou Huang Long Dong) ; la source Creusée par Deux Tigres (Hu Pao Quan) et surtout la source des Tigres Galopants.


La source Hu Pao Quan - creusée par deux tigres.

Pour compléter le tableau la Famille Wang avait également d'importantes parts dans la production et la commercialisation des non moins fameuses théières et tasses Yixing en terre violette.
Pour un esthète chinois comme il en existait plusieurs milliers à Hangzhou le meilleur thé, la meilleure eau, la meilleure théière, la meilleure tasse dans la plus belle ville de Chine était le summum du bien-être.
Mais la famille Wang se faisait fière de compter plusieurs ancêtres prestigieux qu'elle vénérait : un calligraphe célèbre, Wang Xizhi (Wang Hsi Chih) (321 399) qui servit un Empereur sous les Jin aux environs des années 380 de notre ère ; l'Immortel Wang au Pin Rouge (Wang Tai Xing ou Wong Tai Xing) qui a donné son nom au plus ancien temple de Hong Kong et à tout un quartier de Wangchai et surtout le philosophe et homme d'action Wang Yang Ming (1472 1529) (Wang Shouren ou Wang Shou Jen ou O Yomei) qui, par décret impérial avec quatre autres sages, qualifiés de "Maîtres Parfaits", possède sa propre statue dans le Temple de Confucius à Qufu, ville natale du Maitre Kongzi au Shandong.


Wang Yang Ming (Wang Shoujen ou O yomei)
Philosophe et homme d'action (1472 1529)

Wang Tse Min à Shanghai


Shanghai 1930 - The Bund

Dans ce contexte très particulier de la Chine Classique et de son bouleversement en 1911, comme au Japon à la période Meiji, la famille Wang de Yue a connu la nécessité de s'adapter aux circonstances.
Au Japon les Grandes Familles, les Daibatsu, à partir de 1870, se sont tournées vers l'industrie et le commerce et la plupart des "marques" japonaises actuelles sont en fait le nom des anciens Clans, leur "Mon" (armoiries) devenant leur "logo" : Honda ; Suzuki ; Toshiba ; Toyota ; Akai et on en passe se sont donc "recyclés".
Certains sont ainsi passés du vélo à la moto puis de la moto à la voiture.
La plupart des membres du Clan Wang, à l'instar des Japonais, se sont tournés vers des activités industrielles et commerciales et se sojnt implantés à Canton, à Shanghai et à Hong Kong ainsi que dans la diaspora chinoise, notamment aux USA.
Wang Tse Ming après des études commerciales à Shanghai a donc choisi cette ville pour exercer des activité d'import-export dès le début des années 30.
Le marché anglo-saxon étant assez saturé il choisit la France pour établir des relations commerciales.
Il étudia donc le français pendant plusieurs années avec les Jésuites, donc un français très classique qu'il parlait couramment.
Passionné par les Arts du Poing il eut à Canton et à Shanghai l'occasion d'étudier avec plusieurs Maîtres réputés des formes externes et internes ainsi que le Tao-yin.
Mais c'est en 1939 qu'il décida d'aller étudier le Xingyiquan de forme évolutive (Ziran Men) sous la direction de Wang Xiangzhai, lui même disciple du fameux Guo Yunshen.
Il étudiera sous sa direction jusqu'en 1949 et son nom est gravé, avec 18 autres, sur la tombe de Wang Xiangzhai (Wang Yuseng) (24 11 1885 - 12 07 1963).
Wang Xiangzhai tenait son Art de Li Lo Neng -Li Nengjan) (1842 1919) qui fut le premier à utiliser le terme Yiquan (I Chuan) - Poing de l'Intention - car il trouvait que la forme (Xing) ou les "formes" (Dao ; Dalu ) avaient pris trop d'influence et se compliquaient à loisir.
Il désira donc revenir à l'essentiel, à l'intention.
Guo Yun Shen (Fo Jun Sha - "La Paume assassine du Boudha" ) suivit cette voie en donnant à son école le nom de "Wuxing Quan" - Poing des Cinq Formes - en prenant comme référence les"Cinq Eléments" de l'énergétique chinoise : Eau, Bois, Feu, Terre et Métal.
Il est à préciser que Guo ou Kuo enseignait parallèmement l'externe (Wai Jia) et particulièrement les formes de Shaolin du Nord, sous une autre identité (Jiu Jiao) afin de bien différentier les deux courants.
Ce qui complique un peu les recherches et permet les révélations sensationnelles sur sa réelle identité et qui ne sont que tuyaux crevés teintés de malveillance.
D'autant plus qu'à la suite d'une sombre affaire de réglement de compte avec des villageois soupçonnés d'avoir attaqué un convoi, Li Lo Neng et Guo Yun Shen durent précipitamment quitter la région où Li dirigeait une société de convoyage et de protection pour se faire oublier.
Wang Xiangzhai de son coté était quelqu'un de très affable et qui réprouvait la violence bien qu'il fut un redoutable combattant.
Cette capacité fut révèlée au grand jour lorsque Sawai Kenichi, un officier japonais voulut le défier.
Sawai était expert dans de nombreux Budo japonais et recherchait les "Maîtres" chinois pour leur donner une leçon d'humilité.
Lors de la rencontre avec Wang Xiangzhai il fut complétement dépassé par les évènements et ne comprit rien à ce qui lui arrivait sauf qu'invariablement il se retrouvait projeté à plusieurs mêtres mais sans la moindre blessure.
Il concevait être largement battu à mains nues et proposa à Wang Xiangzhai un échange avec des armes.
Wang accepta que Sawai prit une arme mais demeura non armé.
Sawai prit donc un lourd sabre d'entrainement en bois de fer, un bokken, et attaqua.
Il se retrouva projeté au sol à quelques mêtres, encore, et sans la moindre blessure mais le Bokken était brisé en trois parties.
Il salua Wang et décida de la prendre comme Maître, revint après la guerre et tint parole.
Wang Zemin (Wang Tse Ming) rencontra plusieurs fois Sawai à Shanghai et ils échangèrent des pratiques concernant, notamment, le sabre et le bâton.
Sawai enseigna à Wang deux formes anciennes du Judo classique : Koshiki No Kata et Itsutsu No Kata que ce dernier me transmit à son tour au début des années soivante dix.
Je me souviens avoir démontré Koshiki No Kata avec Pierre Dermy; mon assistant d'alors, lors d'une importante démonstration en 1978 au CRB de Roland Habersetzer à Strasbourg ce qui, à l'époque fit du bruit dans le Landerneau des Arts Martiaux.
Je n'y suis bien évidemment pour rien mais immédiatement après ce Kata oublié depuis belle lurette était à nouveau enseigné et démontré au sein de la Fédé de Judo.
Sawai eut, par la suite, l'autorisation de Wang Xiangzhai, comme il était de tradition, de crééer sa propre Ecole qu'il nomma Taikiken. Littéralement, en japonais, "Xingyi Quan".
A cette époque le Maître Wang Xiangzhai utilisait pour sa propre Ecole le nom de Dachengquan ou Ta Tcheng Chuan et ceci à Shanghai.
Dacheng ou Ta Tcheng est un terme très classique utilisé en littérature et en philosophie chinoise et signifie "Grand" ou "Ultime" (Ta, Da) et "Dénouement".
Il est malheureusement traduit (à partir des traductions anglo-saxonnes achievement) par "Achèvement".
On achève bien les chevaux !
Pan.
Au risque de heurter le ronron consensuel normalisé la "Pensée Chinoise" classique ne connaît ni origine ni achèvement.
Donc pas de créateur, création, mouvement créateur, élan créateur, verbe créateur comme dans la genèse judéo-chrétienne et encore moins d'achèvement, d'aboutissement, d'accomplissement et que sais-je encore de "big-bang" et de "big crush".
Les choses et les êtres se révèlent et poursuivent leur chemin avant, pendant et après.
Les sinologues occidentaux se sont évertués à rechercher des "genèses" ressemblant à celle proposée par le Vatican et ont évidemment trouvé, en Chine, des mythes populaires et folkloriques concernant des minorités et ayant quelque points de rapport avec nos habitudes.
Comme si un chercheur chinois disséquait l'histoire locale de la Tarasque pour en déduire une genèse concernant tou l'Occident et sa conception de l'Univers.
Les Chinois, avant qu'on leur bourre le mou, ne connaissaient pas la notion d'univers ou d'universel.
Donc il y a une Grande Unité qui se manifeste et un Grand Dénouement qui précède "autre chose"
Cela correspondrait mieux à l'heureux dénouement des contes de fées : "ILs se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants".
Ce qui correspond à une réalité, presque à un rapport de gendarmerie.
A un "compte de faits"
Ce qui est "avant" ce "Grand Dénouement" correspond au conte de fée, aux princesses, aux chameaux, aux lapins roses, au Sésame ouvre-toi et autres billevesées amusantes et récrétives.
Dacheng est ce qui ouvre la porte sur la réalité, donc sur la vie.
Ce ne peut donc être achevé ou un achèvement !
Avant il y a, c'est l'en-deçà (Xia), après il y a c'est l' au-delà (Shang).
Entre deux il y a le flux de la vie (Taisu ou Taixi) et de la pratique entre Terre et Ciel.
Mais en 1949 Shanghai tombe aux mains des révolutionnaires.
La plupart des "disciples" de Wang cessent la pratique et certains décident de s'expatrier.
C'est le cas de Wang Zemin dont la tête était mise à prix parce qu'il descendait de Wang Yang Ming et qu'il connaissant son enseignement moral et politique.
Wang Yang Ming donc plusieurs aphorismes réapparurent sur la Place Tiannanmen en 1989 :
"Non aux boutiquiers de Confucius" (ou à la "petite boutique de Confucius") qui fut repris également par les contestataires au début du XXe siècle mais qui valut déjà cinq années d'exil au philosophe sous la dynastie Ming.
"Dans certaines circonstances ne rien faire c'est déjà agir"
"Chercher à comprendre c'est déjà contester"...
Aphorismes qui furent utilisés par les étudiants en philosophie dès le commencement des évènements de la Place Tiananmen et qui, évidemment, demeurèrenc incomprises des journalistes et autres "sinologues" mais pas des autorités politiques chinoises qui savaient très bien à quoi s'en tenir sur leur origine.
La philosophie morale de Wang Yang Ming et son principe du Liangzhi (compréhension intuitive) êtant toujours de nature à déranger les dictatures.
Cette "Etude du Coeur" (xinxue) ayant, à tort, été qualifiée de "néoconfucianisme" par les occidentaux alors qu'elle prônait en premier lieu "San Jiao He Yi" (incluant encore le SanYi !)
C'est à dire Bouddhisme, Taoïsme et Confucianisme font Un.
Ce qui n'est évidemment pas du goût de tout le monde à commencer par les intégristes de tous poils.
Mors d'un "Village Bien-Etre" organisé par le groupe Prémalliance à Marseille j'ai eu très récemment l'occasion de rencontrer une charmante chinoise qui dirigeait un cours d'nitiation à la calligraphie.
La voyant pratiquer cela m'a immédiatement rappelé un enseignement dit "privé", donc particulier, de Wang Yang Ming, transmis par Wang Tse Ming (ou Wang Zemin) qui était l'application pratique d'un commentaire du Yijing de la dynastie des Song.
"Mobilisation, accueil, conduite et contrôle de l'énergie"
Je m'en suis ouvert à notre calligraphe qui très étonnée m'a dit "c'est très compliqué !"
Voulant me justifier je lui ai parlé de Wang Yang Ming et elle m'a dit très en colère et littéralement
"Wang Yang Ming pour nous c'est comme Coluche : un fouteur de merde !"
Au mot à mot et devant témoin !
Wang Tse Ming aurait été content que l'on compare aujourd'hui son ancêtre philosophe à Coluche puisqu'il fut, d'une certaine manière, comme lui "liquidé" par les autorités qui commençaient à le trouver gênant.
Quoi qu'il en soit Wang Tse Ming plutôt que d'avoir un accident de moto, d'autobus ou pire encore décida de quitter la Chine et de venir se réfugier en France qu'il considérait comme la "Patrie des Droits de l'Homme" !
Le reste de sa famille ayant, par la suite, plus ou moins été exterminée.
Wang Xiangzhai qui n'avait plus aucun revenu décida de rester et de passer sous la protection de Zhu De (Chou Teh), la "Vertu Rouge" , le "Chef de Guerre" de Mao qui l'emmena à Pékin, pardon, Beijin avec comme mission d'entraîner les cadres du parti qui buvaient et fumaient trop à son goût.
Wang Xiangzhai arriva donc à Beijin où il reprit son enseignement après l'avoir rebaptisé Yiquan (ou Yi Chuan ou I Chuan), reprenant ainsi, ce qui ne s'était jamais fait auparavant le nom de l'Ecole particulière du maître de son maître Li Lo Neng.
Donc en oubliant le "Wuxingquan" de Guo et surtout tous les principes qui le motivaient.
Et par la même occasion le Tao-yin (Daoyin) du Lingbao qui passa également à la trappe.
Zhu De lui ayant expliqué qu'il pourrait continuer à le "couvrir" si il évitait dorénavant de se référer à ces théories d'un autre régime.
Il convenait de parler de santé, de bien-être mais pas d'énergie vitale et encore moins des principes taoïstes ou bouddhistes.
Et ne parlons pas du Xinxue qui était plus que mal vu et que Wang Xiangzhai pour sa sécurité personnelle avait préféré, on le comprend, oublier.
Ce qui impliqua qu'il enseignait à partir de 1949 une forme détachée de tout principe énergétique ou philosophique et ceci sous deux noms : Dachengquan à Shanghai et Yiquan à Beijin.
Ce qui ne simplifie pas les choses encore actuellement où on ne sait plus trop à quelle tendance se vouer.
Certains allant même jusqu'à enseigner Dachengquan-Yiquan avec un tiret !
Ou l'inverse.
D'où la contreverse entre "ceux d'avant et ceux d'après"
Pendant des années en Chine de nombreux pratiquants de Yiquan pensaient que c'était un "Qigong" sans aucune implication ni application "martiale".
Et il est vrai, qu'encore actuellement la fameuse "Posture de l'Arbre" avec ou sans majuscule passe pour une panacée dans le domaine du Qigong minimaliste.
Wang Xiangzhai se sentait surveillé et il n'y a rien de tel qu'une immobilité parfaite pour décourager les curieux, donc les taupes, qui finissaient par s'en aller.
Il mourut, probablement de privations et de chagrin, pendant la fameuse révolution culturelle et les Gardes Rouges en profitèrent pour venir chez lui briser à coups de pelles les jambes de sa fille.
C'est probablement ce qui l'incita à reprendre et à poursuivre son enseignement.
Mais elle ne dit pas tout car elle préfère vivre tranquille.

Wang Tse Min , ou Wong Tai Ming, à Paris

Wang Tse Min arriva donc à Paris en 1949 et demanda l'asile politique.
Muni d'une affiche avec sa photo où l'on réclamait sa tête avec insistance.
Il obtint donc cet asile politique.
Mais comme il était pas idiot il prit, pour ce faire, une identité vietnamienne et changea d'état civil se faisant appeler Tai Ming Wong ou Wong Tai Ming.
t ils s'installe dans le quatrier vietnamien de Paris qui à l'époque était situé entre la rue Monsieur le Prince, près de l'Odéon, et Maubert Mutualité.
Et il ouvrit une entreprise d'import-export rue Monsieur le Prince, entreprise qui comprenait également une boutique de vente de porcelaines et de produits asiatiques à l'affiche de Sodimpec.
Boutique qui existait toujours dans les années quatre vingt.
Mais en fait l'essentiel de son activité était la commercialisations de thé précieux et de ginseng auprès des amateurs de la communauté asiatique de Paris.
A la fin des années soixante dix il m'a montré une racine exceptionnelle de ginseng sauvage qu'il allait vendre à un riche Chinois pour l'équivalent du prix d'une voiture neuve de moyenne gamme.
Cette activité lucrative lui permettait de voyager en Asie sous sa nouvelle identité, ce dont il ne se privait pas.
En cinquante trois, après de longues démarches, il obtint la nationalité française toujours sous le nom de Tai Ming Wong.
Et il acheta un appartement juste en face du Muséum d'Histoire Naturelle, rue Buffon.
Juste en face de la galerie de paléontologie.
Les Chinois n'aiment pas trop les squelettes qui se promènent au grand jour, question d'atavisme et il décida d'aller voir ce que c'était.
Et il vit une pancarte "animaux naturalisés".
Et il eut une sorte d'illumination en pensant qu'il était un "Chinois naturalisé".
Ce qui ne le rassura pas !
Mais ce qui ne l'empêchait pas de continuer à donner des cours chez lui ou dans les jardins du Jardin des Plantes où il appréciait particulièrement le "Belvèdère" au dessus du labyrinthe, un endroit connu uniquement de quelques parisiens.
Dans les années cinquante il y a vait donc déjà des cours de l'Art du Poing Chinois en plein Paris.
Il transmettait son école à quelques amis chinois également expatriés sous le nom de "Liannanquan" (Lien Han Chuan) oi "Poing des Générations Circulaires".
Amis dont le fameux Tonton Yang, une restaurateur chinois très connu.
Il avait été l'un des "Cinq Couteaux de Canton", donc l'un des cinq chefs les plus réputés de la capitale gastronomique de la Chine.
En arrivant à Paris il ouvrit rapidement un magnifique restaurant près de la Place Clichy et proposa aux Parisiens les recettes authentiques qui avaiient fait sa réputation : le porc à la sauce rouge (qui était devenu le plat préféré de Mao !), le canard fumé au camphre et au thé, le jambon braisé au miel.
Et il fit un bide magistral.
Sur les conseils avisés de Wang, pardon de Wong, ils se rendirent dans le quartier vietnamien et commandèrent plusieurs plats, observant les clients et relevant les cartes.
Quelques kours plus tard Tonton Yang proposa, à son tour, des patés impériaux, du canard à l'ananas, du porc au champignons noirs et des bananes flambées.
Et il fit salle comble !
Pendant longtemps ce restaurant "chinois" fut considéré comme l'un des meilleurs de Paris.
Et Wong m'y invitait en prenant soin d'avertit Tonton Yang de préparer ses plats authentiques.
Tonton Yang accepta même de me montrer ses tours de mains et de m'enseigner quelques recettes comme le fameux "poulet des ancêtres" que je confectionne toujours pour les amis.
Y compris pour quelques amis chinois qui, généralement, tombent des nues car ce sont des plats que l'on ne trouve que très rarement en Chine.
Puis comme tout un chacun Tonton Yang se retira des affaires et revendit la sienne en effectuant une bonne opération financière.
Wong évidement connaissait toutes les bonnes adresses de Paris et avait "ses tables" ce qui me permit de bien apprécier la cuisine asiatique dans ce qu'elle avait de meilleur car il avait ses entrées jusque dans un restaurant très connu, et hors de prix, des Halles où l'on rencontrait quelques célébrités parisiennes.
Il avait toujours plaisir à l'inviter au restaurant, ce qui était presque un rituel, car j'avais un bon coup de fourchette et une inclinaison pour la cuisine de qualité.
Il cuisinait lui-même fort bien et était expert en vins.
Ce qui ne nous empêchait pas de pratiquer soit seuls soit avec ses amis chinois.
Il m'avait accepté comme élève parce que je l'amusait beaucoup avec mes convictions et que nous avions, en profondeur, des points communs particulièrement en ce qui concerne l'histoire de la Chine et de ses relations avec les Occidentaux.
Hangzhou avait été libéré des Taiping par le général Georges Charles Gordon, alias Chinese Gordon puis Gorgon pacha qui était un arrière grand oncle (le frère du mari de mon arrière grand-mère) et avec lequel j'avais, à l'époque, une ressemblance troublante.
Wong était donc assez fier de compter parmi ses élèves le descendant, fut-il lointain, du seul étranger qui fut nommé Maréchal des Troupes Impériales avec le titre envié de Titou et de "Gardien du Trône".


Georges Charles Gordon en tenue de "Titou" - Maréchal des Armées impériales chinoises.
Tableau officiel qui est encore actuellement au Mess des Officiers du Royal Engineer qui se trouve à Chatham dans le Kent.
Il libéra Hangzhou des Taiping.

Gordon était l'un des seuls, y compris parmi les généraux chinois, à porter en présence de l'Empereur la tunique jaune et un chapeau comportant une plume de paon à deux ocelles.
Et surtout à demeurer armé en présence de l'empereur ce qui était signe d'une confiance totale.


La photo de "Chinese Gordon" qui servit à effectuer le portrait.
Derrière lui les bannières prises aux Taiping.

On comprend aussi que Gordon ait été assez mal considéré par les "révolutionnaires" qui continuent à révérer les Taiping comme "libérateurs du peuple chinois !
Alors que leur chef se prenait pour le frère de Jésus Christ.
On a les mémoires qu'on peut.
Gordon finit sa carrière extraordinaire à Kartoum en s'opposant au Mahdi, un fanatique musulman dont Bin Laden s'inspire actuellement.
J'ai donc pendant une dizaine d'années pu suivre ses cours particuliers, dans tous les sens du terme, et le côtoyer.
On me reproche d'être assez bavard pendant les cours.
Il était assez bavard pendant les siens.
Comme il s'exprimait dans un français parfait il recherchait toujours le "juste mot" quitte à revenir dessus plusieurs semaines ou mois après.
Il a toujours tenté de me faire partager son amour pour la pensée chinoise classique et pour les grands textes chinois qi'il retraduisait en justifiant le choix des termes utilisés.
Il avait évidemment ses conceptions très particulières, encore, pour le Yijing, le Daodejing, Liezi, Zhuangzi, Sunzi; le Wainanzi et apportait de multiples explications pratiques en liaison avec la pratique.
D'un autre coté il préférait bien évidemment l'Interne incluant le Xingyiquan sous sa forme évolutive mais également le Tao-Yin du Lingbao.
C'est le Maître Shen Tian Shi, de la "génération des Maîtres Célestes", vénérable de la Congrégation Taoïste du Ling Pao Ming de San Francisco qui, grâce à une lettre de recommandation, m'avait permis d'avoir son adresse à Paris.
Wong était donc considéré comme un "enseignant laïque" du Lingbao.
Ce qui ne l'empècha pas de puiser dans sa mémoire et surtout dans son corps pour me transmettre les formes d'Externe qu'il avait étudié avant 1939 et ceci avec des Maîtres très réputés.
Ce sont ces formes que j'ai d'abord transmises à mes élèves de 1974 à 1979 avec son autorisation.
En incluant évidemment "un peu' de "Gymnastique Taoïste"
A l'époque les termes "Qigong" (Chi Kung) et Gongfu (Kung-Fu) ,n'existaient pas et on parlait alors de "Boxe Chinoise" et de "Gymnastique Taoïstre" ou de "Yoga chinois".
Il n'était évidemment pas question, non plus, de Yiquan ou de Dachengquan.
En 1978 j'ai créé l'Institut des Arts Martiaux Chinois Traditionnels (IDAMCT) avec l'assentiment amusé de Wong.
On conserve désormais le nom bien que les termes "martiaux" et "traditionnels" mériteraient d'être redéfinis.
Entre temps Wong m'avait initié au Feng Shui, à la confections des "Charmes Taoïstes" (Fu Lu) et à un tas d'autres choses fort chinoises et fort inutiles.
Comme au bâton de l'Interne qui était en fait la forme secrète de la "Lance à crochet de Yue Fei", conservée au sein de sa famille en accord avec le clan Yue et qui est à l'origine profonde du Xingyiquan des origines.
Pour mes cinquante années de pratique mes "anciens" m'ont offert la reproduction forgée de cette arme assez redoutable mais très symbolique qui contient l'essence même du Xingyiquan se prolongeant dans le San Yiquan.

Wang Tse Min ou Wang Zemin à Taiwan

En 1979 Wong décida de prendre sa retraite et suivant son habitude reprit son nom chinois modifié à partir de la transcription vietnamienne et passa allègrement de Wong Tai Ming à Wang Tse Ming.
Avant de se retirer à Taiwan, près de Kaoshiung, à Shilen village, un endroit résidentiel dans les collines surplombant la mer, il décida de me léguer son école.
Et Liananquan devint alors San Yiquan.
Le Poing des Trois Unités ceci en relation avec le chapître 14 du Daodejing "L'invisible, l'Impalpable et l'Inaudible (San) qui se regroupent en Un (Yi).
Mais aussi par rapport à la devise de sa famille "San Heng Yi Shu Wang" et à l'affirmation du Xinxue "San Jiao He Yi".
Dans la pratique les Trois (Ecoles d'Externe - Hung Gar, Tang Lang, Wing Chun) retrouvaient le Un (Ecole d'Interne - le Xingyiquan).
"San Jiao He Yi" "Trois Ecoles dans Une.
Ce qui est évidemment difficile à avaler, une fois de plus, pour les intégristes qui croient, grand bien leur en fasse, que la pratique s'est arrêtée un jour comme une montre qu'on a oublié de remonter.
Alors que leur écoles furent également créées à partir d'autres écoles...comme ce fut le cas pour Hung Gar (issue du Shaolin du Sud), Tang Lang (également issue de Shaolin !) ou Wing chun (issue du Hung Gar et de pratiques énérgétiques et symboliques bouddhistes).
Cela me rappelle un type qui dans sa généalogie citait une douzaine de maîtres, tous plus authentiques et réputés, avec lesquels il avait travaillé et qui refusait que ses propres élèves pratiquent ailleurs que chez lui !
Il avait opéré la synthèse ultime valant pour l'éternité et dans tout l'univers.
Wang Tse Ming, qui avait retrouvé un nom chinois, me transmit donc la filiation de son Ecole au grand désespoir de ses amis chinois.
Qui ne comprenaient pas qu'il avait pris le risque de prendre un "jeune" (29 ans) et de plus "Guailo" ou Kwai Lo, donc un occidental notoire pour lui succéder.
Ils avaient tous plus ou moins l'âge de Wang et auraient aujourd'hui cent ans !
Et pour la plupart ils n'enseignaient pas.
Et San Yiquan est toujours présente donc transmise et je n'ai pas encore cent ans.
Qui avait raison ?
Et il fit le nécessaire à Hong Kong et à Taiwan pour faire reconnaître cette filiation.
Inutile de préciser que, concernant la Chine Populaire, il oublia de transmettre les papiers qui seraient, de toutes façons, passés à la poubelle.
Il a donc économisé un timbre et participé à une action écologique en évitant le gaspillage du papier.
Entre temps il est passé de l'eau sous les ponts de Paris mais sa pratique initiée en 1949 y est toujours présente.
Et aujourd'hui, heureusement, je n'ai plus envie de me justifier et de rentrer dans les querelles de clochers.
La pratique et son enseignement se suffit à elle-même.
Et elle s'exprilme au travers des Arts Classiques du Tao et de plus de quarante associations qui ont pignon sur rue.
Et Wong, ou Wang, a su transmettre "autre chose" et surtout autrement.
Et cette "autre chose" n'appartient plus à la Chine, à un ministère, à une fédération, à une famille ou à individu.
Wang Tse Ming, alia Wong Tai Ming ou Tai Ming Wong, alias Wang Tse Min est décédé le 15 octobre 2002 à Kaoshiung à l'âge honorable de 93 ans.
C'est l'un de ses lointains neveux qui m'a prévenu de sa disparition sous son nom chinois, officiel celui-ci, de Wang Zemin.



Wang, c'est le nom de famille.
Ze c'est étang, marécage, par extension les brumes lumineuse qui s"élèvent au dessus du marais et qui vont se transformer en nuages (Yun), ce qui est bienfaisant et bienveillant.
Min, c'est le peuple, la multitude.
Ce qu'on peut traduire par "Wang bienfaiteur du peuple" ou simplement "Wang le bienveillant".
Il existe un rapport subtil entre Ze, les brumes bienfaisantes qui s'élèvent au dessus du marais, et le "champ des Huit Trigrammes" (Bagua Tian) protégé par ce même marais.
Dans la tradition classique le marais est le lieu entre eau, ciel et terre, qui protège les initiés.
Ce n'est pas sans raison que Merlin trouve refuge dans Brocéliance, alias Broekland (Broe-lande), la "terre des marais".
Le lac est évidemment un autre symbole très particulier.
Il y a la "Dame du Lac" et "Lancelot" et le "Lac de l'Ouest" qui est situé près de Hangzhou sur les terres du Clan Wang de Yue.
Et Yue Fei qui est, en quelque sorte le Lancelot chinois.
Wang signifie Roi.
L'Emblème des Wang est la Grande Ourse.
La "Grande Ourse" ou l'Ourse Féroce est arctrurus autrement dit Artus-Reis, le Roi Arthur.
Là, les Boys-Scouts, il va falloir décoller votre oeil de votre télescope et sortir les mains de vos poches, ou cesser de feuilleter fébrilement votre "Que-Sais-Je" sur l'Astronomie.
On n'est plus sur le même plan astral ni même sidéral.
Désormais Arcturus appartient à la Constellation du Bouvier.
C'est vrai.
C'est l'une des étoiles les plus brillantes du ciel austral.
Mais jadis elle était située à la queue de la Grande Ourse.
Arcturus signifiait alors en grec "Arktos" (l'Ours) "Oura" (Queue).
Par la suite, par un tour de passe-passe dont les savants ont le secret, elle se sépara de l'Ours et devint alors "Le Gardien de l'Ours" donc "celui qui mêne le chariot", par extension l'étoile du "Bouvier".
Pour les chinois anciens c'était, et c'est encore, Dajiao littéralement "Grand Souverain" ou "Grand Roi".
Il représente alors le "pôle nord galactique".
Arktos ou arctus c'est l'Ours "arctique".
Dans la langue des Angles Artus signifie littéralement "Arth" (Ours) Urth ou Ur (Homme)
Artus ou Arthur c'est donc également "l'Homme Ours" qui correspond au Roi.
C'est celui qui manie Excalibur ou Klaveldoc'h (blessure profonde), l'Epée merveilleuse qui réunit le rêgne animal, la corne, le rêgne végétal, le bois, le rêgne minéral, le fer et qui permet à l'être humain de s'élever vers les Divinités.
C'est aussi, symboliquement, l'épée aux Sept Etoiles du Clan Wang (Wang Qi Xing Jian).
Arthur lui-même est le fils du Roi "à tête de Dragon" Uther Pendragon (Pen-Dragon).
Qui tient dans sa gueule la Polaire (TaiXi TaiYi) ou "Etoiile Flamboyante"
TaiXi représentant le "Grand Occident" tandis que TaiBei (ou TaiPei) le "Grand Nord".
A partir de la "Grande Ourse", le continent, on peut observer cette "Etoile du Nord".
Mais de quelle "Polaire" s'agit-il réellement ?
Est-ce la Grande Unité (Tai Yi) que l'on oppose à la Grande Multitude (Tai Wan) ou est-ce la "Polaire" galactique du Grand Roi Céleste, donc Arcturus ?
Et Ge Hong, le Magicien pourrait fort bien représenter Merlin.
Mais cela serait peut-être aller un peu trop loin puisque qu'il n'est question que de jeux de mains, donc de vilains.
Avec un seul L comme dans Joël.
Wang Ze Min aurait volontiers préféré le chevaleresque.
Donc Wang Tse Ming ou Tai Ming Wong - la Grande Clarté Impériale -
C'est ainsi.
Et nous le suivons sur cette voie n'en déplaise à qui mal y pense.



La tombe du Maître Wang Xiangzhai
Texte et photos de Yohan Radomski

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