DES NOUVELLES ARMES STRATEGIQUES... par Chan Sanyi

Il fallait s'y attendre !
Il n'y a de nouveau que ce l'on vient de redécouvrir.

On vient donc de redécouvrir que les armes blanches existent et qu'un simple cutter, arme par fonction et non par destination, pouvait dans des mains criminelles et expertes causer, par finalité, beaucoup plus de dégâts qu'un missile de croisière.
Pour un ou deux dollars, pas même une poignée, il est donc possible de remettre en cause la plus fabuleuse machine de guerre que le monde n'ait jamais créé puisque l'armée américaine et la C.I.A. n'ont pu empêcher un massacre sans précèdent dans les annales pourtant fécondes du terrorisme.

Le nouveau siècle et le nouveau millénaire commencent donc très fort dans la remise en cause des stratégies de Papa puisque la stratégie du grand-père, nettoyeur de tranchée jouant allègrement du surin "vengeur modèle 1915" ou de la pelle US affûtée, semble ouvrir des horizons nouveaux et fort prometteurs. Et l'on n'a pas encore tout vu.
On s'en doutait déjà un peu lorsque des sbires munis de simples manches de pioches fracassèrent il y a peu de temps, en Serbie, les membres et les crânes de leurs semblables ou que d'autres sbires découpaient, en Afrique et en Algérie, leurs mêmes semblables à la machette et au couteau. Au vu et au su des satellites d'observation de la NASA et des observateurs de l'ONU.

Les escadrilles d'avions coûtant chacun plusieurs centaines de millions de dollars demeurant totalement impuissantes à enrayer des massacre de type "guerre du feu". La fameuse "guerre propre" ne l'est pas autant qu'on se plaît à le croire. Surtout lorsque les responsables directs et indirects courent toujours les champs et les ministères. On comprend alors pourquoi ces mêmes terroristes refilent désormais leurs Kalachnikov et autres lance-roquettes aux zonards de banlieue. Ce sont des armes totalement dépassées par les événements. Les rayons bricolages et jardinages suffisent désormais largement à l'approvisionnement des candidats au suicide kamikaze. C'est l'ennemi qui désormais fournit l'avion. Un bon logiciel de pilotage virtuel, toujours aimablement fourni par l'ennemi, quelques heures de vol et le tour est joué.

Il n'est, en en réalité, pas même utile de posséder un cutter ou un manche de pioche pour causer à autrui des dégâts importants voire mortels. Un individu bien entraîné pourrait fort bien se passer de ces objets superflus puisqu'un simple stylo, une branche de lunettes, une carte bleue judicieusement pliée et découpée ou un simple journal peuvent se transformer en armes suffisamment mortelles. A vrai dire, la main humaine bien entraînée, peut également tuer. Il devient donc difficile d'interdire l'accès aux avions de tout individu possédant un stylo, des lunettes, une carte bleue et lisant le journal. Ou aux pratiquants sérieux d'un art martial quelconque.

De l'autre coté, en face, on prévoit donc très officiellement de revenir aux bonnes vieilles méthodes et au lieu de jeter inutilement des millions de dollars par la fenêtre dans des systèmes de plus en plus sophistiqués, d'avoir recours à des spécialistes du combat à main nues. Il fallait y penser. Il n'est donc désormais plus anachronique de s'entraîner aux subtilités des armes blanches dans le cadre de cours hebdomadaires ou de stages puisque ces armes deviennent stratégiques. Il n'est donc plus anachronique de prétendre s'entraîner contre l'utilisation de ces mêmes armes blanches ce qui prêtait encore à sourire il y a quelques temps. Lorsque tous les passagers et membres d'équipage d'un avion pratiqueront ne serait-ce que des rudiments de self défense, l'utilisation d'un cutter pour détourner un avion redeviendra impossible. Et on retournera à la case départ pour le plus grand bien de l'humanité. Mais ce n'est pas demain la veille car il convient de "laisser cela" à des "spécialistes".
Il est en effet mal vu, dans nos dictatures molles, de se charger soi-même de sa santé ou de sa sécurité. Il faut donc compter sur des "spécialistes". Ceux qui affirmaient de tous temps qu'un plus lourd que l'air ne pourrait pas voler, que les vaches étaient cannibales, que l'Amérique était invincible, que Adolf était un charmant garçon.

Ces mêmes "spécialistes" n'ont pas, jusqu'ici, fait la preuve de leur efficacité. Comme le disent les Anglais "N'oubliez jamais que le Titanic a été conçu par des spécialistes tandis que l'arche de Noé a été construite par un amateur". Il conviendrait donc, si on en croit nos édiles, de mettre un militaire, un flic, un vigile ou un milicien, donc un "spécialiste", derrière chaque passager, derrière chaque client, derrière chaque usager, derrière chaque citoyen. En fait derrière tout le monde. Dans ce cas il convient de s'habituer à évoluer, en permanence, dans un film de Boisset dont l'action se situerait dans une quelconque sous-république bananière. Gros plan remontant peu à peu sur les rangers, le treillis léopard, la mitraillette, la mâchoire d'acier et les Ray-ban.

Donc avec la généralisation progressive de l'opération "Maréchal-nous-voilà-pirate". On finit par ne plus trop savoir si c'est le flic qui surveille le militaire ou l'inverse. Ce qui n'est pas plaisant. Ou d'accepter de se prendre en main. En Japonais Budo ou Bujutsu, en chinois Wushu signifient intégralement "Arts ou Voies de la Bravoure" et il est expliqué, dans le commentaire du caractère classique, que "le brave (Wu) est celui qui par son attitude et sa rectitude s'oppose à l'utilisation des armes".

Quelle meilleure définition donner ? On est loin de Mars, psychopathe égorgeur en jupette de cuir. Donc de martial. Dans cette simple hypothèse l'Art du Brave retrouve alors sa vocation originelle.