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Encore un épineux problème de terminologie qui
échappe à ceux qui viennent de débarquer.
Evidemment à l'époque il n'était pas question
de "Qigong" ou de "Chi Kung"
puisque ce terme "américano-chinois" (comme Chop
Suei, Chow Mein, Bruce Lee, Gongfu) n'avait pas encore été
importé des USA où il devint à la mode dans
le début des années 80 avant d'être récupéré
et repris par les Chinois eux mêmes avant de nous le refiler
entre des paires de chaussons et des boites de leetchis.
Il était alors question, à l'époque, de "Yoga
Chinois" ou de "Gymnastique Chinoise Traditionnelle"
sinon, plus rarement de "Gymnastique Taoïste".
La dialectique peut-elle casser des briques ?
Ce dernier terme étant à manipuler avec précaution
puisque nombre de braves gens qui avaient assez mal vécu
Mai 68 le confondaient avec "maoïste".
Il est de fait que le détournement des dialogues de certains
films de "Kung-Fu" (on disait alors de "cape et d'épée
chinois" ou "western-soja" et "Wou Sa Pien"
chez les sinologues branchés) par les situationnistes y était
pour quelque chose !
Ces films, "Du sang chez les Taoïstes", "La
dialectique peut-elle casser des
briques ?" "Karaté-moto", achetés à
bas prix et distribués par la Société de l'Oiseau
de Minerve passaient dans un cinéma d'Art et d'Essai situé
rue de l'Ecole de Médecine.
Ne disposant pas de traducteurs de chinois les importateurs avaient
trouvé le truc génial de faire doubler les dialogues
tout en les détournant totalement mais en utilisant une dialectique
marxiste totalement décalée.
Les Maîtres Taoïstes citaient donc allègrement
du Mao, du Engels ou du Kiekkegaard tandis que les prêtres
Shaolin déclamaient du Liu Chao Shi et du Louise Michel à
tour de bras. Tout en se rossant à qui mieux-mieux. La salle
était pliée de rire.
Nino Ferrer chantait à tue-tête "Le quart de rouge,
c'est la boisson du garde rouge !"
Il est bon de savoir, également, que le premier institut
"officiel" de "Qigong" fut créé
à Pékin en 1981, cette pratique ayant plus ou moins
été interdite auparavant comme "superstition
douteuse et relent du passé" et n'était surtout
pas destinée à l'exportation !
Quelques autres références occidentales :
Les seules références occidentales demeuraient alors
"Le taoïsme et les religions chinoises par Henri Maspéro"
chez NRF Gallimard (4eme trimestre 1971) qui présentait "La
gymnastique Daoyin" et les "méthode de gymnastique
de Chisongzi Daoyin Fa" et "méthode de gymnastique
de Pengzu Daoyin Fa" proches du "Cong-fou des Bonzes de
Tao-ssè" du Père Amiot et "Pour comprendre
le Yoga - synthèse orient-occident et analyse du Kong-Fou"
de A. et M. de Sambucy et J.J. Laubry aux Editions Dangles (2eme
trimestre 1973).
De fait, Maspéro fut donc le premier à utiliser le
terme classique de Daoyin (Tao Yin ou Tao In - qui donna Do In en
japonais !) et qui valait bien le terme bidouille de "Qigong".
Un contact avec De Sambucy qui incite Georges Charles à
créer un cours de "Gymnastique Chinoise Traditionnelle"
en 1976
Le Docteur De Sambucy avait été le professeur de Franck
et Tania Gilly lors de leurs études de kinésithérapeutes.
Ils pratiquaient la "Boxe Chinoise" au JJCE d'Enghien
sous la direction de Georges Charles et présentèrent
ce dernier à Sambucy. Ayant appris lors de cette rencontre
que Georges Charles enseignait le "Yoga Chinois" dans
le cadre des préparations à la "Boxe Chinoise",
il l'incita tout simplement à créer un cours spécifique
de cette pratique. Ce qui fut fait en 1976 sous la dénomination
de "Gymnastique Chinoise Traditionnelle" au JJCE d'Enghien
puis au Dojo de la Montagne Sainte Geneviève, chez Henri
Plée. Ce premier cours permit à Georges Charles de
rapidement nouer des contacts avec des acupuncteurs comme André
et Gabriel Faubert ainsi qu'avec les premiers ostéopathes
qui implantaient cette thérapie en France et qui vinrent
suivre ses cours.
Et quelques Enseignants d'Arts Martiaux qui découvrent
cette pratique
Mais également avec des enseignants d'Arts Martiaux qui découvrirent
alors une autre façon de travailler.
Ce fut le cas de Dominique Balta, l'un des plus anciens enseignants
formé par le Maître Masamichi Noro qui enseignait encore
l'Aïkido, de Christian Bernapel l'un des plus anciens enseignants
formé par Roland Habersetzer et qui enseignait encore le
Karatedo. Et également de Pierre Portocarrero, un ami de
près de trente ans. Egalement un Karatéka qui allait
faire du chemin. Et pas mal d'autres encore.
La "Gymnastique Chinoise" se fit donc connaître
dans le milieu "martial".
"Toute modestie mise à part si j'avais été
enseignant de danse au lieu d'être enseignant de "Boxe
Chinoise", le "Qigong" serait actuellement affilié
à la danse". ( dixit G. Charles) et probablement
que le Taijiquan (on disait alors Taï-ki K'iuan - sans oublier
les apostrophes et les trèmas !) aurait suivi le même
chemin.
Ce fut donc, probablement avant la lettre, l'un des tous premiers
cours de "Qigong" en France.
Mais, répétons le ce terme "Qigong" n'existait
pas encore !
Difficile de structurer quelque chose qui n'existe pas.
Ceux qui prétendent en octobre 2004 (New Génération
Tao) que le "Qigong" s'est structuré au milieu
des années 80 ont donc un métro de retard puisqu'il
existait, sous une autre appellation, en France, depuis plus de
10 ans.
La Fédération Française de Ritsu Zen
: un OVNI dans le paysage "martial"
Et qu'il s'était déjà structuré au sein
de la FFRZ (Fédération Française de
Ritsu Zen) en regroupant déjà plusieurs enseignants
de "Gymnastique chinoise" et de "Tai Chi Chuan".
Et ceci dès 1977.
Cliquez ici si vous désirez en savoir
un peu plus sur cette Fédération.
Où georges Charles était Directeur Technique et enseignant
du 3eme Degré en 1979.
Et en précisant que le 1er degrè correspondait déjà
à une homologation de 4eme Dan.
Et oui, n'en déplaise à certains, il existait déjà
une Fédération de Ritsu Zen en 1977. Donc une pratique
du Zazen et du Ritsu Zen.
Donc du Zhou Chan et du Zhan Chan - alias la fameuse
"Posture de l'Arbre" - que l'on vient de découvrir
la semaine dernière lors d'un séjour en Chine et qui
fait couler beaucoup d'encre dans le Landerneau des poussins du
jour.
Et que certains prétendent avoir récemment importé
ou à être les seuls à disposer désormais
d'une exclusivité probablement intergalactique.
A quel titre ?
Le seul document disponible étant généralement,
dans ce cas, un billet d'avion pour un séjour de moins de
trois semaines.
N'en déplaise à d'autres, le Ritsu Zen ou
Zhan Chan en chinois, fut donc structuré en France
bien avant le Yiquan, le Dachengquan ou le Taijiquan (ou Tai Chi
Chuan) et, malheureusement, Georges Charles y était déjà
et encore pour quelque chose.
En parlant de Taijiquan (Tai Chi Chuan) il est à noter que
Catherine Despeux venait tout juste de publier sa thèse "Tai-ki
k'iuan, technique de longue vie, technique de combat",
confidentiellement (Collection de Mémoires de l'Institut
des Hautes Etudes Chinoises -10 décembre 1975) , thèse
qui sera rééditée avec grand succès
en 1981 chez Guy Trédaniel.
Cette thèse de Despeux est citée par Etiemble dans
son inénarrable préface des "Philosophes
Taoïstes" de NRF Gallimard, collection de la Pléiade
(1980).
Il ne l'a visiblement pas lue puisqu'il confond allègrement
Taichi Yang (le nom de la famille Yang cité par Despeux)
avec le Yin/Yang de la cosmogonie chinoise (page XVI).
Et quelques bouquins encore !
L'ouvrage de Isabelle Robinet "Méditation Taoïste"
, publié chez Dervy date de 1979.
Si on excepte "Le secret de la Fleur d'Or" de Lu
Tsou, paru en 1969 à la Librairie de Médicis ; "Sur
les traces du Tai Ki Tchuan" par Dominique de Wespin publié
par André Gérard-Marabout en 1973, et qui traite du
massage et d'exercices avec des bâtons,
"Tai-Chi-Chuan ou la sagesse du corps selon le Tao"
par Charles Antoni, à l'époque un Baba pas très
cool, publié chez EPI en 1977 ; "Le Livre du Kung-fu"
de Michael Minick (traduit de l'anglais) Flammarion 1975 ; "Le
Kung Fu" de Cesar Barioli Editions de Vecchi 1975, un bouquin
de James Kou, un autre de Da Liu et, évidemment
le monumental et insurpassable "Soins et techniques du corps
en Chine, au Japon et en Inde", Editions Berg 1971.
Avant 1980, en dehors de cela, et des nombreux articles de Georges
Charles, point de grand salut !
Si vous en connaissez d'autres nous aurions plaisir à les
indiquer.
Et encore, la plupart de ces ouvrages traitaient exclusivement
du Taijiquan.
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Deux articles de Charles Larcher,
pseudonyme de Georges Charles jugé trop envahissant,
sur le Yoga Chinois. On reconnaît évidemment
du Daoyin Fa en forme assise et les fameux Baduanjin
(Pa Touan Chin)
ou "Huit Brocards de Soie" initialement créés
par Yue Fei.
Les illustrations sont de Di Mulato
Parution "KARATEKAS" (édité
par la revue Karaté - où Georges Charles
sévissait sous son vrai nom -) 1977.

Un autre article de Georges Charles
sur le Yoga Chinois "Que l'on nomme aussi Yoga
Taoïste"
Photo Ciné Karaté N° 28 1977
Il est incontestablement, en France, le premier article
à faire référence au "mouvement
dans l'immobilité" ou "Mouvement sans
mouvement" (Kan Tung Pu Kan Tung ) caractéristique
du Ritsu Zen
- donc du Zhan Chan - et de la "Posture de l'Arbre"
de Wang Xiangzhai -
Donc du Yiquan et Dachengquan.
En 1977.
Cela fait donc 27 ans.
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