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" Vous
voulez connaître le véritable secret du Judo ?
Le Judo tel que je l’ai conçu est une métaphore scientifique.
Il apporte une réponse précise à plusieurs
problèmes actuels.
Le premier est la préoccupation du peuple japonais et de
son Empereur qui a ouvert l’ère de la prospérité
Meiji. Afin d’écraser les étrangers il convient tout
d’abord de savoir céder (Joi) en utilisant la souplesse (Ju),
c’est à dire ouvrir les portes du Japon, accepter la technique
étrangère afin de pouvoir la copier et d’utiliser,
ainsi, leur propre force, leur technologie pour les culbuter en
dépensant un minimum d’énergie. Ce principe d’utilisation
rationnelle de l’énergie motivant la métaphore scientifique
du Judo peut être ainsi appliqué à l’amélioration
de l’activité d’affaire.
L’étude
et l’application de ce principe essentiel dans toute sa généralité
est beaucoup plus important que la simple pratique du Jujutsu. Ce
n’est pas seulement par le procédé que j’ai suivi
que l’on peut arriver à saisir ce principe. On peut arriver
à la même conclusion par une interprétation
rationnelle des opérations quotidiennes en affaires ou par
un raisonnement philosophique abstrait. Cette métaphore Judo
s’adresse bien à l’ensemble de la nation japonaise :
mettre l’étranger dehors mais également indiquer aux
anciens samurai comment réussir dans les affaires tant japonaises
qu’internationales.
Pour faire du profit il faut utiliser gratuitement la force et l’énergie
des autres : force du travail et énergie de création.
Je puis ajouter que la rationalisation des savoir-faire (know-how)
médiévaux, qui ont fait la force et la réputation
de notre Empire, peut être appliquée dans tous les
domaines et particulièrement dans l’industrie. Une fois que
l’on a bien compris l’importance réelle de ce principe essentiel,
il peut être appliqué à tous les aspects de
la vie et de l’activité tant sociale que professionnelle
et nous permettre de mener la vie la plus haute et le plus rationnelle.
L’Education
par le principe de la métaphore scientifique du Judo forme
l’ouvrier, le paysan, le commerçant, l’étudiant mais
également le cadre, le patron ou le militaire... etc à
l’économie, dans son travail mais aussi dans ses loisirs.
Ne constatons-nous pas chaque jour que l’énergie dépensée
pour l’acquisition d’une connaissance utile est souvent employée
à l’acquisition d’une connaissance qui n’est pas seulement
préjudiciable à nous-même, mais aussi à
la société. Finalement c’est bien de l’ensemble de
la société dont il est question ici et non à
un simple groupe de pratiquants. Le but final du Judo est donc d’inculquer
à l’homme inclus dans la société une attitude
de respect pour le principe de l’efficacité maximale et du
bien-être de la prospérité mutuelle et de le
conduire simplement à observer ce principe.
Enfin, il me semble que si cette métaphore scientifique du
Judo venait à se développer en dehors de nos frontières,
sans que les étrangers en connaissent les principes essentiels,
elle serait un vecteur des plus favorables au développement
de nos exportations.
En effet, chaque pratiquant de Judo, formé à la méthode
japonaise et fier de l’être, serait plus favorable à
l’acquisition de biens provenant directement de notre production
nationale. L’éthique morale et physique développée
par le Judo en ferait un représentant honorable de notre
civilisation, de notre culture et de nos produits vis à vis
de ses compatriotes.
La métaphore scientifique du Judo représente donc
le fer de lance de notre implantation à l’étranger
dans les années futures. Cela n’a pas de prix ".
Cette conférences, aux dires de l’informateur fut longuement
acclamée et ponctuée de nombreux " Banzai ! "
... " Dix Mille Années pour l’Empereur ".
Que
dire de ce document qui fut, par ailleurs, en partie publié
dans la brochure " Les bases fondamentales du Judo "
éditée par le Collège National des Ceintures
Noires ?
Tout d’abord qu’il y a simplement prescription puisque le Maître
Kano s’exprimait dans le contexte politico-économique spécifique
à la transition entre la période post-médiévale
du Shogunat de l’ère d’Edo (1615-1668) et le renouveau de
l’ère Meiji qui vit la modernisation, sinon l’occidentalisation,
du Japon dit moderne. Le Maître Kano ne faisait que suivre
les indications de Inouye Kaoru quant au but recherché...
faire du japon une des premières puissances occidentales.
Le Judo fut un des moyens utilisés avec le succès
que l’on sait.
Précisons encore que les Arts Martiaux, Judo y compris, furent
rattachés le 1er Juillet 1899 au Ministère
de la Guerre et que Jigoro Kano fut immédiatement nommé
Président du Centre d’Etude des Arts Militaires Japonais.
Les liens entre le Judo et la politique furent, à cause de
la position de Jigoro Kano et de ses relations influentes, pendant
longtemps étroits.
Plusieurs des plus hauts gradés du Kodokan mirent leurs connaissances
au service de causes très diverses. On peut, par exemple
citer le cas de Shiro Saigo qui fut le conseiller personnel et le
garde du corps de Sun Yat Sen, futur fondateur de la République
Chinoise lorsqu’il était réfugié au Japon.
Pour sa part Ryohei Uchida, l’un des tous premiers disciples de
Kano, et l’un des piliers du Kodokan, fut l’un des fondateurs de
la fameuse " Société du Dragon Noir "
(Kokuryu Kai) qui, sous l ‘égide de Mitsuru Toyama,
regroupait l’élite des nationalistes japonais... Nakamura,
Sasaki, Obuko, Tanaka, Kazuo, Takamura, Obata, Nakajima... qui pour
la plupart descendaient des plus grandes familles de samurai et
dont le but avoué était le retour aux valeurs traditionnelles
du Japon médiéval et le rejet pur et simple des valeurs
occidentales.(Illustration éventuelle Doc Black Dragon
3 leaders nationalistes) Au vu des excellentes relations qu’entretenaient
Ushida et Kano ce dernier ne pouvait ignorer ce fait. Ushida, en
sus de son haut grade au Kodokan, était également
considéré comme un expert de premier plan en Sumo,
en Kyudo (tir à l’arc), en Kendo , en Iaïdo (sabre),
en Jojitsu (bâton) et en Jujutsu...
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