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| Origine
des armes chinoises. |
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Comme dans tous les
pays du monde l’origine des armes remonte à la nuit des temps.
En Chine, comme ailleurs, les premières armes furent constituées
de branches épointées. Elles furent à l’origine
des armes de hast, ou armes longues.
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Bronze d'une pointe de javelot |
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Le bâton (Gun ou Kwon) ou l’épieu qui est un bâton
taillé en pointe à l’une de ses extrémités
demeure l’arme fondamentale de l’arsenal chinois classique. Les
chinois nomment le bâton " mère de toutes
les armes ".
Un simple bambou vert taillé en biseau (Zhuzi) représente
toujours une arme particulièrement redoutable.
Les bâtons courts (massues, gourdins...) donnèrent,
de leur coté naissance aux armes de poing.
Les doubles bâtons courts (Shuang Xiao Gun) de rotin (Latan)
sont toujours très pratiqués dans le sud de la chine
et dans la presqu’île malaise.
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Le travail complémentaire
de la pierre, notamment du silex (Suishi) et du jade (Yu) permit
la création d’un matériel commun aux époques
paléolithique et néolithique.
A la fin du néolithique,
il y a plus de quatre mille ans, certaines pierres, particulièrement
des haches, prirent une forme typiquement chinoise. C’est cependant
pendant la dynastie des Zhou (Chou) (1121-256 av. J.C.) que les
armes de cuivre et de bronze prirent une forme caractéristique
qui s’est parfois maintenue jusqu'à nos jours.
C’est le cas de la hache à tête incurvée (Chi),
de la hallebarde (Ko) ou de l’épée droite (Jian ou
Kien). Depuis cette époque lointaine la plupart des armes
anciennes ont traversé le temps, s’ajoutant aux créations
de chaque nouvelle période. Cela explique l’innombrable variété
des armes chinoises.
La plupart d’entre-elles
devinrent assez rapidement dépassées par l’évolution
de la stratégie militaire mais, par conviction et par habitude,
on persista à les produire et à en équiper
divers corps de troupes pour " respecter la tradition ".
Cet amour immodéré pour la tradition et le décorum
militaire furent, plusieurs fois, désastreux pour la Chine
impériale. A plusieurs reprises de son histoire la Chine
connaîtra la conquête et l’occupation par des armées
étrangères se souciant fort peu de l’anachronisme
folklorique des armées impériales ou de la bravoure
individuelle tant magnifiée dans les romans chinois. Une
fois de plus, et ceci depuis près de deux millénaires,
les armes chinoises étaient plus considérées
comme un art, certains diraient un bel art, que comme un moyen rationnel
de combattre.
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De plus, de nombreux généraux et de plus nombreux
politiciens encore se piquaient de pratiquer l’art de la stratégie,
chacun se prenant pour Sunzi (Sun Tseu). La tactique, jugée
vulgaire, devenait une affaire tout à fait secondaire sinon
d’ordre privé. La corruption généralisée
permettait aux conscrits de revendre leur charge et de se faire
remplacer tout en continuant de percevoir leur solde. La plupart
des armées se composaient donc de mercenaires survivant grâce
au pillage et se débandant à la moindre occasion.
Cela explique plusieurs défaites catastrophiques notamment
devant les Mongols et les Mandchous (Dynastie Yuan et guerre de
conquête entre 1206 et 1279) et Dynastie Qing 1644), devant
les Japonais (1281, 1894 et 1915), devant les puissances alliées
occidentales (Guerre de l’opium en 1840, Révolte des boxeurs
en 1900)...
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En 1937 un observateur
français, le Commandant Le Prieur, notait avec un certain
humour que le maniement de la grande hallebarde de Guan (Guandao)
faisait encore partie des épreuves imposées aux élèves
officiers. Il notait que, faute de munitions, lors de manuvres,
le groupe qui criait le plus fort " Pao ", l ‘équivalent
de " Boum ", marquait un point sur l’adversaire.
Il reconnaissait qu’en corps à corps individuel le soldat
chinois demeurait d’une très grande efficacité...
encore fallait-il qu’il parvienne au contact direct malgré
un équipement moyenâgeux de plus de quarante kg qui
comprenait, obligatoirement, parmi un bric à brac invraisemblable,
un grand parapluie et toile cirée et un siège pliant.
Le Prieur était un habitué de la Chine puisqu’un précédent
séjour, avant la grande guerre, lui avait permis de découvrir,
donc d’inventer, les fameuses fusées qui portaient son nom
et qui furent utilisées avec grand succès contre les
ballons captifs et autres dirigeables du Kaiser.
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La période d’or
de l’armurerie chinoise se situe malgré tout pendant la dynastie
Ming (1368 1644) où les diverses et multiples armes furent
classées en catégories et répertoriées
d’une manière scientifique. Cette armurerie chinoise comportait
alors un très grand nombre de machines étranges :
arbalètes projetant de multiples projectiles, fusées
incendiaires, hurleurs destinés à effrayer les chevaux,
instruments à projection de fumées toxiques.
A cette époque la Chine possédait déjà
une fort longue expérience dans le domaine des armes secrètes
et étranges puisque dès l’an 400 av. J.C. une " conférence
de désarmement " fut tentée entre plusieurs
royaumes pour limiter la production d’armes jugées trop meurtrières
et destructrices. La conférence échoua.
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On s’en donna
donc à cœur joie dans le domaine des explosifs, des incendiaires,
des gaz de combat et même des armes bactériologiques
puisque plusieurs fusées étaient censées répandre
des miasmes redoutables de la variole ou du choléra. La surenchère
fut telle que l’utilisation de ces armes nouvelles cessa assez rapidement
pour revenir à beaucoup plus conventionnel... et au corps
à corps. Les Mandchous de la dynastie Qing reprirent rapidement
les habitudes et les traditions chinoises et les farouches cavaliers
des " Tribus aux Treize Bannières " abandonnèrent
leurs arcs et leurs sabres des steppes pour l’équipement
chinois beaucoup plus sophistiqué... mais beaucoup moins
efficace.
Divers
essais de classification des armes chinoises
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