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Le "Qigong" un art millénaire qui se tourne vers
l’avenir de la santé...
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Qi Gong
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Il y a quelques années un professeur de médecine,
prix Nobel de surcroît,
affirmait : "La santé c’est le silence du corps".
Depuis, heureusement les choses ont quelque peu changé et
on s’est petit à petit rendu compte qu’un corps qui s’exprime
n’est pas forcément malade. Ce manque d’expression corporelle
comme credo médical rappelle un peu trop le fameux panneau
"Hôpital Silence" ou celui, non moins
redoutable, de la "Voie sans issue" que
l’on retrouve à l’entrée de nombreux cimetières.
Cette vision de la santé par défaut, donc négative,
est particulièrement déprimante. Elle implique une
médecine uniquement basée sur la maladie puis sur
son absence. Or, il est de coutume d’affirmer, qu’à l’inverse,
la médecine chinoise est une médecine basée
sur la santé puisque le médecin chinois percevait
une indemnité tant que ses patients se portaient bien mais
cessait d’être payé lorsqu’ils tombaient malades.
A l’inverse de son collègue occidental il avait donc tout
intérêt à axer son action principale, sinon
tous ses efforts de praticien, sur la prévention. Dans cette
hypothèse il est donc fort probable que la médecine
chinoise se soit plus volontiers tournée vers une vision
empirique mais pragmatique de la santé que vers le traitement
scientifique de la maladie.
Cette conception chinoise d’une santé positive est donc
principalement basée sur le mouvement... et l’expression.
Rétablir le mouvement, faciliter le mouvement, harmoniser
le mouvement, accroître le mouvement, utiliser le mouvement
sont autant d’étapes essentielles qui caractérisent
cette médecine originale que nous découvrons peu à
peu.
Pour ce faire l’acupuncteur utilise l’aiguille et le moxa - petit
cône d’armoise qui se consume lentement en chauffant un point
spécifiquement choisi - qui ont pour fonction de mobiliser
ce fameux Qi (qui se prononce Tchi en chinois et Ki en japonais).
Le masseur utilise ses doigts et ses mains, parfois même ses
coudes et ses pieds, toujours pour mobiliser ce Qi dans les membres,
les méridiens ou les organes.
Le praticien de pharmacopée chinoise utilise les substances
végétales, minérales et animales dans la même
optique. On dit, en effet, que telle ou telle substance agit sur
le mouvement de l’énergie d’un méridien ou d’un organe
et, ainsi, permet de traiter telle ou telle affection.
Le diététicien chinois agit, quant à lui, et
toujours pour les mêmes raisons, grâce aux saveurs,
aux couleurs, aux odeurs, au textures et aux natures des aliments.
Aucun Chinois ne s’étonne donc lorsque son médecin,
à qui il porte autant de confiance que nous portons en notre
propre médecin, lui indique que tel aliment de telle couleur
cuit de telle manière et assaisonné de telle façon
agit sur l’énergie du cœur ou des reins et peut, en conséquence,
permettre d’éviter un type d’affection ou en traiter un autre.
Le praticien de "Qigong", également
considéré en Chine comme un praticien de santé,
donc un médecin à part entière suivant sa qualification
et sa spécialisation, utilise quant à lui le souffle
et le mouvement.
En fait "Qigong", qui se prononce en réalité
Tchi-Kong, signifie littéralement "Travail du
Souffle". Qi (Chi ou Tchi) représente, en effet
à la fois le souffle, l’énergie et la vitalité.
Gung (Kong ou Kung) décrit un travail réalisé.
C’est le même caractère que l’on retrouve dans le fameux
"Gongfu" (... le "Kung-Fu"
de Bruce Lee ou de Kwai Chang Caine... ). Dans les deux cas il s’agit
d’un terme très récent mais percutant destiné
à l’exportation vers l’Occident de pratiques chinoises fort
anciennes.
Ce fameux "Qigong" fait donc partie, depuis
fort longtemps, de l’arsenal médical chinois permettant au
patient chinois d’éviter de nombreuses maladies... et donc
au médecin chinois de dormir sur ses deux oreilles.
Ce "Travail du Souffle" qui favorise la
santé et qui est principalement basé sur la coordination
entre mouvement, respiration, sensation est désormais présent
et pratiqué en Occident... et en France où il connaît,
par ailleurs, un certain engouement. Il permet de retrouver l’essence
de la signification étymologique, souvent oubliée,
de la "respiration"... relier, mettre ensemble
(Re) l’esprit (Spir) et l’acte (Ation, axion, action)... et probablement
de mieux aboutir à la méditation comme "Agir
(Ation) Centré (Médius)".
Ce simple fait d’agir centré, donc en conservant l’équilibre
du mouvement et de l’énergie, permet simplement d’éviter
de se retrouver désorienté, déboussolé,
déséquilibré, désaxé... et, par
contre coup de renforcer des défenses naturelles très
utiles à préserver la santé et l’équilibre.
N’est-ce pas un projet d’avenir ?
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| Un passé historique et culturel
authentique... |
Concernant la Chine et ses multiples inventions, dont on ne retient
souvent que la boussole, la poudre à canon, le papier monnaie
il devient habituel de se référer à la nuit
des temps ou à des pratiques plusieurs fois millénaires...
ce qui invite souvent au scepticisme.
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Pour ce qui est du "Qigong" il est, heureusement,
possible d’être plus précis. En effet, en avril 1972
il a été procédé à la mise à
jour du tertre funéraire de Mawangdui contenant la dépouille
de la marquise de Dai, femme du premier ministre du roi de Qin.
Hormis le fait que le corps de la marquise était parfaitement
conservé et que le tombeau contenait un véritable
trésor archéologique on y retrouva un document
peint sur soie comportant une quarantaine de personnages pratiquant
une étrange gymnastique.
A coté de chacun d’entre eux figurait un caractère
désignant un organe et un son. Il s’agissait donc d’une pratique
médicale basée sur l’art du mouvement et du souffle
nommé, à l’époque, Daoyin Tu (Pratique d’entretien
de la Voie).
Les archéologues datèrent précisément
la date de l’inhumation en 184 av. J.C.
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Extrait de la bannière de Mawangdui |
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Historiquement cette pratique existe donc depuis plus de deux millénaires.
Parallèlement il existait de nombreux textes classiques ayant
trait à cette pratique puisque Lie Tseu (Liezi), l’un des
auteurs taoïstes les plus connus et publié à
La Pléiade, affirmait déjà "Qui
expire et aspire en soufflant fort et en soufflant faible, qui crache
l’air vicié et absorbe l’air frais, qui se suspend comme
l’ours et s’étire comme l’oiseau, celui là ne recherche
que la longévité". (Chapitre XV).
Or, ce texte est considéré comme datant du quatrième
siècle avant notre ère... et les pratiques décrites
par notre philosophe existent toujours et sont encore pratiquées
au sein même du "Qigong" le plus classique.
Ces pratiques basées sur la maîtrise du souffle et
du mouvement ont donc toujours été considérées,
en Chine, comme faisant partie intégrante d’un authentique
héritage historique et culturel. En fait, tous les textes
classiques, y compris ceux de Confucius (Kongzi) y font allusion
à un moment ou à un autre.
Pour l’Occident, l’histoire du "Qigong"
commence avec le père Joseph-Marie Amyot (1718 1793), un
Jésuite ayant été vicaire apostolique à
Pékin, et qui présenta le "Cong-Fou des
Bonzes de Tao-Ssè" à la cour de Louis
XV.
Suivant ses propres écrits "il souhaitait présenter
cette pratique aux médecins et physiciens de l’Europe pour
soulager et soigner quelques affections comme cela se faisait en
Chine". Il rédigea un mémoire à
ce sujet et réalisa des illustrations qui sont font toujours
autorité.
Par la suite de nombreux auteurs, souvent des médecins,
comme Berne ou d’Estradère publièrent des ouvrages
incluant cette pratique au massage.
Mais le cas le plus significatif demeure encore celui de Ling (1776
1839), le "créateur" de la gymnastique
suédoise qui utilisa les travaux du Père Amyot à
son avantage. Son propre disciple, Dally affirmait à ce sujet
: "La doctrine de Ling, tout entière, théorique
et pratique n’est qu’une sorte de décalque daguerréotype
du Cong-Fou des Tao-Ssé de Amyot; c’est le vase de Dresde,
le splendide vase chinois, avec ses figures chinoises, revêtues
de teintes européennes" (Dally -cynésiologie
- 1887 folio 155).
Tout ceci n’aurait aucune importance si Ling n’était considéré
par les auteurs actuels de l’histoire du sport comme le créateur
du renouveau de la gymnastique sportive occidentale ! Qu’on le veuille
ou non, historiquement, le "Qigong" a donc
eu une réelle influence sur la pratique sportive en Occident
et n’est donc pas une "nouveauté"
uniquement liée à une quelconque mode "New-age".
En tant que pratique orientale de santé c’est la première
discipline qui fut décrite et pratiquée en Occident.
Le "Cong-Fou des Bonzes de Tao-Ssè",
décrit par Amyot, donc le "Qigong"
des praticiens du Tao, s’implanta en France avant l’acupuncture...
mais aussi avant le Yoga et avant les "arts martiaux"
japonais comme les anciennes écoles de Jujutsu qui furent
à l’origine du Judo et de l’Aïkido.
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| Les principes essentiels du "Qigong" |
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Le but du "Qigong" est de permettre de
rétablir une circulation harmonieuse de l’énergie
dans les membres, les méridiens d’acupuncture, les organes
par le biais de postures et de mouvements effectués en coordination
avec la respiration et la sensation.
Cette hypothèse est communément admise par les praticiens
de la médecine chinoise classique et les acupuncteurs traditionnels
mais peut, évidemment, être critiquée par ceux
qui pensent et affirment qu’il ne s’agit pas de disciplines scientifiques.
Mais, dans ce cas, sans qu’il soit alors question de pratique énergétique,
ni même de circulation d’énergie, il est possible de
constater que le "Qigong" permet de régulariser
la tension artérielle, de faciliter la circulation sanguine,
d’opérer un travail de profondeur sur des groupes musculaires
habituellement peu motivés, d’entretenir la mobilité
articulaire et de provoquer, par le biais du travail respiratoire
profond, une oxygénation accrue.
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Circulation du du "Qi" |
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La mobilisation articulaire effectuée sans contrainte a
été comparée par certains médecins à
un massage profond. Au delà d’un certain aspect ésotérique,
que l’on peut rattacher aux principes qui motivent la pensée
et la philosophie chinoise, il s’agit donc d’une pratique psychico-corporelle
qui a motivé plusieurs thèses médicales attestant
de son utilité.
Son intérêt essentiel réside dans le fait que
le "Qigong" de santé peut être pratiqué
quotidiennement sans contrainte essentielle jusqu’à un âge
très avancé. En ce qui concerne le "Qigong"
thérapeutique, celui qui est utilisé en Chine dans
le cadre des instituts médicaux pour traiter des affections
particulières (hypertension, insomnie, problèmes de
digestion, rééducation post-opératoire... )
Il est convenu d’affirmer qu’il doit être prescrit et pratiqué
sous contrôle médical car il peut présenter
quelques contre-indications.
Suivant un précepte de la sagesse chinoise qui affirme que
ce qui peut soigner un malade peut, par contre, rendre malade une
personne bien portante.
Ce "Qigong" thérapeutique ne représente
qu’une partie du "Qigong" médical... alors
que le "Qigong" de santé est omniprésent
dans la vie de tous les jours en Chine. Ce fameux "Qigong"
de santé est, par ailleurs, l’ancêtre du Taijiquan,
ou Tai Chi Chuan, que certains nomment "la Boxe contre
les ombres" est qui est un art du poing combinant à
la fois la pratique de santé, la méditation active,
l’autodéfense.
Le principe de son fonctionnement est le même que celui du
"Qigong" sinon excepte les applications avec partenaire
qui permettent de s’exercer, sans risque et jusqu’à un âge
avancé, à l’autodéfense.
Ce "Qigong" de santé, ainsi que le Taijiquan,
est représenté par de multiples tendances, écoles
ou styles, ayant leurs propres particularités. Il existe,
par exemple, des écoles basées sur la reproduction
de mouvements offensifs ou défensifs des animaux tandis que
d’autres se basent sur une position plus statique consistant à
"embrasser
un arbre"... ce qui peut se faire tant dans le principe
qu’en réalité.
Mais, de nombreuses écoles se basent aussi sur une pratique
axée sur le cours des saisons... Il existe, ainsi, de mouvements
printanier, estivaux, automnaux ou hivernaux qui sont souvent basés
sur l’observation de phénomènes naturels... le vent
qui remue les branches et les feuilles au printemps; la chaleur
qui s’élève et fait vibrer l’air en été;
l’envol du héron blanc en automne, le ruissellement de la
pluie d’hiver sur des ardoises. Ces pratiques s’accompagnent de
sons particuliers qui agissent en profondeur tant sur le psychisme
que sur les organes. Elles peuvent s’accompagner d’automassages
faits de frictions et de percussions qui ont pour but de motiver
les muscles et de faciliter la circulation. En quelque sorte le
pratiquant se fond dans la nature et s’y harmonise peu à
peu en reproduisant les mouvements internes et externe qui la motivent
suivant les saisons ou les périodes de la journée.
La plupart de ces écoles utilisent des enchaînement,
ou des séquences, très ritualisées qui se transmettent
depuis des siècles et constituent un héritage exceptionnel.
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| Ce que peut vous apporter le "Qigong" |
Il s’agit, avant tout, d’une pratique de bien-être qui a
pour but d’opérer un rééquilibrage général...
- rééquilibrage physique par le biais de la posture
et du mouvement parfaitement contrôlé... on pourrait
presque affirmer au millimètre et au milligramme près...
- rééquilibrage émotionnel par le biais du
profond travail respiratoire qui peu à peu permet de retrouver
son calme intérieur...
- rééquilibrage énergétique par le biais
de la circulation de l’énergie suivant les principes de l’acupuncture
et du massage oriental...
- rééquilibrage nerveux par le biais d’une oxygénation
profonde et d’une rééducation respiratoire...
- et, peut-être, un rééquilibrage psychique...
ou spirituel... par le biais de la méditation active et de
la compréhension vécue de la pensée chinoise.
Ce qui est rarement précisé est que ce dernier aspect
avait particulièrement impressionné les pères
Jésuites présents en Chine et qui, séduits
par ces pratiques, opérèrent un syncrétisme
qui eut très grand succès et permit de réaliser
de très nombreuses conversions. Malheureusement leurs efforts
furent anéantis lorsque éclata la "querelle
des rites" qui aboutit à une interdiction papale
du Pape Innocent IX en 1742. Le Vatican ne reviendra sur sa décision
que le 8 décembre 1939 en déclarant officiellement
que ces pratiques ne sont pas incompatibles avec la foi et la religion
catholique.
Mais, à l’époque, cette décision passa inaperçue
car le monde avait bien d’autres préoccupations. Le "Qigong"
est donc à la fois une pratique corporelle permettant d’atteindre
et d’entretenir un certain bien-être sans l’utilisation de
moyens extérieurs... une méthode d’entretien de santé
permettant de renforcer les défenses immunitaires de l’individu
et ceci quelque soit son âge et sa condition physique... une
technique faisant partie intégrante de la médecine
chinoise classique qui permet le traitement de certaines affections...
et un art d’éveil permettant, par le biais de la méditation
active, un travail sur l’esprit. Il n’est plus tout à fait
utile de se rendre en Chine pour le pratiquer et l’étudier
car il existe, en France, de nombreux enseignants qualifiés
ainsi de que de nombreux thérapeutes qui l’utilisent et le
conseillent.
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