"Embrasser le ciel en enlaçant un arbre"
Ou la posture Zhan Zhuang dans la pratique du Xingyiquan de forme " naturelle " (Ziran)

Bien qu’il s’agisse d’une posture ancienne elle fut plus particulièrement développée par le fameux maître Wang Xiangzhai (Wang Hsiang Chai de son vrai nom Wang Yushen) (1890 1963) qui l’avait étudiée sous la direction du Maître Kuo Yun Shen connu dans toute la Chine sous le pseudonyme évocateur de "La Paume assassine du Bouddha" (Fo Jun Sha)... ou la "Paume Divine".


Wang Xiangzhai

Il s’agissait donc à l’origine d’une posture commune au Xingyi Quan ou "Poing de l’Unité du Corps et de l’Intention" de forme naturelle (Tseujan), l’un des trois principaux arts internes du Poing, et au Daoyin Fa de l’école du Ling Pao Ming ou "Clarté du Joyau Ecarlate".
Elle se situait donc à l’exacte limite entre l’art de combat et l’art de santé... entre ce qui est capable de donner la mort ou de restituer la vie.
Une description énergétique plus complète de cette posture est disponible dans la rubrique Qigong : cliquer ici

Kuo Yun Shen au court de sa carrière affronta une soixantaine d’adversaire en duel... et ne fut mit en difficulté que deux fois... par le fondateur du Baguazhang (Pa Kua Chang) ou "Paume des Huit Trigrammes" Tung Hai Chuan et par un de ses condisciple de pratique Che I Chai qui était, avec lui, l’élève de Li Neng Jang.
Bien que d’une efficacité redoutée Kuo étudiait également la pratique de l’art de santé taoïste (Daoyin).


Kuo Yun Shen

 

Wang Xiangzhai, moins remuant remporta également quelques duels dont l’un, contre le Japonais Kennichi Sawai, demeura célèbre. Sawai, haut gradé de plusieurs Budo (Judo, Karatedo, Aïkijutsu, Kendo, Iaido... ) japonais deviendra, par la suite, disciple de Wang. Wang Xiangzhai transmit à la fois la pratique de combat et l’art de santé dans leur version taoïste jusqu’en 1949.

Pendant cette époque il eut une vingtaine de disciples dont Wang Tse Ming (Wong Tai Ming) (1909... ) qui se réfugiera en France en 1949 et fut, pendant près de dix années, de 1970 à 1979, l’enseignant de Georges Charles.
Wang Tse Ming choisit de nommer sa méthode Lien Han Chuan (Liananquan) ou "Poing des Générations circulaires" ce qui peut également se traduire par "Poing rebondissant en cercle continu". Cette forme particulière issue du Yiquan et du Dachengquan était donc présente en France au tout début des années cinquante.

L’arrivée des marxistes au pouvoir en Chine modifia profondément l’enseignement et le discours de Wang Xiangzhai qui dut se résoudre à ne plus transmettre, si on excepte ses toutes dernières années d’enseignement, que la pratique de santé dépouillée de toute référence à la tradition taoïste et à la pensée classique.


Wang Tse Ming en 1949

Il changea jusqu’au nom de cette pratique en la nommant tantôt Yiquan (nom qui avait déjà été utilisé par Li Lo Neng, le Maître de Kuo Yun Shen, et qu'il avait à nouveau repris en 1941) (I Chuan) ou "Poing de l’Intention", tantôt Dachengquan (Ta Tcheng Quan) ou "Poing du Grand Achèvement", tantôt Zhan Zhuang (Chan Chuang) ou "Se tenir comme un arbre", tantôt Zhan Chan (Chan Chuan - Ritsu Zen en japonais ) ou "méditation debout" et même Taiji Taisu (Tai Chi Tai Chu - Taiki Taiso en japonais) ou "Grand flux du Grand Faîte"... ceci en fonction des circonstances et de l’idéologie du moment.

A partir de cette époque Wang Xiangzhai basa le principal de son enseignement sur la posture Zhan Zhuang, et ceci presque exclusivement, ce qui lui évitait d'avoir à apporter des explications qui auraient pu être très mal interprétées dans le contexte politique de l'époque. Il maintenait cette posture un long moment en expliquant qu'elle contenait l'essence de la pratique.
Wang Tse Ming, par contre, ne maintenait cette posture que quelques minutes, tout au plus une dizaine de minutes, il expliquait que Wang et Sawaï étaient des "maîtres d’arme" et n’avaient, par conséquence, que cela à faire alors que lui-même dirigeait une importante société d’import-export à Shanghaï... et que ses concurrents n’étaient pas dans un parc.
Il développa donc une version plus dynamique basée sur un apport personnel consistant dans les enseignements particuliers de l’un de ses ancêtres, Wang Yang Ming # (1472 1529) également très connu dans toute la Chine... et jusqu’au Japon et en Corée...Il axa également une grande partie de son enseignement sur le Tao-Yin Qigong de l'Ecole du Ling Pao Ming.


Georges Charles dans la posture de
l'arbre ou Zhan Zhuang

Wang Tse Ming enseigna cette forme de 1949 à 1979 en France à plusieurs disciples chinois sous le nom de Lien Han Chuan (Liananquan) "Poing rebondissant en cercle continu" puis de Wu Xing Chuan (Wuxingquan) "Poing des Cinq Eléments".
En 1974 il donna à Georges Charles (Cha Li Shi) l'autorisation de transmettre cette pratique sous le nom de Sanyi Chuan (Sanyiquan) ou "Poing des Trois Harmonies". Puis, lorsqu'il prit sa retraite, il lui laissa la succession de l'Ecole, en tant que Maître Héritier, en 1979. Cette filiation fut reconnue en République de Chine et à Hong Kong.

A visiter :

La page sur les tombes de Wang Xiangzhai et de Guo Yunshen par Yohan Radomski et Georges Charles

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# Wang Yang Ming (Wang Shuren) (1472 1529), réputé pour avoir modifié les examens impériaux et rétabli la paix dans plusieurs provinces grâce à ses capacités martiales et stratégiques exceptionnelles, est un ancêtre de Wang Tse Ming.