Pour redécouvrir le Tibet tel qu'il fut jadis !
Le Tibet est à la mode, malheureusement, puisqu'il est toujours occupé.
Il est donc représenté par le Dalaï-Lama, à la fois homme politique et religieux de premier plan.
Mais le Tibet existait avant la conquête chinoise et l'exil de son chef spirituel.
Et il fut découvert, peu à peu, par des explorateurs passionnés et intrépides qui ont quelque peu été éclipsés par la célèbre Alexandra David-Neel.
Cet ouvrage permet de les redécouvrir et d'emprunter avec eux des routes également oubliées dans un contexte d'époque avec ses seigneurs et ses brigands, ses populations nomades, ses bonzes, ses chasseurs, ses caravanes, ses conflits.
A cette époque, entre 1860 et 1914 paraît un étonnant magazine, "Le tour du monde - journal des voyages et des voyageurs" qui met en scène leurs récits, presque leurs journaux de marche, grâce à d'exceptionnelles gravures issues des photos mêmes que ces aventuriers, le mot n'est pas trop fort, ont rapportées, souvent au péril de leur vie ou, au moins, de leur santé.
On se retrouve donc plongé dans la passé et dans un univers fascinant peuplé de créatures étranges capables de braver des conditions climatiques extrêmes sans le secours de ce que nous nommons aujourd'hui la technologie !
Le récit de ces diverses aventures donne parfois froid dans le dos car les situations sont parfois catastrophiques et nos découvreurs ne cessent de lutter contre un milieu hostile mais souvent aussi grandiose et parfois terriblement humain.
On y découvre, au fur et à mesure, des populations paisibles mais également de redoutables guerriers capables de se comporter en prédateurs sans pitié, des chamanes et des sorciers et des négociants turcs et chinois mais aussi des potentats et des missionnaires blancs isolés sur le Toit du Monde.
On y vit au sein des caravanes immenses composées de milliers de yacks mais également avec des bonzes solitaires n'ayant jamais rencontré d'étrangers, c'est à dire d'autres personnes que des bonzes.
On y découvre des personnages attachants mais aussi de sombres fripouilles qui nous font bien comprendre que le Tibet n'est pas uniquement composé de moines méditatifs.
C'est un roman d'aventure et d'aventures qui a l'avantage d'avoir été vécu et qui est relaté comme cela pouvait se faire à l'époque avec beaucoup de sincérité mais aussi, parfois, une dose de mauvaise foi parfaitement occidentale.
Le simple fait de changer d'auteur permet, aussi, de changer de style mais on se rend compte alors de la richesse des auteurs d'alors et, dans une certaine mesure, de leur classicisme.
On comprend aussi que c'est la vision d'occidentaux qui ont été profondément marqués par ces voyages et par ces séjours dans un "autre monde", un peu comme celles et ceux qui ont effectué le "grand voyage" de la NDE (expérience proche de la mort) et qui ne considèrent plus tout à fait le monde et les "autres" de la même façon.
Cela va donc largement au delà d'une simple curiosité ou d'un document ethnologique donc "scientifique" puisque le coté humain, trop humain, est toujours très présent.
Ce livre, qui se présente sous la forme d'un bon pavé, permet donc d'en apprendre beaucoup sur le Tibet, les Tibétains mais aussi sur leurs voisins ainsi que sur les occidentaux, il permet aussi de rêver à une époque révolue.
Certains dirons heureusement révolue.
Mais c'est avant tout un grand témoignage historique et humain.
Il ne devrait, en tous cas, pas laisser indifférents toutes celles et tous ceux qui s'intéressent au Tibet, à l'Extrême-Orient, aux voyages et à l'extraordinnaire capacité de l'Etre Humain à toujours se dépasser tout en restant très humble devant les éléments.
Lorsqu'on se plaint, de nos jours, que les ouvrages actuels sont souvent creux et vides, celui-la apporte, au contraire une grande plénitude.
La mise en page, la reproduction des illustrations est également de grande qualité, ce qui ne gâte rien.
Donc de la Belle Ouvrage.
Un livre à offrir et à s'offrir sans risque de déception.
Georges Charles.
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