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Coffret Au bord de l'eau Editions FeiTrois Royaumes Editions Fei


Le coffret contenant les 30 tomes de Au bord de l'eau et un livret
Editions Fei

 

Et il a désormais un "petit" frère : Les Trois Royaumes !

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Au bord de l'eau coffret ouvert Editions Fei
Le coffret ouvert et les 30 bédés géniales de Au Bord de l'Eau
Editions Fei


• AU BORD DE L'EAU EN BD - MONUMENTAL !


Au bord de l’eau - Le retour des 108 braves des Monts Liang en bédé !

Plus que vivement conseillé par Georges Charles.

Les Editions Fei, créées en 2009 par XU Ge Fei, une jeune Chinoise passionnée par la culture de son pays d’origine et celle de la France et qui ont pour but de mieux faire connaître aux lecteurs occidentaux la bande dessinée chinoise, viennent de faire paraître un magnifique coffret contenant l’intégrale de « Au bord de l’eau ».

 

Xu Ge Fei
Xu Ge Fei, la fondatrice des Editions Fei
Que nous remercions vivement pour cette magnifique initiative !

 

 

Au bord de l'eau Bibliothèque de la Pléiade
La version littéraire de Au Bord de l'eau à la Pléiade (NRF Gallimard) traduit et annoté par Pierre Dars. Un monument de la littérature épique chinoise !
Un autre beau cadeau à se faire offrir.

 

 

Au bord de l'eau version Folio
La version "poche" dans la collection Folio - toujours aux Editions Gallimard
La même en plus accessible à toutes les bourses !

 

Au bord de l'eau version chinoise

Au Bord de l'Eau dans sa version chinoise - Shui Hu Zhuan
Elle existe (aussi !) en chinois !
Je ne vous la conseille pas encore.

 

Et dans la version BD voilà ce que cela donne !

On s'y retrouve bien et même parfois mieux.

 

Au bord de l'eau image 1
En bande dessinée on a, enfin, l'impression de savoir lire le chinois !
Du moins on le comprend bien.

 

Au bord de l'eau image 2
Imaginez seulement le nombre de pages qu'il aurait fallu, et qu'il a d'ailleurs fallu, pour décrire cette simple scène ! Là, paf ! on est dedans.

 


Passionné par ce magnifique roman épique publié sous sa forme littéraire à la Pléiade (NRF Gallimard) et en version poche (Folio) , et en ayant plusieurs fois traité dans ce site, je ne pouvais évidemment pas ignorer ce fait, d’autant plus que Gérard Bertin, l’un des enseignants de la Convention des Arts Classiques du Tao m’en avait prévenu par mail.
Et je me suis fait offrir le dit coffret pour mon anniversaire qui précède Noël de juste une semaine jour pour jour.
J’avais un peu peur d’être déçu mais je ne l’ai pas été, au contraire même, puisque la bande dessinée, présentée en une trentaine de fascicules est tout d’abord conforme à l’original et que l’on y retrouve, bien évidemment, tous les personnages et leurs aventures picaresques qui ont fait la joie des lecteurs des éditions littéraires.

 

Dès la préface j’ai eu un choc.
N’étant pas un fanatique des BD et connaissant mal la BD chinoise de surcroit j’ai appris que ce type de livrets, qu’on pouvait facilement glisser dans la poche de poitrine d’une chemisette, se nommait « Lianhuanhua», ce qui, selon Laurent Mélikian, l’auteur de la préface se prononce « lian’rhouan’rhoua », terme qui signifie « images enchaînées » et dont l’origine, qui remonte tout de même sous les Song (960 1279) étaient des histoires illustrées qui se nommaient simplement « Shang Tu Xia Wen » ou « en haut l’image, en bas le texte ».
C’est à Shanghai en 1921, dixit Laurent Mélikian, que l’éditeur Shijie Shuju, publie des romans populaires, dont Au bord de l’eau, sous cette forme de petits fascicules qu’il nomme, justement « Lianhuanhua ».
En effectuant quelques recherches complémentaires l’un se ces fascicules, sinon le premier, se nomme, étrangement, Monsieur Wang.
Laurent Mélikian cite, ensuite, en rapport avec le tout début des années trente des intellectuels comme Mao Dun, Qu Qiubai, Lu Xun « Ces intellectuels voient dans ces petits livres se blottissant dans la main le meilleur vecteur de la culture, de la pensée, de l’art pictural… ».

 

LIANHUANHUA ET LIANHUANQUAN

 

Lian HuanHua
Lian Huan Hua : Dessins s'enchaînant sans fin : bande dessinée

 

LianHuanQuan
Lian Huan Quan : Poing(s) s'enchaînant sans fin : Poing des Générations Successives
Le nom de l'Ecole de Wang Zemin (1909 2002) - Une autre vision des choses !

 

Shi Nai Han

Shi Nai Han le génial concepteur de cette fabuleuse épopée !


Ma passion pour les contre-enquêtes m’a, depuis un bon moment déjà, appris qu’il n’y avait que très peu de place pour le hasard mais, souvent, une plus large pour la nécessité.
Reprenons l’ensemble de ces faits.


Ces petits ouvrages, qui se blottissent dans la main ou dans une poche de chemise, se nomment Lianhuanhua, ce qui est donné pour « images enchaînées », sont nés à Shanghai juste au début des années trente, considérés par des intellectuels, comme Lu Xun, comme des outils permettant de faciliter la compréhension de la littérature romanesque ou classique.
Au même moment, à Shanghai, Wang Zemin étudie le Xingyiquan sous sa forme « classique », fréquente Lu Xun, qui a repris l’un des aphorismes de Wang Yang Ming, ancêtre de Wang Zemin « Non à la petite boutique de Confucius » et, nécessairement, est plongé, en tant qu’adolescent, ou tout jeune homme, dans le phénomène du « Lianhuanhua » comme un ado de nos jours est confronté aux Mangas.

 

Lun Xu

Lu Xun (Zhu Shuren) 1881 1836


Pour Lu Xun, pourtant un sacré littéraire, la bande dessinée Lianhuanhua permet de mettre à la portée du plus grand nombre la littérature chinoise.
Rappelons que pour ceux qui ne le savent pas encore que le chinois ne s'écrit pas, il se dessine !
Les caractères chinois, ou sinogrammes, ne sont pas des lettres mais des dessins !
Pourquoi ne pas dessiner le dessin ?


Pourquoi une bande dessinée, le Lianhuanhua, ne rendrait-elle pas mieux la vision des caractères chinois que son occidentalisation en Pinyin Zimu ?

Ce ne peut donc pas être par hasard que, à la fin des années quarante, Wang Zemin décide de donner à son école, après acceptation de Wang Xiangzhai, le nom le Lianhuanquan.

 

 

Wang Zemin ou Wang Tse Ming (1909 2002)

Wang Zemin "Monsieur Wang" (Wang Tse Ming, Wong Tse Ming, Tai Ming Wong)
(1909 2002)
Initiateur du Lianhuanquan - Quatrième génération du Xingyiquan du Hebei de la Branche de Li Laoneng, disciple direct de Wang Xiangzhai.

Ce qui signifierait donc, si on reprend la définition de Laurent Mélikian, « Poings enchaînés ».

 

Wang m'entretenait souvent sur la différence entre enchaînement (avec de lourdes chaines), liaison (avec des liens) et fusion (fondre ensemble) et assurait que cette dernière était déjà l'amorce d'un heureux dénouement (Dacheng), non d'un achèvement ou d'un aboutissement, mais une étape vers "Autre chose encore" (Hua).
C'est cette fusion (Lian) qui permet le passage alchimique de ce qui est grossier, la forme (Xing) vers ce qui est subtil, l'énergie (Qi), ce qui permet d'éveiller l'esprit au travers de la conscience pour permettre "autre chose encore" qui n'est jamais précisé.
Les "Cinq Eléments, par exemple, en sont les moyens, le creuset où s'opère la transformation puis la mutation (Yi).

Pour Wang Zemin le principe est le même que pour l'essence du Yijing (Yi King ou I Tching) : changement, transformation, adaptation.
Ce qui ne se transforme pas ne change pas, ce qui ne change pas ne s'adapte pas, ce qui ne s'adapte pas se fossilise ou disparaît.

 

Ce qui est parfaitement résumé dans cette loi de la métaphysique (on pourrait presque parles d'alphysique comme on parle d'alchimie !) chinoise : "L'énergie disparaît (dans le sens de mort) où commence la forme sauf si celle-ci est animée d'un mouvement".


J’ai déjà disserté, probablement trop d’ailleurs, sur le nom de San Yiquan qui a, par la suite, été choisi par Wang Zemin pour succéder à Lianhuanquan.
Mais, concernant ce dernier sinon excepte une définition succincte rien n’a été dit qui permettrait de comprendre le but et la fonction de l’école de Wang Zemin.

C’est « Au Bord de l’Eau » dans cette version des Editions Fei qui apporte une clé, la clé.
Il s’agit déjà du plus célèbre des Lianhuanhua, "Au bord de l’eau", qui narre les aventures épiques de 108 braves décidés à lutter pour la liberté et contre l’asservissement et la servilité.


Beau programme !


Ce n’est pas Emmanuel Poul ; enseignant des Arts Classiques du Tao, qui a nommé son Association de Nantes « Au bord de l’eau » qui me démentira !

Ni les 108 enseignants de la Convention des Arts Classiques du Tao.

 

Xing Yi Tang Salle de réunion des Braves de Au Bord de l'Eau
Zhong Yi Tang : La salle de réunion des 108 Braves du Mont Liang !
"Droiture et Equité"

 


Mais, comme Confucius, revenons au sens des caractères, donc au « bon sens ».

 

Lian: Lian - joindre, unir, associer

(Lien) : Ricci 3139 clé 162 7 traits : joindre, unir, associer, assembler, continu, continuer, continuel, se succéder, s’enchaîner, se suivre

 


Huan : Huan, circulaire, faire circuler

 

Ricci 2205 clé 96 13 traits : anneau de jade, tout objet de forme circulaire, anneau, entourer, circulaire, faire circuler

 


Hua : Hua, plan, dessin

 

Ricci 2776 clé 102 : plan, image, dessin, dessiner

 


Quan : Quan, poing, boxe, pugilistique

 

Ricci 3018 clé 64 6 traits : poing, art du poing, boxe, pugilistique

 

Oui, je sais, j'en connais au moins un qui va râler que ce sont là des caractères modernes et simplifiés et non les caractères classiques, mais on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a sous la main !

 

Lian Huan Hua ou Lianhuanhua : images continuelles qui circulent ou images faites pour circuler continuellement par extension bande dessinée (sous entendu qui passe de main en main).

Lian Huan Quan ou Lianhuanquan : Poing de succession continuelle ou Poing de génération circulaire (dans le sens de enchainement circulaire).


Dans le cas de la « bande dessinée » (Lianhuanhua) comme « Au bord de l’eau » il s’agit de transformer le texte en dessin donc de le rendre accessible au plus grand nombre et, dans une certaine mesure, et même dans une mesure certaine, de permettre aux illettrés de comprendre la littérature et les classiques. (pour peu qu'il puisse, par ailleurs, exister des chinois illetrés puisque les caractères chinois ne sont pas des lettres mais des caractères, donc des dessins !)

C’est ce qu’affirmait, entre autres, Lu Xun qui voyait dans la bande dessinée, du moins dans les Lianhuanhua le moyen d’informer le plus grand nombre, donc le peuple (demagos), dans un principe éducatif voire politique, on dirait actuellement "pédagogique" (mais par essence la pédagogie ne s'adresse qu'aux enfants, la racine paidos - que l'on retrouve dans pédophile- désignant un enfant - littéralement "sans poil").

Ce faisant il semble tout à fait approprié de penser que Monsieur Wang, Wang Zemin (Wang Tse Ming, Wong Tai Ming...) ait eu pour but en fondant, ou en initiant – il ne s’agit nullement d’une création - , Lianhuanquan (Lien Huan Chuan) de rendre le « poing classique » accessible au plus grand nombre.
De transformer, en quelque sorte, une chose complexe en dessin ou, plutôt, en dessein.
Le parallèle entre Lianhuanhua et Lianhuanquan semble assez évident, les deux sont nés dans les années trente à Shanghai d’un souhait de rendre accessible à tout un chacun ce qui ne l’était pas, et probablement, ce qui l'est encore moins de nos jours.

Certains pourraient objecter que Lianhuanquan est donc une bande dessinée par rapport à d’autres écoles qui, elles, seraient de la littérature.
C’est possible, en effet, mais un dessin vaut souvent mille mots.
Et dans le cas de « Au bord de l’eau » la bande dessinée, Lianhuanhua, donne très envie de se replonger dans la version littéraire et permet, surtout, de la mieux comprendre !
On peut se concentrer sur l’essentiel, le détail demeurant dans le dessin ce qui évite les longues descriptions, parfois, il faut l’admettre, assez pompeuses.
Ou les simplifications outrancières, auprès desquelles les selections du reader's digest semblent être des travaux du Collège de France.
Par la suite, une fois que l’on maîtrise l’histoire on peut se faire plaisir en reprenant ces descriptions exceptionnellement riches et qui nous transportent dans une autre époque.
Jacques Dars le traducteur et l’adaptateur de « Au bord de l’eau » de la Pléiade l’avait bien compris en utilisant, à foison, un langage issu de la langue médiévale occidentale qui apporte au texte son authenticité.
Mais qui le rend quand même difficile d’approche à quelqu’un de non averti.
Je me suis souvent posé la question de la différence entre ce que m’a transmis Monsieur Wang et ce qui se transmet encore en Chine dans le cadre des écoles cousines de Pékin, Shanghai ou du Hebei.
La réponse est simplement là dans le Lianhuanhua et dans cette aventure dessinée de Au bord de l’eau et des 108 braves des Monts Liang !


Lianhuanquan est tout à fait semblable à ce coffret d’une grande richesse mais que l’on peut, ou presque, mettre entre toutes les mains y compris de celles et ceux qui ne sont pas des fanatiques de la culture chinoise classique et encore moins des classiques de la Chine.
Mais, par contre, lorsqu’on est pris par le dessin, donc par l’aventure, on a envie d’en savoir plus et d’en savoir bien, sinon d’en savoir mieux.
Ce qui est la clé, et même la porte, de la littérature chinoise classique et, aussi, des classiques de la Chine.

Et Lianhuanquan est l'arbre qui cache la forêt luxuriante du Lingbaoming dans sa version, cette fois-ci, classique.

Ceci dit les dessins des trente fascicules, ou tomes, de « Au bord de l’eau, des Editions Fei, effectués par plusieurs « auteurs », donc dessinateurs, sont exceptionnels car il existe une unité fondamentale dans la diversité des styles ce qui rend cette « bédé » très dynamique.
On pourrait donc presque parler de "dessin animé" dans le sens noble du terme, donc de dessin qui a une âme ou, du moins, de l'esprit.


Le seul inconvénient du dit coffret, il prend de la place et pèse quelques Kg, mais il vous suffit, en fait, de mettre à la poubelle une bonne trentaine de vieilles bédés indigentes qui ne feront pas le poids devant ce monument.

Donc je vous le recommande plus que très chaudement !


La page de Au Bord de l'eau aux Editions Fei
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PS : Et n'oubliez pas les Lianhuanhua "Je m'initie au Wushu" de Patrice Vaidie !
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La page sur le coffret "Lees trois Royaumes" des Editions Fei
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