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Il est difficile de comprendre le principe d'action du Feng Shui
si on détache celui-ci de son contexte originel et du mouvement
de pensée qui l'anime encore plusieurs millénaires
après que ses bases fondamentales aient été
édictées. Or, le Feng Shui est, à l'instar
de la calligraphie, de la médecine, des pratiques énergétiques
comme le Daoyin Qigong, des arts internes, dits " martiaux
", comme le Taijiquan
(Tai Chi Chuan), le Xingyiquan
(Hsing I Chuan), le Baguazhang (Pa Kua Tchang),
la diététique et la nutrition, la musique, la poésie
donc l'une des multiples manifestations de la philosophie du Tao.
Il s'agit donc, une fois encore, d'un "
Art Classique du Tao ".
On peut désigner comme " Art Classique du Tao
" la mise en application sur le terrain, et souvent d'une manière
très concrète, des principes fondamentaux de la pensée,
ou philosophie, chinoise.
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Cette pensée chinoise est, elle-même, résumée
dans les grands textes dits classiques qui datent, pour la plupart
d'entre eux, de plusieurs siècles avant notre ère.
Bien souvent, en Occident, nous considérons ces textes comme
des récits historiques (Livre des Annales; Livre des Printemps
et des Automnes), des recueils de poésie (Livre des
Odes), des documents ethnologiques (Livre des Rites, Petit
Calendrier des Xia, Prescriptions Mensuelles), des traités
de sagesse plus ou moins ésotériques (Livre de
la Voie et se son effet -Daodejing ou Tao Te King- de Laozi
ou Lao Tseu, Liezi ou Lie Tseu, Zhuangzi ou
Tchouang Tseu, Wainanzi ou Houai Nan Tseu) quant il ne
s'agit pas purement et simplement de divination (Yijing ou Yi
King - le Livre des Transformations ou Mutations... ). |
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Seuls les acupuncteurs, ou peu s'en faut, utilisent rationnellement
un classique, le Wangdi Neijing Suwen ou Canon de la Médecine
Interne de l'Empereur Jaune. Ces ouvrages, même traduits
en français, sont un peu considérés comme des
curiosités exotiques qu'il convient de disposer en bonne
place dans une bibliothèque savante. On attribue, par ailleurs,
à Confucius - Kongzi - à peu près tous
les proverbes chinois ou présumés tels, ce qui est
bien pratique dans les banquets électoraux.
La plupart des occidentaux se retrouvent donc, par rapport à
ces textes, dans la situation de collectionneurs de porcelaines
chinoises. On achète ces objets colorés dont on apprécie
malgré tout la finesse et la beauté pour les enfermer
dans une vitrine en oubliant quelque peu, qu'en Chine, ils furent
utilisés quotidiennement et de manière très
pragmatique soit pour manger soit pour prendre le thé soit
pour contenir des aliments ou des produits très divers. Donc
pas seulement pour la décoration. De même que pour
un service à thé comprenant plusieurs pièces
différentes mais utilisées ensemble, ces textes classiques
s'utilisent et se complètent fort bien lorsqu'ils servent
de support de pratique dans le cadre d'un " Art
Classique du Tao ".
Chacun d'eux peut apporter des indications fort utiles quant à
la conduite à tenir dans ce qu'il convient de faire ou d'éviter
de faire. Les anecdotes historiques ne sont là que pour étayer
le propos et mieux illustrer celui-ci. La langue chinoise qui ne
connaît, au travers des conjugaisons, ni passé ni futur
permet le tour de force de considérer que ce qui s'est produit
il y a plusieurs millénaires fait encore partie du présent...
donc du futur. Donc est toujours utilisable avec le plus grand profit.
Prenons un exemple concret. Lorsque nous traduisons en Occident
le chapitre XV de Laozi par " Autrefois ceux
qui pratiquaient la voie étaient subtils, pénétrants,
insondables... ". Un Chinois lira plus simplement
" De tous temps ceux qui pratiquent la voie sont
subtils, pénétrants, insondables... ".
Dans le premier cas il s'agit plus ou moins d'un conte de fée
de type " Il était une fois dans un pays
lointain
". Donc d'un récit plus
ou moins ésotérique dont il va falloir, éventuellement,
chercher la clé pour qu'il devienne utile à condition,
encore, de l'adapter.
Dans le second cas il s'agit d'une simple constatation presque d'un
rapport de gendarmerie : Que ce soit avant hier, hier, aujourd'hui,
demain ou après demain celui qui pratique la Voie est subtil,
pénétrant, insondable. Il n'est plus question d'un
hypothétique sage du temps jadis et d'ailleurs mais de vous
et de moi à la seule condition que l'on décide de
pratiquer la Voie.
Ce qui est très différent car du statut de spectateur
passif d'un film d'époque à costume on devient acteur
de sa propre vie ou Voie. Il n'est plus même besoin de se
déguiser en Chinois du temps jadis pour espérer obtenir
un résultat. Il suffit de se référer aux textes
classiques et de suivre la Voie telle qu'elle est décrite
de diverses manières.
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| Le Feng
Shui n'échappe pas à cette règle puisqu'il
procède très directement des principes fondamentaux
décrits dans ces ouvrages. Ce qui était vrai jadis
- le ciel Grand Yang est en haut, la terre Grand Yin
est en bas, les nuages Petit Yang montent et la pluie Petit
Yin descend, les saisons se succèdent comme les périodes
de la journée et les âges de la vie, il existe une
pièce ou un lieu pour manger, une pièce ou un lieu
pour dormir - est encore vrai aujourd'hui et le sera demain. |

Le Temple du Ciel |
| Dans ces principes fondamentaux
ce qui est vrai en Chine l'est également chez nous. Le feu
brûle et monte et l'eau mouille et descend. Les réelles
différences ne se manifestent, en réalité,
que dans les points de détail et, dans ce cas, il suffit
simplement de savoir s'adapter.
Croyez-vous, par exemple, que les préoccupations d'un commerçant
chinois différent profondément des préoccupations
d'un commerçant européen et que celles d'un commerçant
européen différent profondément d'un commerçant
français ou belge ?
Même s'il est chinois ? Il en va de même pour la mère
de famille qui travaille et doit, malgré tout, s'occuper
de son foyer en surveillant son budget. |
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| Le Feng Shui n'échappe
pas à cette règle puisqu'il procède très
directement des principes fondamentaux décrits dans ces ouvrages.
Ce qui était vrai jadis - le ciel Grand Yang est en
haut, la terre Grand Yin est en bas, les nuages Petit
Yang montent et la pluie Petit Yin descend, les saisons
se succèdent comme les périodes de la journée
et les âges de la vie, il existe une pièce ou un lieu
pour manger, une pièce ou un lieu pour dormir - est encore
vrai aujourd'hui et le sera demain. Dans ces principes fondamentaux
ce qui est vrai en Chine l'est également chez nous. Le feu
brûle et monte et l'eau mouille et descend. Les réelles
différences ne se manifestent, en réalité,
que dans les points de détail et, dans ce cas, il suffit
simplement de savoir s'adapter.
Croyez-vous, par exemple, que les préoccupations d'un commerçant
chinois différent profondément des préoccupations
d'un commerçant européen et que celles d'un commerçant
européen différent profondément d'un commerçant
français ou belge ?
Même s'il est chinois ? Il en va de même pour la mère
de famille qui travaille et doit, malgré tout, s'occuper
de son foyer en surveillant son budget.
Concernant l'habitat il en va de même car, quoi qu'on fasse,
le soleil se lève toujours à l'est le matin et se
couche toujours à l'ouest le soir tandis que la cave aura
toujours tendance à être humide puisque se situant
justement sous la maison... et ceci en Chine comme en France ! Comme
l'affirmait très justement un humoriste d'autrefois "
On aura beau dire et on aura beau faire, de toute manière,
on rencontrera de moins en moins de gens ayant connu l'empereur
! ".
Ce que l'on sait, par contre, c'est que les Chinois, gens très
pragmatiques aiment à se baser sur l'expérience vécue
et surtout longuement et bien vécue. Ils font donc plus confiance
aux paroles et aux écrits de leurs compatriotes, même
et surtout s'ils furent leurs ancêtres, qu'en des rats de
laboratoire ou qu'en une théorie créée avant-hier
soir par un quelconque chercheur en mal de droits d'auteur ou de
subventions. De ce simple fait ils ne sont pas trop appréciés
des chercheurs qui utilisent des rats de laboratoire et qui les
accusent volontiers, et probablement à juste titre, d'empirisme
et d'amateurisme. A ce quoi les Chinois rétorquent avec bon
sens qu'il vaut mieux demeurer empiriquement en bonne santé
à la chinoise que de se faire scientifiquement soigner par
un occidental.
Une fois, encore, le Feng Shui entre dans ce processus basé
sur une longue expérience vécue dont on a gardé
trace, pas à pas, siècle après siècle
et qui continue, malgré tout, à être utilisée
en raison des résultats, empiriques mais bien réels,
obtenus sur le terrain. Pourquoi ?
Simplement parce que l'être humain continue à être
influencé par le climat, donc par les orientations qu'il
donne à son habitat, par les perturbations cosmiques - taches
et éruptions solaires, périodes de lunaison agissant
sur les marées - par les perturbations telluriques - cavités
et ruissellements souterrains, présence de filons métalliques
dans le sous-sol, mouvements de l'écorce terrestre - par
les modifications apportées à son environnement direct
et restreignant la lumière ou produisant du bruit... et qu'il
réagit simplement comme ses ancêtres en produisant
des rhumatismes lorsque son habitat est froid et humide ou de l'insomnie
quand son lit est mal placé.
Qu'il soit Chinois ou Occidental n'y change rien. |
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Des principes millénaires en liaison
avec le psychisme |
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Lorsqu'il s'agit d'assurer sa sécurité, donc de protéger
son intégrité et d'assumer la pérennité
de sa descendance, donc du clan et, par extension, de l'espèce,
l'être humain réagit d'une manière intuitive
plus ou moins consciente. Bien souvent, par contre, le rôle
de l'éducation consiste à dissimuler ou à restreindre
ces réactions au profit de ce qu'il est convenu de nommer
un rituel. L'individu éduqué est donc censé
savoir, grâce à ce rituel, où se situe sa place
et ce qu'il doit faire pour assurer sa sécurité et
celle des siens.
Lorsque la famille se réunissait pour manger, le chef de
famille ou le chef de clan s'asseyait en bout de table face à
la porte d'entrée ceci afin de voir qui pénétrait
dans la pièce. Son fils aîné se situait à
sa gauche (Yang), du coté de son sabre avec lequel
il pouvait protéger sa femme qui prenait donc place à
sa droite (Yin). Cette disposition sommaire est demeurée
très longtemps rituelle après que le chef de famille
ait abandonné son sabre.
Depuis il est d'ailleurs fort rare que la famille entière
se réunisse pour manger et le père de famille s'assoit
où il peut. Généralement le plus près
du foyer de cuisson, donc de la plaque électrique ou du micro-ondes,
afin de gagner du temps et de la place. Il est devenu également
assez rare qu'il se fasse servir par des domestiques qui demeurent
debout pendant qu'il mange. La disposition traditionnelle de la
table, quand elle existe encore, tend donc à disparaître.
Ce n'est pas pour autant que l'homme, dans ses fibres profondes,
ne cesse de vouloir protéger sa famille et que sa compagne
éventuelle ne recherche plus, serait-ce intuitivement, sa
protection, ni que le fils aîné ne souhaite être
reconnu comme tel. Intuitivement chacun recherche donc sa place
afin de satisfaire ce qu'il ressent au plus profond de lui et ceci
malgré l'éducation ou, plus encore, malgré
le manque d'éducation. Cette place perdue agit comme un membre
fantôme qui, malgré son absence due à une amputation,
se fait ressentir par moments.
L'être humain dans son habitat, bien qu'il s'en défende
ou refuse ce fait, agit et réagit comme ses lointains ancêtres.
Lorsque l'agencement des lieux est en contradiction totale ou partielle
avec cet acte ou cette réaction quelque chose ne va pas ou
ne va plus. Cela peut être ressenti comme une agression ou,
pire encore, comme une impuissance à réagir. Dans
une certaine mesure, la notion de rituel permettait d'apporter une
solution relative à ce conflit permanent en agissant de manière
plus ou moins stéréotypée dans un cadre parfaitement
défini. Ce rituel prenait souvent l'aspect d'une tradition,
ou, au moins d'une coutume que certains nommaient et nomment plus
que jamais superstition. On pourrait par exemple affirmer qu'il
est traditionnel de dormir les pieds au chaud, donc au sud, et la
tête au frais, donc au nord. Il a, en effet, été
remarqué, en Chine comme en Occident que cette disposition
du lit favorisait le sommeil et la récupération énergétique.
Encore faut-il définir ce que l'on nomme nord et sud... puisque
les orients chinois sont inversés, du moins sur les cartes,
et que le nord se trouve en bas, donc le sud en haut, ce qui place
l'est à gauche (Yang) et l'ouest à droite (Yin).
Mais cette inversion, sur le terrain, ne change rien à l'orientation
de la boussole !
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| Cette recherche de la disposition
par rapport aux orients fut à l'origine de la création
de la boussole. Celle-ci servit initialement à orienter les
tombes afin de faciliter le passage du défunt dans l'au delà.
La fameuse bannière de soie de Mawangdui qui recouvrait
le cercueil de la marquise de Dai inhumée en 186 avant
notre ère décrit, point par point, ces différentes
étapes. En haut de la bannière, le soleil et la lune
attestent de l'orientation de la tombe. Les différentes énergies
du défunt devaient, peu à peu, se libérer et
se répartir pour un retour aux origines. Le Yang,
Shen ou esprit, montait vers le ciel tandis que le Yin,
Ti, structure ou matière descendait vers la terre
pour s'y concentrer à nouveau. |
BANNIERE
DE SOIE DE MAWANGDUI
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De même le souffle du jeune Yang retrouvait les nuées
tandis que l'essence du jeune Yin se transformait en ondées.
On assistait, pour une dernière fois, aux " Jeux
des Nuées et des Ondées " (... ou des
Nuages et de la Pluie) aussi nommé " Jeu du Dragon
vert et du Tigre blanc ". On retrouvait alors, et plus
que jamais, les principes fondamentaux des Vents (Feng) symbolisés
par les nuages (Yun) et de la pluie (Shui) symbolisée
par les ondées (Yu) ainsi que le symbolisme plus ésotérique
et plus poétique des " veines du dragon
", ou courants telluriques, et des " cavernes du
tigre " ou points énergétiques constitués
par des cavités souterraines desquelles s'exhalent des souffles
bénéfiques ou pathogènes... les nuées.
Ces nuées (Yun), à leur tour se transforment
en vent (Feng) utilisant pour s'exprimer dans le ciel les
" Huit Directions " ou " Huit
Figures " du Bagua (ou Pa Kua)... également
nommés " Huit Trigrammes).
Ces veines du dragon et ces cavernes du tigre liées au macrocosme
terrestre, donc au Feng Shui, se retrouvent dans le corps
humain, ou microcosme corporel, sous la forme des " méridiens
" et des " points " d'acupuncture. En fait
il serait beaucoup plus logique de traduire Jing (Tsing),
méridiens, par " coulées " et Xue
(Tsueh), points, par terriers. En effet les caractères
anciens et classiques désignent pour le premier la trace
laissée par le passage d'un animal ou d'une énergie
et pour le second la dépression où il se réfugie.
Comme l'acupuncteur opère une observation, procède
à un questionnaire et vérifie les pouls avant de traiter
les " points " par divers moyens
: aiguille, massage, moxa, ventouse... le praticien du Feng Shui
agit de la même manière... et procède à
une observation, un questionnaire, vérifie le mouvement des
énergies et traite également les " points
" sensibles par divers moyens tout aussi traditionnels que
ceux qu'utilise son confrère acupuncteur puisqu'il utilise
le métal, le feu, l'eau, la terre et le bois pour "
traiter et rééquilibrer ".
Le simple fait d'affirmer qu'il convient donc de dormir la tête
au frais (nord) et les pieds au chaud (sud) n'est pas sans conséquence
puisque, nécessairement le lit sera orienté dans la
pièce.
Toujours " traditionnellement "
l'homme sera couché le plus près de la porte simplement
afin de surveiller celle-ci et puisqu'il est censé se coucher
le dernier. La femme sera, par conséquence, couchée
le plus près de la fenêtre puisqu'elle est censée
se lever la première. Elle doit donc bénéficier
la première de la lumière du jour. Ainsi placés
dans le lit l'homme et la femme peuvent se saluer avant de s'endormir.
L'homme salue le poing droit fermé et la main gauche ouverte
tandis que la femme salue le poing gauche fermé et la main
droite ouverte. Puis l'un et l'autre se tournent du coté
de la main ouverte à gauche (Yang) pour l'homme, à
droite (Yin) pour la femme. Il est alors facile de comprendre
que si le couple est bien " orienté
" dans le lit, que le lit est bien orienté dans la chambre,
il suffira ensuite que la chambre soit bien orientée dans
la maison, que la maison soit bien orientée dans la ville
et que la ville soit bien orientée dans le pays pour que
le cours des choses subisse également une orientation favorable.
La société chinoise traditionnelle était, en
effet, basée sur la notion d'ordre et de totalité.
Chaque chose représente une unité et trouve sa place
d'ordre par rapport aux autres. Cela implique, comme on l'a vu précédemment,
un comportement fortement ritualisé. Lorsqu'on demandait
à Kongzi (Confucius) quelle
était sa recette du pouvoir il répondit simplement
" Il convient avant tout que l'empereur se comporte en
empereur, le prince en prince, le père en père et
le fils en fils ". Suivant ce principe, d'éventuels
manquements à cette règle simple entraînent
des distorsions, donc une rupture du " Mandat Céleste
" (Ge Ming). La réussite, suivant ces
formes ritualisées, est donc la marque de l'harmonie existant
entre l'unité individuelle et la totalité... donc
entre le local et le global. Cela concerne bien évidemment
l'individu et son groupe familial ou clan, la maison dans son environnement,
la société vis à vis de l'époque dépendant
elle-même des relations subtiles existant entre le ciel et
la terre.
Les formes de la réussite doivent donc correspondre à
l'ordre manifesté entre unité et totalité et
sont, pour ce faire, ritualisées, codifiées, définies.
Dans cette conception bien particulière le symbole (Xiang
*) prend donc une importance considérable puisqu'il est la
manifestation la plus évidente du rituel. Ce symbole est
donc considéré comme un outil permettant à
l'esprit d'appréhender une situation particulière.
Lorsque le chef de famille fait face à la porte principale
afin de s'opposer à une éventuelle intrusion, donc
à une attaque adverse, cela implique que les intrusions perturbatrices
ou pathogènes, représentant symboliquement une attaque
visant la santé ou l'intégrité physique, énergétique
ou psychique, pénètrent également par cette
porte. Dans ce cas particulier l'image symbolique du chef de famille,
donc du père, placé en face de la porte d'entrée
permettra de s'opposer à cette intrusion intempestive. C'est
le cas lorsqu'en face de la porte principale on dispose la figure
symbolique des Huit Trigrammes (Bagua ou Pa
Kua) suivant la disposition de Fou Hi.
En effet, dans ce cas, la figure du " Ciel
", du grand Yang, donc du père se trouve
en haut... donc en avant, protégeant toute la famille. Cette
même figure symbolique du père chef de famille, donc
du chef de clan, se retrouve dans la représentation de plusieurs
divinités (Shen) masculines dont la plus
connue et la plus utilisée est le Général
Guang Ti, à la fois patron des militaires et des
mandarins lettrés. Il est souvent accompagné de ses
deux assesseurs qui représentent symboliquement le fils aîné
et le fils cadet. Il est représenté soit avec une
hallebarde " protectrice des frontières
" soit en train de lire le " Classique des Printemps
et des Automnes ". A l'opposé la Déesse
Mère de l'Occident (Xi Wang Mu) représente
le grand Yin... donc la terre et la mère.
Le syncrétisme des Chinois * (* Ils se réfèrent
souvent au principe que les trois philosophies (ou religions) ne
font qu'un (San Jiao He Yi)... Taoïsme, Bouddhisme,
Confucianisme se complètent parfaitement dans le privé.
On peut, ainsi, être très confucianiste, ou confucéen,
dans la vie publique ou dans la vie professionnelle, très
taoïste en privé et suivre les préceptes fondamentaux
du bouddhisme ne serait-ce que dans les cérémonies
religieuses comme le mariage ou les enterrements) permet de remplacer
cette ancienne divinité par la Déesse Kuan
Yin (Kwannon au Japon) sans que personne
n'y trouve rien à redire. Le Feng Shui traditionnel,
donc celui qui est toujours utilisé depuis des milliers d'années
par des millions de personnes, reprend ce principe fondamental et
utilise de multiples recettes qui trouvent racine dans ce fonds
commun teinté à la fois de classicisme et de croyances
populaires.
* Xiang = le symbole ou l'image.
(Ricci 1876). Le caractère ancien représente la dépouille
d'un éléphant (Xiang) mort. Il est expliqué
dans le " Tao du Prince " ou
Han Feizi (Han Fei Tse) (IIIème
siècle avant notre ère) " Rares sont
ceux qui ont vu des éléphants (antiques) vivants,
plus nombreux, par contre, sont ceux qui ont vu leurs ossements.
Ceux-ci permettent donc d'imaginer leur taille et leur forme. En
présence d'un symbole (Xiang) il faut donc encore faire l'effort
d'imaginer, comme en présence de la dépouille d'un
éléphant, comment était celui-ci lorsqu'il
était vivant ". En un mot comme en cent
il faut redonner vie au symbole et non se contenter de la "
dépouille ". Le symbole mort
pue.
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