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Littéralement Fou Chou est donc un contrat comportant
une formule magique... par extension un charme permettant l’invocation
et l’aide des Esprits (Shen)... ou un moyen d’entrer en relation
avec l’invisible dans le but de modifier le destin ou le sort.
Ces " charmes " ou " contrats
magiques " sont utilisés, normalement, dans
le cadre spécifique d’un cérémonial rituel
(Jiao) ou d’un rite (Li)... eux-même pris dans
leur sens originel de liaison (relier, joindre). Ils permettent
donc de relier, de joindre, le monde visible, ou phénoménal,
nommé en chinois " Ciel Postérieur "
(Hou Tian) avec le monde invisible ou nouménal, nommé
en chinois " Ciel Antérieur "
(Xan Tian). Ils représentent donc, étymologiquement
une médiation (médium) entre ces deux mondes.
De ce fait ils acquièrent une fonction hautement symbolique
puisqu’ils se substituent au concret. Ils sont, le plus souvent,
reproduits par estampage (lithogravure, sérigravure, linogravure...
) sur du papier de riz de diverses couleurs. Le support, lui-même,
peut comporter diverses authentifications... sceaux à l’encre
rouge, fragments de textes canoniques, empreintes de doigts ou de
main, filigranes, cheveux inclus...
Ils peuvent également être peints ou " écrits "
à l’aide d’une calligraphie magique en " herbe ",
en " nuages "... Dans ce cas il s’agit
le plus souvent d’une visualisation particulière. Ils sont,
ensuite et le plus souvent, " chargés "
lors d’une cérémonie rituelle particulière
leur conférant leur efficacité. Enfin, ils sont accompagnés
d’un mode d’emploi qui explique comment les utiliser et, souvent,
comment les détruire après usage afin de faire cesser
leur effet une fois le but cherché obtenu.
Il existe des centaines, voire des milliers, de charmes répertoriés
en de nombreuses catégories pour de multiples circonstances
de la vie : affaires, santé, habitat, famille, jeu...
Ces charmes, enfin, correspondent à des caractéristiques
définies par le Baopouzi (Pao Pou Tseu) et
se classent en deux catégories principales : celles
où l’on reconnaît la calligraphie ou la représentation
graphique, ou des éléments symboliques définis
(sapèques, Taiji Yin Yang, trigrammes, personnages mythiques...
) et celles où l’on ne reconnaît rien ni à la
calligraphie ni au dessin et qui représentent donc une abstraction.
Généralement les traits fins représentent le
ciel, les traits épais la terre ; le style arrondi est
considéré comme yin, le style carré considéré
comme Yang, contrairement à l’art classique ;
les caractères les plus utilisés sont Shou
(longévité), Fu (bonheur), Sheng
(ordre universel), Zhi (commandement), Sha
(détruire), Ming (lumière, clarté,
illumination), Cheng (réaliser, accomplir),
He (harmonie), Tianming (décret du
Ciel, destinée favorable), Ping (paix)...
sans oublier Maimai (acheter-vendre, le commerce),
Lou (prospérité), Jin (argent,
or)...
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