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De la chute d’eau, à la pièce d’eau, à la
fontaine, à l’aquarium, au bocal, à la peinture représentant
une chute, d’eau, une pièce d’eau à la calligraphie
représentant un ou plusieurs caractères désignant
l’eau ou son mouvement on passe directement à la représentation
abstraite de notre chute d’eau ou d’un lac particulièrement
bien choisi.
Il suffisait à notre initié de se rendre sur le lieu
même de ce qu’il souhaitait transcrire, de se livrer à
une méditation particulière aboutissant à une
visualisation, de retranscrire cette visualisation sur un support
particulier et d’authentifier ce support.
Un jeu d’enfant aurait dit Laozi. Sachant que les maîtres
initiés dans ce domaine étaient assez rares, qu’il
fallait qu’il voyagent sans cesse dans des contrées reculées
et dangereuses pour en ramener l’essence des lieux les plus réputés,
qu’il convenait, en outre, qu’ils puissent reproduire leurs visions,
donc disposent d’un talent artistique et que, de plus, ils souhaitent
faire profiter le vulgaire de leurs fabuleuses expériences
sans pour autant exiger l’impossible, on préféra répertorier
ces manifestations abstraites dans un catalogue.
Le premier catalogue de ces " charmes "
(Fu Ju) aurait été réalisé en
84 av. J.C., il y a donc deux mille quatre vingt trois ans, par
le Maître Taoïste Zhang Daoling (Shang Tao Ling) connu
sous le surnom du " Maître Céleste "
(Zhang Dianshi ou Shang Tian Shi) fondateur de l’Ecole
des Cinq Boisseaux de Riz (Wudumi Dao Jia).
Ce catalogue fut repris par Gehong (Ko Hung), taoïste
de renom, alchimiste, médecin et quelque peu magicien dans
le Boapouzi (Pao Pou Tseu) ou " Livre de
celui qui embrasse le bois brut ", ouvrage ésotérique
qui demeure toujours le canon taoïste de la branche des praticiens
du Tao (Dao Jiao ou Tao Kiao) et qui cite plus de
trois cents charmes ou talismans réputés.
Mais, c’est en 1190 sous l’empereur Jian Yu qu’est rédigé,
ou plutôt compilé, sous sa demande personnelle le fameux
Daozhang, canon taoïste, composé de 1120 fascicules
ne comprenant pas moins de 11326 charmes répertoriés
et commentés.
En 1281, l’empereur Shi Cong alias Kublai Khan jugeant
ces charmes dangereux et pernicieux pour son pouvoir ordonne que
le Daozhang soit brûlé. Il est néanmoins
reconstitué en 1346 à partir de fragments épars
mais ne comporte plus, si on peut dire, que 1464 charmes. Cette
édition sera complétée entre 1444 et 1447 pour
devenir l’édition définitive du nouveau Daozhang
qui est encore utilisé de nos jours.
Entre temps, en 1304, le successeur de Zhang Daoling à
la trente huitième génération est nommé
" Guide de la Juste Unité "
et opère le regroupement de toutes les écoles utilisant
des charmes.
Ce regroupement est alors nommé Fu Lu Pai (Courant
des utilisateurs de charmes).
Il se compose de six écoles : l’Ecole de la Voie
de la Paix Suprême (Taiping Dao) ; l’Ecole
des Cinq Boisseaux de Riz (Wudumi Dao) ; l’Ecole de
la Juste Unité (Zhengyi Dao) ; l’Ecole de la Réalisation
de la Vérité (Quanzhen Dao) et l’Ecole
du Joyau Magique ou Ecarlate (Lingpaoming Dao).
Certaines de ces écoles sont encore très vivaces et
existent, notamment, à Hong Kong, Taiwan, Singapour... et
aux USA, au Brésil, au Canada. Elles sont généralement
connues sous la dénomination de " bonnets rouges "
ou de " bonnets noirs ".
Elles proposent toujours les fameux charmes à qui en ont
besoin mais, malheureusement, se tournent assez souvent vers le
folklore et les exhibitions tapageuses cause de leur mauvaise réputation,
souvent justifiée, de charlatans. Les authentiques détenteurs
du Daozhang ou des méthodes de visualisation permettant de
produire ces charmes se font donc, le plus souvent, assez discrets.
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