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| par Georges Charles |
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| UN - L’Unité
du Tao : “Le Tao engendre l’Unité”
(Daodejing) |
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Mieux considérer
le global pour mieux harmoniser le local : Nous avons vu que le
Feng Shui était, en Chine, depuis des millénaires
un fait de société. Or, nous avons également
vu que la société chinoise était, depuis toujours,
basée sur le concept d’ordre et de totalité.
Cet ordre, jadis nommé “Mandat Céleste”
(Ge Ming), et cette totalité, donc cette
unité fondamentale (Tai Yi ou “Grande
Unité”), ne sauraient se manifester en dehors
du principe ultime qu’est le Tao
* ou la Voie.
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| Tao
- caractère 4767 du dictionnaire Ricci - qui peut également
s’écrire Dao en pinyin ou Do
dans les transcriptions issues du japonais signifie originellement
voie, route, chemin, passage et, par extension, ce qui mène
d’un point à un autre donc le cheminement. Le
caractère ancien comportait une tête chevelue
vue de face qui représentait le chef de clan accolée
à la notion de marche, de conduite laissant une empreinte
profonde. Il s’agissait donc de “la
conduite tracée par le chef de clan”,
de la “voie à suivre”.
Le caractère ancien indique donc tant la notion matérielle
de voie tracée par celui qui marche que la notion de
mouvement impliqué par une autorité suprême,
symboliquement le chef de clan, le roi ou l’empereur.
Le Tao inclut à la fois la notion
d’origine, de mouvement et d’aboutissement suprême.
Il s’agit donc d’une notion fondamentale à
la pensée chinoise et à sa mise en application.
Tao, par la suite, a donc pu être traduit
de multiples manières par mi lesquelles on retrouve
les notions objectives et subjectives de règle essentielle,
de principe absolu, de doctrine, de conduite à tenir...
mais également de moyen, de procédé,
de méthode, d’art.
De ce fait, le terme Tao fut très
anciennement utilisé en Chine par les taoïstes
(... les praticiens du Tao) mais également
par les confucianistes (... les praticiens de la doctrine
de Kongzi ou Confucius)
qui lui donnaient le sens de “Voie de l’Homme”,
donc le comportement humain régi par les lois morales
et les principes de la société... ainsi que
par les bouddhistes qui y voyaient “la Voie
Royale permettant d’accéder au Nirvana”.
Il ne s’agit donc pas, comme on le croit souvent, d’une
notion exclusivement taoïste mais bel et bien d’un
principe philosophique global à la Chine et du pilier
essentiel de la pensée chinoise. Ce faisant, le Tao
peut se manifester de multiples manières qui, elles-mêmes,
se démultiplient à l’infini... avant de
rejoindre l’unité. Ceci est exprimé dans
le chapitre 42 du Tao Te King (Daodejing)
attribué à Lao Tseu (Laozi)
: “Le Tao engendre Un. Un engendre Deux.
Deux engendre Trois. Trois engendre dix mille êtres...
”. Ces dix mille êtres, ou dix mille manifestations,
issues du Tao, représentent à
leur tour une unité, donc un cycle sans fin qui est
l’origine et l’aboutissement du mouvement de cheminement
sur la Voie. Le Feng Shui, au même
titre que la cuisine, le “Qigong”,
l’acupuncture, la calligraphie représente l’une
de ces manifestations, donc l’un de ces cheminements
sur la Voie. |
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| Cela implique tout simplement
que le Feng Shui ne peut se concevoir en dehors
de la notion fondamentale d’unité, d’ordre et
de totalité. Avant de considérer les choses dans le
détail, donc dans ce qui les différencient et les
séparent, il convient donc d’adopter une vision globale
qui permet de définir une unité dans l’harmonie.
Cette vision globale permet, ainsi, de définir ce qui est
essentiel, ce qui est important, ce qui est secondaire et ce qui
est superflu... puis de procéder, dans cet ordre, à
une prise de conscience de ce qu’il est possible de réaliser
pour que cette unité dans l’harmonie soit le plus profitable
sur un plan global puis sur divers plans particuliers. Certains
rétorqueront immédiatement qu’il est plus facile
de changer un cendrier de place que de modifier l’orientation
d’une ville mais un authentique expert en Feng Shui
rétorquera immédiatement qu’il est difficile
de trouver une bonne place pour ce fameux cendrier si on ne sait
pas d’où vient le vent, donc comment s’oriente
la maison dans la ville et la ville dans l’environnement.
Lorsque la ville est mal orientée dans l’espace, lorsque
la maison est mal orientée dans la ville, lorsque la pièce
est mal orientée dans la maison, lorsque la table est mal
orientée dans la pièce, le cendrier sera mal orienté
sur la table et la fumée de cigarette particulièrement
gênante pour qui ne fume pas. Toutes ces mauvaises orientations
inciteront, de plus, à fumer plus... donc à utiliser
plusieurs cendriers. Or, la facilité ne consiste pas à
passer sa vie à changer des cendriers de place sous le prétexte
que la fumée est de plus en plus gênante... Il serait
peut-être plus judicieux de trouver les raisons du stress
qui incite à fumer toujours plus. Donc de revenir à
plus global et de prendre conscience que la mauvaise orientation
d’une ville dans l’espace n’est pas sans conséquence
sur le stress de tous ceux qui y vivent. Mais le fait que la ville
soit mal orientée n’est pas une excuse suffisante pour
construire n’importe où ou acheter n’importe
quoi.
Si cela était, il est toujours possible de tenter modifier
la répartition des pièces... dans la mesure où
l’arrivée du gaz et l’évacuation des eaux
limitent quelque peu les possibilités de déplacer
la cuisine ou la salle de bains. Il est, de même, déconseillé
de concevoir une cuisine au rez-de-chaussée et une salle
à manger au premier étage sauf si on dispose d’une
nombreuse domesticité ou d’un monte plats. Par la suite
il est toujours possible de revoir l’aménagement des
pièces en imaginant simplement qu’il est toujours plus
facile de bouger un meuble léger qu’un meuble lourd
et qu’une armoire normande ne dispose pas de multiples emplacements
de rechange, ce qui limite ses déplacements dans la maison.
Dans tous les cas il est donc préférable de considérer
chaque chose comme une entité globale même et surtout
si cette entité fait partie d’un ensemble. Une maison
est une entité globale dans son environnement direct. Un
appartement est une entité globale dans un immeuble. Dans
le premier cas il est donc difficile d’éviter de considérer
les abords immédiats de cette maison avec l’extérieur,
donc la rue ou le jardin. Cette “entité”
maison se constitue donc d’un ensemble plus ou moins harmonieux
permettant la mise en relation directe ou indirecte entre l’intérieur
et l’extérieur. Si est possible d’agir sur l’extérieur,
par exemple le jardin qui précède ou entoure la maison,
cela sera un facteur essentiel d’harmonie globale qui sera
favorable à l’intérieur même de la maison.
Dans le second cas il devient plus difficile, par contre, d’agir
sur l’extérieur... donc sur l’immeuble et ses
alentours. Tout au plus il sera possible d’agrémenter
quelque peu le palier par une éventuelle plante verte. Il
conviendra alors de renforcer plus que jamais l’harmonie interne
de l’appartement. Sur un plan énergétique plus
l’unité est restreinte moins il convient de commettre
des erreurs car celles-ci ont, évidemment, plus de conséquences
sur l’harmonie générale d’un lieu.
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| Les
facteurs d’unité et d’harmonie. |
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Concernant l’habitat, et plus particulièrement l’intérieur,
afin de concevoir une unité (Yi) qui soit
facteur d’harmonie (He ou Aï)
il a de tous temps été remarqué, en Orient
comme en Occident, que les dimensions générales d’un
lieu et des objets qui s’y trouvent doivent correspondre à
des règles basées sur les proportions du corps humain.
De ce fait, pendent plusieurs millénaires ce qui était
construit, fabriqué ou produit se devait de demeurer à
l’échelle humaine... même si celle-ci était
quelque peu idéalisée (... en occident le “pied”
dit “pied de roy” mesurait
0,3248... ce qui correspond à une grande pointure 45 tandis
que la “toise” qui, elle aussi se voulait l’idéal
de la taille humaine valait 6 pieds... c’est à dire
1,949 m ce qui était également une “toise
royale” et une belle taille pour l’époque
où l’homme moyen était censé, suivant
certains historiens, être un nabot dépassant rarement
le mètre quarante cinq...).
Les mesures étaient donc le pouce (0,027 m) , le pied (0,3248
m), le coude (ou la coudée) (0,504 m), la toise (1,949 m)
et la lieue commune (4444 m). Bien que les mesures varient quelque
peu on retrouve ces anciennes mesures en Chine et dans tout l’Extrême-Orient
où le pouce (Tsun) mesure 0,024 m (0,010
m dans certains cas) le pied (Chi ou Chih)
mesure 0,324 m, le pas (Pu) (0,50 m) et la toise
(Chang) 2 pas 4 fen soit 2 m... tandis que le Li
vaut 576 m.
Il est à noter, une fois encore, que la toise représente
une belle taille pour un homme asiatique du temps jadis ! Ces mesures
classiques désormais devenues étranges et obsolètes
ont été remplacées à peu près
partout par le système métrique lorsque le technocrate,
qui prétend savoir dire comment faire, a simplement remplacé
l’artisan qui faisait.
On est donc, dans le principe, passé d’une mesure humaine
à une mesure sidérale puisque, très officiellement,
le mètre est la longueur égale à 1 650 763,
73 longueurs d’onde dans le vide de la radiation correspondant
à la transition entre les niveaux 2p10 et 5d5 de l’atome
de krypton 86. Ce qui est, évidemment, beaucoup plus simple
qu’un pied fut-il royal ! Dans la réalité, rassurez-vous,
l’artisan, bien souvent sans le savoir, fait de la résistance
en persistant à produire des portes et fenêtres, des
tables et des chaises, ainsi que des marches, des fourchettes et
des couteaux à dimensions humaines puisque basées
sur les anciennes mesures. Dans la plupart des cas, ne cherchez
pas un compte rond et parfaitement métrique qui serait, par
ailleurs, totalement inadapté et invivable. Dès qu’il
est question de mesure humaine... on en revient à des mesures
humaines et il ne faut donc pas s’étonner qu’en
matière d’ameublement le mètre comporte tout
à coup quelques virgules dans le devis. Cette dimension humaine
se retrouve, bien évidemment, dans les chaussures : un 39
ne correspond pas à 0m39 de même que dans le vêtement
un 42 n’a rien à voir avec un quelconque 42 cm même
royal. Ne parlons pas des matelas aux dimensions particulièrement
étranges mais plus adaptées à un être
humain qui souhaite se reposer, dormir ou se reproduire qu’à
une norme Iso 2000.
Seule la télévision, et, par extension l’écran
d’ordinateur, on s’en doute déjà, s’achète
en cm et en diagonale. Mais est-ce bien un instrument totalement
humain ? Si le gros rouge industriel se vend au litre, et donc s’achète
probablement au mètre chez le grossiste, remarquez que le
bon vin ne se conçoit encore que dans des bouteilles de 75
cl... et, il n’y a pas si longtemps encore, dans des bouteilles
de 72.5 cl... mémoire d’un temps où la boisson
des dieux était encore liée à l’alchimie
subtile entre le ciel, l’homme et la terre.
Etrangement, la qualité, la vraie qualité, demeure
humaine, donc de dimension humaine, tandis que le quantitatif se
normalise de plus en plus dans l’abstrait sidéral du
mouvement imbécile d’un atome de krypton. Après
il est facile de faire prendre n’importe quelle vessie industrielle
quantitativement normalisée pour une lanterne à laquelle,
tel un ivrogne, va s’accrocher désespérément
le statisticien des temps modernes. Cela est particulièrement
significatif lorsque des normes dites qualitatives (... qualité
France... etc) sont uniquement basées sur des quantités
n’ayant plus rien à voir avec l’homme, donc l’utilisateur.
Lorsque l’on confond allègrement, et officiellement,
quantité et qualité le pire est à craindre.
Lorsque les anciens se basaient sur les dimensions humaines cela
n’était peut-être pas très pratique pour
les comptables mais correspondait au souci d’harmoniser le
lieu et l’humain dans leur intérêt réciproque.
Dans le même esprit il convenait de préserver une proportion
harmonieuse entre les diverses dimensions d’un lieu et les
anciens utilisaient, pour ce faire, plusieurs règles dont
le fameux nombre d’or.
Celui-ci représente une proportion fréquente tant
dans la nature que dans le corps de l’homme et est doué
de propriétés mathématiques remarquables que
l’on retrouve dans de nombreux modèles de croissante
liés à la “spirale dorée”
qui est obtenue par une progression géométrique de
rectangles d’or dont la longueur divisée par la largeur
est égale à 1,618. Il est actuellement trop souvent
considéré que ce nombre d’or et les diverses
mesures qui en découlent possèdent uniquement une
fonction esthétique qualifiée d’académique.
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| Or, de très nombreux édifices
anciens ont été construits grâce à ce
Nombre d’Or et semblent mieux défier
le temps que plusieurs constructions beaucoup plus modernes qui,
peu de temps après leur construction, se dégradent
déjà.
Lorsque le mètre technocratique remplace les maîtres
du temps jadis il semble que le moche pifométrique d’aujourd’hui
ne soit ni plus résistant ni plus pratique que l’esthétisme
académique d’autrefois. Les dimensions “classiques”
tendent donc à considérer que microcosme et macrocosme
s’interpénètrent et que l’homme doit s’adapter
à la nature dans laquelle s’adapte également
l’habitat. |
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| Afin de préserver cette unité,
donc cette harmonie, entre l’homme et la nature au travers
de son habitat et de son mobilier, les experts chinois du Feng
Shui utilisent diverses formules mathématiques qui
ont été synthétisées dans une règle
aux dimensions particulières* basées
sur l’ancien système de mesure impérial. Suivant
Kongzi (Confucius) lui même
“Les nombres n’ont pas pour fonction d’exprimer
des grandeurs mais ils servent à ajuster les dimensions concrètes
aux proportions de la nature et du Tao” (Liji
Livre des Rites).
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| * Concernant ces nombres et
leur utilisation particulièrement dans l’architecture
chinoise les passionnés et les curieux liront avec
intérêt l’important chapitre qui leur est
consacré dans “La pensée chinoise”
de Marcel Granet aux éditions Albin Michel. |
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| Cette règle, qui
jadis était en jade (Yu Pi Sien), comporte
huit divisions traditionnelles dont quatre sont considérées
comme favorables et quatre comme défavorables. Cette règle
peut donc servir à vérifier les dimensions particulières
des objets, du mobilier, des pièces et des maisons et même
à organiser les éléments décoratifs
situés dans l’environnement de la maison. Chacune de
ces huit divisions (Chin) mesure précisément
5,968cm : la mesure de base est donc de 47,774 cm correspondant
à l’ancien pas (Pu) qui valait lui-même
cinq pouces (Tsun). Lorsqu’on utilise une
telle règle il est à remarquer que la plupart des
objets anciens, orientaux ou occidentaux, sont de dimensions “favorables”
alors que de nombreux objets modernes ne le sont pas.
Est-ce simplement le fait du hasard ? Marcel Granet dans “La
pensée chinoise” (Albin Michel) relate le
fait que 6 ou 12 couteaux mis bout à bout doivent former
un cercle parfait, donc une unité harmonieuse puisqu’ils
se vendent par 6 ou 12 ! Ces dimensions favorables, ou “bénéfiques”,
et défavorable, ou “maléfiques”,
en chinois Shun (caractère 4494 du dictionnaire
Ricci signifiant littéralement suivre dans
le bon sens, se conformer à, docile, obéissant, favorable,
propice, commode, aisé, naturel, paisible) et Ni
(caractère 3639 du dictionnaire Ricci signifiant
au contraire, dans le sens contraire, s’opposer à,
contrarier, adverse, se révolter, désordre, trouble,
perturbateur) demeurent un bon critère de jugement et d’estimation
à condition de ne pas tomber dans la rigueur excessive dont
chacun peut, à son insu, être la victime malheureuse.
En effet, il est assez amusant de constater qu’un coffret
sur le Feng Shui destiné au grand public
comporte plusieurs éléments dont cette fameuse règle.
Le mode d’emploi accompagnant la règle précise
que l’utilisation de celle-ci peut être appliquée
à tout ce qui peut être mesuré afin de choisir
des dimensions favorables. Or, le coffret contenant ces objets,
suivant le même mode d’emploi et mesuré avec
cette même règle, est de dimension tout à fait
défavorable puisque annonçant la perte et même,
si on en croit le fameux mode d’emploi, la mort ! Visiblement
l’auteur, pourtant très péremptoire, a oublié
de vérifier les dimensions de son fameux coffret Feng
Shui puisque celui-ci est particulièrement dangereux
dans ses dimensions. L’autre hypothèse est qu’il
n’y a pas unité ni harmonie entre cet auteur et son
éditeur, ce qui est un comble dans ce cas précis.
Admettons simplement que tout le monde peut se tromper et que l’erreur
est, heureusement, encore de dimension humaine. |
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| L’Unité
dans le domaine du Feng Shui : |
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| La visualisation de l’unité, donc du
global, implique qu’il faut savoir prendre suffisamment de
recul pour observer les choses et éviter de se laisser distraire
par des détails sans grande importance qui finissent par
dissimuler ou contrefaire la réalité.
“Il faut donner de l’importance aux choses
qui ont de l’importance et ne point perdre de temps avec celles
qui n’en n’ont pas”. Charles De
Gaulle.
Cela est facile à dire mais moins à appliquer car
on préfère souvent ce qui est compliqué et
inutile à ce qui est simple et pratique. Les vendeurs en
immobilier le savent bien lorsqu’ils préfèrent
faire visiter un bien en assez mauvais état lorsqu’il
est habité et occupé... puisqu’il semblera alors
habitable même et surtout si il ne l’est plus tout à
fait.
Le mobilier présent habillera encore quelque peu les murs
et les sols et le client potentiel achètera alors plus la
pièce potentielle que le local présent. Dans le cas
où le bien est inoccupé depuis un certain temps, un
simple carreau cassé “par hasard”
attirera l’attention beaucoup plus que la grosse tâche
d’humidité au plafond. Mais, un carreau cassé
se répare en quelques dizaines de minutes alors qu’une
fuite dans un toit exige de grosses réparations...
Unité ne veut pas pour autant dire uniforme car il ne faut
pas confondre harmonie avec rigorisme. L’unité n’est
pas forcément simpliste car une maison de plusieurs étages
comportant des parties de plusieurs époques peut-être
plus harmonieuse qu’un bunker d’un seul étage
en béton. Dans cette optique particulière d’unité
et d’harmonie un couple, ou une famille, qui s’entend
bien vaut mieux qu’un individu isolé ne se sentant
bien qu’avec lui-même. Il est, en effet, parfois plus
facile de s’harmoniser avec l’univers qu’avec
son voisin de palier.
Une immense maison dans un tout petit terrain ou une toute petite
maison dans un immense terrain rendent difficile cette unité
et cette harmonie. Il en va de même pour une maison trop riche
dans un quartier trop pauvre ou pour une maison trop pauvre dans
un quartier trop riche.
Certains objecteront qu’il vaut mieux une maison en bon état
dans un terrain vague qu’une maison en mauvais état
dans un parc bien entretenu... sauf qu’il suffit de quelques
jours pour repeindre une façade et quelques volets et éventuellement
refaire des gouttières et une partie du toit alors qu’il
faut au moins dix ans pour faire pousser un arbre et trente ans
pour obtenir un parc digne de ce nom.
Quelques bâtiments, parfois même disparates, harmonieusement
disposés sur un terrain de bonne proportion peuvent tout
à fait constituer une entité particulière,
donc une unité harmonieuse alors qu’une maison unique
mais mal située sur un terrain mal défini peut tout
à fait ne représenter aucune unité donc aucune
harmonie. En quelque sorte l’unité est aussi affaire
de proportion.
Or, il existe des proportions favorables et des proportions défavorables
et il vaut toujours mieux tendre vers une unité dynamique
que de se complaire dans l’uniformité statique. Un
chemin simplement matérialisé par quelques pierres
plates peut fort bien réaliser une unité favorable
entre deux bâtiments comme un pont matérialise une
unité entre les deux rives d’un cours d’eau.
Il convient donc de favoriser ce qui réunit et d’éviter
ce qui sépare ou ce qui divise. Pour les anciens, le puits
symbolisait la rencontre, donc l’unité et l’harmonie
entre la terre et le ciel et la terre et l’homme de même
qu’il unifiait un terrain, donc un territoire, à un
habitat. Le simple fait de boucher un puits ou de le faire disparaître
pour de simples motifs de sécurité ou de manque d’utilité
risque de faire également disparaître cette unité
et cette harmonie subtile. Par la suite, l’eau devenue stagnante
devient peu à peu “perverse”
ou pathogène sinon perturbatrice (Xie ou
Sha).
Dans ce cas il convient de remettre le puits en état ou,
à défaut, d’élever une pierre oblongue
à proximité de son ancien emplacement. Cette “pierre
levée” (men-hir ou pierre-fitte)
permettant, on s’en doute, de pratiquer une forme d’acupuncture
terrestre se retrouvait à peu près partout sur la
planète et permettait d’évacuer les “énergies
perverses” (Xie Qi ou Sha
Qi) en facilitant la circulation entre l’en deçà
et l’au delà... .donc la profondeur la plus interne
avec le sommet le plus externe : le Yin de la Terre
et le Yang du Ciel.
Dans certains cas un arbre peut jouer le même rôle puisqu’il
va plonger ses racines à la source même du problème
et transformer l’énergie “perverse”
en mouvement végétal puis en mouvement de dispersions
dans le ciel. Avant de boucher un puits ou d’arracher un arbre
il faut donc être quelque peu prudent car, dans les deux cas,
il s’agit purement et simplement d’une blessure infligée
à l’unité, donc à l’harmonie.
Mieux vaut ne pas parler de la suppression ou de la destruction
d’une “pierre levée”
ou même d’une simple borne. Cette dernière situait
les limites d’un terrain... donc de son unité. Lorsqu’on
supprime ou déplace une borne il convient donc de remplacer
celle-ci par une simple “pierre levée”
ou simplement un arbre. Si on ne le peut il faut alors soigneusement
reboucher le trou après avoir effectué l’offrande
d’une pièce ou d’un objet de fer. La perte d’unité,
donc d’identité, d’un terrain provoque toujours
une perturbation plus ou moins passagère ou durable. Si on
recrée, plus ou moins consciemment, une autre unité
la perturbation cesse d’elle-même.
Dans le cas contraire c’est la perturbation elle-même
qui deviendra unitaire et cherchera à s’imposer par
le biais de la division. Pour certains experts il s’agit simplement
d’une modification vibratoire dans l’environnement,
donc de ce qui peut être considéré comme une
fracture entre deux plans, ce qui se matérialise bien souvent
par une ligne de force particulière : une nouvelle “veine
de dragon”. Comme l’acupuncteur qui insère
un aiguille sur le “point”
d’un “méridien”
pour accroîtra ou diminuer, donc modifier, la circulation
de l’énergie il est tout à fait possible de
découvrir sur cette ligne de force la fameuse “caverne
du tigre” et d’opérer un traitement
en insérant une “aiguille”
naturelle, pierre, arbre, portique. Dans certains terrains qui n’ont
pas été entretenus depuis de longues années
il n’est pas rare, au contraire; que d’anciens piquets
métallique blessent les “veines du dragon”
d’une manière incontrôlée allant jusqu’à
provoquer des perturbations énergétiques se matérialisant
parfois dans la présence de plantes plus ou moins dangereuses
comme la datura, la belladone, la jusquiame, la bryone dioïque.
Il en va évidemment de même pour les décharges
enfouies contenant, particulièrement, des rejets métalliques
comme le fer, l’aluminium ou le plomb sinon le mercure qui
polluent le terrain non seulement d’une manière chimique
mais également profondément énergétique.
En matière de Feng Shui les cavités
(Xue ou Hsueh) ou “terriers”
(il s’agit du même terme utilisé en acupuncture)
sont toujours considérées comme perturbatrices sinon
dangereuses car elles remettent justement en cause l’unité
et l’harmonie, lorsqu’elles sont “habitées”
elles deviennent toujours “perverses”
(Xie ou Sha).
Ce terme “pervers” est celui
qui fut utilisé par les premiers traducteurs de la langue
chinoise, les Jésuites, il y a près de deux siècles
mais, originellement Sha (Cha,
Shar, Char... ) représentait
un animal féroce avec de grandes griffes et de grandes dents
(ressemblant tout à fait à l’image occidentale
de la bête
du Gévaudan !) qui avait remplacé après
l’avoir tué l’animal paisible habitant le fameux
terrier (Xue). Ce caractère (4425 du dictionnaire
Ricci) signifie donc tuer, assassiner, massacrer,
faire mal exprès, détruire... et par extension (caractère
4227 du dictionnaire Ricci) génie malfaisant, influx néfaste,
entité perverse, revenant maléfique, funeste, délétère.
Des morceaux de ferraille tranchants et rouillés dans une
cavité souterraine ou, pire encore, des déchets chimiques
ou radio-actifs représentent bien cette image assez terrifiante...
le tigre lui-même a été remplacé dans
sa caverne et le nouvel occupant commence à attaquer les
“veines du dragon”, lequel
tente de se défendre en produisant, à son tour, du
venin.
L’image est peut-être simpliste mais vaut bien toutes
les formules mathématiques. En tous cas l’unité
de la Terre et l’harmonie entre Terre et Ciel ne sont plus
préservées... et l’homme subit l’effet
du “souffle pervers” (Xie
Qi) ou du “souffle assassin”
(Sha Qi). Il est à noter que le
cri de ralliement “Sha !” fut utilisé
par les Boxeurs en 1900
lors de la révolte contre les concessions occidentales. Il
convenait, en effet, “ de détruire les mandchous
(Qing) afin de prendre leurs armes puis de se retourner
ensuite contre les occidentaux pour les exterminer avec la plus
grande sauvagerie ” (Tu Mou, Chef Boxeur
de la Secte du Mao Shan). Le rôle du “Sha
Qi” est donc, par le biais de la perversion
qui consiste principalement à corrompre, de s’attaquer
à l’unité afin d’en rompre ou d’en
dissoudre l’harmonie.
Or, dans la conception classique du Feng Shui
tout ce qui ne circule pas a tendance à se corrompre... donc
à devenir “pervers”
et dangereux d’autant plus que cette action demeure sournoise
et cachée le plus longtemps possible. Si il existe unité
(Yi et harmonie (He) il est difficile,
sinon impossible, à l’énergie de ne pas circuler.
Un début de dissension, donc une disharmonie, ne peut engendrer
que plus de dissension encore... et provoquer le processus de la
perversion. Cela est traditionnellement exprimé dans la formule
:
“L’énergie meurt où commence
la forme sauf si celle-ci est animée d’un mouvement”.
(Littéralement “énergie - meurt
- naît - forme - sauf - mouvement-engendre”).
Si l’énergie meurt, elle se corrompt et, peu à
peu, attaque la forme qu’elle a fait naître... donnant
naissance à une autre énergie “perverse”.
Dans la recherche de l’Unité il est donc important
de considérer le mouvement global et, surtout, la capacité
de transformation et d’évolution.
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UNITÉ
ET HARMONIE DANS LE FENG SHUI :
| Préférer |
Eviter * |
| Une unité
entre la maison et le terrain |
Une maison située en dehors du
terrain principal |
| Une unité
du terrain |
Plusieurs terrains (jardin + cour +
stationnement) |
| Un terrain à
forme régulière |
Un terrain à multiples cotés
et irrégulier |
| Un terrain de
forme carrée ou rectangulaire |
Un terrain de forme triangulaire ou
indéfinie |
| Un terrain possédant
un puits |
Un terrain dont
on a bouché le puits |
| Un terrain sans
cavités |
Un terrain avec
cavités ou piquets de fer |
| Un terrain avec
eau visible (étang, rivière) |
Un terrain avec
eau invisible (source souterraine) |
| Une source visible
|
De l’eau
qui coule sans source visible |
| Une maison située
au centre d’un parc |
Une maison située
en bordure d’un parc |
| Une maison cachée
dans la forêt |
Une maison en
lisière de forêt |
| Une façade
de matériaux uniques |
Une façade
de matériaux composites |
| Des portes plus
hautes que les fenêtres |
Des fenêtres
plus hautes que les portes |
| Une maison séparée
des voisins |
Une maison mitoyenne
entre habitations |
| Une entrée
principale sur le devant |
Plusieurs entrées
sur le devant de la maison |
| Une entrée
secondaire sur le coté |
Plusieurs entrées
secondaires sur l’arrière |
| Une entrée
principale donnant sur la rue |
Une entrée
principale dissimulée |
| Une entrée
située en face de l’escalier |
Une entrée
située derrière l’escalier
|
| Une entrée
située plus à gauche |
Une entrée
située plus à droite |
| Une entrée
avec vestibule |
Une entrée
sans vestibule |
| Une entrée
donnant sur le salon |
Une entrée
donnant sur la cuisine ou la chambre |
| Un garage situé
sur le coté de la maison |
Un garage situé
en façade principale |
| Une façade
sur la rue principale |
Trois façades
en triangle (étrave de bateau) |
| Un escalier unique
menant aux étages |
Plusieurs escaliers
menant aux étages |
| Les pièces
où l’on vit au rez de chaussée |
Les pièces
où l’on vit à l’étage
|
| Les pièces
où l’on se repose à l’étage |
Les pièces
où l’on se repose au rez de chaussée
|
| Cuisine et salle
à manger sur le même plan |
Cuisine et salle
à manger sur des plans différents
|
| Salle de bain
et WC sur le même plan |
Salle de bain
et WC sur des plans différents |
| Pièces
habitées au dessus du niveau du sol |
Pièces
habitées sous le niveau du sol (cave... ) |
| Pièces
d’habitation dans le même bâtiment |
Pièces
d’habitation dans plusieurs bâtiments |
| Une seule cave
sur habitation principale |
Plusieurs caves
sur habitation principale |
| Un seul grenier
sur habitation principale |
Plusieurs greniers
sur habitation principale |
| Des pièces
qui communiquent |
Des pièces
qui ne communiquent pas |
| Des paliers à
la même hauteur |
De multiples paliers
de hauteurs différentes |
|
| * Il est entendu que
le Feng Shui peut apporter diverses solutions pratiques et simples
à une situation défavorable et qu’il n’est
pas toujours nécessaire de casser un mur ou de boucher
une fenêtre pour rééquilibrer l’énergie
de l’habitat !. |
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