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Il
était une fois, au Pays de la Loi, Faguo, la France, pays
merveilleux que les Chinois nommaient jadis Falanxi, littéralement
"Modèle (Fa) Parfait (Lan) de l'Occident (Xi), un professeur
de Judo d'origine vietnamienne du nom de Tran Trun Huong qui demanda,
après avoir enseigné à ses élèves
les Kwatsu qui permettaient la réanimation d'urgence, de
se faire étrangler jusqu'à la perte de conscience.
Ce faisant, l'un des élèves devait donc, par la suite,
le faire revenir à la vie en utilisant ses connaissances
fraîchement acquises. Il s'agissait, somme toute, de quelque
chose d'assez banal puisque ce type d'étranglement-réanimation
se pratiquait couramment dans les Dojo de l'époque, en particulier
comme pratique initiatique au passage de la fameuse ceinture noire.
Il s'agissait donc, ou peu s'en faut, d'un bizutage considéré
comme nécessaire au port de la fameuse ceinture noire.
Dans
leur grande sagesse, les enseignants de l'époque enseignaient
comment réanimer avant de montrer comment étrangler... donc
faire perdre paisiblement conscience à un partenaire consentant
ou à un adversaire qui l'était moins. En compétition,
d'ailleurs, l'immobilisation efficace et subtile était beaucoup
plus prisée du jury que le vulgaire étranglement.
Ce qui incitait certains spécialistes en la matière,
à commençer par Georges Trogott, surnommé Jojo
l'Ostrogoth, élève de Riva, à étrangler
proprement son adversaire debout, à le laisser tomber au
sol puis à le secouer violemment afin de faire croire aux
arbitres qu'il était en train de l'immobiliser avec succès... ce
qui lui valait un Ippon. Il suffisait, ensuite, de réanimer
la victime qui ne comprenait pas trop ce qui s'était passé.
Mais dans ce cas particulier, comme dans l'étranglement d'initiation,
il y avait, en général, plusieurs ceintures noires
présentes qui, éventuellement, mettaient leurs compétences
en commun pour trouver le Kwatsu adéquat.
Ce ne fut malheureusement
pas le cas avec notre fameux professeur d'origine vietnamienne qui
resta, pour de bon, séché sur le tatami. Les élèves
essayèrent à peu près tout ce qui était
possible... claques sur le visage, hurlements du nom de l'intéressé
dans les oreilles, percussion de la dixième dorsale, percussion
de la seconde lombaire, percussion de la "source bouillonnante"
située à la base interne du calcanéum, massage
viscéral, percussions cardiaques... et respiration artificielle.
Sans la moindre succès. Le médecin appelé sur
les lieux ne put que constater le décès suite à
un étranglement... et de multiples hématomes dus, probablement,
aux divers Kwatsu. Cela se passait en juin 1954 à Paris... et
l'affaire provoqua rapidement un scandale qui finit par aboutir,
presque naturellement, à la Chambre des Députés.
Ceux-ci en concluent assez rapidement que les "sports de combat",
le terme d'arts martiaux n'ayant pas encore été importé
des USA, étaient particulièrement dangereux et ne
devaient être pratiqués que dans un cadre strictement
surveillé par le législateur.
A cause de cet accident stupide probablement lié à
l'inconscience, au propre et au figuré, d'un enseignant de
Judo et de l'incompétence avérée de ses élèves,
les "sports de combat" et particulièrement les
"sports de combat d'origine orientale" se retrouvèrent
donc sous tutelle... et regroupés de force sous l'égide
du Judo, pourtant à l'origine du problème. Cette fameuse
tutelle considérait que la fameuse ceinture noire ne pourrait
donc être décernée qu'à la suite d'un
examen public en présence d'un représentant du Ministère... ce
qui devait éviter certaines dérives "initiatiques"qui
furent amplement évoquées. L'état souhaitait
donc avoir un droit de regard sur l'attribution des grades et aux
conditions de leur obtention et, fait unique dans le domaine sportif,
attribua la délégation officielle à une fédération
unique regroupant en son sein toutes les disciplines considérées
comme des "sports de combat".
Quarante six ans après, l'état n'a pas changé
d'avis et considère toujours ces pratiques comme dangereuses.
Si son projet de grande fédération unique de type
"Grande Serbie" a été battue en brèche... le
Karaté s'étant séparé du Judo, puis
l'Aïkido et récemment le Taekwondo, il n'en souhaite
pas moins éviter une prolifération de fédérations
représentatives des diverses pratiques, tout à fait
justifiées, mais qui rendraient le contrôle plus délicat.
En gros, ceux qui se roulent par terre, en pyjama blanc,sur des
tapis verts et orange dépendent du Judo. Ceux qui donnent
des coups de pied en cadence et cassent des planches dépendent
soit du Karaté si ils parlent en japonais soit du Taekwondo
si ils parlent en Coréen. Ceux qui tournicottent en Hakama
(jupes-pantalons) et se tordent esthétiquement les poignets
dépendent de l'Aïkido. Tous les autres n'ont qu'à
s'assimiler ou à s'associer en fonction de leurs affinités.
On retrouve donc des disciplines assimilées, associées,
affinitaires... donc minoritaires. A partir du moment où on
leur offre un strapontin elles sont contentes. Le Kendo et le Iaï
Do, par exemple, bien que se prartiquant en Hakama se retrouvent
officiellement au Judo... de même que les arts d'origine vietnamienne,
sino-vietnamienne, franco-vietnamienne... qui pourtant pratiquent
les coups de pied en cadence et la casse de planches. Le Kung-fu
Wushu se retrouve au Karaté... lorsqu'on sait les problèmes
historiques rapprochant et éloignant ces disciplines et leurs
pratiquants, à l'instar de leurs pays d'origine que sont
la Chine et le Japon, on imagine que cela ne va pas être très
facile à gérer.
Il y a encore peu de temps la Fédération de Karaté
prétendait que le Kung-Fu est "issu des anciennes méthodes
chinoises reprises et amélioriée par les japonais".
On imagine l'ambiance entre les enseignants chinois ou assimilés
tels de ces "anciennes méthodes" et les dignes
représentants japonais ou japonisants qui les ont "améliorées".
Plus fort encore, il fut décidé que le Taijiquan (ou
Tai Chi Chuan, Tai Ki Kiuan, Taidji Kuen... ) était, en fait,
une sorte de Kung Fu lent destiné à ceux qui, vieux
ou malades, ne pouvaient plus ou ne souhaitaient pas casser des
planches. Il convient donc de le rattacher au Kung-Fu Wushu... et
par conséquence au Karaté. Mieux, le "Qigong"
se devait d'être une sorte de Taijiquan plus ou moins immobile
destinés à ceux qui ne souhaitaient pas faire l'effort
de faire semblant de donner un coup de pied dans le bas ventre d'un
adversaire imaginaire, même très lentement. Il est
donc naturel de le rattacher au Taijiquan... et par conséquence
au Kung Fu qui dépend lui-même du Karaté. Logique.
Il serait même préférable que ceux qui souhaitent
enseigner le "Qigong" passent, normalement comme tout
le monde, une ceinture noire de Karaté sportif et compétitif.
Et participent également aux Jeux Olympiques. Ce qui simplifierait
tout et rendrait, enfin, le contrôle plus facile. Lorsqu'on
pratique ou que l'on souhaite enseigner le "Qigong" il
faut savoir vivre dangereusement
De
leur coté les collégiens ont inventé un nouveau
jeu idiot qui fait, parait-il, fureur... ils profitent de la récréation
pour s'étrangler jusqu'à perdre connaissance pour
"éprouver de nouvelles sensations". On se demande
s'il ne serait pas préférable de leur laisser fumer
paisiblement de la moquette. Heureusement, jusqu'ici, il n'y a pas
encore eu de mort car ils ne savent pas trop comment s'y prendre
et ne distinguent pas encore l'étranglement respiratoire
de l'étranglement sanguin ou de l'étranglement nerveux,
b.a.ba du bon vieux Judo de Papa. Les enseignants, de leur coté,
n'ont pas étudié les Kwatsu et ne risquent donc pas
d'intervenir en attendant Kouchner. Il leur est également
très risqué, l'actualité le prouve, de séparer
deux élèves qui se battent et plus encore qui s'étranglent
voluptueusement avec mutuel consentement. Ils évitent donc
de se retrouver au tribunal pour exercice illégal de la médecine,
coups et blessures ou attouchements à caractère pédophile...
et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et on n'a
pas tout vu !.
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