Le syndrome de l'arche de zoé.
par Chan Sanyi

 


Le syndrome de l'arche de Zoé

L'enfer est toujours pavé de bonnes intentions !

L' enfer est toujours pavé de bonnes intentions.
Comment pourrait-on en vouloir aux responsables de l'Arche de Zoé d'avoir monté une opération humanitaire qui consistait à vouloir le bien d'enfants africains.
Certaines régions d'Afrique, ou du Moyen-Orient, ressemblent désormais à des camps, sinon d'extermination, mais au moins de concentration où la survie des plus faibles, enfants, femmes enceintes, malades, vieillards est de plus en plus menacée.
Or, chacun sait que vis à vis des camps de la seconde guerre mondiale, du goulag soviétique, du Laogai chinois, de ceux des Khmers rouges et on en passe encore avec Guantanamo et Abou Grahib sans parler des FARC, qui sont, somme toute, à mettre dans le même sac, personne n'a rien fait ou n'a pu, sinon voulu, ne rien faire.
Si on excepte quelque héros ou quelques Justes il semble que le reste de l'humanité se soit transformé en Ponce Pilate en se lavant soigneusement les mains.
Nous portons donc tous une sorte de tache noire originelle quelque peu honteuse et ceci quoi qu'aient fait nos ancêtres de bien ou de mal, ou d'autre.
Même les plus grands résistants qui ont permis la mise à bas du régime nazi et des autres régimes totalitaires, permettant de ce fait la libération de la plupart des camps, sont désormais suspects de ne pas avoir personnellement aidé telle ou telle catégorie de citoyens.
Il ne fallait pas seulement résister mais résister encore, et presque exclusivement, en fonction d'une orientation politique, ethnique ou religieuse spécifique.
Certains avaient malheureusement choisi, comme Norbert Fillerin et sa famille, puis ses amis, d'héberger des pilotes alliés tombés en France et qui purent rapidement reprendre le combat dans le simple but de gagner la guerre.
Ce qu'ils firent.
Sans leur action cette guerre aurait probablement pu durer encore une ou deux années de plus et les exterminations devenir plus massives encore.
Sans demander l'option politique ou religieuse de ceux qu'ils firent échapper au griffes de la gestapo, donc généralement d'une exécution sommaire.
Qu'ils se nomment Pawlosky, O'Connor ou Goldshmidt n'avait donc aucune importance.
Les enfants et les grands-mères, par contre, ne pilotaient pas les avions qui partaient bombarder l'Allemagne.
Faut-il le regretter ?
Dans l'immédiate après guerre il a fallu laver plus blanc et tenter de réconcilier résistants et collabos avec toutes celles et ceux qui n'avaient pas même eu le courage de choisir leur camp, puisque dans une certaine mesure collaborer était peu à peu devenu aussi risqué que de résister.
On mit donc sur le même plan celui, ou celle, qui avait risqué sa vie pendant quatre ans, sinon plus comme certains républicains espagnols, que ceux qui s'étaient tardivement affublés d'un brassard tricolore, juste après que les Alliés aient dépassé Mantes la Jolie ou que celles et ceux qui se vantaient de ne pas avoir tiré la chasse d'eau dans les toilettes d'un restaurant de luxe pour défier l'occuppant.
On a le courage qu'on peut.
Et les médailles qu'on mérite.
Et, par la suite, sous le prétexte d'une "repentance collective" on remit tout ce beau monde dans le même sac, sauf quelques élus bien entendu, en laissant entendre qu'on aurait pu faire plus, ou mieux, ou autrement.
Il est compréhensible que ce confus complexe de culpabilité incite d'honnêtes gens à réagir et à ne plus "laisser faire", mais aussi à ne faire aucune confiance dans le "système officiel" qui, pour des raisons économiques est capable d'accueillir des dictateurs et de soutenir, officiellement, des dictatures.
Etablir une comparaison entre les Jeux Olympiques de Berlin en 1938 et ceux de Pékin en 2008 serait probablement excessif.
Mais ce "système officiel" ayant bien du mal à agir sur l'extérieur, Darfour, Tibet, Colombie, Irak, Palestine et autres points chauds, il cherche actuellement à se dédouanner en agissant bénéfiquement sur les citoyens et en les prenant en otage "pour le bien de tous".
On se retrouve donc presque tous dans un autobus, couverts de faux pansements, embarqués de force pour une meilleure destination : le pays où on nous veut du bien.

Nous sommes rattrapés par l'actualité et par la "mémoire officielle" : cliquer ici

Au secours, on veut mon bien à mon encontre !
Ce "syndrôme de l'arche de Zoé" consiste donc à imaginer le pire puis, à notre corps défendant, ou à l'insu de notre plein gré comme le disait un coureur cycliste célèbre, à nous proposer, non à nous imposer, de force, oui de force, ce qui est censé le mieux nous convenir.
Or chacun sait que "le mieux est l'ennemi du bien".
Etre bien est toujours préfèrable à aller mieux.
Mais on ne cesse de s'escrimer, en haut lieu, à ce que j'aille mieux alors que je n'en demande pas tant.
En fait, j'aimerai surtout qu'on me foute la paix et qu'on me laisse vivre comme je l'entend puisque, ce faisant, je ne fais de tort à personne.
J'aimerai aussi que l'on cesse enfin de me considérer comme un demeuré sur lequel on s'évertue à faire acte de pédagogie.
La pédagogie c'est, littéralement, apprendre à un enfant (paidos) à marcher.
Or je ne suis plus un gosse et me débrouille fort bien pour me déplacer ad pedibus.
Et je me méfie de ces institutions pédophiles qui m'imaginent encore en culotte courte avec un doudou à la main.
Et qui le revendiquent haut et fort : "Il faudrait plus de pédagogie !"
Ben voyons.
Comme disent certains j'aimerai simplement que ce pouvoir officiel descende de mon dos et sorte la main de ma poche.
Et surtout qu'il cesse de me tripoter pour mon bien ou pour mon mieux.
On ne peut plus rien faire, même de censé, sans que des bandes d'ayatollah de la médecine, de gourous de l'environnement, de talibans de la pensée unique, d'Inquisiteurs du fromage au lait cru, de gestapistes de la fumée, de la bouteille, des graisses hydrogénées, des polysaturés et autres principes de précaution, de kapos de la bonne morale européenne ou mondialiste ne viennent tenter de me sauver de force et, surtout, de me piquer mon fric grâce à un habile racket qui, lui-même, aurait été intauré à mon avantage et que je devrai soutenir sans broncher.
En parlant de bronches, comme tout un chacun cet hiver j'ai été victime d'un refroidissement très probablement du, par ailleurs, au coût excessif des moyens de chauffage.
A part brûler des rouleaux de chantiers ou des palettes tout est en effet hors de prix.
Les préfets, bien évidemment, comme le ministère de la santé, ne cessent de mettre en garde les utilisateurs de moyens de chauffages de fortune contre les risques d'intoxication.
On n'a jamais entendu que quelqu'un ait été asphyxié par le chauffage électrique.
Mais celui-ci étant hors de prix pour la majorité des foyers où on se les gèle, on est obligé de se débrouiller.
Pendant qu'à, la Préfecture et au Ministère la température avoisine les 23° dans la plupart des bureaux.
Chauffés électriquement bien sur puisque l'administration a les moyens de régler ses factures à EDF.
Une petite différence de 10 degrès, en moyenne, avec les habitats ruraux.

Diafoirus est de retour, le poumon vous-dis-je !

Ce refroidissemrnt ayant entraîné une bronchite et une toux douloureuse et incessante,
j'ai demandé conseil à mon pharmacien qui m'a proposé des bonbons mentholés.
Un cautère sur une jambe de bois
La toux ne cessant pas, j'ai fini par accepter d'aller consulter un médecin.
Sachant par avance que le remboursement serait aléatoire, partiel et différé.
Ayant dépassé un certain âge et n'êtant pas tombé de la dernière averse je sais ce que c'est qu'une angine et lui ai demandé un antitussif efficace car cela faisait déjà plusieurs jours que je ne pouvais plus dormir et que je réveillais ma compagne.
Ayant déjà, été confronté à ce genre de situation, ma compagne en moins, lorsque j'effectuais mon service militaire en Allemagne où je m'était cassé la figure dans la Sarre glacée en février par un petit moins dix huit, j'avais remarqué l'efficacité notable de la codéïne.
J'ai donc demandé à mon "référent", donc le médecin qui m'a été attaché pour mon bien, si il pouvait me prescrire cette substance.
Il m'a regardé comme si j'étais un un martien et expliqué que la dite substance n'était plus en vente, même sur ordonnance, parce qu'elle avait été utilisée par des drogués qui s'enfilaient des flacons de codutussyl à la chaine jusqu'à tomber d'inamition.
Il m'a donc prescrit un sirop générique, pour mon bien, nommé Hélix.
Sur la notice j'ai trouvé la substance qui allait donc me soigner : de l'hélicine.
Autrement dit de la bave d'escargot.
En gros ce que l'on nommait dans les campagnes depuis trois siècles du "sirop de colimachons".
Une potion à la Diafoirus !
Il faut admettre que nos anciens n'étaient pas cons et que le dit sirop faisait cesser la toux pour une dizaine de minutes après en avoir ingéré trois cuillères à soupe.
Et qu'il en aurait donc fallu au moins quatre flacons pour passer une nuit tranquille.
A condition de se réveiller toutes les dix minutes.
Supprimer un médicament efficace vendu uniquement sous ordonnance sous prétexte que quelques olibrius auraient pu se défoncer la tronche semble donc la meilleure solution que l'on ait trouvé pour mon bien.
Il est vrai que j'aurais probablement été revendre les flacons à la sortie d'une école pour me payer du chauffage et qu'on a ainsi évité que je me retrouve en prison.
Dernier endroit en France où l'on trouve probablement de la codéïne assez facilement.
Et qui soit, probablement, chauffé à l'électricité.
La médecine a beaucoup évolué depuis Diafoirus.
Désormais quand vous avec une crise de goutte, maladie rabelaisienne ou balzacienne s'il en est encore, on vous envoie faire une analyse de sang pour constater que vous avez eu une crise de goutte.
Et le médecin, pardon le référent, peut alors vous prescrire, strictement sur ordonnance, de magnifiques petites pilules bleues à base de colchique et de poudre d'opium !
Remède déjà connu sous Molière !
On n'arrête pas le progrès.
Mais évidemment, entre temps , vous êtes passé quatre fois à la caisse, deux fois chez le médecin, une fois au cabinet d'analyse et une fois chez le pharmacien.
Bien évidemment il existait, il y a encore quelque temps, un "antigouteux" en vente libre qui coûtait trois francs six sous et qui contenait sufisemment de colchicine pour traiter, sans danger, un accès de cette maladie que l'on cache honteusement alors que dans 90% des cas elle est simplement héréditaire.
Ce médicament a bien entendu, pour notre bien à tous, été retiré de la vente, instaurant un monopole à la fois fort rentable mais qui creuse encore le trou de la sécu.
Et incite, en retour, aux franchises sournoises et à la généralisation des génériques.
Bien entendu pour notre bien.
Il faudra qu'on m'explique un jour comment deux consultations, chez le fameux référent puis chez un spécialiste coutent moins cher qu'une seule consultation.
Ah, évidemment il y en a qui ont du abuser et consulter plusieurs spécialistes.
Mais quand les avis de deux spécialistes divergent, et sont même opposés, on comprend fort bien qu'on ait envie, sinon besoin, d'en consulter un troisième avant de se faire charcuter ou irradier.
Donc de risquer d'y laisser prématurément la peau.
Maintenant l'avis d'un seul spécialiste est en mesure de rassurer : il a nécessairement raison puisqu'on vous le dit et que c'est pour votre bien.
Et si il est doublé du conseil du référent auquel on fait confiance, tout est pour le mieux dans le pire des mondes.

Ouf ! Nous l'avons échappé belle

Il y a encore quelque temps lorsque vous aviez cassé un objet il existait des colles qui collaient fort bien et à peu près n'importe quoi en une fraction de seconde. Une micro-goutte et schlah c'était réparé. Mais évidemment cela collait trop bien. Ce qui incitait quelques abrutis à se coller les paupières, les doigts ou pire encore. On ne sait pas si il le faisaient exprès ou si c'était du à une cause héréditaire. Mais il est de fait que ces colles qui collaient trio bien et trop vite furent peu à peu et petit à petit remplacées par des colles qui ne collent plus grand chose. Ou du moins qui sont tellement spécialisées qu'il faut sortir de Polytechnique pour savoir les utiliser. De ce fait, à moins d'être un droguiste, vous ne disposez jamais, à domicile, du bon modèle.
Et dès que vous avez ouvert le tube et que vous avez constaté que la colle ne colle pas il ne reste plus qu'à le jeter car après l'avoir fermé vous ne pourrez plus jamais le ré-ouvrir. Ces colles collent surtout les bouchons de tubes de colle lorsqu'on les a ouvert, souvent avec de grandes difficultés.
Bouchons de sécurité de plus en plus complexes dont l'ouverture se couple généralement d'un jet de colle sur les doigts ou sur les paupières.
On imagine le problème si elle avait vraiment collé !
Comme les bouchons de sécurité de certains produits ménagers dangereux que vous ne pouver ouvrir qu'à l'aide combinée d'un tournevis, d'une pince et d'une paire de ciseaux. Ce qui, pour votre bien, multiplie les risques d'accidents.
En fait la solution utilisée par pas mal de grands-mères consiste désormais à percer la bouteille sécurisée d'un vigoureux coup de ciseaux et de transférer le liquide dangereux dans une bouteille d'eau minérale en verre fermée par un bouchon de liège.
Donc d'accroître encore le nombre d'accidents non seulement par projection mais par ingestion quand le grand père rentre du jardin et tombe par hasard sur la bouteille.
On peut être occidental et apprécier la nouriture asiatique ainsi que quelques spécialités bien utiles comme le "Baume du Tigre".
Pendant des siècles, sinon des millénaires, les Chinois et les Vietnamiens utilisent des "oeufs de cent ans" qui sont des oeufs de cane cuits lentement dans de la chaux.
Or, désormais, en France ils sont introuvables car un technocrate les a fait interdir à la vente sous prétexte qu'ils faisaient courir un risque de santé.
On devrait lui décerner immédiatement la médaille du mérite car on imagine que ces oeufs auraient pu être servir dans les cantines des maternelles ou mélangés à du yaourt ou des raviolis et que sais-je encore.
Mais il ferme les yeux, ce même technocrate, sur les conditions scandaleuses d'élevage des poules pondeuses de batterie et sur le fait que, pour des raisons économiques liées à la grande distribution, les rayons charcuterie, traiteur et fromagerie soient désormais regroupés alors que chacun sait que cela est de nature à provoquer des contaminations croisées avec salmonelles, colibacilles fécaux, clostridium botulique, campylobacter, E. coli et autres staphylocoques.
Surtout lorsque la personne qui se charge de la coupe était la veille au rayons chaussures et découpe allégrement le Livarot et le pâté de tête en gelée avec le même couteau et sans changer de gants.
Et qu'il y a dix mille "chances" de plus de bloquer une saloperie chez son médecin ou à l'hôpital que dans un resto chinois même si vous commandez une "salade de méduse aux oeufs de cent ans" !

L'avenir est dans l'étiquette préventive !

Il devient difficile d'acheter quoi que ce soit sans être mis en garde que vous courrez désormais un grave danger.
Les notices d'appareils électriques et électroniques éditées en roumain, turc, hongrois, volapuk intégré, serbo-croate, coréen du nord, bélouchistanais oriental, pataouète des montagnes et accessoirement français se chargent de vous faire pédagogiquement comprendre que vous allez prendre un risque en vous enfonçant l'appareil dans les cavités naturelles, en le plongeant dans la baignoire en même temps que votre bébé, en le laissant en plein soleil et en l'arrosant d'alcool à brûler ou d'essence pour tenter de le mettre en route, ou en le laissant tomber du cinquième étage sur la tête de quelqu'un qui ne serait pas muni d'un casque agréé MF 2322.
La notice d'utilisation elle-même demeurant parfaitement incompréhensible du type "pour ouvrirationner le module pressez en retrait sur la touchette qui se trouve à coté mais en vis à vis de l'ondulateur conséquentiel comme décrit sur le dessin ci contre".
Ne parlons pas du "dessin" visiblement réalisé par un stagiaire effectuant un travail d'intérêt collectif.
Et ne vous plaignez pas car il s'agit là d'un texte illustré, donc destiné à des intellectuels.
Texte souvent remplacé par ce qu'il convient de nommer du "langage Mickey", donc euphoriquement symbolique.
Avec une femme enceinte, à poil, en ombre chinoise, un verre à la main, dans un panneau d'interdiction de stationner.
Notez qu'il ne s'agit pas d'interdit mais d'interdiction de stationner !
On retrouve, par ailleurs, ce même graphisme avec un chien en train de déféquer.
On vous aura assez prévenu des méfaits du sel, du sucre, du gras, de l'alcool, du tabac, des hydrogénés, des adjuvants, des colorants, des conservateurs, des antioxydants.
La vie tue.
Prochainement vous ne pourrez plus rien acheter sans produire une ordonnance attestant que vous n'êtes pas enceinte, traité pour une cholestérolémie, une hyperglycémie, une allergie, des hémorroïdes, des cors aux pieds, vieux, mineur, chômeur, marié, en instance de divorce, membre d'une association, demandeur d'emploi ou intermitent du spectacle.
Sauf acquittement d'une nouvelle taxe, bien sûr !

un rappel : commander une pizza en 2015...ou probablement bien avant, d'ailleurs !
cliquer ici


Tout cela encore et toujours pour votre bien.


Vu à Cannes à des centaines d'exemplaires !
Choisir entre la pollution canine et la pollution visuelle.


No comment !


Une femme enceinte, à poil, un verre à la main dans un panneau d'interdiction de stationner

Le langage miquet dans toute sa splendeur !