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STAGE DE RUITER VALLEY
AU QUEBEC (CANADA)
Georges Charles |
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Un stage orienté vers les thérapeutes
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Marie-Andrée Lett que j'avais rencontrée lors d'un
premier stage au Québec il y a une quinzaine d'années
et qui, depuis, est revenue spécialement en France pour participer
aux stages d'été organisés par notre Association
à Paulhac
en Margeride, a eu l'idée d'organiser un
stage à Montréal.
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Le but de ce stage étant
de proposer à des thérapeutes, principalement des
acupuncteurs, ostéopathes, chiropracteurs, homéopathes,
personnel de santé, une initiation à la pratique du
Tao-yin Qigong du Lingbaoming et à l'enchaînement
des Cinq Eléments dans le Xingyiquan de la
forme évolutive de l'Ecole du Poing des Trois Harmonies
San Yiquan. |
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Elle avait en effet remarqué
que, très souvent, les thérapeutes recherchaient une
information plus spécifique concernant ces pratiques et souhaitaient
les mettre en relation avec les principes qu'ils utilisent professionnellement.
Dans cette hypothèse il convenait de proposer un programme
spécifique s'attachant non seulement au comment mais également
au pourquoi. En effet, il est toujours possible de pratiquer et
d'approfondir de nombreuses formes mais il est également
important d'en définir les règles essentielles afin
d'en mieux apprécier l'utilité, donc l'utilisation.
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Il est, par exemple, tout à fait louable de pratiquer pour
soi et de se réaliser en reproduisant un enchaînement
de " Qigong " ou de Taijiquan (Tai
Chi Chuan) mais il peut être également intéressant,
spécialement pour un thérapeute, de mieux comprendre
l'essence de chaque mouvement tant sur un plan physiologique que
sur un plan énergétique, ceci afin d'enrichir la base
de données dont il dispose. Cette proposition acquise il
demeurait à la mettre en pratique à son tour. Près
d'une vingtaine de stagiaires y répondirent favorablement.
Ce qui, pour une première, peut être considéré
comme un certain succès.
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Un peu de tourisme québécois
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Comme nous disposions d'un peu de temps avant le début du
stage, nous en avons profité pour nous transformer en touristes
avec Marie-Andrée pour guide. Jacques Boutreux, un enseignant
de la Convention Nationale des Arts Classiques du Tao, responsable
de l'Association Souffle et Vie de Nantes, nous avait rejoint à
Montréal.
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Comme il faisait un temps magnifique avec plus de 27° au thermomètre
nous avons décidé d'aller visiter le jardin botanique
de Montréal. Celui-ci se situe juste à coté
de l'ancien stade olympique et de ses structures qui se voulaient
futuristes dans les années soixante-dix. Cela ressemble désormais
furieusement à un décor du film Brasil ou de Blade
Runner.
De son coté, le jardin botanique est réellement à
l'échelle nord-américaine. Comparativement notre Jardin
des Plantes fait penser à un presbytère de province.
A tel point que des navettes électriques sont à la
disposition des visiteurs qui peuvent, ainsi, parcourir, au gré
des allées mesurant plusieurs kilomètres, de multiples
pavillons et jardins. Si on excepte les déjà immenses
serres d'exposition qui contiennent les espèces tropicales,
mais également une magnifique collection de Bonsaï et
de leurs cousins chinois les Penjing, on découvre un immense
potager évoluant en fonction des saisons et présentant
à peu près tout ce qui peut se consommer de végétal
sur la planète.
Avec, Halloween oblige, une exceptionnelle collection de citrouilles,
de courges, de potimarrons et de coloquintes. A voir certaines citrouilles
pesant plusieurs quintaux on comprend alors mieux la légende
de Cendrillon et de son fameux carrosse. Non loin un insectarium
disposant de milliers d'espèces vivantes (ou pas) et d'une
nurserie à papillons. La visite se continue avec le Jardin
des Premières Nations représentant les 11 nations
amérindiennes et inuites du Québec et les plantes
qui leur sont spécifiques. Puis un jardin alpin avec ses
rocailles et ses chutes d'eau.
Le jardin de Chine, avec ses sept pavillons, représente
le plus grand jardin chinois hors de Chine. Et les Québécois
n'en sont pas peu fiers. L'un des pavillons est consacré
au thé avec une magnifique collection des théières
de chacune des dynasties impériales. Tout le jardin, à
l'occasion de la fête chinoise traditionnelle, était
lui-même décoré de centaines de lanternes chinoises
multicolores. Cette exubérance bien chinoise contrastait
avec le sérieux du Jardin et du Pavillon Japonais.
Ce dernier, entièrement construit en pichepin, comporte une
magnifique collection de Bonsaï ainsi qu'une pièce dédiée
à la cérémonie du thé (Chado ou Cha
No Yu) et un jardin zen de sable et de rochers. Il se situe, bien
évidemment, au milieu d'un environnement particulièrement
agencé et soigneusement entretenu pour que tout semble finalement
très naturel " à la japonaise
".
La visite se termine, comme il se doit, par une boutique "
New-Age ", presque un super marché, où
folklorique et naturel se côtoient et où les chants
des baleines à bosse incite à remplir son panier de
coiffes indiennes et de capteurs de rêves sinon de sirop d'érable
et de légumes étranges.
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Après ce retour à la nature il aurait été
dommage de ne pas visiter le Centre-ville de Montréal avec
ses buildings d'acier et de verre qui n'ont rien à envier
à leurs cousins " Etats-Uniens " et sa fameuse
ville souterraine, immense galerie commerciale s'étalant
sur plusieurs dizaines d'hectares et sur plusieurs étages.
Cela permet, paraît-il, à certains Montréalais,
lorsque la brise est venue de se transformer en fourmis et de ne
jamais mettre le nez dehors où la température avoisine
fréquemment les moins trente. Le système est simple,
les buildings possèdent des ascenseurs qui descendent directement
dans cette cité souterraine dont les diverses parties sont
reliées par un bon vieux métro. On peut donc y travailler,
y faire ses courses, y manger, s'y faire soigner, s'y distraire,
s'y promener pendant des heures. Donc y vivre presque normalement
si ce n'était l'omniprésence de la " Musak
" (l'équivalent de la musique pour grands hôtels
et super marchés) et de l'air conditionné.
Heureusement il demeure quelques Québécois et quelques
Québécoises qui sont encore allergiques à ce
mode de vie et qui préfèrent encore se geler le bout
du nez en profitant de la nature en hiver. Visiblement ces deux
mondes situés aux antipodes ne se rencontrent que fort peu.
Montréal possède également plusieurs quartiers
à forte coloration ethnique. On y retrouve donc des Italiens,
des Polonais, des Juifs, des Portugais donc, par extension, des
Américains du Centre et du Sud, des Portoricains hispanisants
et des Chinois. Et tout ce qui va avec sur le plan gastronomique
et culturel.
Dans l'ordre. Le " Chinatown " est loin
d'égaler ceux de New York, de San Francisco ou même
de Vancouver et de Londres mais n'en demeure pas moins très
typique avec ses immenses portes à la chinoise et sa multitude
de petits et de grands restaurants où on peut déguster
les diverses cuisines des provinces de Chine. Il aurait été
difficile de ne pas succomber à la tentation surtout lorsqu'il
s'agit de " Dim Sum " aussi nombreux et
délicieux qu'à Hong Kong ou Taipei et servis sur des
chariots poussés par des serveuses chinoises au curieux accent
sino-québécois dans une salle aussi vaste qu'un hall
de gare. Même Jacques Boutreux, pourtant assez difficile,
a fini ses pattes de canards à la badiane et ses holoturies
en sauce d'huître.
Pour digérer le tout nous avons déambulé un
bon moment dans le Vieux Montréal et sur le port qui domine
le Saint Laurent. Et pour finir un tour dans le très typique
Marché Jean Talon regorgeant de fruits, de légumes
et de produits nord-américains, c'est-à-dire venant
de la planète entière et, probablement, d'ailleurs.
Impressionnant.
Avec une boutique " Chez Louis ", pour ne
pas la citer, à coté de laquelle Hédiard ressemble
à une épicerie de campagne des années soixante.
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Mais on n'est pas venu uniquement pour se balader fut-ce à
Montréal. Il fallait bien que le stage prenne place. En l'occurrence
à Ruiter Valley, un centre situé dans les Cantons
de l'Est. Donc à deux heures de Montréal. Ce qui,
pour les locaux, est considéré comme tout près
(ou disons pas trop loin).
Autoroute nord-américaine. C'est-à-dire gratuite,
bien entretenue, avec plein de voies, d'énormes camions chromés
très sages et bien rangés à droite et des automobilistes
qui respectent scrupuleusement et le code de la route et les limites
de vitesse. Donc sans souci.
Avec des parkings et des fast-food où le breakfast ressemble
à un repas de première communion le sirop d'érable
en sus.
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En parlant de sirop d'érable, la tante de Marie-Andrée
avait justement confectionné un fameux jambon
au sirop
d'érable. Je connaissais déjà celui de Virginie.
Mais celui-ci était particulièrement redoutable avec
de petites pommes de terres presque confites dans le jus. En arrivant
à Ruiter Valley nous lui avons fait un sort presque
définitif. Marie-Andrée m'avait prévenu que
les repas du stage seraient, par la suite, végétariens.
Ceci explique cela.
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Le centre se situe au bout d'une route se perdant dans la forêt
dans ces fameux
" cantons de l'est " qui sont, en fait,
l'extrémité septentrionale des Appalaches, donc de
l'une des plus anciennes chaînes de montagne de l'Amérique
du Nord. Cela ressemble donc quelque peu aux Monts d'Arrée
ou aux Ardennes, l'immensité en plus.
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Le Centre Ruiter |
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Toujours la dimension nord américaine. Le site se compose
de plusieurs bâtiments traditionnels en rondins répartis
sur plusieurs hectares et comportant tous leur particularité
et un très bon confort. Sans oublier le sauna et la piscine
en pleine rivière. Et un magnifique Dojo :
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Nous l'avons occupé pendant ces trois jours bien que quelques
cours aient eu lieu à l'extérieur. Ce stage m'a permis
de retrouver un acupuncteur bien connu, Claude Léger, qui
m'avait déjà invité il y a une quinzaine d'années
ainsi qu'une autre stagiaire que nous avions rencontré à
l'époque, Francine Marhenke. Les autres participantes et
participants étant soit des thérapeutes, soit des
pratiquants et enseignants de techniques énergétiques.
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Pendant tout le stage nous avons pu profiter des thés exceptionnels
de notre ami Jean B. Genest, qu'il fait venir directement de Chine
et qu'il commercialise sous la marque " La Belle Verte
". Il s'agit d'authentiques thés verts des meilleurs
crus et, qui plus est, de l'année ce qui leur confère
une exceptionnelle qualité.
Plusieurs stagiaires ont donc pu s'initier également à
la dégustation du thé à la chinoise et en sont
probablement repartis convaincus. Pas de lait, pas de sucre, pas
de passoire et surtout en métal (considérée
par Jean comme la chaise électrique !), pas de parfums ajoutés
et
pas de sirop d'érable. Juste de l'eau de bonne qualité
à bonne température.
Entre le Bi Lo Chun (" Spirales de Jade
") ; le Long Jing (" Puits du Dragon
") ; le Huang Shan Mao Feng (" Duvet des
Cimes du Mont Wang ") ; le Yu Hua (" Fleurs
de Jade ") de Nanjing il y avait déjà
fort à faire ! Un cours, un thé.
Dans ces conditions le temps est vite passé et le stage
a paru très court. Il s'est donc terminé par une ballade
et quelques travaux de Feng Shui dans la nature. Le retour à
Montréal le dimanche soir, après avoir croisé
quelques moufettes, quelques chevreuils et même trois coyotes,
a été l'occasion, pour certains, de se retrouver autour
d'une table mexicaine. Le tout se concluant finalement, deux jours
plus tard, autour d'un exceptionnel canard laqué à
la Pékinoise, toujours dans le quartier chinois.
La seule mauvaise surprise de ce séjour ayant été,
en fin de compte, la fabuleuse taxe d'aéroport de quinze
dollars exigée à Mirabel. Ce racket loufoque étant
simplement dû au fait que ce magnifique aéroport international
est désormais vide de voyageurs locaux qui doivent pour la
plupart se rabattre sur l'aéroport de Dorval, se conformant
ainsi aux conclusions des récentes tractations politico-économiques
entre les deux aéroports et les compagnies aériennes.
Cela n'empêchait pas une charmante douanière en jupe
bleue et socquettes blanches de promener un espèce de basset,
au demeurant fort sympathique et revêtu d'un uniforme bleu
à fleur de lys (authentique !), dont le rôle avoué
était de débusquer les voyageurs ramenant d'Europe
des produits alimentaires nécessairement et formellement
interdits. Efficace, le toutou, puisqu'il découvrit quand
même un sandwich au saucisson dans le sac de cabine d'un voyageur
français. Evidemment !
Sandwich qui dut être consommé sur place par le contrevenant
médusé qui n'eu même pas le droit d'en faire
profiter le pauvre Droopy qui en tirait une langue d'un mètre
de long.
Un dernier détail. Connaissez vous, pour un Québécois,
la différence entre un Français et un " Maudit
Français " ? Le " Maudit Français
" c'est celui qui reste ! (Sous-entendu pour critiquer, dire
quoi dire ou faire, comment, quand, pourquoi et avec qui
)
Je suis donc reparti de Montréal en espérant, comme
dans la chanson de Charlebois, d'y revenir un jour.
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