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SOCIETE ANONYME A IRRESPONSABILITE ILLIMITEE !

Talpa eupopea : taupe-secret !
Où il est (encore !) question de trous et de bosses...
Un proverbe chinois affirme que l'on trébuche plus souvent
sur une taupinière que sur une montagne.
Le fabuleux gadin que vient de se ramasser l'Europe en est la preuve
par quatre.
Il convient désormais de retrouver la taupe.
Il semble en effet plus que probable que celui - ou ceux - qui
a rédigé la constitution européenne telle que
nous l'avons reçue dans nos boites aux lettres avait pour
seul et unique but de saboter de l'intérieur le processus
de la construction européenne.
Comment, autrement, oser proposer un texte semblable à un
référendum citoyen?
Texte à coté duquel un contrat d'assurance rédigé
par un courtier moldo-slovaque pour une compagnie panaméenne
battant pavillon des Îles Caïman, domiciliée au
Liban et agissant pour le compte d'une société pétrolière
bien connue des sinistrés bretons semblerait un modèle
de concision et de clarté.
Texte à qui on peut tout faire dire et exactement son contraire
et même le contraire du contraire. (1)
Texte qui s'empêtre dans le détail du détail
jusqu'à la mesquinerie tracassière aboutissant au
ridicule achevé d'un compte rendu de comice agricole ou de
kolkhoze industriel de la grande époque bréjnévienne.
(2)
Texte cautionnant les mesquineries locales fleurant bon le lobby
sournois. (3)
Texte d'une démagogie rarement atteinte mais qui porte en
fait préjudice aux droits les plus élémentaires.
(4)
Texte dont on n'imagine pas une seule seconde qu'il fut relu avec
attention ne serait-ce que par un instituteur ou un professeur des
collèges qui aurait immédiatement tiré une
sonnette d'alarme et crié "casse-cou" à
ceux mêmes qui étaient le plus motivés par son
adoption.
La Taupe travaille en fait pour les Chinois !
(1) : au moment même où on nous annonçait que
les représentants du parlement européen et les représentants
français - partisans du OUI - discutaient avec les Chinois
sur la mise en place d'un quota sur l'exportation chinoise concernant
les textiles cette même constitution expliquait doctement
(Chapitre III - La politique commerciale commune - Article III-314)
(page 63) :
"Par l'établissement d'une union douanière
conformément à l'article III-151 l'Union contribue
dans l'intérêt commun au développement harmonieux
du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions
aux échanges internationaux et aux investissements étrangers
directe ainsi qu'à la réduction des barrières
douanières et autres".
La taupe travaille-t-elle pour le compte de nos Amis Chinois
qui apprécieraient particulièrement l'ouverture totale
du marché européen enfin libéré des
fameuse barrières douanières et autres ? Et en passant
que signifie donc "et autres" ?
Le nid de plombiers polonais enfin dévoilé par
la Taupe !
(2) : Les dispositions relatives à la restructuration de
l'industrie sidérurgique tchèque publiés dans
la deuxième partie : dispositions relatives aux protocoles
annexés à l'acte d'adhésion du 16 avril 2003
sont particulièrement gratinées (page 135):
"Nova Hut doit évoluer et s'orienter vers la commercialisation
plutôt que vers la production et la gestion de l'entreprise
doit être améliorée afin de devenir plus efficace
et plus transparente au niveau des coûts" - Ben voyons
! -
"Le plan d'entreprise relative à l'entreprise bénéficiaire
Valcovni Plechu Mistek (VPFM) est mis en oeuvre. En particulier
: les laminoirs à chaud N°1 et 2 doivent être définitivement
fermés à la fin de 2004".
Ce que nul, évidemment, n'a été en mesure
de vérifier à moins d'envoyer Van Helsing ou un huissier
de justice dans cette contrée lointaine afin de vérifier
si ces fameux laminoirs à chaud N°1 et N° 2 ont bien
été définitivement fermé comme prévu
par la Constitution. Si ne l'étaient pas, sait-on jamais,
ce serait probablement une cause majeure de nullité de cette
Constitution. On a recherché vainement l'article stipulant
la couleur des papiers toilettes utilisés dans les WC de
cette usine de Vysoke Pece Ostrava (VCO) qui intéresse tant
notre fameuse taupe.
Mais les Polonais n'ont pas voulu être en reste et dans une
magnifique envolée relatée au Titre VIII - Dispositions
relatives à la restructuration de l'industrie sidérurgique
polonaise (bas de la page 140...vérifiez !), ils contre attaquent
:
"Pour Huta Andrzej (ça ne s'invente pas !) asseoir
son développement sur des bases financières stables
par la négociation d'un accord entre les bailleurs de fond
actuels de l'entreprise, les créanciers à long terme,
les fournisseurs de crédits commerciaux et les institutions
financières. Il convient de procèder à des
investissements supplémentaires en ce qui concerne l'usine
de tubes broyeurs ainsi qu'à la mise en oeuvre du programme
de réduction des effectifs".
Nous atteignons ici l'un des sommets de cette taupinière
fabuleuse qui aurait fait les délices du Père Ubu.
Décidément notre taupe apprécie Particulièrement
les laminoirs et les tubes broyeurs.
Quel usage en fait-elle ?
Mystère.
Mais on retrouve ici l'esprit frappeur de cette constitution : des
bases financières stables (on imagine le pire !), une négociation
entre bailleurs de fonds, créanciers, fournisseurs de crédits
et institutions financières.
Aboutissant comme il se doit et comme indiqué dans ladite
constitution, c'est écrit, par "la mise en oeuvre de
réduction des effectifs".
La taupe fait fort car habituellement ce type d'opération
ne se crie pas sur tous les toits, s'effectue en douce dans des
cabinets feutrés et ne nécessite surtout pas l'accord
du citoyen lambda.
Elle dévoile ici, enfin, où se trouve le nid de plombiers
polonais qui travaillaient, jusqu'ici, sur les fameux tubes broyeurs
et qui, privés, constitutionnellement, de cet emploi risquaient
de se précipiter sur nos lavabos.
A coté d'elle "Gorge Profonde" n'est qu'un vulgaire
amateur.
La Taupe bosse aussi pour les intégristes du Vatican
!
Et possède une résidence secondaire au Danemark !
(3) En ce qui concerne les mesquineries locales on appréciera
particulièrement l'article unique portant sur le protocole
sur l'acquisition de biens immobiliers au Danemark (bas de la page
153) :
"Nonobstant les dispositions de la constitution, le Danemark
peut maintenir sa législation en vigueur en matière
d'acquisition de résidences secondaires"
Chose essentielle à la cohésion européenne
qui nous fait néanmoins, et nonobstant, une belle jambe.
Beaucoup moins anodin, par contre, est l'article 62 du Titre VII
concernant les dispositions relatives à l'avortement à
Malte (3/4 de la colonne de gauche page 139) :
"Aucune disposition du traité établissant
une constitution pour l'Europe et des traités et actes le
modifiant ou le complétant n'affecte l'application sur le
territoire de Malte, de la législation nationale relative
à l'avortement".
En un mot comme en cent, on demande aux citoyens de l'Europe et
particulièrement aux citoyennes et citoyens français
de cautionner statutairement l'interdiction de l'avortement à
Malte. Que celles qui, habituellement, poussent des cris d'effroi
lorsqu'une instance religieuse quelconque déconseille ou
critique la contraception expliquent aux femmes de Malte qu'elles
cautionnaient cet article.
Les Irlandais ne sont pas en reste, d'ailleurs, puisque dans le
protocole sur l'article 40.3.3 de la constitution de l'Irlande (1/3
de la colonne gauche page155) ils déclarent :
"Aucune disposition du traité établissant
une Constitution pour l'Europe, ni des traités et actes le
modifiant ou le complétant n'affecte l'application en Irlande
de l'article 40.3.3 de la Constitution de l'Irlande"
Il convient donc que le citoyen lambda qui souhaite en savoir
un peu plus sur ce fameux article 40.3.3. se livre à une
enquête grâce à un simple moteur de recherche
pour apprendre que cet article concerne directement le droit à
la libre circulation des foetus (!) et, indirectement et par conséquence
l'interdiction de l'avortement en Irlande. C'est plus "soft"
que pour Malte mais aboutit au même résultat.
On peut donc parfaitement être féministe, avoir lutté
pour obtenir le droit à l'avortement en France, s'en vanter
et soutenir un texte qui cautionne son interdiction à Malte
et en Irlande.
Donc se retrouver coude à coude avec les intégristes
les plus réactionnaires.
La seule excuse, en l'occurrence, étant une myopie particulièrement
sérieuse qui, justement, caractérise les taupes.
La taupe est adepte de la liberté conditionnelle très
surveillée !
Les défenseurs de la Constitution Européenne se sont
efforcés de nous expliquer, probablement de bonne foi, qu'elle
garantirait nos libertés individuelles et collectives.
Liberté d'expression, droit à la liberté et
à la sûreté, interdiction du travail forcé,
droit à la vie.
Que voilà de bonnes nouvelles donc chacun devrait se réjouire.
Elles sont malheureusement tempérées sinon contredites
par la simple lecture des articles les concernant.
Liberté d'expression :
Titre II : Libertés article 11 (bas de la colonne de gauche
et haut de la colonne de droite page 173) :
"Toute personne a droit à la liberté d'expression...L'exercice
de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités
peut être soumis à certaines formalités, conditions,
restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent
des mesures nécessaires, dans une société démocratique,
à la sécurité nationale, à l'intégrité
territoriale, à la sûreté publique, à
la défense de l'ordre et à la prévention du
crime, à la protection de la santé ou de la morale,
à la protection de la réputation ou des droits d'autrui,
pour empêcher la divulgation d'informations confidentielles
ou pour garantir l'autorité et l'impartialité du pouvoir
judiciaire".
En gros, si vous avez bien lu il est possible, dans certains cas,
d'échanger des informations sur la pluie ou du beau temps
à la seule condition que cela ne soit pas en mesure de perturber
la rentabilité d'un tournois de tennis. Pour le reste, c'est
explicite, il faut s'attendre à des sanctions prévues
par la loi.
On appréciera particulièrement la "protection
de la santé, de la morale, de la réputation et des
droits d'autrui" ainsi que les "informations confidentielles"
!
Droit à la liberté et à la sûreté
:
Titre III Libertés. Article 6 : droit à la liberté
et à la sûreté (haut et milieu de la colonne
de gauche de la page 172) :
"Toute personne a droit à la liberté et à
la sûreté...Nul ne peut être privé de
sa liberté sauf dans les cas suivants et selon les voies
légales...si il s'agit de la détention régulière
d'une personne susceptible de propager une maladie contagieuse,
d'un aliéné, d'un alcoolique, d'un toxicomane ou d'un
vagabond..."
De quoi priver de liberté chaque week-end une bonne moitié
des citoyens de notre vieux continent embarqués manu-militari
dans un Vel d'Hiv amélioré. A moins de préciser
formellement, et pour nous rassurer, ce que la taupe entend précisément
par "maladie contagieuse" ; "aliéné"
; "alcoolique " ; "toxicomane" et surtout "vagabond".
En précisant, comme l'aurait probablement fait Pierre Dac,
que lorsqu'on empêche un vagabond de circuler, donc de vagabonder,
il n'est plus vagabond et de ce fait doit être libéré
dans les plus brefs délais.
Eternuer, râler tout seul plus que de raison contre la société,
boire un demi, allumer une cigarette et oublier ses papiers était
devenu très risqué.
Nous l'avons échappé belle !
Interdiction du travail forcé. Article 5.(Colonne de droite
de la page171) :
"Nul ne peut être astreint à accomplir un travail
forcé ou obligatoire...N'est pas considéré
comme "travail forcé ou obligatoire" (entre
guillemets !) au sens du présent article...tout service
requis dans le cas de crises ou de calamités qui menacent
la vie ou le bien être de la communauté...tout travail
ou service formant partie des obligations civiques normales".
En gros, comme en petit au sens du présent article, en temps
de crise menaçant le "bien être de la communauté"
(?) il n'y a plus de travail forcé ou obligatoire.
Sommes nous actuellement en temps de crise menaçant le bien-être
de la communauté ?
A en croire nos édiles nous n'en sommes du moins pas très
loin.
De là à instituer une nouvelle forme de STO (service
du travail obligatoire) il n'y a donc qu'un simple pas.
La Taupe nous aura prévenu juste à temps !
Et possède quelques affinités avec la Grande Serbie
!
Droit à la vie : Titre I dignité. Article 2 droit
à la vie (bas des colonnes droite et gauche de la page 170)
:
"Toute personne a droit à la vie. Nul ne peut être
condamné à la peine de mort ni exécuté...la
mort n'est pas considérée comme infligée en
violation de cet article dans les cas où elle résulterait
d'un recours à la force rendu absolument nécessaire...pour
effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher
l'évasion d'une personne régulièrement détenue...pour
réprimer, conformément à la loi, une émeute
ou une insurrection...un Etat peut prévoir dans sa législation
la peine de mort pour des actes commis en temps de guerre ou de
danger imminent de guerre..."
On ne saurait être plus clair...arrestation, évasion,
émeute, insurrection en temps de paix, intelligence avec
l'ennemi ou refus de tirer sur celui-ci en temps de guerre, ou de
danger imminent de guerre (!) sont autant de motifs de se faire
flinguer en toute impunité, ou presque.
On comprend alors que certains Serbes, accusés par des vidéos
largement diffusées sur nos petits écrans, aient pu
être tentés par cette constitution si compréhensive
envers la peine de mort lorsque celle-ci résulte d'un recours
à la force rendu absolument nécessaire !
On a déjà donné !
En noircissant quelque peu le tableau il aurait suffi de mettre
en cause le dirigeant bien connu d'une association de lutte contre
le cancer, un ex-préfet de Vichy ou un nuage radio-actif
qui ne passe pas la frontière pour se retrouver illico-presto
accusé d'atteinte à la sûreté de l'état,
à la réputation d'autrui, de divulgation d'information
confidentielle, d'atteinte à l'autorité et à
l'impartialité (ah ah !) du pouvoir judiciaire.
Et donc, naturellement, de se retrouver privé de liberté
et rapidement astreint à un travail forcé (pour le
bien-être de la communauté !), probablement dans un
camp duquel il aurait été très risqué
de tenter de s'évader ou d'organiser une insurrection.
Image d'une Europe fort sympathique qu'Adolf et Bénito nous
avaient déjà proposé jadis.
"Que les riches gagnent de plus en plus et paient de moins
en moins tandis que les pauvres paient de plus en plus et gagnent
de moins en moins"
ne semble plus être un modèle européen facilement
accepté par le citoyen lorsque celui-ci, du moins, peut encore
s'exprimer.
C'est que qu'il a fait.
Mais il serait probablement utile à celles et ceux qui sont
devenus minoritaires de se poser une question précise : qui
est la taupe qui les a mis dans ce pétrin en osant proposer
ce torchon de papier et qui, par conséquent, a saboté
le processus
européen ?
Et quelles sont les taupes qui furent assez myopes pour ne pas le
relire
ou qui, comme dans la fable de La Fontaine (Fable VII du livre I)
furent
"Lynx envers ses pareils et taupes envers nous".
L'investissement le plus rentable au niveau du Parlement Européen
serait probablement quelques paires de lunettes.
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