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Les porteurs de projets et le produit de la civilisation
Je projette de produire si tu produit le projet !
Visiblement la moitié du monde a un projet que l'autre moitié du monde tente de produire.
Par les temps qui courrent tout est devenun produit : une paire de chaussures est un produit (un produit chaussant !), une voiture est un produit, un enterrement est un produit, un voyage est un produit, un service hospitalier est un produit, une maison est un produit, une location est un produit, un livre est un produit, un chien est un produit et je pourrais allonger la liste jusqu'à la fin des temps en considérant tout comme un produit.
On se demande même si la planète et l'univers ne sont pas des produits.
On est bien capable de produire de l'universel comme les droits de l'homme, la CMU et la colle en tube.
Lors d'une émission radipohonique sur France Inter et sur la Bande à Bonnot, l'historio-écrivain de service, en parlant d'un comparse qui s'était réfugié en Espagne puis en Russie, expliquait, sans rire, que celui-ci ayant entendu parler de la Révolution Soviétique avait "voulu ce produit" et avait donc rejoint les révolutionnaires.
Ben voyons mon Colon, la Révolution Russe un produit !
A ce niveau là même l'huile de ricin ne permettrait pas le débouchage de la constipation cérébrale occasionnée par la technocratie galopante.
On est désormais "porteur de projet".
Oui, Missié Bwana, je porrrte le prrrojet dans la brrrousse, prrrésentement, en chantant Woukoulélé Bambawa le Bon Prrroduit que Voilà !
Les seuls qui échappent à cette dénomination sont visiblement les politiciens qui se défendent d'être des produits.
Même et surtout si il sont lancés comme des marques de lessives qui lavent plus blanc que blanc.
Sauf Missié Obama, oui, oui, oui, Bwana, qui préfère rester noir mais qui, à la Maison Blanche, a le projet de produire de l'espoir ou l'espoir de produire des projets.
Donc qui ne changera pas grand chose tant qu'on ne trouvera pas du sparadrap noir au super marché du coin.
Et pour les vieille paire de godasses que je dois jeter j'ai désormais "une dynamique de projet horizontal de recyclage pour valoriser la biomasse grâce à mon produit chaussant désormais périmé".
De là à comprendre qu'un "géniteur d'apprenant" est un parent d'élève, un "référentiel sportif rebondissant aléatoire" un ballon de rugby et une "surface végétalisée" une pelouse il n'y a plus qu'un pas lorsqu'on a marché dedans et du pied droit.
La fabrique de crétins fonctionne à plein régime et à toute vapeur.
Mais désormais à grande échelle.
Bientôt lorsqu'après avoir jeté la vieille paire de godasses on voudra s'en acheter une autre on sera "godassant" ou du moins "chaussurant".
C'est un peu comme les "doctorants" qui ne sont pas encore docteurs mais qui visent à le devenir, du moins on le présume, ou comme les "diplômants" qui n'ont pas encore de diplôme mais qui espèrent en décrocher un, on n'a pas encore de godasses neuves mais on pense, éventuellement, en acquérir une paire.
Il est question de "stages diplômants" dès lors qu'on va recevoir un diplôme de stage.
Il coûterait moins cher d'utiliser un bon logiciel et de se délivrer, soi-même, le diplôme en question.
Au lieu de "diplômant" on deviendrait donc diplômé.
On est donc "chaussurant".
Comme on pourrait don être "voiturant", "métrotant" (pas encore parvenu à la station mais sur le point de le faire), "contestant", "consommatant", "licenciant" (sur le point d'être foutu à la porte soit de l'université soit d'une boite) et encore pas mal de trucs dans la même veine bien sclérosée.
Avant on aurait utilisé quelques ventouses ou des sangsues pour régler ce problème circulatoire.
Mais en fait le pied et sa godasse mériterait une toute autre destination.
On aimerait bien, parfois, passer du stade de tatannant à l'acte salvateur mérité.
Car c'est tout ce que cela mérite.
Un coup de pied au cul.
J'ai, tu as, il a, nous avons, vous avez ils ont un projet.
Je produit, tu as un produit, il produit un produit, nous projetons de produire, vous produisez des projets, ils se foutent de notre geule.
Nous nous projetons donc en cadence vers un avenir radieux et des matins qui chantent du Mireille Mathieu.
Et comme disait Tsuda " nous nous tournons allégrement
vers le modèle de société idéal qui est celui de la fourmillière"
Toutes les fourmis ont un projet.
Elle ne savent pas lequel mais elles en ont un.
C'est sur.
C'est certain.
C'est scientifique.
SCIEN -TI - FIQUE !
Et elles produisent de quoi produire de la production qui elle même permet de produire ce qu'il faut produire pour la survie de l'espèce qui a son tour se reproduit dans un vaste projet de reproduction productrice de projets d'avenir.
A venir.
Plus tard.
Vous êtes contents ?
Vous vous êtes bien projetés ?
L'important est d'avoir un projet.
Et de bien aimer son papa comme aurait dit la maman d'Oedipe.
Et aussi, un peu de continuer à produire ou du moins à acheter des produits indispensables dont on n'avais jamais entendu parler il y a deux ans.
Et deux ans par les temps qui courrent c'est du long terme !
C'est presque du développement durable.
Mais heureusement il y a la crise.
LA CRRRIIIISSSEEEUUU !
Qui va peut-être metttre un frein à pas mal de projets et limiter pas mal de produits à leur portion congrue.
Et ils resteront dans les cartons où ils ne sont pas plus mal ces produits issus de projets.
C'est comme de rechercher des médicaments pour des maladies qui n'existent pas encore mais qui finissent par sortir des laboratoires.
Avec ce type de recherche on crée vraissemblablement plus de maladies que de médicaments.
Dans ce cas la maladie est un produit mais le médicament demeure un projet.
On finit par ne plus savoir si c'est le réchauffement climatique qui a créé la crise ou si la crise qui est à l'origine du réchauffement climatique.
Surtout quand les hivers sont très froids.
Comme disent les militaires, toujours très pragmatiques, "Ces écolos ils vont finir par nous détraquer la bombe avec leur temps pourri".
En tous cas le français ils l'ont aussi déjà bien détraqué avec leurs "techniciens de surface", leurs "non-voyants", leurs "SDF", leurs "sans papiers", leurs "doctorants", leur "gouvernance" et tutti quanti technocratique à l'état vaseux.
Pour ne pas dire "merdant".
Depuis qu'on a cité Confucius et son "bon-sens" (Zheng Ming - la rectification des noms) le "bon sens" est devenu à la mode et on entend partout "il faut du bon sens" et même maintenant, plus fort encore, "il faut du sens".
Le sens il n'y a que cela de vrai.
Quand on "croit en Dieu" c'est qu'on n'en est pas tout à fait certain.
Quand on rend la justice il ne faut pas s'étonner de quelques renvois nauséabonds.
Quand on "pense donc je suis" on ferait mieux de moins penser mais d'agir et de prévoir.
Et non de suivre.
Au suivant !
Et souvenez vous.
Il y a l'art.
Il y a l'art martial
Il y a l'art martial chinois
Il y a l'art martial chinois traditionnel
Il y a l'art martial chinois traditionnel sportif
Il y a l'art martial chinois traditionnel sportif et compétitif
Il y a l'art martial chinois traditionnel sportif et conpétitif fédéral
Il y a l'art martial chinois traditionnel sportif et compétitif fédéral officiel
Il y a l'art martial chinois traditionnel sportif et compétitif fédéral officiel olympique
Pic et pic et colégram, bourre et bourre et ramtamtam, amstamgram.
Bon, je vous laisse, j'ai un projet.
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