L'air est pollué, l'eau est polluée, la terre est polluée, la bouffe est polluée mais les mots aussi sont pollués !


par Georges Charles


Il est souvent plus facile de démazouter des mouettes que les mots qu'on emploie.
Un bon coup de détergent s'impose donc.

 

 


Ma vision idéalement parfaite ou parfaitement idéale de l'Univers français en France.
Cette photo de l'univers n'est pas d'Arthus Bertrand !



C'est presque du Renaud.

En mieux...donc en pire !

Donc de l'Univers français.
L'Univers c'est simplement :


Un troquet, probablement sympa quand il est ouvert.
Pour l'instant c'est rideau (de fer !)
Des croque monsieur et des sandwichs et un demi de Stella Artois (les étoiles des picards !)
Un drapeau français puisque l'Univers universel est et ne peut être que français, Monsieur, comme les Droits de l'Homme ou la couverture médicale.
Une hauteur limitée à 3,9m.
Une pub PMU.
Une interdiction de stationner portant la mention "réservé à l'arrêt"
Une poubelle verte "Vichy Pirate Maréchal nous voilà" puisque le lieu est particulièrement sensible en raison de la vente explicite d'alcool et de cochon.
Un petit bonhomme rouge à l'arrêt
Et une plaque.
Une plaque de rue.
La rue Vernouillet.
Essayez de savoir qui est Vernouillet.
Vernouillet c'est un bled d'ici où là et d'ailleurs
Mais c'est pas rue DE Vernouillet
Mais rue Vernouillet.
Et Vernouillet il est parfaitement, totalement et définitivement inconnu des dicos et d'Internet - qui serait plutôt exterflou - en l'occurence
Vernouillet c'est donc probablementun martien ou pire encore, un relatif découvert par Einstein dans son bain après qu'une pomme lui soit tombé sur la tête.
Tout un univers de l'universel relatif et absolu comme on en fait seulement chez nous.
En France !

 

Rectifier les mots : vaste programme, mon ami, vaste programme !

Lorsque l'on tente d'expliquer la pratique il faut bien, aussi, utiliser des mots.
Or les mots que l'on utilise n'ont pas nécessairement la même signification que celle que l'on souhaiterait transmettre ou du moins telle que les enseignants chinois du temps jadis transmettaient grâce à des images comprises par les Chinois, les caractères chinois ou sinogrammes.


Nous devons donc nous contenter des traductions effectuées jadis par les jésuites qui connaissaient ces Chinois ou par des traductions modernes effectuées par des linguistes qui ne connaissent ni ces Chinois ni la pratique.
Dans ce cadre particulier la notion d'univers, ou d'universel, est particulièrement significatif.

Lorsque l'on se penche sur les textes classiques et leurs caractères chinois tout aussi classiques la notion d'univers ou d'universel ne saurait exister donc n'existe pas.

Dans la langue classique il n'existe aucun caractère pour désigner ce concept parfaitement abstrait et parfaitement occidental.

Il n'y a pas d'univers en Chine.

Donc pas d'universel.

Tout au plus "céleste" ou "avant le ciel" et donc terrestre ou "après le ciel".
Ce qui est "au delà" étant "autre chose" ou, éventuellement le Tao (Dao) qu'on ne peut nommer.

Mais qui dit "au delà" dit également "en deçà".

Il y a donc "au delà du ciel" et "en deçà de la terre" puis "autre chose encore".
Mais pas d'univers.

Donc pas de "big bang", "big crash", "big moub", "mégabang", "mégacrash", "mégamoub" et autres fadaises pour barbus déjantés.

Pas d'univers, pas de "création" pas de "créateur" et autres "mouvements créateurs" aboutissant nécessairement à un "après l'accomplissement" quand ce n'est pas à "l'achèvement" pur et simple.

Rien n'est créé, ni ne créée, ni n'a été créé, ni ne permet la création pas plus ni pas moins que rien n'est accompli, en voie d'accomplissement, en train de s'accomplir ou après s'être accompli.

Donc entre deux limites.

Le Tao n'est pas contraint.

Il ne gagne pas à être connu ou à se faire connaître et encore moins reconnaître.

Il n'est pas à la mesure de l'universel bigbangué.

Il n'est même pas relatif.

L'univers est relatif comme sont relatifs les "Droits de l'Homme et du Citoyen" avec ou sans majuscules.

Droits de l'homme qui s'arrêtent à la porte du commissariat ou de la prison.

Relatifs comme le droit du citoyen qui dit "Non !" qui vote "Non" et à qui on fait dire "Oui" par un tour de passe-passe digne des meilleures dictatures bananières.

Relatif comme "Liberté, Egalité, Fraternité".

Relatif comme la "couverture médicale universelle" qui s'arrête à la porte du dispensaire ou de l'hôpital.

Relatif comme tout ce qui est universel donc forcément très restreint dans le temps et dans l'espace.

Difficile donc de parler, en cours, d'univers intérieur.

Il en va de même du "global" qui ressemble par trop à un bocal, du "total" qui évoque des gros profits d'une importante compagnie pétrolière, du "général" qui se retrouve à deux étoiles et pire encore de "libéral" qui est devenu un mot qui pue.

Donc impossible d'évoquer un mouvement "universel", "global", "total", "général" ou "libéral" sans puer à son tour le mazout à plein nez.

Et, c'est un dada, le pire de tous, le "pédagogique".

Avant on disait démagogique.

Et même avant on parlait de "bourrage de crâne", sinon de "bourrage de mou".

L'expression est imagée.

Lorsqu'elle ne s'adresse pas à des enfants (paidos) mais à des adultes, la "pédagogie" c'est du "bourrage de mou".

Ou de la démagogie.

Donc un truc universel qui se fait, habituellement, avec de la vaseline.

Certains aiment à se faire démagoger et même pédagoger.

Comme d'autres passent le plus clair de leur temps à élargir le cercle de leur relations.

Mais on ne devrait point à y être forcés
.
D'où l'importance des mots et de leur significations.

Il est étonnant, maintenant, que Ingrid Betancourt dans son premier discours, juste après sa libération, ait employé le terme de "rectification" (littéralement remettre droit) ce qui est très confucianiste dans l'esprit et qu'elle ait parlé, ensuite, de "conditions qu'on ne souhaiterait pas imposer à un être humain, ni à un animal ni même à une plante" ce qui rejoint la proposition de la "Grande Etude" (Daxue, ou Ta Hiue) reprise par Wang Yang Ming traitant de la bienveillance.

"Bienveillance" (Ren) qu'on persiste encore à traduire faussement par "humanité".

L'humanité, laissez moi rire !

J'ai honte d'être humain.

Rectifier les mots c'est faire oeuvre de bienveillance et c'est déjà un premier pas vers la liberté.