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Il y a quelque temps nous avions consacré un éditorial
au "péril jaune qui
se transmettait par l'acupuncture".
Nous venons d'apprendre, grâce à notre chère
télévision, qu'il se transmet également désormais
par la cuisine !
En effet un reportage diffusé à une heure de grande
audience dans une émission qui ne l'est pas moins nous a
démontré, preuves en mains puisque "vu à
la télé", que les restaurants asiatiques, en
général, devaient être évités
au risque d'y laisser la santé ou la vie. Et peut-être
même les deux.
Il s'agissait ni plus ni moins d'une descente de police dans le
milieu asiatique, descente agrémentée d'une enquête
tendant à prouver que le minimum des normes d'hygiène
et de salubrité n'y sont pas respectées et que l'on
risque purement et simplement l'empoisonnement si on mange dans
un restaurant chinois, ou du moins asiatique. Fort bien.
Rien ne manquait évidemment à ce reportage filmé
caméra au poing dans le plus pur style des feuilletons vérité.
Il n'y manquait que Navaro et son équipe pour faire plus
vrai.
Image choc : le policier en civil de service se penchant au dessus
d'une vitrine réfrigérée et saisissant à
pleine main, l'autre se bouchant le nez, une poignée de raviolis
chinois et les enfournant dans un sac en plastique lequel, à
son tour, fut promptement enfermé dans un attaché-case
à des fins d'analyse. Au vu de l'air dégoutté
du policier on se doute qu'il fallait s'attendre au pire. On apprit
peu de temps après que l'analyse ne donna rien et que les
fameux raviolis étaient tout à fait propres à
la consommation. Ayant travaillé comme cadre dans l'alimentaire
il y a quelques années, et plus particulièrement dans
le secteur de la viande et de la salaison, il me souvient que tout
prélèvement d'un produit transformé à
des fins d'analyse ne peut être effectué que par une
personne portant des gants stériles et utilisant une poche
spéciale scellée immédiatement après
le prélèvement puis placée dans un caisson
réfrigéré dont la température se situe
obligatoirement entre 2 et 6°, lequel est également scellé.
Seul le laboratoire effectuant l'analyse peut briser les scellés
dans des conditions d'hygiène et de température bien
précises. Faute de quoi l'analyse serait évidemment
nulle et non avenue. Ces précautions étant bien évidemment
prises pour éviter toute contestation de la part du présumé
coupable.
On se doute alors que des produits pris à pleine main, placés
dans un sac suspect puis dans un attaché case qui va traîner
une bonne partie de la journée sur une banquette arrière
de véhicule automobile correspondront, bien évidemment,
à quelque chose qu'il faut mieux éviter de consommer
au risque d'y retrouver les colibacilles fécaux de toute
une colonie d'agents et de journalistes auquel notre inspecteur
a nécessairement serré la main avant son exploit.
Sans parler des salmonelles et autres souches déjà
présentes dans le sac en plastic sorti d'on ne sait où.
Étonnant qu'un laboratoire, même privé, ait
accepté de se livrer à une analyse dans ces conditions.
Et pourtant celle-ci se révéla négative. Pour
des produits visiblement avariés puisque leur odeur réussissait
à incommoder ledit inspecteur à près de 70
cm de son organe olfactif, probablement très développé,
on fait mieux ! Qu'il ait senti les produits après les avoir
saisi ou qu'il se soit senti les doigts après les avoir déposé
dans le sac et ait fait cette grimace de dégoût aurait
pu être possible. A cette distance d'un bras semi tendu je
défie qui que ce soit, sauf un chien policier, de sentir
quoi que ce soit sur un produit réfrigéré.
La grimace participait de la mise en scène, comme la fausse
saisie effectuée en dehors de toutes les règles administratives.
De là à parler de bidonnage il n'y a donc qu'un pas
qui a été allègrement franchi.
Autre image choc : un simple torchon saisi dans un "appartement-ravioli"
et qui, visiblement ne sortait pas d'une armoire à linge
puisqu'il avait justement été utilisé pour
confectionner, en famille, les dits raviolis. Il suffit d'en produire,
chez soi, ne serait-ce qu'une douzaine, pour constater que le torchon,
initialement propre, se salit naturellement très vite au
contact de la chair à farcir.
Brandir ce torchon comme preuve serait comme brandir les chaussettes
de l'inspecteur de police en fin de journée et de l'accuser
de manque d'hygiène.
Facile.
On peut reprocher à ces "chinois" de produire ces
raviolis en famille, donc en appartement, c'est un fait.
Pour ma part je préfère encore, à ce jour,
manger des raviolis chinois préparés par une grand-mère
chinoise ou vietnamienne dans son appartement que des choses congelées
produites avec du gras pasteurisé par des cosmonautes de
nationalité indéterminée dans une sinistre
usine germanique appartenant à une multinationale intergalactique.
Je vis dangereusement comme tous ceux qui aiment la cuisine chinoise
traditionnelle autrement que celle qui est livrée par camions
frigorifiques ou lyophilisée.
Le "bon chinois", celui qu'il faut montrer en exemple
au téléspectateur ébahi, était, par
contre, représenté comme il se doit par le restaurant
asiatique le plus cher, ou peu s'en faut, de la capitale et situé
vers les Halles. Et réputé pour être l'une des
dix meilleures caves parisiennes. En moyenne à 100 euros
le repas. Ben donc !
Loin de nous l'idée d'une arrière pensée, de
toute arrière pensée.
En fait, comme pour la descente anti-acupuncteurs, ou acupunctueurs-avorteurs,
non présumés, il s'agissait surtout de traîner
devant la caméra quelques "jaunes" enfin pris la
main dans le sac.
Et de démontrer, enfin, que nous ne sommes pas dupes.
Qu'ils ont beau se sentir peinards dans leurs grosses BMW bleu nuit
avec leurs portables dernier cris et leurs gamins premiers à
l'école, mais qu'on les as à l'oeil, ces sournois.
On sait qu'ils n'enterrent que très peu de morts.
Où passent donc tous les autres ?
Probablement dans les raviolis.
Ou pire encore.
Et qu'ils nous font manger du chien, puis du chat et du rat et probablement
du canigou et du ronron. Et puis des trucs. Ben des trucs !
La preuve, on n'en parle jamais dans les journaux.
Aucun fait divers.
C'est justement cela qui est suspect.
Mais là on les tiens enfin, là où ça
fait mal, au pognon de la bouffe.
Le même reportage, effectué dans les mêmes conditions,
dans toute autre communauté ne serait jamais passé
où aurait suscité une telle vague de protestations
que la chaîne en question aurait été obligée
de présenter des excuses ou, du moins, des explications.
Mais, comme d'habitude, la communauté asiatique ne dira rien,
ne fera rien et admettrra consensuellement "qu'il faut bien
dénoncer quelques moutons galeux".
Dans quelque temps les clients, les Kwailo, reviendront et reprendront
des raviolis.
On leur donnera un paquet de chips aux crevettes ou une paire de
baguettes avec un grand sourire.
Et on leur proposera même un "saké" après
le café.
Et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Et rebelote !
Histoire d'en remettre une couche, le journal d'Antenne 2 du
jeudi 21 octobre 04 à 13H06 précises récidive.
Nouveau reportage sur une saisie de crevettes en train de décongeler
dans une baignoire et témoignage de riverains du tyme "On
se doutait bien de quelque chose avec ces gens là !".
Et d'une autre "ex-cliente" : "Il n'y avait même
pas de date limite de consommation sur les raviolis !"
Nombre incalculable de tonnes de produits "avariés"
saisis - dont du poisson et des anguilles - (dans des raviolis chinois
?) et attaque en règle sur les raviolis chinois. Avec commentaire
du journaliste-présentateur-vedette-branché-sympa-et
compétent- "Jusqu'ici on achetait ces produits en se
disant c'est bon pour la santé. Eh bien regardez ce reportage
de notre équipe !".
Même ma belle-mère ne va plus oser m'en acheter chez
mon copain chinois, Christian pour ne pas le nommer, d'en bas de
l'immeuble du Boulevard Massena.
Et cela me rappelle une vanne classique : Un client demande au garçon
"chinois" "dites donc, cette viande c'est pas du
chien ou du rat au moins ?"
Et le garçon sans se démonter "Ah non, monsieur,
du chien ou du rat cela serait beaucoup plus cher que cela !".
Et dix de Der !
TF1 était en reste et aux actualités de 20H du
même jeudi 21 octobre 04, nous avons eu également droit
au couplet des "appartements raviolis" et du "travail
clandestin" .
D'un coté plusieurs tonnes de marchandise avariée
saisie, de l'autre une boutique chinoise où la caméra
filmait plusieurs asiatiques non floutés avec ce commentaire
définitif "ce soir ils couchent
en prison ! ".
D'un coté des notables bien blancs "présumés
coupables", donc certainement innocents, qui peuvent faire
appel et plaider l'irresponsabilité alors qu'ils étaient
justement responsables de grandes organisations politiques. Et qui
ne savaient rien.
Et qui ne mangent des raviolis chinois que dans des restaurants
de luxe.
De l'autre des coupables, jaunes, désignés à
la vindicte populaire sans le moindre ménagement ni jugement
puisque celui-ci est rendu en direct, devant une caméra de
télévision, dans la rue.
Comme au bon vieux temps.
Et qui ont le tort de vendre des raviolis confectionnés par
leur cousin ou leur grand-mère à ceux qui ne peuvent
pas se payer le restaurant du coin.
Le port de l'étoile rouge sur la vitrine et sur la poitrine
ne saurait plus tarder.
Le saviez vous ?
L'inventeur de la fameuse formule "le
péril jaune" est
un auteur du tout début du XXe siècle, le Capitaine
DANRIT qui publia en 1905 à la Librairie Ernest Flammarion
un ouvrage en trois tomes intitulé "L'invasion
jaune" (T1 "La mobilisation
Sino-japonnaise" ; T2 "La stratégie de la haine"
et T3 "A travers l'Europe" ).
Ces ouvrages ont été republiés par Flammarion
en 1979.
Soit près de 1000 pages sur une guerre Orient/Occident.
Jusqu'ici rien de très étonnant si ce n'est que le
Capitaine DANRIT n'est autre que Colonel Emile DRIANT, député
de Nancy qui tomba les armes à la main le 22 février
1916 à 16H30 à la tête de "ses" chasseurs
des 56 et 59e BCP, au Bois des Caures, près de Verdun lors
de l'offensive allemande.
Visitant le front en tant que député de Nancy quelques
mois auparavant il s'était rendu compte que l'Etat Major
avait fait désarmer tous les forts de la région de
Verdun alors que cet endroit risquait d'être l'objet d'une
attaque de grande envergure.
Il n'eut de cesse de prévenir les politiques de cet état
de fait.
Sans aucun résultat.
Etant marié à la fille du Général Boulanger,
qui avait tenté un coup d'état quelques années
auparavant, il avait été contraint de quitter l'armée
avec un grade de Colonel en 1906 sachant que toute autre promotion
lui était interdite.
Contraint et forcé il reprit donc du service. Sans en avertir
aucune autorité. Ce qui veut dire simplement qu'il se présenta
au Bois des Caures habillé en Colonel et qu'il prit le commandement
des deux régiments.
Il apportait avec lui du matériel qu'il avait payé
de ses propres deniers, avec les droits d'auteurs de ses ouvrages
d' "histoire fiction" et entreprit avec l'aide de "ses"
chasseurs de transformer le bois en ouvrage défensif d'un
nouveau genre.
Points d'appuis bétonnés, réseau de casemates,
caches enterrées à la place des habituelles tranchées.
Avec trois guerres d'avance puisqu'il s'agissait du modèle
qui fut utilisé à Dien Bien Phu - qui avait, par contre,
une guerre de retard.
Les Allemands qui comptaient prendre le bois en un maximum de deux
heures , selon le plan établi, mirent plus de deux jours
à le réduire pas à pas et mètre par
mètre avec plus de six régiments d'élite et
un bombardement kolossal.
Et n'ont toujours pas compris ce qui s'y était passé.
Driant protégeait le repli de "ses" chasseurs le
fusil à la main lorsqu'il tomba touché en pleine poitrine
par une rafale en criant "Hola ! Mon Dieu !". Ils ramenèrent
son corps et le conservèrent à l'abri puis l'enterrèrent.
Il fut retrouvé en 1922 et une stèle marque cet emplacement.
Une plaque indique "Ils sont tombés silencieux sous
le choc, comme une muraille".
Difficile alors de prétendre qu'il n'était plus Colonel
depuis belle lurette et qu'on le recherchait activement.
Et on referma le dossier en s'épongeant le front.
Si le Capitaine Danrit n'avait pas été là au
bon moment avec son imagination débordante,son culot sans
égal et son uniforme retaillé, il est fort possible
que Verdun ait été menacé le soir même
!
Mais la France préfère toujours les militaires sans
problèmes aux héros romantiques.
Surtout si il s'agit d'auteurs d'ouvrages de science fiction !
Et se méfie toujours des "Jaunes" !
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