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La méditation c'est agir centré
par Georges Charles |
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La méditation

Illustration de Patrice Vaidie pour "Kung-Fu Wushu en souriant" de Georges Charles
Budo Editions janvier 2010.
Le nouvel observateur N 2372 du 22 au 2 avril 2010 titre en pleine première de couverture « Les pouvoirs de la méditation – connaissance de soi ; thérapie ; stress ; sagesse » et annonce la couleur sur un dossier de huit pages :
« Voici que se développe une nouvelle façon de faire le vide et de se concentrer sur l'instant. Hérité des pratiques orientales mais validé par la science, cet art de méditer séduit désormais intellectuels et cadres suractifs ».
Puis quelques sous-titres donnent le ton : « Ne rien faire mais à fond –André Comte-Sponville » « La méditation est un outil efficace pour aider à gérer les émotions négatives, la peur, la tristesse, la honte « « L'éternité d'un instant – pourquoi ils méditent – les cadres surmenés sont de plus en plus nombreux à « observer leur souffle » et à « regarder leurs pensées passer » que cherchent ils ? Que trouvent-ils ? » « C'est un travail qui permet de refaire une page blanche, c'est comme reconfigurer un disque dur » « On est dans une bulle » « J'ai pu accepter de mourir –Bernard Giraudeau » « Retour aux sources tibétaines – les dits du Yogi » « On peut vraiment en projetant des vagues de compassion à travers son cœur, guérir la violence en soi et autour de soi » « On nous prend pour des dingos –David Linch »
Ce qui mêle, tout à la fois et sympathiquement, le pouvoir des pouvoirs ou les pouvoirs du pouvoirs, la connaissance donc le savoir, la thérapie donc la médecine, le stress, la sagesse, le vide, la concentration, l'orient validé par la science, l'art, la séduction, les intellectuels, les cadres, l'argent, le rien faire et le faire à fond, peut-être le carafon, l'outil de gestion du négatif, l'éternité passagère, l'instant éternel, l'observation du souffle, le train des pensées qui passe en regardant les vaches sacrées, les chercheurs, les trouveurs, les travailleurs de la page blanche, les formateurs de disques durs, les bulleurs donc les coincés, ceux qui savent qu'ils vont mourir et qui nous saluent, les sources tibétaines et l'édit du non-dit, les projeteurs de vague et de précis, ceux qui compassent et qui passent, les rebouteux du cœur, les guérisseurs d'autour, les dingos de Lynch et la MT du Grand Gourou Maharishi et ses yogis volants. Et, probablement, un gros raton lavé.
Il est vrai qu'après les grèves à répétition des transports dits publics, le dossier explosif du futur traitement des retraites, les Grenelles chargés de tout liquider sauf les taxes, les alertes à la grippe vaccinante surstokée, le racket des financiers de la crise ou la crise des financiers du racket, les tremblements de terre à répétition, les bulldozeurs d'après l'inondation, le nuage volcanesque et son principe de précaution valant DCA, les frasques vaticanesques et élizéennes, la faillite grecque qui préfigure l'abandon de l'euro et la déclaration d'impôts qui se précise, il va falloir sérieusement me mettre à ME-Di-TER et à faire le vide ou à envisager plus drastique.
Mais au prix ou est le gaz ! C'est déjà un bon point qu'un média grand public, un peu « bobo » convenons-en, se rende compte que la méditation existe et qu'elle est même pratiquée ici, en France, autrement que par des zombies canabisés.
Donc par tout un chacun et ceci quel que soit son niveau culturel ou social.
La méditation est donc sortie de son ghetto des anciens post-soixantuitards et nostalgiques du Larzac.
Peut-être même que Bezancenot, Mamère, Cohn-Bendit, Aubry ou Sarko méditent ! Et pourquoi pas Pineau-Valencienne ?
Il ne faut plus s'étonner de rien.
Méditons , méditons donc, il en restera toujours quelque chose !
Il resterait, peut-être, à éclaircir certains points sur ce qu'est, peut-être, ou même devrait être la méditation quand elle n'est pas une auberge espagnole incitant à la ragougnasse post « New-Age » où l'on mélange le meilleur de tout ce qui est le pire de ce que conçoit un esprit rationaliste, ou cartésien, quand il dérape dans le mystico-génatineux.
C'est-à-dire l'occidental moyen et intellectuel, voire universitaire, qui croit redécouvrir l'Orient et sa pensée fondamentale grâce à du thé parfumé, quelques bâtons d'encens et une musaque héritée d'un accouplement entre Hildegarde de Bingen et Ravi Shankar et tout ceci grâce à l'ami personnel de Marcel Dugenou, au nom imprononçable, qui s'est recyclé coach dans un monastère des Bompo Noirs convertis au soufisme nordico-germanique tendance jean Louis Murat.
Mais si on considère la racine sanscrite, donc indienne, désignant la méditation et qui est mise en relation avec le yoga , on découvre alors le Dhyana qui signifie littéralement « agir centré » donc « agir avec la conscience du centre » et le Dhyana Asana qui signifie alors « agir centré en posture assise ».
Asana à l'origine est le siège que l'on propose à une divinité dans un espace consacré.
Le Dhyana est devenun le Chan'Na en Chine.
Or, en chinois Chan (Ricci 166) désigne la pelle qui permet d'aplanir un lieu et de le nettoyer pour accomplir un rituel.
C'est donc « préparer le terrain ».
Ceci n'avait pas échappé aux pères jésuites lorsqu'ils traduisirent Dhyana et Chan per le terme « méditation » puisque le racine grecque « meditor » signifie » littéralement préparer un voyage, préparer son départ, racine que l'on retrouve dans préméditer, préméditation donc agir avec préméditation.
La racine latine « meditatio » quant à elle, plus active, signifie « agir centré ». Méditation c'est donc l'action (ation, axion) centrée (médius) et, dans une certaine mesure « se diriger vers le centre ».
En le préméditant, donc en le faisant consciemment.
La méditation n'est donc jamais inconsciente ni le fait du simple hasard.
Par la suite le chinois Chan Na a donné le coréen Sôn Na puis le japonais Zen Na.
Le Dhyan, le Chan, le Son et le Zen désignent donc la même chose si on excepte quelques différences linguistiques et culturelles.
Dans toutes ces formes on retrouve une notion de méditation puis de méditation en posture assise : Dhyana et Dhyana Asana, Zhan Chan et Zhou Chan, Ritsu Zen et Za Zen .
Mais il ne faut pas opposer la forme « debout » ou « active » à la forme « assise » ou « passive » car ce sont les deux parties d'une même pièce comme pile et face ou revers et avers, donc Yin et Yang sinon Omote et Ura.
Méditation et action ne font qu'un comme pensée et action ne font qu'un dans la conscience de la pureté du cœur (Xinxue).
On agit différemment suivant qu'on soit debout ou assis.
Tout simplement.
Aller lentement ne sert à rien si on ne prend pas le temps de ralentir.
S'asseoir ne sert à rien si on ne prend pas le temps de s'asseoir ni celui de se lever. C'est simplement la bienséance.
L'action n'est pas gesticulation hystérique.
La méditation n'est pas refoulement obsessionnel.
Entre les deux il faut « agir centré » et Confucius ajouterait probablement « Et conserver bon sens et juste mesure ».
Il existe un autre écueil dans la compréhension (littéralement action de prendre en soi) de la méditation.
C'est confondre « vide » et « vacuité » comme « plein » et « plénitude ». Dans le principe développé par le Yijing (Yi King ou I Tching) du « changement, transformation, adaptation » (Wang Yang Ming) le vide (présumé Yin !) ne peut engendrer que de la plénitude (présummée Yang) comme le plein ne peut engendrer que de la vacuité.
Encore faudrait-il, en Occident, que ce dernier terme ne soit pas synonyme d'absence.
Lorsqu'on dit qu'il y a vacuité à la tête de tel parti politique cela signifie qu'il n'y a pas de tête et que la situation est catastrophique.
La vacuité n'est pas l'absence pas plus que la plénitude est la présence. Il faudrait avoir le courage, la bravitude, d'inventer de nouveaux mots qualifiant cet état de fait en méditation comme la vacuitude et la plénité.
Le futur élève qui n'est pas encore inscrit à un cour n'est pas absent de ce cours quand il n'y est pas présent.
Il est ailleurs.
Aware.
Ce qui ne l'empêche pas d'être.
Il n'a d'ailleurs pas du tout besoin de penser pour être.
Etre suffit.
Etre là ou ailleurs, présent ou absent, plein ou vide n'a donc pas d'importance quand il suffit d'être.
Dans une certaine mesure lorsque l'on sait que l'on médite c'est qu'on vient de cesser de le faire.
A partir de là il n'est pas important de définir si l'on agit ou si l'on ne fait rien. Lorsque l'on fait rien on fait déjà quelque chose.
Méditer n'est pas rien faire puisque rien faire c'est déjà faire quelque chose. Méditer c'est agir et agir c'est méditer à la seule condition de le faire, ou de le non-faire, avec la conscience du centre.
La non-action n'est donc pas absence d'action mais une autre forme d'action dans l'être.
Il faut être dans l'action.
Le reste est baratin.
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Georges Charles enseigne la "méditation taoïste" depuis 1974 au sein de l'Ecole San Yiquan - Poing des Trois Harmonies - Les San Yi ce sont "l'invisible", "l'impalpable" et "l'inaudible" du chapître XIV du Daodejing (Tao Te King) de Laozi (Lao Tseu) - le Traité de la Voie et de son Efficace - mais également San Jiao He Yi (Les "Trois Enseignements font Un"), doctrine qui remonte, suivant Anne Cheng (l'Histoire de la pensée chinoise - éditions du Seuil page 515), entre le IIIe et le Ve siècle, reprise sous les Song vers l'an 1000 et qui fut l'un des enseignements majeurs de Wang Yang Ming (1472 1529) sous la dynastie des Ming.
Doctrine qui ne date donc pas d'aujourd'hui et qui veut, simplement, que Confucianisme, Bouddhisme et Taoïsme soient Un, ce qui a le don de mettre en rage les intégristes de tous poils.
Georges Charles à la fin des années soixante dix fut le directeur technique national de la Fédération Française de Ritsu Zen ce qui se traduit en chinois par Zhan Chan.
Il n'est donc pas tout à fait tombé de la dernière averse dans ce milieu assez particulier de la méditation "autre".
 Georges charles en 1979

Georges Charles dans "Mystère des Arts Martiaux" par Véronique Willemin (Editions Trédaniel)
1996.

Georges Charles la semaine dernière dans le Dauphiné Libéré en stage à Saint Marcel d'Ardèche

Et les stagiaires de Ardèche Tao.
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