Mars et Vénus ne feront jamais bon ménage !
par Georges Charles


La guerre tue et elle n'est pas propre.



La latte de cuirassier de mon grand père François Libert
Six citations à l'ordre de l'Armée pendant la Grande Guerre
C'est pour la parade.
Il défila avec sur les Champs Elysées le 14 juillet 1916


Le couteau de "nettoyeur de tranchée" de François Libert
Premier Bataillon de Chasseurs 1914-1916
Douzième Régiment du Cuirassiers 1916-1919
On distingue encore des traces de sang sur le manche et sur le fourreau.
On y voit encore l'empreinte de sa main en négatif.
Il avait deux couteaux et une pelle US aiguisée.
Avec celui-ci il m'a déclaré avoir tué au moins 27 "boches".
Mais c'était la guerre !

La guerre peut être chirurgicale...mais au bistouri !

La France toute entière s'émeut parce qu'un de nos Paras a probablement été égorgé par un Taliban.
Le Ministre lui-même vient s'en émouvoir à la télévision après avoir, auparavant, nié ce fait.
Ce sont les "médias" qui l'ont forcé à dévoiler cette vérité.
La guerre tue !
Et pas nécessairement proprement puisqu'on a évoqué des "combats à l'arme blanche".
On aimerait que cette guerre fut un jeu vidéo et qu'on puisse appuyer sur la touche "escape".
Puis reprendre la partie comme si de rien n'était.
Mais la guerre tue.
Les Paras le savent.
Et ils défilent baïonnette au canon.
La baïonette n'est pas un éplucheur à légumes ou un cure dent.
Mais une arme qui tue en temps de guerre.
Les "autres", ceux d'en face fussent-ils Allemands, Vietnamiens, Algériens, Afgans défilent aussi avec des baïonnettes ou des couteaux de combat.
Et ils disent "Got Mit Uns" ou "Allah Akbar".
Et nos Paras chantent de leur voix lente, qu'ils empruntent aux Légionnaires, la Marseillaise, invoquant les Armes Citoyennes et qui souhaite qu'un
"sang impur abreuve nos sillons"

Et le Chant des Partisans, vieux chant russe repris pendant l'occupation par Anna Marly sur des paroles recomposées par Joseph Kessel et Maurice Druon.
"Ohé, les tueurs, à la balle et au couteau, tuez vite !
Ohé saboteur attention à ton fardeau, dynamite !
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
Ici, nous on marche, nous on tue nous on crêve".
Ce qui est, pour le moins, assez explicite.
Peut-on réellement reprocher à autrui de faire ce que nous promettons ?
Qu'y a-t-il donc d'infâmant à mourir en vrai soldat comme cela s'est fait depuis des millénaires?
La guerre propre "presse bouton" est une vue de l'esprit.
C'est celle des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
Nos dirigeants ont rêvé.
Les soldats ont marché, ont tué, ont crevés.
Ceux d'en face ont fait leur boulot de soldats en utilisant les armes les plus appropriées.
Comme l'aurait fait un Para.
Et ils ont pris des trophées de guerre.
Comme le font les Paras.
Qu'y a-t-il d'étonnant à cela ?
C'est la guerre !
Et à la guerre comme à la guerre.
Vaincre de loin est facile, se rencontrer au corps à corps l'est moins.
Mais on en arrive toujours là, et encore très récemment : au Malouines, au Liban, en Irak,
la guerre technologique possède ses limites et il faut bien, un moment aller au contact.
C'est terrible mais c'est la réalité de la guerre.
Le reste n'est que foutaises.
Les Paras le savent et il n'y en aura pas un pour me contredire sur ce point.
Leurs camarades n'ont pas été tués "comme des chiens" mais lors d'un combat désespéré comme il y en eut trop lors des guerres.
Ceux d'en face étaient de vrais guerriers qui affrontaient un ennemi puissant en utilisant une stratégie qu'on pourrait qualifier d'orientale.
Normal, on est en Orient !
Et ils n'auraient probablement pas souhaité être prisonniers.
Ils n'en n'ont pas fait.
Nos paras sont morts en Braves et la Nation leur doit le respect et l'hommage.
Et non des pleurnicheries, des excuses, des faux semblants, des regrets et des commissions parlementaires.
Il fallait y penser avant.
La guerre tue.
La première victime de la guerre, disait Winston Churchill, c'est la vérité.
Sa deuxième victime c'est les "Dix Commandements"
Pourquoi alors faire semblant ?
Pour rassurer qui ?
Pour paraphraser Confucius il suffit simplement que "Le président se comporte en président, le ministre en ministre, le général en général et le para en soldat".
Mais aussi le citoyen en citoyen et qu'il sache que la guerre tue autant chez nous que chez ceux d'en face surtout quand ceux-ci, qu'on le veuille ou non, sont chez eux.
Et qu'il arrête sans cesse d'attendre que le président, le ministre ou le général vienne éponger le vomi.
Ce n'est pas leur rôle.
Lorsqu'un accident se produit le président n'a pas à être sur place mais à faire son job de président pour lequel il a été élu.
Et non de venir encombrer et perturber les secours, donc de risquer la vie des victimes qui ont plus besoin de médecins que de présidents et de journalistes.
On a reproché à Bush d'avoir simplement survolé La Nouvelle Orléans sinistrée.
On ne demande pas à un président de survoler mais d'agir efficacement en en prenant les moyens autrement que dans la gesticulation médiatique.
Tant que les présidents, ministres, préfets se déplaceront sans cesse dès que des crétins taguent un mur cela incitera d'autres crétins à taguer d'autres murs.
Et à leur donner une importance qu'ils n'ont pas.
De Gaulle disait souvent "Il faut simplement donner de l'importance aux choses qui ont de l'importance"
L'important, c'est de savoir que la guerre tue.
Et que ce n'est jamais une promenade de santé.
Elle n'est donc pas à considérer avec légèreté et insouciance.
Elle ne s'accomode pas de tergiversations stériles sur la nature des armes employées par l'ennemi.
Ces ennemis ne sont pas "moyenâgeux" ou des "barbares" ce sont des ennemis comme l'est un ennemi et qui reste dangereux parce qu'il combat un ennemi, celui qui est en face.
Il y a quelques siècles qu'on ne connaît plus trop d'ennemi bienveillant ou civilisé.
Il faut s'y faire, c'est comme ça.
Sinon les Paras ne serviraient à rien qu'à parader en treillis léopard dans des villes de garnison ou dans les gares.
"Passé trente ans, un hussard est un Jean-Foutre" disait un Maréchal de Napoléon.
L'espérance de vie était alors assez restreinte dans les troupes d'élite.
Mais les temps ont-ils réellement changés ?
La guerre tue, comme jadis et on n'y choisit pas sa façon de mourir.
La mode en Angleterre est le combat au couteau entre adolescents.
Et il y a beaucoup plus de morts dans les rue de Londres que chez nos Paras.
Alors, Messieurs les politiques et les militaires, cessez de vous cacher derrière votre doigt et admettez cette simple vérité :
La guerre tue.
Et si vous envoyez nos Paras en guerre, donnez leur au moins les moyens qu'ils demandent pour la faire.
Et ils la feront bien !
Ou sortez vos mouchoirs en dentelles.