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Mais qu'est-ce qu'on fera quand on sera gros ?
Les résultats de la fameuse campagne de mensuration des français portant sur près de 11500 personnes ont été rendus publics lors du dernier salon du prêt à porter.
Il convenait , grâce à des séries de mesures précises, d'évaluer l'évolution de la taille et du poids de nos concitoyens.
La précédente campagne de mensuration a eu lieu en 1970.
Celle ci nous apporte donc quelques informations récentes puisque les résultats ont été publiés le 2 février 2006.
Et ces résultats sont là, résumés par quelques phrases significatives :
"En trente cinq ans les Français ont grandi mais aussi pris du poids.
Les français ont plus tendance à grossir qu'à maigrir.
Ils sont plus grands et plus gros qu'il y a trente cinq ans.
Le surpoids touche à présent 44% des hommes et 34% des femmes.
Les raisons de ces changements de poids et de taille sont multiples.
Ce sont tout d'abord une meilleure maîtrise de l'hygiène et l'amélioration de l'amimentation qui agissent sur ces augmentations.
Les professionnels du vêtement vont donc devoir adapter leurs productions et revoir le système de mensuration.
Mais il n'y a pas que les professionnels de l'habillement qui sont concernés par cette étude.
En effet si on exploite totalement les données c'est l'environnnement général des Français qui devrait évoluer, l'ameublement, l'industrie automobile, les transports en commun vont devoir adapter leurs côtes aux nouvelles tailles de nos contemporains".
En un mot comme en cent tout va très bien Madame la Marquise.
Si on excepte le fait que la France grossit "grâce à une meilleure maîtrise de l'hygiène et à l'amélioration de l'alimentation".
Il fallait quand même le dire et même l'affirmer franchement.
Le fait de se laver les pieds fait grandir.
Et la diététique fait grossir.
Nous n'en doutions pas.
En 1970 Gault et Millau n'avaient pas encore inventé la nouvelle cuisine et les sauces légères à base de purée de Kiwi.
Et les nutritionistes de tous poils n'avaient pas encore découverts les joies des monoinsaturés et les fameux Oméga 3; 6 et 9 qui, en collaboration avec l' Institut
Pasteur, permettent de réduire notre cholestérol.
Les cuisiniers mitonnaient derrière leurs fourneaux des cassoulets et autres plats en sauce et ne courraient pas encore la montagne à la recherche de la fameuse Berce Spondyle qui permet, avec du petit lait, de confectionner une sauce parfaitement insipide mais très coûteuse et très branchée dans certains alpages à la mode.
Dans les cantines qui n'étaient pas encore des "restaurants" scolaires, universitaires ou d'entreprise cela fleurait bon le gratin et la sauce blanche aux câpres même et surtout si celle-ci était fort farineuse.
On sauçait donc encore la sauce avec le pain puisqu'elle ne ressemblait pas encore à un tableau de Klee. en deux traits au fond d'une assiette givrée et famélique.
Bref on n'était pas au régime et on avait même un sacré coup de fourchette.
Et on était moins gros donc moins gras.
Cette étude le prouve, malheureusement.
La diététique industrielle fait-elle maigrir ?
Il se pourrait donc qu'une nourriture normale mais moins industrielle fasse moins grossir qu'une cuisine diététiquement correcte mais artificielle.
Qu'une fermière savait intuitivement qu'il fallait un coq dans le poulailler pour que les oeufs soient meilleurs pour la santé.
Ce qui a été scientifiquement prouvé par le Professeur Le Magnen de l'Université de Marseille Aix III (Laboratoire de nutrition de l'INSERM) dont les études attestent que les oeufs fécondés sont constitués principalement de bon cholestérol contrairement aux oeuf non fécondés.
Mais dont tout le monde se contrefout
à commencer par le corps médical qui ne connaît généralement pas ces recherches.
Où irait-on, en plus, si il fallait se tenir au courant de ce genre de détails.
De même en ce qui concerne le poisson sauvage par rapport au poisson d'élevage qui pour ce dernier, bien évidemment, est beaucoup plus gras et dont une importante partie de ce fameux gras est justement fortement cholestérolémique.
Si vous aviez pensé faire maigre le vendredi en mangeant du poisson d'élevage, vous avez tout faux et je me suis empressé d'envoyer à Saint Pierre cette fameuse étude comparative.
Vous aurez donc du souci à vous faire en paraissant devant lui et devrez envisager, naturellement, un petit séjour au purgatoire puisque le saumon d'élevage correspond, ou peu s'en faut, à des rillettes du Mans.
Mais il faut bien entretenir le petit commerce et favoriser l'Europe Bleue dot tout le monde également, sauf certains technocrates, se contrefout.
Et se diriger résolument vers la production de masse pour les masses.
La production de masse fait-elle maigrir ?
Au vu des résultats de cette enquête nous aurions tendance à en douter quelque peu et à préférer Raymond Oliver à Montignac et notre fermière et son coq à nos nutritionistes patentés.
Le coup génial de nos voisins germains !
Lorsqu'il est euphémiquement dit que les professionnels de l'habillement vont devoir adapter leurs productions et revoir le système de mensuration cela veut simplement dire qu'on va élargir les tailles mais restreindre les chiffres et les lettres qui les caractérisent.
Nos amis allemands ont déjà pris les devants puisqu'une taille 42 correspond là bas à un bon 44 ici.
La ménagère teutonne peut donc habiller ses rondeurs généreuses en se donnant bonne conscience.
Et recommander une choucroute allégée industriellement.
Il est probable que le système allemand soit rapidement adopté par nos industriels.
S'habiller plus large en ayant l'impression d'avoir maigri rassure et, surtout, rapporte.
Et les Chinois et Indiens vont être obligés de recoudre un milliard de leurs étiquettes !
Des consultants Jivaros dans l'industrie du transport.
Quant à l'environnement général des Français nous avions déjà remarqué que les TGV, Airbus et autres autobus souffraient d'un déficit de taille.
Lorsqu'on mesure un simple mètre quatre vingt, rien de bien extraordinaire, et qu'on pèse son propre poids, si on n'est pas anorexique,
on a toujours l'impression d'être assis deux ou trois tailles en dessous du minimum vital.
A croire que nos industriels du transport se sont pris une grosse tête et ont finis par engager des consultants chez les Jivaros, spécialistes de la réduction de taille.
Nos chers industriels et leurs larmes de crocodiles ont donc encore de beaux jours devant eux.
Ainsi que nos diététiciens qui, comme nos économistes, s'appuient sur les statistiques.
Comme le poivrot accroché au lampadaire qui le soutient plutôt qu'il ne l'éclaire.
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