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La mer vue des coulisses et des réserves
Ou : L'abominable ours des falaises picardes est de retour !

En exclusivité mondiale : Deux ours des falaises picardes planqués dans un galet
On ne se méfie jamais assez !
Lorsqu'on habite près de la mer on est tenté d'aller
lui rendre visite assez souvent.
Il arrive donc qu'on la considère autrement que celles et ceux
qui ne font que passer.
Ce petit privilège a quelques inconvénients puisque
qu'il faut, d'une part, prévoir deux bonnes heures pour se
rendre à Paris et deux bonnes heures pour en revenir.
Cela incite donc à moduler son emploi du temps hebdomadaire
pour ne pas passer sa vie sur la route.
Et que, d'autre part, on entre souvent sur la plage par les coulisses
sinon les réserves.
Et hors saison celles-ci ne sont pas nécessairement bien
rangées.
Si, d'autre part, on fréquente cette plage depuis plus d'un
demi siècle on en connaît nécessairement bien
la configuration.
Une première constatation : rien ne change plus vite qu'une
plage.
D'une semaine sur l'autre elle est couverte de galets, de sable
fin ou d'un harmonieux mélange des deux à des endroits
et en des quantités fort différentes à chaque
fois.
Par moment elle se recouvre de dizaines de pavés de grès,
de granite, de schiste et de ciment.
Ou accueille des matériaux les plus diverses et les plus
variés qui constituent un inventaire à la Prévert.
La mer, elle même, est très changeante, à priori
sans raison apparente.
L'eau peut être bleue alors que le ciel est couvert ou laiteuse
alors que le ciel est dégagé.
En fait les couleurs de la mer changent très souvent ainsi
que son apparence.
Elle peut être sereine, calme, agressive, mordante, lymphatique,
nerveuse, colérique, sournoise, décidée, destructrice.
Le coup de la rambarde...ou le coût de la rambarde :
Elle semble parfois s'amuser quelque peu des efforts que fait le
genre humain pour tenter de la contenir ou, simplement, de la limiter.
Elle a, par exemple, entrepris de démolir peu à peu
et morceau par morceau une magnifique rambarde que l'on a placé
entre elle et les touristes.
Elle pourrait aisément la démolir d'un coup, comme
ça, d'une simple pichenette.
Mais non, elle s'amuse, prend son temps, embarque un morceau ici,
pulvérise un autre là, descelle un pied la semaine
suivante, fait sauter quelques boulons fort respectables, promène
la balustrade au large, la ramène ensuite.
Tout cela au désespoir de ceux qui ont installé cette
fameuse rambarde et qui ont lutté, lutté mais lutté
en vain puisque elle vient de touit bonnement disparaître
corps et biens.
Et c'était une bonne et solide rambarde, presque comme la
chèvre de Monsieur Seguin.
Elle a longtemps résisté mais a fini par céder
aux assauts répétés et probablement amoureux
de la vague.
Qui n'a pas entendu, les jours de petite tempête, les "croquettes
à chats", ces énormes plots de béton pensant
plusieurs tonnes, s'entrechoquer joyeusement, ne peut pas imaginer
la puissance de cette mer pourtant fort paisible au demeurant.
Elle se borne, de temps à autre, de faire tomber un morceau
de falaise supportant parfois un blockhaus datant du mur de l'Atlantique...qui
comme chacun le sait ici était beaucoup plus puissant dans
la Manche que partout ailleurs !
Et après que le pan de falaise soit tombé, les autorités
compétentes interdisent l' accèsà la place.
Un peu tardivement, certes, mais que faire d'autre ?
Puisque de toutes manières les habitués locaux s'y
rendront pour constater de visu les dégâts.
Et aller chercher quelques moules, également interdites au
ramassage.
Ou prendre des photos.

La barrière neuve essuie un coup de tabac !

Le lendemain matin...

Et là c'est l'autre bout en bas qui a été digéré...

Et un petit coup vers le haut, rafistolage et arrêté..

Rebelotte et dix de der au milieu !

Juste une petite vague pour t'emporter.
Devant ce combat inégal il n'y a plus de barrière du tout.

"Ma mer a toujours raison" Koan Zen de la "non-barrière".
Dernière minute (5 juillet 06) !
ELLE EST REVENUE !

Errare humanum est !
La ballustrade neuve est revenue avec les touristes
Perseverare diabolicum sunt..
(ps pour les non latinistes : "l'erreur est humaine mais persévérer (dans celle-ci) est diabolique".
dernières nouvelles du front !
On le disait bien : elle est repartie (septembre 2006) la preuve :

Ben nondediou elle est repartie !
Mais, entretemps, de vastes travaux ont été entrepris
On a déplacé les croquettes
Et on a comblé la digue
Suite prochainement !
La suite ? Depuis Rommel on n'avait pas fait mieux dans le béton de chez béton.
Cliquer ici

La preuve !
Et un cadeau Bonux de vacances !
La sanisette "off" de la plage.
Elle était là, on l'a essayée (la preuve !) et elle est sympa.
Des ferrailles, une plaque tombale, des pavés, une bague
en or et un raton laveur :
Mais il est une chose que peu de gens savent, c'est que la mer,
depuis longtemps, a pris l'habitude de trier puis de recycler les
déchets que nous lui abandonnons.

Une rose rouge sur la craie blanche, c'est insolite mais bien réel !
Qui Diable a pu déposer ici cette rose rouge ?
Et pourtant elle y était.

Et encore une sur le sable le 29 octobre 2006 !

Bon, un peu moins romantique cette mine débonaire
Les spécialistes se marreront : il manque le détonateur !

Et ça c'est quoi, hein ?

Punaise celui-ci c'est pas du léger !
le sac à main donne l'échelle.
Au début cela surprend quelque peu mais au bout d'un moment
cela semble très normal.
D'un coté les ferrailles, de l'autre les boiseries, à
part les plastiques, dans un coin l'organique et quelques endroits
secrets pour les "divers" les plus étonnants.
La ferraille peu à peu se confond puis se fond, au sens propre,
dans le paysage minéral et organique de l'estran, cette partie
découverte à marée basse.
Le plastique lui-même est peu à peu digéré,
réduit en poudre puis en poussière.
Ou subsiste pendant des siècles, c'est du moins ce qu'on prétend.
Les murs de brique et de béton deviennent peu à peu
de sympathiques galets et les bouteilles de bière et de vin
se transforment en perles colorées que les enfant ramassent.
Cela fait plus de cinquante ans que j'en ramasse et ne m'en lasse
pas.
On reconnaît la marque de bière à la couleur de la
perle !
De temps à autre on retrouve aussi un obus.
Parfois une "belle pièce" suivant les gendarmes
démineurs qui viennent immédiatement les récupérer.
Et même des pierres tombales dont on se demande ce qu'elles
font là.
Des nodules de marcassite provenant des falaises de craie, que l'on
prend souvent pour des météorites, mais aussi, parfois,
une quille en bronze, un club de golf, une montre ou une bague en
or.
Et une bague en or quelque peu modifiée
Et de quoi se constituer une caisse à outils très
bien remplie.
Sans parler des chaussures de toutes espèces, de toutes pointures et
de tous matériaux.

Une date, une pierre tombale, mystère

Peut-être un marin disparu ...
Et un de ces quatre il faudra passer à la caisse !
Mais tout ceci, en fait, bien rangé, presque étiqueté
et numéroté.
Comme si la mer préparait une facture particulièrement
salée concernant ce sympathique triage de nos surplus les
plus variés.
Et pour son recyclage très professionnel.
En avant première nous vous présentons son catalogue
d'hiver.
C'est ici, mais ça pourrait être là ou ailleurs
et même autrepart.
Nous n'avons évidemment pas souhaité faire de publicité
ou de contre publicité concernant cette plage que nous aimons
puisque, quelque part, c'est la nôtre.
Mais c'est aussi la vôtre avant d'être la leur.
Il est évident que nous nous sommes limités, que je
me suis volontairement limité, à une petite partie
du problème concernant ces rejets maritimes.

Un blockhaus prêt à partir en vacances !

Pour rejoindre son pote qui ramasse des moules

Un obus en vadrouille.
Selon les gendarmes "une belle pièce avec le détonateur en état de marche"

Vive la Quille, Nom de Dieu !
Française ou Allemande ?
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