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Ou il est question d'un trou...et d'une bosse !

"Errare humanum est " L'erreur est
humaine !
Lorsque l'on cultive son jardin, la première des choses
que l'on remarque c'est qu'il est impossible de creuser un trou
sans former une bosse.
Il est vrai, par ailleurs, que l'expression creuser un trou incite
à réflexion.
Puisqu'un trou est une absence de matière il semble difficile
de creuser du néant.
On peut donc agrandir un trou, creuser autour d'un trou mais difficilement
creuser un trou.
Comment creuser quelque chose, ou plutôt l'absence de quelque
chose, qui est déjà creux ?
Logiquement il sera donc toujours plus facile de reboucher un trou
que de le creuser.
C'est un peu comme le panneau "Attention, trous en formation
!".
On imagine déjà une escadrille, donc une formation,
de trous venant attaquer vos amortisseurs.
On a échappé belle !
Ou comme "périphérique intérieur"
(vu à Paris !)
Comment ce qui, par définition est "autour de - donc
périphérique - " pourrait se retrouver à
l'intérieur ? .
A moins d'avoir affaire à l'anneau de Mohébius.
Que l'on retrouve à Caen avec l'indication parfaitement technocratique
et qui aurait ravie Prévert : "Pour le périphérique
intérieur prendre le périphérique extérieur".
Difficile de faire mieux.
Mais qui sait puisque dans le centre de Rouen à un important
carrefour on peut lire sur deux panneaux "Toutes directions"
d'une part et d'un coté et "Autres directions"
d'autre part et de l'autre coté.
Nous voilà bien renseignés.
Mais revenons à notre jardin.
Impossible donc de creuser un trou sans produire une bosse.
Lorsqu'il existe un trou et qu'il n'y a plus de bosse il convient
d'imaginer que celle-ci a été transportée,
donc transférée, ailleurs.
Généralement grâce à une brouette.
Et que la bosse a simplement servi pour combler un autre trou ou
a été mise en réserve pour un usage ultérieur
qui n'est généralement pas précisé.
En un mot comme en cent un trou égale une bosse.
C'est cartésien et scientifique.
Comme un invité du midi sur France Inter et qui nous apprenait
à nous, pauvres crétins, et sans rire, qu'une "aurore
boréale est un phénomène scientifique et romantique".
Le soleil et ses particules est donc un phénomène
scientifique et romantique !
Comme Monsieur Jourdain il fait de la prose sans le savoir, le soleil,
et ceci depuis quelques milliards d'années en attendant qu'un
beau matin un scientifique radiophonique dont nous avons, heureusement,
oublié le nom, nous ouvre la carrière quand nos ainés
n'y seront plus.
C'est beau, c'est grand, c'est généreux la science
qui trouve une explication à toutes choses de l'univers qui
vient, nous dit-on et nous rabâche-t-on, de commencer avec
Einstein.
Avant il n'y avait que des crétins qui ne savaient même
pas que E = Mc2.
Les cons !
Mais on aimerait bien que ces mêmes scientifiques nous aident
à rechercher la bosse disparue du trou de la sécu.
Elle doit bien être quelque part cette fameuse bosse dont
personne ne parle.
Mais qui est issue du trou dont tout le monde a entendu parler.
Même ceux qui ne connaissent pas Einstein et sa théorie
de la relativité.
Où alors il convient de rechercher la brouette puis, éventuellement,
l'autre trou qu'elle a du servir à combler.
Où, plus probablement, l'endroit où cette bosse a
été mise en réserve pour un usage ultérieur
non encore déterminé.
Une brouette chargée d'une telle bosse cela doit bien laisser
des traces.
Il conviendrait donc, simplement, de charger un vulgaire détective
privé de retrouver la brouette ou du moins sa trace et, partant,
la fameuse bosse de la Sécu.
La nouvelle chasse au gaspi ronfleur : une priorité
absolue !
Mais comme il est plus facile gesticuler fébrilement que
d'agir efficacement plusieurs mesures ont donc été
décidées pour éviter que ce trou ne se creuse
encore plus.
En admettant qu'un trou puisse se creuser lui-même et même
encore plus.
On va donc pourchasser les arrêts de travail intempestifs.
Nous n'allons pas reprendre le même processus en prouvant
logiquement qu'un arrêt de travail c'est simplement et scientifiquement
du repos.
Lorsqu'un médecin prescrit un arrêt de travail à
un patient c'est probablement qu'il comprend que ce dernier a probablement
plus besoin de repos que de travail et même que de médicaments.
On a précédemment et explicitement demandé
à ce médecin de réduire drastiquement les dépenses
inconsidérées concernant les médicaments.
Il s'est généralement acquitté de cette tâche,
contraire à son exercice, avec beaucoup de bonne volonté.
Ce qu'il faisait généralement en prescrivant un arrêt
de travail à la place d'un placebo.
Il ne cesse donc de nous expliquer, désormais, qu'il ne nous
prescrira plus d'antibiotiques et ceci pour des tas de raisons.
Auparavant lorsque nous critiquions l'usage des antibiotiques (littéralement
qui s'opposent (anti) à la vie (bio)) et que l'on n'était
pas médecin on se faisait copieusement traiter d'irresponsable
sectaire.
Et que les maladies cardio-vasculaires se traitent très facilement
en surveillant son alimentation, en ne fumant pas, en buvant moins
et en évitant le stress.
Ce dont nous étions déjà persuadés il
y a bien une trentaine d'années.
Et que, probablement, la plupart des problèmes cardio-vasculaires
résiduels sont dus à l'hérédité
ou à un problème d'hygiène dentaire.
On ajouterait presque "et à l'usage de brillantine".
Pour peu on va bientôt apprendre de la bouche même de
notre médecin référent qu'il faut se méfier
des vaccins et même des antidépresseurs.
Peut-être même du Viagra.
On a la médecine qu'on peut.
Mais qu'un salarié sous payé, harcelé, véhiculé
dans des conditions proches de celles de juin 40, suspect de générer
un bénéfice substantiel donc susceptible de motiver
une délocalisation puisse se reposer quelques jours au frais
du patronat et de la collectivité, cela est intolérable.
Donc désormais non toléré.
A coups de pompes hors du lit et au boulot, fissa, le récalcitrant,
le profiteur, le creuseur de trous, l'anti-français !
La simple prévention, basique, qui permettrait à un
médecin d'anticiper un grave problème de santé
en permettant quelques jours de repos, donc de sommeil, est désormais
presque considéré comme un délit et sanctionné
comme tel.
Moins de médicaments, moins de soins, moins de repos, moins
de sommeil, moins de remboursement mais toujours plus de prélèvements
directs et indirects.
C'est la médecine du futur et déjà du présent.
Des charges sociales à la suédoise mais un service
de santé à la marocaine, ou à la turque, c'est,
probablement aussi, l'europe de demain.
Chaque secte a sa vérité, chaque vérité
a sa secte !
Mais, heureusement, pendant ce temps certains ne dormaient que d'un
oeil, mais du bon, puisque la Mission contre les dérives
sectaires vient de publier son rapport.
Il y est confirmé, comme dans le rapport déjà
rendu en 2001,
"qu'un mouvement peut être considéré comme
une secte si il présente les caractères suivants :
- la déstabilisation mentale
- le caractère exhorbitant des exigences financières
- la rupture induite avec l'environnement d'origine
- les atteintes à l'intégrité physique
- l'embrigadement des enfants
- le discours plus ou moins antisocial
- les troubles à l'ordre public
- l'importance des démêlés judiciaires
- l'éventuel détournement des circuits économiques
traditionnels
- les tentatives d'infiltration des pouvoirs publics ".
Ben voyons !
En y regardant bien cette fameuse Mission contre les dérives
sectaires condamne, à priori, l'Etat et la plupart de
ses institutions.
En effet.
Qu'est-ce que la déstabilisation mentale si ce n'est
l'incapacité de donner un modèle fiable et une perspective
d'avenir, fut-il à court terme, aux citoyens, usagers, administrés
qui ne savent plus sur quel pied danser ni à quel saint se
vouer ?
Qu'est-ce que le caractère exorbitant des exigences financières
sinon des prélèvements de plus en plus lourds concernant
la santé, les transports, la retraite, l'équipement
?
Qu'est-ce que la rupture induite avec l'environnement d'origine
si ce n'est la pollution, le saccage des terres les plus productives,
la surproduction subventionnée alors que la famine engendrée
par ce processus tue aussi sûrement les enfants du tiers monde
que dans un camp de concentration ?
Qu'est ce que les atteintes à l'intégrité
physique si ce n'est l'usage permanent de la force et de la
violence contre des citoyens qui demandent simplement leur droit
à la santé, au travail ou contre des immigrés
dits illégaux parqués dans des zones de non droit
ou expulsés de force et brutalement ?
Qu'est-ce que l'embrigadement des enfants si ce n'est l'abrutissement
sportif de masse et le culte du vainqueur à tout prix, la
crétinisation télévisuelle ?
Qu'est-ce que le discours plus ou moins antisocial si ce
n'est l'apologie à l'asservissement de la loi du marché
et à la mondialisation inéluctable ?
Qu'est ce que les troubles à l'ordre public si ce
n'est une justice aux bottes des fortunés et des nantis qui
incite, nécessairement, à la révolte des victimes
flouées.
Et le saccage de la fonction publique et des services publics au
profit de la seule rentabilité commerciale ou spéculative
?
Qu'est-ce que l'importance des démêlés judiciaires
si ce n'est la Cour Européenne de Justice ou des Droits de
l'Homme qui ne cessent de rappeler à l'ordre et de condamner
nos institutions ?
Qu'est ce que l'éventuel détournement des circuits
économiques traditionnels si ce n'est que la mise en
faillite de la valeur du travail et de la production au profit de
la seule spéculation ?
Qu'est que les tentatives d'infiltration des pouvoirs publics
si ce n'est le parachutage permanent de copains et de coquins "représentants
de la société civile", à la direction
des plus importants ministères ?
En réalité nous vivons au sein d'une dangereuse secte
mais nous ne le savons pas.
Et nous pouvons dormir tranquille ?
Oui Chef !
"Perseverare diabolicum sunt" Mais
la persévérance est diabolique !
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