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Il faut fermer les yeux et penser à la planète !
Ou agir.
Par Georges Charles
Après la Chine et l'écologie quelques textes occidentaux du XIIIe siècle !
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Grenelle de 68 et Grenelle de l'environnement :
même capitulation en rase campagne !
Dans un précédent édito il était question de la danse avec les ours et d'un certain contexte favorable à la récupération et au détournement de l'idéal écologique au seul profit de la créations de taxes et de contraintes de plus en plus lourdes.
http://www.tao-yin.com/edito/contexte.htm
Et nous remarquions que la Chine était, dans ce domaine comme dans d'autres, un bon modèle mais un mauvais exemple.
Il m'a semblé important de revenir sur quelques textes occidentaux, donc bien de chez nous, attestant que l'écologie, dans son sens le plus large, était déjà la préoccupation de certains auteurs et ceci dès le dix huitième siècle.
On se rend rapidement compte que le coté « nuisible » de l'espèce humaine (Buffon) lorsque celle-ci outrepasse ses droits, que les notions de pollutions atmosphériques, les problèmes alimentaires (Cheyne) et « l'hypothèse Gaia » (Dupuis) ne datent pas de la semaine dernière.
L'actualité récente, malheureusement, est de nature à me conforter dans mon hypothèse qu'il ne suffit pas de gesticuler au bout d'une corde au dessus de la banquise ou de se laisser pousser les moustaches pour avoir raison d'un système qui sait fort bien se protéger en manipulant les zozos qui ne demandent que ça.
Le fameux « Grenelle de l'environnement » vient d'être purement et simplement remis en cause en ce qui concerne les promesses d'interdictions de cultures d'OGM.
Etant né en 1950, j'avais donc 18 ans en 1968.
Et étais étudiant dans une école de la Chambre de Commerce de Paris.
A deux jets de pavé du Quartier Latin.
Et habitant en banlieue Nord.
Donc usager des transports en commun.
Ceci pour simplement situer le fait que je n'ai pas trop eu besoin de la meilleure télévision française du monde pour me raconter ce qu'il se passait sur le terrain.
Ayant encore le cerveau alerte, je n'ai donc pas mis longtemps à comprendre que Grenelle avait purement et simplement « liquidé » 68.
Voici d'ailleurs ce qu'en disait le général De Gaulle le 31 mai 1968 :
« Et maintenant il ne faut plus céder.
Il s'agit de s'en tenir aux accords de Grenelle.
Force restera à la loi, même si ce n'est pas tout de suite.
Si des gens se mettent en travers des rails, enlevez-les »
(Miroir de l'histoire N° 276 cité par Marcel Jullian – ISBN 2 - 7242 - 8462 - 3)
Il y fut question de salaires, de primes, de participation (piège à cons !), de nombres de portemanteaux dans les vestiaires, de papier-cul dans les chiottes et de nombre de choses très intéressantes mais fort peu révolutionnaires.
Probablement de pas mal de serviettes de cuir destinées à « fluidifier les relations sociales ».
C'est ce qu'affirme un rapport de la CIA jamais publié en France et citant quelques noms bien connus.
Un coup d'essence dans les pompes.
Elle était alors à moins d'un franc le litre.
Et tout repartit peinard avec quelques concessions.
Grenelle avait liquidé soixante huit.
Grenelle était commandité par Le Général qui avait délégué à Pompidou qui lui-même avait confié le boulot à deux jeunes qui montaient : Chirac et Balladur.
Pasqua demeurant en embuscade.
Ah, ils ont du bien se marrer après avoir sympathiquement berné les zozos et lâché quelques colifichets.
Exit les chevelus, les barbus, les lendemains qui chantent à l'aube du grand soir.
Liquidés en douce par nos spadassins adeptes de Sunzi et de Machiavel.
Lorsque Nicolas Sarkozy, notre vénéré Président à tous les Français, a décrété vouloir, dès son arrivée au pouvoir « liquider soixante huit », il était déjà orfèvre en la matière puisque, justement, le disciple de Chirac, Balladur et Pasqua.
De là à organiser un autre « Grenelle » il n'y avait donc qu'un pas.
Et les zozos en redemandent du Grenelle !
Et il en ont eu.
Ils ne se sont pas encore rendus compte que si le « Grenelle de 68 » avait liquidé 68, le but du « Grenelle de l'environnement » était de liquider l'environnement au seul profit d'un gros zinzin bien calibré, bien mondialisé, bien taxé, bien nucléarisé, bien judiciarisé.
Il faut, somme toute, comme disait Le Général « Que l'ordre reste à l'ordre et que force reste à la loi ».
Le reste c'est du pipeau, de la mandoline et du tambourin.
On attend donc avec une certaine impatience le « Grenelle de la Santé », le « Grenelle des retraites », le « Grenelle de la Fonction Publique », le « Grenelle de la Justice », le « Grenelle de l'Education Nationale » et on en passe des « Grenelles » et des zozos qui vont avec.
Et ils vont en avoir, nen doutons pas.
Mais avec un peu de pédagogie et beaucoup de vaseline, par les temps qui courent on devrait pouvoir s'y faire.
Il suffit de fermer les yeux et de penser à la planète !
« Les rêves des dirigeants sont nos cauchemars » Vieux slogan soixantuitard
Prenons donc un peu l'air avec « savants » qui n'étaient pas encore, et heureusement, des scientifiques !
HISTOIRE NATURELLE par BUFFON
Dédiée au Citoyen LACEPEDE
Membre de l'Institut National de France
Chez Saugrain, graveur, rue du Cimetière André des Arcs N° 10 à PARIS
L'An VII de la République
Tome Vingt-Unième
Extrait : Pages 5 ; 6 ; 7
« Dans les animaux domestiques et dans l'homme nous n'avons vu la nature que contrainte, rarement perfectionnée, souvent altérée, défigurée, et toujours environnée d'entraves ou chargée d'ornements étrangers : maintenant elle va paraître nue, parée de sa seule simplicité, mais plus piquante par sa beauté naïve, sa démarche légère, son air libre, et par les autres attributs de la noblesse et de l'indépendance. Nous la verrons, parcourant en souveraine la surface de la terre, partager son domaine entre les animaux, assigner à chacun son élément, son climat, sa subsistance : nous la verrons dans la forêt et dans les eaux, dans les plaines, dictant ses lois simples mais immuables, imprimant sur chaque espèce ses caractères inaltérables, et dispensant avec équité ses dons, compenser le bien et le mal, donner aux uns la force et le courage accompagnés du besoin et de la voracité. Aux autres, la douceur, la tempérance, la légèreté du corps avec la crainte, l'inquiétude et la timidité ; à tous, la liberté avec des mœurs constantes ; à tous, des désirs et de l'amour toujours aisé à satisfaire et toujours suivis d'une heureuse complicité.
Amour et liberté, quels bienfaits !
Ces animaux que nous appelons sauvages parce qu'ils ne nous sont pas soumis, ont-il besoin de plus pour être heureux ?
Ils ont encore l'égalité : ils ne sont ni les esclaves ni les tyrans de leurs semblables ; l'individu n'a pas à craindre, comme l'homme, tout le reste de son espèce ; ils ont entre eux la paix, et la guerre ne leur vient que des étrangers ou de nous. Ils ont donc raison de fuir l'espèce humaine, de se dérober à notre aspect, de s'établir dans les solitudes éloignées de nos habitations, de se servir de toutes les ressources pour se mettre en sûreté, et d'employer, pour se soustraire à la puissance de l'homme tous les moyens de liberté que la nature leur a fournis en même temps qu'elle leur a donné le désir d'indépendance.
Les uns, et ce sont les plus doux, les plus innocents, les plus tranquilles, se contentent de s'éloigner et passent leur vies dans nos campagnes ; ceux qui sont plus défiants, plus farouches, s'enfoncent dans les bois, d'autres, comme si ils savaient qu'il n'y a nulle sûreté sur la surface de la terre, se creusent des demeures souterraines, se réfugient dans les cavernes ou gagnent les sommets des montagnes les plus inaccessibles. Enfin les plus féroces, ou plutôt les plus fiers, n'habitent que les déserts et règnent en souverains dans ces climats brûlants où l'homme ne peut leur disputer l'empire… »

Les animaux carnassiers
« Jusqu'ici nous n'avons parlé que des animaux utiles : les animaux nuisibles sont en bien plus grand nombre. Mais si nuire est détruire des êtres animés, l'homme, considéré comme faisant partie du système général de ces êtres, n'est-il pas l'espèce la plus nuisible de toutes ? Lui-même immole, anéantit plus d'individus vivants que tous les animaux carnassiers n'en dévorent. Ils ne sont donc nuisibles que parce qu'ils sont rivaux de l'homme ; parce qu'ils ont les mêmes appétits, le même goût pour la chair, et que, pour subvenir à un besoin de première nécessité, ils lui disputent quelquefois une proie qu'il réservait à ses excès ; car nous sacrifions plus encore à notre intempérance que nous ne donnons à nos besoins. Destructeur nés des êtres qui nous sont subordonnés de force, nous épuiserions la nature si elle n'était inépuisable ».
REGLES SUR LA SANTE ET SUR LES MOYENS DE PRESERVER LA VIE
Traduit de l'Anglais de M. Cheyne, Docteur en médecine et Membre de la société Royale de Londres
A Bruxelles Chez Jean Léonard, Libraire-Imprimeur, rue de la Cour
1747
Avec Approbation et Privilège.
Extrait : pages 13 ; 14 et 28 ; 29
La nécessité de bien choisir l'air dans lequel nous avons à vivre
« L'air étant une des choses les plus nécessaires pour la subsistance de la santé, je m'étonne qu'ici, en Angleterre où l'abondance règne et où tous les Arts qui contribuent à une vie aisée sont poussés jusqu'au vice, on ait si peu d'égard à la qualité de l'air.
En effet, l'air qui a telles ou telles qualités peut causer des obstructions dans tout le système nerveux. Les coliques, les fluxions, l'asthme et la phtisie causés par l'humidité, par un air nitreux et moite, nous font connaître que cet élément si il est malsain peut gâter les organes. La disposition de nos corps reçoit l'air qui se mêle à chaque moment de nos vies avec les fluides de sorte que chaque mauvaise qualité qui se trouve dans l'air, doit produire dans le temps des funestes effets. Il est donc de la dernière conséquence que chacun prenne garde quelle sorte d'air il respire ; dans quelle sorte d'air il dort, il veille, il demeure ; quel air, en un mot, il reçoit continuellement dans l'union la plus intime avec les préceptes de la vie.
Depuis le commencement de Novembre jusque vers le commencement de Février, Londres est universellement couverte d'une fumée nitrique et sulfurée causée par le grand nombre de feux de charbons, par l'absence de soleil. »
Manière de nourrir les animaux et d'élever les végétaux pour les rendre plus sains et plus propres à notre nourriture
« Dans le choix que nous faisons des animaux pour notre nourriture, nous ne devons pas négliger la manière dont on les engraisse et celle dont on les apprête pour les servir sur notre table.
Nous ne pouvons presque avoir aux environs de Londres que de la volaille engraissée ou de la viande de bœuf ou de mouton nourris dans l'étable.
Il n'en faudrait pas d'avantage pour faire soulever le cœur que de voir la manière sale, maussade et malpropre aussi bien que les choses fétides, corrompues et malsaines dont on les nourrit.
Nous n'ignorons pas qu'un usage perpétuel de mauvaises choses, la grossièreté et la malpropreté des aliments corrompaient les sucs et mortifiaient la substance musculaire du corps humain.
Les mêmes choses ne peuvent certainement avoir un meilleur effet dans les bêtes ; ainsi la manière dont on nourrit les animaux dont nous vivons fait de nos aliments un poison.
On peut dire la même chose des couches échauffées de nos jardins, des plantes et des végétaux ne viennent que par force et artifice.
Le seul moyen d'avoir une nourriture de viande et de légumes saine est de laisser les animaux et les plantes dans leur liberté naturelle, à l'air, et dans leur propre élément ». *
1747 !
* C'est un ouvrage que j'ai redécouvert et fait republier sous son titre originel aus Editions Michel d'Orion en 2002 (ISBN 2 913928 22 6). G.C.
ABREGE DE L'ORIGINE DE TOUS LES CULTES
Par DUPUIS
Membre de l'Institut National
A PARIS chez Chasseriau, Libraire Editeur
Rue Neuve des Petits Champs, 5
1822
De l'univers animé et intelligent
Extrait page : page 35
« - De l'univers animé et intelligent -
Avant de passer aux applications de notre système et aux résultats qu'il doit donner, il est bon de considérer dans l'univers tous les rapports sous lesquels les anciens l'ont envisagé.
Il s'en faut de beaucoup qu'ils aient vu dans le monde qu'une machine sans vie et sans intelligence mue par une force aveugle imbécile et nécessaire.
La plus grande et la plus saine partie des philosophes ont pensé que l'univers renfermait éminemment le principe de vie et de mouvement que la nature avait mis en eux et qui n'était en eux que parce qu'il existait éternellement en elle.
L'homme n'avait pas encore la vanité de se croire plus parfait que le monde.
Celui-ci paraissait animé par un principe de vie qui circulait dans toutes ses parties et qui le tenait dans une activité éternelle.
On crut donc que l'univers vivait comme l'homme et comme les autres animaux, ou, plutôt, on crut que ceux-ci ne vivaient que parce que l'univers, essentiellement animé, leur communiquait, pour quelques instants, une infiniment petite portion de sa vie éternelle qu'il versait dans la matière inerte et grossière.
Venait-il à la retirer à lui, l'homme et l'animal mourraient et l'univers, seul, toujours vivant, circulait sans se soucier des débris, animé par son mouvement éternel et organisait de nouveaux êtres.
Ce principe de vie, le feu actif ou la substance subtile qui le vivifiait en s'incorporant à sa masse immense en était l'âme universelle.
C'est cette doctrine qui est renfermée dans le système philosophique des Chinois sur l'Yang et sur le Yin dont l'un est la matière céleste, mobile, lumineuse et l'autre la matière terrestre, inerte et ténébreuse dont tous les corps se composent.
L'univers fut donc regardé comme un être vivant qui communique se vie (Yang) à tous les êtres qu'il engendre pas sa fécondité éternelle (Yin).
Non seulement il fut réputé vivant, mais encore souverainement intelligent et peuplé d'une foule d'intelligences partiellement répandues dans toute la nature et dont la source est dans son intelligence suprême et immortelle.
Le monde comprend tout ; il est animé et doué de raison...Voilà l'idée que les anciens eurent de l'âme ou de la vie et de l'intelligence universelle, source de vie et des intelligences distribuées dans tous les êtres particuliers, à qui elles se communiquent par des milliers de canaux subtils.
C'est de cette source féconde que sont sorties les intelligences innombrables placées dans le ciel, dans le soleil, dans la terre, dans les éléments et généralement partout où la cause universelle semble avoir fixé le siège de quelque action particulière.
Ainsi les Chinois continuent, tout en respectant cette force unique et ultime, de rendre un culte aux Esprits placés dans le soleil et dans la lune, dans le ciel et dans la terre ainsi que dans tous les éléments.
Tous ces esprits, suivant les lettrés, sont des émanations du Grand Comble *, c'est à dire de l'univers et de l'âme universelle qui le meut. Les Chen (Shen) chez les Chinois de l'école du Tao composent une administration d'esprits et d'intelligences rangées en diverses classes et chargées de différentes fonctions dans la nature et par conséquent dans l'homme...Voilà un des grands mystères de l'ancienne théologie ».
Grand Comble ou Grand Faîte (Faîte Ultime…etc), en chinois Taiji ou Tai Chi
Il représente la partie la plus haute d'un édifice, celle ou se situe la « poutre faîtière » qui ne nomme également Taiji en chinois.
D'où l'expression française : de fond en comble – de la cave au grenier – ou pour les chevaliers : de pied en cap – des éperons au casque. (note de l'auteur G.C.) ce qui implique du plus profond au plus élevé.
Note : Depuis Hippocrate nous savons que la pollution est défavorable à la santé.
C'est un fait. Nous le savons. Ce que dit le Dr Cheyne en 1727 n'est pas rassurant et nous constatons que peu de progrès ont été effectués depuis.
Ne le niez pas.
Mais nous constatons aussi que nous sommes encore là pour le lire.
Et que nous sommes même très nombreux .
Plus nombreux qu'il ne l'imaginait.
L'être humain s'adapte donc assez bien.
Nous prions donc les prophètes de l'apocalypse de ranger leurs prédictions et de remiser leurs salades dont ils tirent parti et qui ne font, somme toute, que « gagner à être connus ».
Et nous préférons encore nous ranger du coté de Buffon qui affirmait avec optimisme
« Nous épuiserions la nature si elle n'était inépuisable »
Et du coté du Prince Liu Han au second siècle avant notre ère qui écrivait dans le Wainanzi (Houai Nan Tseu) :
« Lorsque l'être humain ne peut pas se passer de la nature alors que la nature peut fort bien se passer de l'être humain, il convient simplement que l'être humain respecte la nature ».
Le reste est baratin.
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