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LA CHASSE AU GROS EST OUVERTE ! !
par Chan Sanyi


Bodhidharma a cessé de fumer et pris quelques kilos.
On l'a obligé, comme Lucky Luke, à remplacer sa cigarette
par un brin de roseau!
Depuis il ne cesse de méditer
.

Une suite logique à la démago-pédagogie !
               

 

La pédago-démagogie a encore frappé !

D'un coté la chasse aux gros est officiellement ouverte.
Avec un certain retard les pouvoirs publics et les médias "autorisés" reprennent en choeur la ritournelle de Souchon : "On est fichu, on mange trop !"
Il n'est pas un jour sans qu'on nous rebatte les oreilles avec le gras, le sucre, le sel et le mauvais cholestérol qui ont envahi notre alimentation industrialisée.
Et l'on apprend enfin que l'on creuse sa tombe avec sa fourchette.
On s'en doutait un peu depuis Hipocrate et même depuis Confucius, qui, contrairement à ce qu'affirmait Etiemble, n'était pas "une zozotte qui yanguisait et yinisait son alimentation" (Les Philosophes Taoïstes - Tome I - La Pléiade - ) mais qui apportait une grande importance à ce qu'il mangeait à tel point qu'il répudia sa première femme sous le prétexte qu'elle ne savait pas couper régulièrement la viande.
Il y a désormais prescription pour ce dernier fait et, à notre charmante époque, Confucius passerait même pour un sacré progressiste puisqu'il n'envoya pas cette épouse indélicate aux urgences ou à la morgue comme cela se voit de nos jours pour moins que cela.
Voici ce qui était dit par ce même Confucius alias Kongzi dans le Chapitre VIII Article I du Liji ("Livre du Rituel") près de 4 siècles avant notre ère :

"Les règles de la sagesse prescrivent de se conformer aux saisons, d'offrir des produits du pays, de s'accomoder aux désirs de l'esprit, aux inclinations de l'être humain, à la nature des choses.
Ainsi chaque saison a ses productions particulières, chaque terrain ses plantes favorites, chaque être humain ses mets qui lui conviennent.
Ce que la saison ne produit pas, ce que le sol ne nourrit pas, un homme sage ne l'offre pas.
Il faut considérer en premier lieu le temps, en deuxième lieu l'ordre établi par la nature, en troisième lieu la qualité, en quatrième lieu ce qui convient à la condition des personnes et des circonstances, et enfin, en cinquième lieu, la proportion donc la quantité"

Plus tard sous la dynastie des Han de l'Est Zhang Zhongjing dans le Jing Gui Yao Lue affirme simplement :

"L'alimentation équilibrée permet à l'être humain de se maintenir en bonne santé. Un régime inadéquat nuit à la santé. Une alimentation appropriée aide le malade à recouvrer la santé. Dans le cas contraire elle aggrave la maladie"

Voilà qui est simplement sage et évite de perdre son temps avec des vaticinations pseudo scientifiques et à géométrie variable.

D'un autre coté le problème de l'anorexie chez les adolescentes et particulièrement chez celles qui sont mannequin ou qui espèrent le devenir est révélé par ces mêmes médias.
L'image de la maigreur, paraît-il, fait vendre.
Il arrive aussi qu'elle tue.
Un simple proberbe populaire chinois explique à ce sujet

"Quand les gros maigrissent, les maigres sont déjà morts"
Un autre affirme encore

"Une doctrine de gros qui incite à grossir fait sourire. Une doctrine de gros qui incite à maigrir fair rire. Une doctrine de maigre qui incite à maigrir fait mourir".

Et cela nous amène, en Occident, à une plaisanterie britannique de l'après guerre :

"Vous pouvez voter pour deux candidats le premier est gros, mange de la viande, fume presque tout le temps, boit de l'alcool, aime à plaisanter sur des choses sérieuses, déteste le sport et est obligé de consulter un médecin assez souvent.
Le second est maigre, végétarien, ne fume pas et interdit à son entourage de fumer, ne boit que de l'eau, considère tout et le moindre détail avec le plus grand sérieux, aime les sportifs et les animaux et peut même être considéré comme un précurseur de l'écologie et des médecines non conventionnelles*.
Vous êtes naturellement tentés de voter pour le second candidat, bien sûr.
Vous venez donc d'élire Aldolph Hitler et de rejeter Winston Churchill.
Bien joué ! "


* Adolph Hitler est le créateur du diplôme de heilpractiker (praticien de santé), fervent défenseur de l'homéopathie, du naturisme et de la gymnastique suédoise. Il demanda à ses ingénieurs de créer un pot d'échappement qui fut à l'origine du pot catalytique car il ne supportait pas la pollution engendrée par les défilés des chars panzer et tigre à Berlin
Nobody is perfect.

Nous éviterons donc de créér une liste non exhaustive des gros qui ont eu une action positive sur la civilisation et des maigres qui ont entraîné l'humanité dans la barbarie.
Mais elle mériterait d'exister afin de remettre quelque peu les choses et les esprits en place.

Il en va un peu de même, par ailleurs, dans les pratiques énergétiques de santé chinoises, comme le Qigong ou le Taijiquan, où bon nombre de pratiquants, et surtout de pratiquantes, veulent prendre exemple sur Confucius, Lao Tseu, Bodhidharma et ressembler à des culturistes turcs (ou turques !).
Ce qui est probablement assez incompatible.

Au train où vont les choses on va bientôt interdire de manger dans les lieux publics car, comme pour la cigarette, il existe probablement un grossissement passif.
Rien ne donne plus faim que quelqu'un qui mange de bon coeur, donc qui incite à manger et à y prendre, à son tour, du plaisir.
Plutôt que d'interdire de fumer dans les restaurants il convient donc simplement d'interdire les restaurants.
Mais avec une exception pour les fast-food.
En effet l'ôdeur de friture particulièrement repoussante qui s'exhale de ces lieux et qui pollue leurs alentours ne peut que couper l'appétit de celles et ceux qui disposent encore d'un minimum de sens olfactif.
Il existe des pollutions sonores, visuelles, lumineuses, chimiques mais on oublie trop souvent la pollution olfactive engendrée par ce type de restauration.
Comme une marque très connue de ces fast-food s'implante à proximité des monuments historiques on sait, ou on sent, que l'on approche de ceux-ci grâce, ou a cause, de cette odeur très particulière que l'on ne pourrait reproduire à domicile qu'en faisant frire en permanence un mélange de suif, de craspois de baleine, de gras de cheval, d'huile de phoque et de graisse de marmotte.
En multipliant les fast-food on réduirait donc, du moins pour un très grand nombre, le désir de manger.
Donc on produirait des maigres en grande quantité.
Pour les gros ne bénéficiant que de très peu d'odorat il suffirait de les parquer dans ces mêmes fast-food où ils pourraient se reproduire sans risquer de contaminer le reste de la population.
On inventerait ainsi des camps pour gros ce qui serait rassurant et permettrait d'éviter toute référence avec des systèmes totalitaires connus.
Et tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Concernant la cigarette, lors d'un séjour très récent au Québec j'ai constaté de visu les effets de son interdiction dans les lieux publics.
Nos amis d'outre atlantique ont souvent un peu d'avance sur nous ce qui me permet d'aller étudier ce qui nous attend sur le vienx continent.
Avec une amie québécoise nous nous sommes rendus à la capitale fédérale, Ottawa.
Souhaitant visiter le parlement nous nous sommes donc garés sur un stationnement payant.
Mais la visite fut plus longue que prévue.
En revenant vers la voiture nous avons avisé un policier dissimulé sous un porche à proximité de la voiture et de son parcmètre.
J'ai dit à mon amie : "Il a du nous verbaliser, je vais faire le touriste étranger et tenter d'arranger le problème".
Mais plus je m'avançais à grands pas vers ce policier plus il tentait de se dissimuler sous le porche.
En fait il était en train d'en griller une et nous voyant venir de la direction du parlement il n'en menait pas large, croyant probablement devoir se faire vertement admonester par des représentants du monde politique local.
Je lui ai adressé la parole en anglais, avec probablement un fort accent étranger, et il a émis un long soupir de soulagement.
Sa cigarette n'avait rien à voir avec mon intervention !
Et il n'y avait aucune contravention sur le pare brise.
C'était un policier d'un certain âge, blanchi sous le harnais, de type anglo-saxon, du genre qui inspire immédiatement un certain respect et qui se planquait comme un gamin du primaire à la récré, pour fumer dans les chiottes.
Il n'en a pas moins éteint nerveusement sa cigarette et pris la tangeante sans demander son reste.
Cela laisse à réflèchir.
Un policier qui a la trouille cela ne rassure pas.
Et c'est la première fois que je fous la trouille à un policier, je ne connaissais pas cette sensation.
Un peu plus loin aux pieds des gratte-ciel des groupes de salariés en chemises, malgrè les premiers flocons de neige, et une température de quatre degrès, étaient regroupés comme des pingouins.
A chaque building sa troupe de pingouins frigorifiés sur le trottoir.
Ils étaient visiblement descendus de leurs bureaux pour en griller une et se retrouvaient, comme ça, entre deux entrées puisque l'interdiction de fumer à proximité immédiate de celles-ci étaient notifiée.
Et toute la rue était remplie de pingouins fumants qui regardaient nerveusement leurs montres.
J'ai pas osé les prendre en photo tellement ils avaient l'air malheureux et humiliés ces pingouins canadiens.
Cela m'a rappelé le temps ou, jeune militaire appelé, j'ai reçu ma première solde.
On m'a tendu une enveloppe avec quelques sous et prié de présenter mon béret de Chasseur qu'on a rempli de paquets de gauloises et de deux flacons de gnôle sans oublier quelques préservatifs et des timbres.
L'Armée Française en Allemagne, à la fin des années soixante, faisait bien les choses puisqu'à l'époque, de mon coté, je ne fumais pas, je ne buvais pas d'alcool et n'avais aucunement l'intention d'aller au bordel.
J'ai conservé les timbres et distribué le reste.
Heureusement, mon statut de "sportif" avéré m'a évité des réfléxions concernant ma sexualité.
J'ai donc résisté un bon moment.
Puis j'ai fait comme tout le monde.
Et j'ai fini par distribuer mes timbres car je n'avais plus rien de bien intéressant à écrire.
Depuis, heureusement, j'ai réussi à me désintoxiquer.
Et pars du principe que si j'ai réussi à le faire c'est que c'est donc possible de le faire.
A la seule condition qu'on ne me l'impose pas.

Une autre petite anectdote sur Montréal.
Comme il y a désormais beaucoup de vélos, probablement trop, il se développe une tendance vélophobe et plusieurs rues sont désormais interdites à ce moyen de transport jugé particulièrement dangereux par les riverains.
Deux amis Montréalais se sont ainsi vus verbaliser de quatre vingt dollars parce qu'ils empruntaient, à coté de leur vélo, donc à pied, une zone interdite aux vélos !
Donc on sait à quoi se tenir d'ici quelque temps en France...

On vous aura prévenu !