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Des différentes sortes de vol
Il existe de nombreuses façons de voler son prochain.
On connaît donc le vol à la roulotte qui consiste à dérober ce qui se trouve à l'intérieur d'un véhicule automobile.
Le vol à la tire, plus subtil, consiste à extraire, à tirer entre deux doigts, le portefeuille ou le porte monnaie se trouvant dans une poche ou un sac.
Le vol à l'arraché est plus brutal puisque l'objet du désir est arraché brutalement des mains de son propriétaire, ce qui occasionne souvent des chutes, donc des blessures.
Le vol à l'étalage consiste à se servir chez un commerçant sans passer à la caisse.
Le vol à la casse permet, en cassant une porte, de pénétrer un lieu pour le cambrioler.
Il en existe d'autres encore mais, au dire des policiers et des hommes de Loi, le plus subtil demeure le redoutable vol à la chinoise !
Crocheteurs, braques, fourgues, tireurs, piqueurs, roulotiers, caroubleurs, trimbaleurs, cambrioleurs reconnaissent que le "chinois' est, dans son domaine, un seigneur.
Le vol à la chinoise c'est autre chose quand même !
Le vol à la chinoise consiste, en effet, à déplacer peu à peu un objet, puis, si il n'existe aucune réaction à le faire disparaître, à le subtiliser définitivement.
Imaginez un homard en terre cuite sur la cheminée du salon. Vous le bougez un peu. Le lendemain il est revenu à sa place. Il vaut mieux donc le laisser vivre sa vie et ne plus s'en occuper.
Mais admettons que le propriétaire du homard ne se soit pas aperçu du mouvement du crustacé.
Il existe alors une forte possibilité pour qu'il n'y porte guère attention.
Le lendemain vous le bougez d'une bonne mesure.
Si le surlendemain il est à la nouvelle place que vous lui avez conféré c'est que l'espoir est permis.
Il suffit donc de la poser en bas de la cheminée.
Soit le propriétaire hurle "Où est passé le homard ?" et dans ce cas il est simplement en bas de la cheminée.
Probablement tombé sur le tapis par le plus grand des hasards.
Soit il ne dit rien, ne voit rien, ne se doute de rien et le homard peut alors prendre une destination qui aboutit à un simple changement de propriétaire, donc de cheminée.
Et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Il suffit de remplacer le fameux homard par un bouquet bon marché ou un autre colifichet et personne n'y verra que du feu.
Ni vu, ni connu, je t'embrouille.
C'est de la prestidigation lente et mesurée.
On s'est habitué à la disparition du homard à tel point qu'on ne l'a pas remarquée.
Ce n'est probablement que plusieurs année après que l'on se dit "Tiens il y avait probablement jadis un homard à cet endroit !"
Mais il y a oubli ou prescription.
Pourquoi "à la chinoise" ?
Parce que c'est simplement discret et subtil mais efficace.
C'est donc "chinois".
Et quelque peu en rapport avec Sunzi et les "affaires".
Quelques rappels d'une stratégie déjà bien élaborée depuis belle lurette Et actuellement "affaires" et politique font désormais lit commun.
On y pratique donc, à grande échelle, le "vol à la chinoise".
En 1969 on nous avait promis, d'une part, que les autoroutes seraient gratuites au bout de trente années d'exploitation par le privé et que, d'autre part, les centrales atomiques permettraient d'échapper à la dépendance de l'étranger, donc aux hausses des prix de l'électricité.
Entre temps les autoroutes sont toujours payantes et l'électricité toujours plus chère.
Pour le gaz naturel on devait également pouvoir échapper aux augmentations du prix du pétrole.
Or, actuellement, le gaz provenant de Russie est totalement indexé au prix du pétrole du Moyen Orient et généreusement additionné de gaz inerte afin d'en restreindre le pouvoir comburifère, donc d'en accroître les quantités vendues, le chiffre d'affaire, donc le bénéfice.
Mais personne n'y a vu que du feu et tout le monde, ou presque, passe à la caisse deux fois sinon trois.
On nous annonce désormais que les carburants verts, comme le diester, vont peu à peu envahir les pompes, donc les réservoirs de nos voitures.
Mais bien évidemment ces carburants verts seront taxés au même niveau que les produits pétroliers.
Remplacer, peu à peu, de l'essence par du jus de betterave et continuer à taxer ce produit comme un produit pétrolier pur porc voilà bien un bon vieux "vol à la chinoise" de plus.
Il est vrai que la voiture est un modèle du genre.
En 1900 il suffisait d'acheter une voiture pour rouler en voiture.
Peu de temps après il a fallu donner un numéro minéralogique (donc délivré par le service des mines !) à la voiture en question de manière à la reconnaïtre. Le Préfet de Paris eut donc droit au N° 1 A 74.
Ce numéro fut rapidement assorti d'une carte grise, délivré par la Préfecture, et donnant les caractéristiques de la dite voiture.
Il fut donc rapidement interdit de modifier ce véhicule sauf autorisation de service des mines.
On se rendit compte que tout le monde ne savait pas conduire et fut instauré le permis de conduire. Lequel était délivré par un inspecteur du service des mines.
Ce qui permit assez rapidement de créer les auto-écoles et de faire en sorte que le seul diplôme réellement obligatoire en France ne fut pas obtenu par le biais de l'Education Nationale mais grâce à des officines privées.
Puis on se rendit compte que tout le monde n'était pas assuré et on rendit donc l'assurance obligatoire mais assujettie, par contre, à un taux de TVA correspondant à un produit de luxe.
Entre temps on, instaura la fameuse vignette "pour les vieux" mais qui n'en virent pas le moindre sou.
Elle fut, par ailleurs, récemment et partiellement supprimée ce qui permit d'envisager, rapidement, une nette augmentation de la carte grise.
Les conducteurs étaient désormais assurés mais demeuraient dangereux. On réduisit donc la vitesse et on instaura des contrôles d'alcoolémie puis on distribua des radars.
Ces radars devinrent fixes et replacèrent, avantageusement, une perception de par le chiffre d'affaire engrangé.
Entre temps la ceinture de sécurité fut rendue obligatoire à l'avant puis, récemment, à l'arrière.
Afin de relancer l'industrie automobile de fabrication et de réparation on décréta alors le contrôle technique obligatoire.
Et les sièges pour enfants furent strictement réglementés ainsi que leur place dans le véhicule.
Il faut, désormais, sous peine d'amende, désactiver l'air-bag si ce siège enfant se trouve à l'avant du véhicule.
Et on interdit de téléphoner en conduisant, ce qui ne se faisait évidemment pas à l'époque bénie et lointaine, il y a une quinzaine d'années, où les téléphones étaient fixes ou strictement réservés à des véhicules de grand luxe.
On ne cessa, pendant tout ce temps, de trouver toutes les excuses et les motifs pour augmenter le carburant ceci au travers de taxes.
On envisage désormais de taxer les véhicules dits polluants tout en restreignant depuis de nombreuses années les carburants verts ou en jetant le discrédit sur le GPL et en obligeant le propriétaire à utiliser une bi-carburation.
Et probablement d'interdire la cigarette pendant la conduite du véhicule.
De ce fait dès qu'on entend un coup de sifflet on a une sueur froide et on passe en vue tout ce qu'on a pu oublier.
Un coup de sifflet à un carrefour fait donc sursauter tous les automobilistes présents à ce carrefour.
Mais d'autre part, la police en ayant assez des contestations et manifestations de mauvaise humeur préfère désormais, à la place du sifflet, prendre la photo et laisser faire la préfecture !
Et il convient de payer d'abord pour contester ensuite.
Contestation qui pourra prendre des années pour faire valoir son bon droit puisque les tribunaux sont encombrés..
Allez expliquer au Juge du Tribunal de Police que les parcmètres sont totalement illégaux puisque n'acceptant pas de monnaie ni de billets, ni de cartes bancaires, acceptant uniquement des cartes privatives vendues dans des tabacs-débits de boisson-jeux, donc incitant lors de leur achat à fumer, boire ou jouer.
Cartes privatives illégales sur la voie publique puisqu 'instaurant des différences entre citoyens car distribuées gratuitement aux administrés et amis de la mairie.
Parcmètres illégaux
puisque non vérifiés mensuellement par les services des mines comme il se doit de tous les instruments de poids et mesures présents sur la voie publique.
Parcmètres illégaux puisque dans bien des cas leur présence n'est pas justifiée par un arrêté municipal duement publié.
Et que l'on ne peut constater une infraction grâce à une autre infraction.
Allez expliquer cela au Juge.
Il est, en tous cas, difficile de rouler, assez facile de se faire rouler, difficile de s'arrêter mais plus facile de se faire arrêter !
Et en attendant, passez la monnaie.
Une belle plume où il convient !
Si pour des raisons de sécurité une loi obligeait les conducteurs à exhiber une plume les autruches ne dormiraient pas tranquille.
Santé et sécurité vont de pair comme salutaire et sécuritaire s'entendent comme larrons en foire.
Et dans ce cas là, encore, le vol à la chinoise a fait de nombreux adeptes.
Au début quelques plots en plastique orange et une interdiction temporaire de stationner pour des raisons de sécurité.
C'est la base de vigie-pirate que certains ont rapidement baptisé Maréchal-Nous-Voilà-Pirate (Vichy-pirate)!
Ensuite des barrières métalliques reliées les une aux autres.
Et un beau panneau avec "enlèvement demandé" (par qui ?)
Après des plots de béton et une chaîne.
Enfin un trottoir en grès bien affûté et plus qu'envahissant, des barrières en métal peint en vert et, bien évidemment, une interdiction définitive de stationner puisqu'une impossibilité de stationner et même de rouler, donc de manoeuvrer.
Donc de circuler.
On est passé du provisoire rassurant au définitif contraignant.
Peu à peu, lentement et petit à petit.
Et pour le bien de tous.
On vous a débarrassé du fameux homard
en terre cuite, vous n'allez pas, par dessus le marché, encore vous plaindre !
Et à qui, d'ailleurs pourriez vous vous plaindre ?
Hein à qui ?
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