Très mauvais exemple !
Par Georges Charles

Tintin et le Lotus Bleu


Le volume « Philosophes confucianistes » de la Bibliothèque de la Pléiade (NRF Galimard) fait suite aux « Philosophes taoïstes » I et II.


Il permet de parcourir, sinon de pénétrer, le monde des San Yi où Invisible, Impalpable et Inaudible ne font qu’un.  


Entre taoïsme et bouddhisme le confucianisme n’est pas d’une approche facile.
C’est généralement ce qui rebute le plus les occidentaux à qui on a rabâché que le taoïsme représentait la liberté presque écologique et le bouddhisme le détachement compassionnel sur mesure.


Donc que le confucianisme se limitait à des recettes d’une bonne gouvernance sentencieuse de type balladurienne.


Pas de quoi se motiver sérieusement.


Mais à bien relire certains passages, notamment de la Grande Etude –Daxue  - dont Wang Yang Ming jugeait qu’il s’agissait d’un texte essentiel, on se dit que cette « gouvernance » fait désormais cruellement  défaut et que juste un soupçon de moralité fut-elle confucianiste ne ferait pas de mal dans notre environnement politique actuel.


« Le mandat conféré par le Ciel n’est jamais acquis pour toujours ! »


L’avertissement est pourtant assez clair.


« L’état doit faire preuve de plus d’intérêt pour cultiver les devoirs que pour rechercher des profits. Quand celui qui dirige une nation ne s’applique qu’à amasser des biens matériels, cela vient obligatoirement des hommes médiocres dont il fait grand cas. L’utilisation d’hommes de peu provoque l’arrivée simultanée de fléaux et de malheurs dans la nation en question. Aussi même si il se trouve là d’excellents hommes, ils n’y peuvent déjà plus rien ».


L’exemple de la Belgique nous prouve que ces hommes médiocres, ces hommes de peu sont non seulement nuisibles mais parfaitement inutiles.


Le fait que depuis plus six mois ce pays puisse survivre sans gouvernement et que nous, voisins les plus proches, n’ayons pas été attaqués par des hordes de barbus irresponsables ou par l’armée belge rendue incontrôlable faute de ministre est la preuve éclatante que nos gouvernants ne servent pas à grand-chose si ce n’est que de profiter de notre bienveillance et de nos provendes.


Pas de gouvernement, pas de majorité, pas d’opposition, pas de perte de temps, pas de fausses promesses, pas d’élections truquées ni de référendums inutiles puisque déniés, c’est probablement l’avenir et ce sont, pour une fois, les Belges qui montrent l’exemple que l’impossible n’est plus une utopie.


Quand la soit disant opposition se cantonne à une majorité alternative puisque rien ne changerait si, par le choix des urnes, elle parvenait au pouvoir et que l’opposition réelle se résume à des hystériques  intégristes de tous poils on regrette  presque de ne pouvoir, chez nous, arguer d’une scission linguistique entre Bretons et Alsaciens, donc catholiques et protestants,  pour proposer à tout ce beau monde de prendre de très longues vacances et même une retraite dorée.


Ce n’est plus « Qu’ils s’en aillent tous » qu’il faudrait rédiger mais plutôt « Qu’ils aillent tous… »


Quitte à les payer pour ne surtout plus rien faire que foutre.