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DEGROUPAGE SAUVAGE
ou la Société Anonyme à Irresponsabilité Illimitée
par
Chan Sanyi
 Les joies de la campagne
Comme un certain nombre de nos concitoyens je travaille en ville mais je me suis délocalisé à la campagne.
Cela procure quelques avantages mais implique certains inconvénients.
Notamment une certaine dépendance aux communications téléphoniques.
Et bien évidemment il n'y a pas de réseau pour les portables.
Ce qui implique que celui que nous possédons se transforme en répondeur bas de gamme dès que nous nous éloignons du trou noir intergalactique où se situe notre maison.
Par très beau temps une connexion, barbarisme accepté par le dictionnaire des termes officiels de la langue française édité par le J.O. , est néanmoins possible du cimetière situé sur une butte.
Il y a des privillégiés et des arrangements occultes.
Ou de l'orée du bois située sur la butte en face de celle du cimetière.
Mais entre deux, point de salut puisque la télévision officielle, celle qui implique la redevance, ne peut être captée que par le biais d'une antenne parabolique.
Inutile de préciser que la TNT n'est pas pour la semaine prochaine.
Et que l'ADSLest encore très aléatoire.
Concernant le portable la solution idéale consiste à aller relever les messages, en voiture, sur le parking de la supérette du gros bled local.
Et à ne pas trop divulguer son numéro au risque
de transformer la voiture en standard téléphonique.
Inutile de préciser que la connexion (sic !) Internet est, également, assez aléatoire.
Et fonctionneà peu près normalement lorsqu'il n'y a pas de vent, pas d'orage, pas de perturbation électro-magnétique due à une éruption solaire et quand les deux tiers de la planète ne surchargent pas la ligne.
C'est à dire hors des WE, des jours fériés et des heures de RTT.
Le seul avantage de ce dysfonctionnement est d'être en mesure de prévoir le temps qu'il va faire dans les 48 heures avec beaucoup plus de fiabilité que la météorologie nationale.
Ou que la météo télévisuelle.
Pas besoin de satellite puisqu'un simple modem suffit.
On l'a donc nommé "la grenouille" en mémoire de Jean Rostand.
Connexion normale il va faire beau.
Connexion difficile avis de vent, de grand frai, de tempête
Connexion impossible gros risque d'orages
Pas de connexion du tout : il y a du vent, il pleut, le tonnerre gronde et on est vendredi soir.
Déconnexion en plein téléchargement de l'antivirus : probabilité de tache solaire ou de pot au central téléphonique.
D'un coté comme de l'autre tout dépend plus ou moins du téléphone.
Qui, dans cet espace archéo-rural, directement hérité de Pompidou, est bien évidemment représenté en force par l'opérateur historique.
Celui qui arrive par les fils si harmonieux dans le paysage.
Devenu depuis peu opérateur hystérique à cause de la perte du monopole qui lui assurait jusqu'ici une poule aux oeufs d'or donc une rente facile.
Poule désormais plumée, pour ne pas dire troussée, par renards libéraux sans foi ni loi génériquement nommés FAI, c'est à dire "fournisseurs d'accès Internet".
L'attaque du poulailler
Or l'un de ces renards, qui justement nous founissait l'accès, aléatoire, à Internet eut l'excellente idée de nous proposer, par téléphone, une solution alliant téléphonie et accès internet.
Habituellement ma chère épouse s'occuppe du téléphone, donc du son, et moi d'Internet, donc de l'image.
"Chère Madame et cliente, seriez vous intéressée par le regroupement du téléphone et d'Internet ? Cela vous permettrait de ne plus acquitter d'abonnement téléphonique et de réaliser une substancielle économie ?"
Comme il était question d'Internet, ma femme proposa au démarcheur de me rappeler ultérieurement.
Ce qu'il fit.
Ayant écouté son argument et lui ayant expliqué que notre zone n'était pas dégroupée et que nous ne bénéficions pas de l'ADSL, je lui ai simplement demandé de m'expédier, par voie postale, une documentation.
Ce qu'il promit de faire dans les meilleurs délais.
Nous deviens nous absenter, pour des raisons professionelles, une dizaine de jours.
Et comme toujours dans ce cas, les parents de ma femme vinrent s'installer chez nous afin de profiter de l'air de la campagne, ils habitent dans le treizième, et pour se charger de la ménagerie généralement habituelle aux gens résidant toute l'année en zone rurale.
Il est en effet impossible de trouver du Bio à la campagne où l'achat de yaourts au soja
vous assimile immédiatement à une dangereuse secte, ou, ce qui est pire encore, à des militants écolos de tendance Waechter.
Acht !
Au bout de quelques jours nous nous sommes quand même étonnés de ne pas recevoir de leurs nouvelles et de ne pouvoir les joindre par téléphone, celui-ci sonnant occuppé.
Comme nous étions chez des amis, en zone rurale de montagne, qui n'avaient pas de réseau pour le portable, c'est en consultant nos messages sur le parking de la supérette locale que les parents, quelque peu paniqués, nous apprirent que le téléphone avait été coupé.
Ce genre de gag s'était déjà produit il y a une trentaine d'années lorsque, à l'occasion d'un stage à l'Ile d'Aix au mois d'août, où nous avions eu le tort d'y faire suivre notre courrier.
Lequel est bien évidemment arrivé une bonne semaine après notre départ et nous est revenu, tranquillement, à notre domicile une dizaine de jours plus tard.
Avec la facture de téléphone qui, bien évidemment, n'avait pas été réglée.
Donc un retard de réglement d'une petite semaine.
Ce qui, bien évidemment occasionna unilatérallement et irrémédiablement la rupture du contrat
puis la réinstallation, payante, de la ligne téléphonique.
Et ceci malgrè nos explications et les preuves matérielles de notre bonne foi.
Sympa, le Service Public !
Il est vrai, qu'à l'époque, j'avais été obligé de fournir une attestation de mon employeur pour faire installer la ligne que j'attendais depuis six mois.
Mais il y a prescription.
C'était il y a bien longtemps, au précédent millénaire.
On vous a dégroupir !
Toujours du parking de la supérette locale, grâce au fameux portable, nous avons eu la surprise d'apprendre, qu'à la demande de notre fournisseur envers l'opérateur historique, nous avions été totalement dégroupés.
C'est à dire que la ligne téléphonique et que l'accès Internet avaient été coupés.
Sans autre forme de procès.
Nous apprimes également que, heureusement, nous bénéficions d'appels gratuits à partir de notre ligne téléphonique fixe.
Qui venait malheureusement d'être coupée.
Et que les appels à partir d'un portable étaient non seulement payants mais surtaxés.
Nous avons néanmoins essayé d'en apprendre un peu plus sur ce dégroupage total et néanmoins sauvage.
Puisqu'effectué sans notre demande ni notre consentement.
Et sans qu'aucun papier n'ait été rempli ni signé.
Et nous avons rapidement constaté que nos deux fournisseurs
se rejettaient la baballe avec la plus grande dextérité.
Pas besoin d'être Bernard Laporte pour constater que les passes entre les deux larrons étaient dignes des All Blacks.
Donc parfaitement huilées avec le rôle du bon et celui du méchant.
Alternativement.
Et que la téléphonie crapoteuse fonctionnait fort bien et pour pas très cher puisque nos interlocuteurs et interlocutrices, jamais les mêmes, nous répondaient de divers pays francophone probablement situés sur le continent africain.
Oui, oui, oui. Africain !
Et en nous déballant un baratin issu d'une formation accélérée
qui n'aboutissait jamais à la moindre ébauche de solution pratique.
Avec, de plus, la particularité du fait que les correspondants de l'opérateur historique se devaient de nous faire, sympathiquement, la morale.
"Vous avez demandé à être dégroupés, cela a été fait, il fallait y réflèchir avant. Vous êtes tous les mêmes vous voulez pas payer et après vous venez vous plaindre quand ça ne fonctionne pas..."
Authentique.
A notre retour nous avons découvert, dans notre boîte à lettres, un modem hideux nommé "box", ressemblant à un grille pain des années soixante, mais en plastic livide, et la fameuse documentation, parfaitement incompréhensible, sauf par le rédacteur de la dernière constitution européenne.
Donc par un gnôme wagnérien.
Faute de mieux pour tenter de récupérer le téléphone et la connexion Internet nous avons donc branché la fameuse "boite" livide .
Qui bien évidemment, en dépit de sa tentative désespérée de ressembler à un sapin de Noël chez Emmaüs, ne fut jamais en mesure de rétablir les communications perdues.
Malgrè les conseils avisés, et payants, d'un technicien téléphonique à géométrie variable.
"Ecoutez moi, Monsieur, écoutez moi bien. ne vous fâchez pas. Votre ordinateur est-il bien branché ? Etes vous bien assis en face ? Voyez vous bien l'écran. Ne vous fâchez pas Monsieur, je fais mon boulot, c'est tout. Je vous pose les bonnes questions sans lesquelles vous ne pourrez pas résoudre votre problème. Je répète. Votre ordinateur est-il bien branché ?...."
Ou
"Ouais, là, super, c'est super. Bon. On va voir. Est-ce qu'à coté du DNS le protocole du serveur SNTP comporte bien la notion du nom de domaine qui doit être le même que celui du serveur pop sauf que c'est smpt au lieu de pop ? C'est bon ? C'est pas bon ? Bon super, on va voir autre chose. Bon, on va voir...."
Qui au bout de multiples essais finit par admettre que nous ne pouvions pas être dégroupés.
Donc que la proposition initiale ne pouvait pas nous concerner.
Que nous avions été dégroupir alors que c'était même pas possible.
Et que nous devions simplement renvoyer l'engin livide et retrouver une ligne de téléphone normale, c'est à dire nécessitant un abonnement normal.
Donc retour à la case départ.
L'opérateur hystérique se venge de la concurrence sur le dos de la bête
Sauf que notre fournisseur originel, donc l'opérateur hystérique, nous informa qu'il avait revendu notre numéro de téléphone et qu'il convenait donc de réinstaller la ligne, moyennant finances, avec un nouveau numéro.
Et un bon délai d'attente estimé entre deux ou trois semaines.
Si tout se passait bien.
Ce qui est très plaisant
lorsque le portable ne dispose pas de réseau pas et qu'Internet est un outil de travail indispensable.
Ce qui nous obligea à passer le plus clair de notre temps sur le parking de la supérette pour le téléphone et à la bibliothèque municipale du bled le plus proche pour la connexion Internet.
Suite à de multiples correspondances téléphoniques et épistolaires la ligne téléphonique fut reconstituée.
Avec notre ancien numéro.
Ce qui prit quand même quinze jours.
Et la connexion internet rétablie en un mois, jour pour jour.
Après de multiples visites à l'agence commerciale locale distante de 25 km et, toujours, les leçons de morale.
Sans parler de divers essais foireux à partir de modems, vendus en boutique, et ne disposant pas même de connexion USB.
Et toujours avec une certaine compétence commerciale mais pas la moindre connaissance technique utile.
Il fut donc convenu qu'un technicien "compétent" viendrait se charger sur site de l'installation.
Ce qu'il fit assez rapidement mais simplement pour constater que le modèle du modem ne correspondait pas à la norme de son système d'installation.
Il nous demanda donc d'aller chercher en boutique, une cinquantaine de KM aller-retour au bas mot, la fameuse boite qui permettrait, enfin, de résoudre le problème.
Donc retour à la case 2 après une heure de queue dans un local ressemblant à un wagon de métro à la gare Montparnasse un vendredi soir à 17H48.
Les places assises en moins.
La vente de la fameuse boite était, bien évidemment, assortie de multiples options additionnelles et nécessitait, en plus, un relevé d'identité bancaire.
Donc avec l'obligation manifeste de payer par virement.
On nous expliqua que l'intervention du technicien était payante mais que nous pouvions en réduire le coût en souscrivant à une option mensuelle d'entretient.
Ce qui, lorsqu'on n'a pas un couteau sous la gorge, peut être juridiquement assimilé à un abus caractérisé de vente subordonnée.
Mais qui semble désormais la norme sinon la règle.
Le "technicien" des "Experts" à la rescousse.
Après avoir rempli ces formalités et signé bon nombre de documents en multiples exemplaires, si pour couper la ligne un simple coup de fil anonyme suffit pour la rétablir il en va autrement question paperasserie, on nous annonça avec un grand sourire qu'on allait convenir d'un rendez vous avec le fameux technicien.
La semaine prochaine.
Comme le climat s'était brusquement refroidi, bien que risquant sérieusement de tourner à l'orage, "on" finit par joindre le dit technicien qui accepta de passer le lendemain matin.
Ce qu'il fit à notre grand soulagement.
C'était, il est vrai, le premier type sympa et compétent, semblant sortir directement de la série "Les experts", donc un vrai technicien, que nous ayons rencontré depuis le début de la mésaventure.
J'allais dire le premier vrai humain, ce qui n'est pas sympathique pour les démarcheurs et les commerciaux auxquels nous avion eu affaire et qui vous considèrent avec l'intérêt d'un boucher pour le veau, l'imaginant déjà avec la langue sur le coté, la pomme dans la buche et le persil dans les oreilles.
Notre fameux technicien expert, visiblement compétent, a tout de même passé pas loin d'une heure trente à configurer le zinzin.
On imagine avec quelle facilité déconcertante Madame Zonzon y serait parvenue sans le secours de l'Homme de l'Art !
En fait pas de technicien pas de connexion.
Et c'est pas le dépliant en langage de Mickey, donc uniquement illustré type BD, qui aurait remplacé celui-ci !
Peut-être, éventuellement la Hot-line.
Mais à condition d'être connexé ( ou connecté ?)
Ce qui n'est pas le cas sans l'intervention dudit technicien.
Lequel nécessite un abonnement.
Et qui se livrera à l'installation UNIQUEMENT si votre matos est strictement conforme.
Donc acheté à la boutique.
Si c'est pas une forme de racket organisé moi je suis Minnie Mouse.
Je suis aussi un crétin des Alpes élevé au sein par Nicolas Hulot !
C'est vrai que je suis un peu dépassé par la technique et surtout par le virtuel.
Mais j'ai commencé à travailler avec une machine à écrire mécanique et anglaise, qui provenait de mon grand-père, et qui m'obligeait à ajouter les accents à la main sur les articles que je remettais à la presse.
Ensuite j'ai utilisé une machine électrique que nous avions acheté d'occasion.
Un réel progrès dans le genre semi-automatique.
Après une machine à écrire à marguerite, ce qui permettait de changer les caractères moyennant de bien se salir les doigts.
Et qui faisait penser à une mitraillette à tambour style Chicago anées 30.
Puis, le summum de ce qui se faisait de mieux à l'époque, avec le Python 357 Magnum, une IBM à boules !
Presque une mitrailleuse lourde.
Enfin, un élevage entre une machine à écrire et un minitel, le videowriter Philips.
Dont, soit dit en passant, plus personne sur la planète, y compris dans les IUT de technologie les plus performants, ou sur Mars, ne peut lire les disquettes qui sont donc devenues des archives totalement inutilisables.
Involontairement et infailliblement cryptées.
J'ai envisagé un moment de récupérer une Enigma ou de les envoyer, anonymement, au Général Rondeau afin qu'elles soient saisies et décryptées par un service compétent. Mais j'ai, depuis, renoncé à ce projet ne tenant pas à me retrouver accusé d'avoir balancé les vrais-faux listings a Van Ruynbeck.
Pour en arriver à Amstrad, cher à Alain Juppé, puis aux diverses versions jaunes sur fond vert, où il fallait passer par le DOS pour rédiger une lettre, pour parvenir, enfin, à Windows.
Qui m'avait été imposé au détriment de la pomme par un patron de presse tyranique.
Ce qui implique près de vingt années de travail sur l'ordinateur et probablement une quinzaine sur Internet.
Ce qui n'empêchait pas mes interlocuteurs téléphoniques de me faire passer pour un crétin des Alpes ou un Pithécantrophe dégelé par le réchauffement climatique et élevé, au sein, par Nicolas Hulot.
Donc un arriéré irrécupérable.
Tout cela pour un simple démarchage téléphonique.
Elle est pour qui la facture ?
A ce jour, je ne connais pas encore exactement le montant de la facture
occasionée par cette petite plaisanterie digne de Brasil, d'Orwell et de Kafka.
Mais je connais le temps et l'énergie que nous avons perdus, ma femme et moi.
Et la mauvaise humeur, au sens propre du terme, que cela a engendré.
Sans compter celles et ceux qui ont cherché, vainement, à nous joindre pour des raisons familliales, affectives, amicales, associatives, professionelles.
Et tout cela grâce à un démarcheur téléphonique payé au pourcentage.
Qui avant aurait vendu, au porte à porte, des balais brosses fabriqués en prison ou des encyclopédies ringardes mais hors de prix.
A ce niveau ce n'est plus du démarchage mais du raccolage sur la voie publique.
Et les opérateurs, historiques ou non, se conduisent comme des maquereaux avec la complicité évidente des services publics qui ferment l'oeil sur ces méthodes de voyous.
Et qui autorisent n'importe qui à faire n'importe quoi sous le prétexte de la libéralisation du marché.
Il existe une commission Informatique et Liberté.
La première des libertés en informatique est de bénéficier normalement de la capacité de communiquer et non de voir celle-ci restreinte brutalement et de façon totalement arbitraire par un abruti.
Ce qui apparente cette cessation de liberté à celle qui existe dans les systèmes facistes.
Donc dépendant du bon vouloir d'une autorité tentaculaire et incontrôlable.
Le monde merveilleux de James Bond...sans James bond.
On vit dans un monde merveilleux s'apparentant à celui de James Bond.
Tous ses films ont une constante : un mégalomane de type Blofeld s'apprète à devenir maître de toutes les communications : éditions, presse, téléphone, radio, cinéma, télévision et à établir son pouvoir absolu et mégalomaniaque au dessus et au delà de tous les systèmes politiques et économiques.
Donc de devenir, enfin, le Maître du Monde.
Mais, heureusement, James Bond n'est pas dupe et finit par contrarier les plans de Blofeld ou de ses avatars.
Et tout finit par une explosion titanesque où le rêve du méchant, sinon le méchant lui-même, finit en fumée.
Et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Les écrivains écrivent, les journalistes refont proprement leur boulot, la radio informe à nouveau les chers zauditeurs et la télévision redevient ce qu'elle n'aurait jamais du cesser être.
On redevient donc content d'acheter un livre, d'ouvrir son quotidien, de tourner le bouton de son transistor et de payer la redevance qui permet aux hommes politiques de ne pas totalement disparaître du petit écran au profit de séries brésiliennes.
Mais, malheureusement James Bond est au Bahamas où il coule désormais une retraite paisible en tant qu'actionnaire d'un fond de pension californien.
Blofeld, jugé incompétent, a été rétrogradé du rang de Maître du Monde et dirige désormais, sous un autre nom bizarre, une importante société de construction automobile qui d'ailleurs ne va pas trop bien.
Moi, de mon coté, je me sens quelque peu démobilisé malgrè le matricule à double zéro que m'a imposé non nouveau fournisseur d'accès pensant probablement me faire plaisir.
Et on se retrouve finalement dans le monde merveilleux de James Bond.
Mais sans James Bond !
Alors quand vous achéterez un livre, que vous ouvrirez votre journal, que vous écouterez votre radio ou que vous regarderez votre télévision pensez un instant à Blofeld et au SMERCH.
Vous ne l'avez pas échappé belle il a simplement été viré et remplacé par plus efficace encore.
Mais surtout, surtout, lorsque vous décrocherez votre téléphone, soyez prudent, c'est peut-être un démarcheur qui va, irrémédiablement, vous plonger au coeur de la cinquième dimension, celle de l'universel, de l'éternel, de l'infini, de l'absolu, de l'innomable, chère au Audiard.
Celle qui ne connaît ni début, ni fin, ni limite.
Celle de la connerie humaine.
Une réponse, non une riposte, simple, efficace, définitive !
Celle qui implique une réponse mécanique simple et définitive à inscrire nécessairement près de votre téléphone :
" Je ne réponds plus à aucun démarchage.
Salut."
Et au raccrochage immédiat du téléphone.
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