|
Quelques constatations concernant les
représentations de la Bête
et la topographie en cause.
Lorsqu'on examine attentivement les gravures d'époque,
on se rend rapidement compte qu'elles demeurent avant tout très
conventionnelles et qu'elles respectent, c'est normal, des critères
artistiques particuliers à cette période dite "classique".
On remarque, par
exemple, qu'on ne sait pas encore représenter un enfant autrement
qu'avec une tête d'adulte.
Tous les gamins ont donc l'air de petits
vieux très fatigués (voire la gravure représentant
le combat de Portefaix contre la Bête !).

Une bande de petits vieux fatigués et un gros caniche !
Les animaux eux-mêmes,
c'est particulièrement remarquable pour les chevaux, possèdent
une tête et des membres disproportionnés pour le corps.
En
un mot comme en cent, le corps est trop gros , la tête et les membres
trop petits.
Dans le cas du cheval il s'agit d'un animal fort connu et
très représenté.
En ce qui concerne la Bête,
évidemment, l'artiste ne pouvait se fier qu'à des descriptions
de seconde main, donc baser son étude sur des représentations
conventionnelles généralement issues de l'art hiéraldique,
le seul à représenter des animaux étranges, inconnus
ou extraordinaires.
La plupart des représentations de la Bête
suivent donc des critères n'ayant que peu de rapport avec les sciences
naturelles ou l'anatomie comparée.
Elle est généralement
représentée, comme il se doit dans les armes, rampante donc
dressée sur les pattes arrières, armée avec des griffes
de lion, lampassée c'est à dire tirant la langue, vilenée
puisqu'on en voit le sexe et allumée avec des yeux de braise !
Au début elle ressemble à tout et à n'importe quoi
en passant par le caniche, la gargouille, la tarasque, le crocodile, le
griffon et, à vrai dire, tend plutôt à faire sourire
qu'à inspirer la terreur.
Quelques graveurs allemands finissent
par lui donner un air beaucoup plus féroce la faisant ressembler
à un bas rouge ou un lévrier.
Puis tout à coup un graveur français trouve un modèle
beaucoup plus convainquant, assez proche il fait le dire, du grand méchant
loup cher à Walt Disney et à Tex Avery, poitrail puissant,
oeil de braise, gueule démesurée et amplement barbouillée
de rouge à lèvres, pattes puissantes et griffues à
souhait.
En fait l'exagération de la fameuse Bête présentée
par Monsieur Antoine au Roi et à à la Famille Royale.
Bête
dont on sait maintenant avec certitude qu'elle fut amplement "améliorée"
lors de son empaillage.
A partir de ce moment la Bête possède un portrait robot bien
pratique puisque facile à reproduire dans sa grande simplicité.
C'est presque un "Toon" (carton de bande dessinée) avant
la lettre.
Puisque la "Bête" empaillée avait été probablement
réalisée à partir d'un grand loup des Carpathes,
complaisamment fourni par le Jardin des Plantes et Monsieur de Buffon,
et constituant le "fameux secours" attendu avec tant d'impatience
par Monsieur Antoine et ses sbires, le loup se retrouve implicitement
impliqué dans cette affaire.
Un loup énorme et bizarre,
certes, mais un loup !
La plupart des estampes d'époque accusent
nominalement la hyène !
Pourquoi ne le dit on pas clairement ?
Lorsqu'on examine avec plus d'attention la plupart des estampes représentant
cette fameuse "bête" on y trouve la mention non équivoque
de la hyène.
L'une des plus connue d'entre toutes explique "Figure
de la bête féroce nommée hyène qui dévore
les hommes et principalement les femmes et les enfants...".
L'une des figures connues représentant Monsieur Antoine et le garde
de Monsieur le Duc d'Orléans un certain Ranhard (ou Rinhard) porte
la légende : "Représentation de la bête féroce
nommée hiene" .
Et, de fait, l'animal représenté
sur l'estampe comporte une crinière, de nombreuses taches et une
tête fort ressemblant à celle d'une hyène.
Une autre
figure la montrant avec un chien porte la mention "Véritable
figure de la bête féroce nommée hiene et description
de l'hiene -A Paris chez Basset, Rue Saint Jacques - )
La revue médicale Aesculape proposait une gravure portant cette
mention "Hyenne - animal féroce qui ravage le Gévaudan
depuis 1764 telle qu'on l'a envoyée à la Cour ".

Une
autre encore "Bête furieuse que l'on suppose être une
hiene qui désole depuis six mois les pays du Gévaudan, d'Auvergne
et du Languedoc".
Concernant ces estampes d'époque le qualificatif qui se répète
le plus souvent après celui de "bête" est celui
de "hyène".
C'est un fait vérifiable.
Il est également
de fait que l'on éprouve alors de grandes difficultés à
s'entendre sur l'orthographe de hiène qui devient hiene, hiènne,
hyenne, yenne, iène, hÿenne.
Bête est plus facile à écrire.
Loup également.
Mais dans ce cas il convient de remarquer qu'aucune
de estampes ne met en cause le loup.
Une répartition administrative et topographique différente de la nôtre !
Concernant la topographie précise des attaques de la bête
sur le terrain, il convient d'être prudent car la plupart des compte
rendus d'époque les situent à la fois sur la paroisse et
sur le lieu dit.
Or la répartition des villages par paroisse est
fort différente à l'époque de ce qu'elle est aujourd'hui.
Si l'on prend le cas du village de Dièges, par exemple, bien que
situé à proximité de Paulhac en Margeride il était,
à l'époque, rattaché à la paroisse de Saugues
pourtant éloignée d'une quinzaine de Km.
Une attaque se déroulant à quelques centaines de mètres de Paulhac était alors officiellement répértoriée sur le territoire de Saugues...donc pour certains historiens à Saugues !
La ferme de la
Vachellerie, plus éloignée de Paulhac que Dièges
était par contre rattachée à la paroisse de Paulhac.
Il existe un autre lieu dit La Vachellerie (D 589) à proximité
de Saugues et qui était rattaché, quant à lui, à
la paroisse de Saugues.
Il en va de même concernant les fameuses "sognes" rendues
célèbres par la "Sogne d'Auvers" où Jean
Chastel est censé avoir abattu la "vraie Bête du Gévaudan".
Or, sur la paroisse d'Auvers il n'existe
aucune sogne si ce n'est celle justement désignée par les
habitants de ce village fort sympathique au demeurant et qui a le privilège
d'accueillir la très fameuse statue de la Bête réalisée
par le sculpteur Ph. Kaeppelin et un sympathique musée justement
consacré à la Bête !
Comme nous le signalons, l'épisode décrit par la statue
et impliquant "la pucelle du Gévaudan" , alias Marie
Jeanne Valet, la bonne du curé de Paulhac, devrait se situer à
Paulhac et non à Auvers.
Dans ce cas pourquoi la Sogne ne se situerait-elle pas à Paulhac ?
A Auvers, normalement, devrait se trouver la statue de Jean Chastel tuant
la bête sur la fameuse Sogne
Même en cherchant bien sur les
cartes anciennes pas plus de statue de Jean Chastel que de Sogne d'Auvers
à Auvers !
Si ce n'est une vague clairière désignée
comme telle dans un consensus assez mou et dont l'entrée du chemin
est constitué par une décharge sauvage ne motivant pas trop
le tourisme pédestre !

La décharge au pied du chemin menant à la "Sogne d'Auvers" (août 2006)
On ne peut pas dire que ce soit un lieu fort touristique !
Des sognes, on en trouve, par contre deux autres sur les cartes anciennes et actuelles :
la sogne du Pou à
Nozeyrolles ;
La Sogne - entre Les Chazettes et Lesbinières
.
Or à Nozeyrolles comme à Lesbinières et à
Desges il existe un lieu dit "le bois noir".
Suivant les cartes
actuelles et les cartes d'époque, n'en déplaise aux habitants
d'Auvers, les deux sognes situées à proximité d'un
"bois noir" sont justement la Sogne du Pou située sur
la commune de Nozeyrolles et la Sogne située sur la commune de
Lesbinières.
Le rapport du Maître Marin rédigé à Besques le 20 juin 1767 affirme :
"Sur les dix heures un quart du matin du jour d'hier, 19 juin du
présent mois, cet animal féroce se serait présenté
à un chasseur nommé Jean Chastel du lieu et paroisse de
la Besseyre Saint Mary, lequel tira un coup de fusil à cet animal
duquel il tomba mort au bord de la forêt appelée La Ténazeyre,
en la paroisse de Nozeyrolles".
Il s'agit du compte rendu original et originel.
Ce n'est que plus tard,
en 1889 que l'Abbé Pourcher évoquera, pour la première
fois la fameuse "Sogne d'Auvers".
Il tenait ce détail
d'une de ses tantes, Agnès Pourcher, soeur du Tiers-Ordre.
Mais
que dit plus précisément le compte rendu de la chasse du
Marquis d'Apchier (ou Apcher !) :
"Cette bête ayant encore
parue dans la paroisse de Nozeyrolles et la paroisse de Desges, le 18 du
présent mois et dévoré un enfant ce même jour,
Monsieur le Marquis d'Apchier en aurait été averti et serait
parti ce même jour 18 du présent mois sur les 11 heures du
soir avec quelques chasseurs de sa maison et quelques autres de ses terres
qu'il assembla précipitamment, en tout au nombre de 12, s'étant
transporté dans sa forêt sur la montagne de Margeride".
La dernière victime, une certaine Jeanne Bastide fut précisément
attaquée et tuée entre Desges et Lesbinière sur les
bords de la Gourgayre entre La Gazelle et La Grange.
Le Marquis d'Apchier
et ses hommes vinrent évidemment sur place constater le fait, acculant
la Bête vers le fond de la vallée.
Elle put se dissimuler
dans le "bois noir" et échapper, dans un premier temps
aux recherches, puis elle décida de remonter vers le Mont Mouchet.
Ce faisant elle emprunta le chemin forestier de Lesbinière, seule
voie d'accès à la vallée située entre deux
falaises abruptes, longea le "bois noir" et déboucha
de celui-ci sur le lieu dit "La Sogne" où Jean Chastel
l'attendait, posté.
Il connaissait parfaitement la région
et savait qu'en remontant de Desges vers Le Mouchet il la trouverait à
cet endroit précis.
Le Marquis d'Apchier et ses chasseurs ne pouvaient pas emprunter ce chemin
particulièrement abrupt, les contraignant à faire un long
détour par le Bois de la Barthe.
Ce qui laissa probablement à
Jean Chastel le temps d'aller terminer une fois pour toute cette affaire
et, comme d'aucune le suggèrent désormais, en réglant
définitivement le compte de son frère, Pierre Chastel, né
le 4 mai 1714 et accusé du meurtre de son neveu, Joseph Pascal,
charpentier à Pompeyrin, en fuite, et ayant fait l'objet d'une
condamnation à mort par contumace le 26 mai 1745.
Etrange famille
Chastel qui compte encore quelques descendants lointains.
Il est possible que ce dernier lascar, ce Pierre Chastel, soit, en fait,
celui qui régissait la Bête, ou plutôt "les bêtes"
, au profit d'un haut personnage.
Il est fort probable, également
qu'il agissait avec l'aide de Jean Chastel et de ses deux fils et que
Jean Chastel ait eu l'ordre d'arrêter le massacre et que Pierre
ne put s'y résoudre ne fut-ce que pour nourrir ses bêtes
qui avaient pris le goût de la chair humaine.
Il est fort possible, également, que ces bêtes féroces
aient été particulièrement attachées à
ce maître qui vivait en reclus dans les caches nombreuses du Mont
Mouchet et de la Desges et que attachement ait été réciproque.
Ce n'est qu'en dernier recours que Jean Chastel décida donc d'abbatre
l'une de ces dernières bêtes puis, probablement, son frère
et ceci avec l'aide de ses fils.
Ceux-ci n'eurent d'autre solution que de se tenir tranquille et de se
faire oublier.
Mais nul ne pourra jamais en apporter la preuve.
Ce que le rapport Marin affirme, par contre c'est que l'animal tué
par Jean Chastel n'était pas un loup :
"Plusieurs chasseurs et beaucoup de personnes
connaisseuses nous ont effectivement fait remarquer que cet animal n'a
des ressemblances avec un loup que par la queue et le derrière
: ses yeux ont une membrane singulière qui part de la partie inférieure
de l'orbite venant au gré de l'animal recouvrir le globe de l'oeil.
Son col est recouvert d'un poil très épais d'un gris roussâtre
traversé de quelques bandes noires.
Il a sur le poitrail une grande
marque blanche en forme de coeur...
Cela nous parut une observation remarquable
parce que, de l'avis de ces mêmes (chasseurs ) (rayé dans
le texte) personnes connaisseuses et de tous les chasseurs, on n'a jamais
vu aux loups de pareilles couleurs...".
Si on excepte le fait que cela ressemble bougrement à une hyène
rayée on voit que le loup, fort bien connu des interlocuteurs
du Maître Marin, est largement disculpé par ce fameux rapport,
l'une des rares pièces d'origine que l'on peut consulter !
Un autre document d'époque, concernant cette fameuse Bête
de Jean Chastel, cité par François Fabre, est non moins
explicite :
"Il fit son examen*, il observa que la tête
était monstrueuse, d'une forme carrée beaucoup plus large
et plus longue que celle du loup ordinaire, le museau un peu obtus, les
oreilles droites et larges à la base, les yeux noirs et garnis
d'une membrane saillante très singulière.
C'était
un prolongement des muscles inférieurs de l'oeil.
Ces membranes
servaient à recouvrir à volonté les deux orbites
en se relevant et en se glissant par dessous les paupières.
L'ouverture
de la gueule était très grande, les dents incisives semblables
à celle d'un chien, les grosses dents serrées et inégales,
le col très large et très court garni d'un poil rude extrêmement
long avec une bande transversale noire descendant jusqu'aux épaules.
Le train de derrière ressemblant assez à celui d'un loup,
excepté l'énorme grosseur, les jambes de devant plus courtes
que celles de derrière, plus levrettées que celle d'un loup
ordinaire et couvertes, ainsi que le devant de la tête d'un poil
fauve, ras et lisse, précisément de la couleur de celles
d'un chevreuil.
Le poil du corps fort épais et long, d'une couleur
grisâtre tachetée de noir.
L'animal avait sur la poitrine
une grande tache blanche ayant la forme parfaite d'un coeur".
* Monsieur le comte de la M***
-Archives départementales du Puy de Dôme - Lettre écrite
d'Auvergne à Monsieur le comte de M*** au sujet de la destruction
de la vraie bête féroce. Langeac 6 juillet 1767.
Soulignons qu'il ne s'agit pas d'un "portrait robot" exécuté
par un quelconque ordinateur à partir de données confuses
et diffuses mais du rapport personnel d'un témoin capital ayant
assisté à l'autopsie de l'animal.
Inutile de déranger Sherlock Holmes pour constater, malgrè
toutes les dénégations offusquées, qu'il s'agit ici
beaucoup plus d'une hyène, ou d'un hybride, que d'un loup.
Concernant la hyène, on nous la présente généralement
comme un moyen charognard assez couard en l'opposant à la noblesse
du grand fauve qu'est le lion.
Or, il existe plusieurs espèces
de hyènes, à rayures, à bandes ou barrées,
tachetées, brunes, des sables. Parmi les hyènes à
bandes et tachetées les spécimen adultes peuvent atteindre
les 90 Kg et ont une mâchoire dix fois plus puissante que celle
du plus gros loup.
Elles peuvent facilement enlever une proie de la taille
d'un adolescent et le porter sur plusieurs centaines de mètres.
Elles sont très agressives et, de ce fait, beaucoup plus craintes
que le lion par ceux et celle qui la côtoient, en Afrique.
Il s'agit
donc d'un réel prédateur puissant, rapide, dangereux dont
le cri, ressemblant au hennissement d'un cheval accompagné d'un
rire sardonique, glace le sans dans les veines.
Or, c'est justement le
cri terrible que de nombreux témoins prêtèrent à
la Bête.
De nombreux textes attestent qu'elle supporte très
bien le froid et, ce qui est encore plus étonnant, la captivité.
Des hyènes capturées très jeunes peuvent donc tout
à fait s'apprivoiser et se comporter comme un chien domestique
.
Cela se fait encore en Afrique où des femmes adoptent une jeune
hyène dans le but de se faire protéger. Mais il est admis
que, dans la plupart des cas, ces hyènes deviennent irascibles,
dangereuses, jalouses et agressives.

Hiène tachetée africaine : le portrait
de la bête tout craché !
Voici, par exemple ce qu'affirme A.E. Brehm dans un ouvrage presque contemporain
de l'époque de la Bête
"Merveilles de la nature- l'homme et les animaux - IV volumes Paris
Librairie J.B. Baillère et Fils (1828)
- collection de l'auteur
Captivité :" Prises toutes jeunes les hyènes
peuvent s'apprivoiser et vivre en captivité ; mais presque toutes
en vieillissant deviennent cataractées et irracibles, donc fort
dangereuses. Cependant d'après John Franklin, l'hyène se
rencontre en Afrique dans la maison de quelques colons où elle
est préférée au chien lui-même à cause
de son attachement, de sa sagacité et de ses précieuses
qualités pour la chasse. L'évêque Hebert, dit-il,
a connu dans l'Inde un gentleman anglais, M. Troill qui était suivi,
depuis plusieurs années par une hyène tachetée, comme
par le plus fidèle et le plus diligent des amis. Cette rencontre
arracha même au bon évêque l'exclamation que voici
"Et l'on dira que cet animal est incapable de s'apprivoiser !"
Je me souvient moi-même d'avoir vu, il y a quelques années,
à Exeter, une hyène si parfaitement privée, qu'on
lui permettait de se promener librement. J'ai moi-même acheté
deux hyènes à Khartoum. Trois mois après, je jouais
avec elles comme avec un chien sans avoir à en redouter la moindre
attaque. Elles m'aimaient plus de jour en jour et montraient la plus grande
joie quand je m'approchais d'elles. Lorsque je rentrais dans leur écurie,
elles se levaient en poussant des cris de joie, gambadaient autour de
moi, me posant les pattes de devant sur les épaules elles me flairaient
le visage et levaient leur queue en l'air. C'était leur manière
de me saluer et je pu, maintes fois, remarquer qu'elles manifestaient
ainsi leur contentement. En un mot j'ai pu voir par elles que les hyènes
sont capables d'affection et d'attachement."
Notons ici la notion de cataractées. Il s'agit d'une membrane qui recouvre peu à peu l'oeil de la hyène, particularité que l'on retrouve dans le rapport Marin et qui, à priori, ne concerne pas le loup.

Hyène tachetée africaine : Quand
même une belle bête !
Ce qui est confirmé par Monsieur Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire,
conservateur du Muséum d'Histoire Naturelle et du Jardin des Plantes
dans une lettre à M. E. Deschanel à propos des Jardins zoologiques
d'acclimatation.
"Ce que vous dites des hyènes, tant calomniées,
m'a rappelé un fait qui m'a beaucoup amusé.
Mon ancien camarade
Romieu raconta triomphalement comme quoi il était parvenu à
adoucir nos hyènes du Jardin des Plantes, à force de gâteaux
et de câlineries de voix; à ce point d'être arrivé
à les toucher le troisième jour.
Or deux d'entre-elles existent
toujours et je ne vais jamais à la ménagerie sans les caresser
car elle me reconnaissent fort bien".
Monsieur Etienne Geoffroy-Saint-Hilaire (1772 1844) n'est pas le premier
venu dans le monde assez fermé de la zoologie et des amis des animaux.
Professeur de zoologie et naturaliste au Muséum, il fonda la ménagerie
du Jardin des Plantes, Membre de l'Institut il créa l'embryologie.
Il serait donc difficile de mettre sa parole en doute !

La hyène rayée du Cap
Une rencontre peu rassurante surtout au coin d'un
bois noir !
Bestiau pesant près de 80 kg et fort bien
apprivoisable si l'on en croit Monsieur Geoffroy-Saint-Hilaire fondateur
de la ménagerie du Jardin des Plantes !
|