Probablement une association hommes et animaux !

La Bête vue par Gérard Lattier dans "Une histoire de la Bête du Gévaudan racontée et peinte
par Gérard Lattier Aux Editions de Candide (1996)
Si on ne doit lire qu'un seul ouvrage sur la Bête c'est nécessairement celui-ci !
Score de la Bête 107 à zéro !
L’hypothèse récente
de R.F. Dubois (Vie et mort de la bête du Gévaudan 1988 réed.
1991)
" la bête pourrait-elle être une association homme/animal
ou hommes/animal ou homme/animaux ou bien encore hommes/animaux "
Il est donc plus que plausible que la dernière solution soit probablement
la bonne.
Plusieurs enquêtes, bien évidemment sans la moindre preuve
( !), tournent autour des Chastel qui étaient, par le biais de Madame d'Apcher (ou Apchier en Langue d'Oc), au service du
Comte de Morangiès et du marquis d’Apcher, donc de très
hauts personnages très influents dans la région.
Mais,
après plus de deux siècles, ceci est une hypothèse
qui est toujours soigneusement évitée sinon inconcevable.
En un mot comme en cent, tout concorde pour qu’il s’agisse,
en fait, d’une bande organisée disposant de nombreux repaires et
bénéficiant d’une certaine impunité ainsi que de
renseignements précis sur les recherches et battues en cours
.
Cela n’exclut nullement, au contraire, l’utilisation de loups, de chiens
dressés, d'une hyène ou d'hybrides dressés à l’attaque et protégés par un artifice
particulier les mettant le plus souvent à l’abri des tirs et des
attaques à l’arme blanche fussent-elles maniées par un individu
robuste.
Donc d'une cuirasse comme on savait fort bien en en confectionner pour les chiens de guerre encore fort utilisés à cette époque.
Cela n’empêche nullement, par ailleurs, l’utilisation de déguisements,
également protégés, portés par des humains ainsi que l'utilisation de griffes et de crocs artificiels
L'armurerie chinoise classique démontre que de telles armes étaient utilisées très efficacement.
Ceci en fonction des circonstances.
Cela expliquerait les différentes
sortes de blessures constatées sur les victimes qui, d’une part,
pouvaient être partiellement dévorées ou, d’autre
part " simplement " mutilées.
La plupart de ces mutilations ne peuvent être imputées, suivant
des témoignages précis, à l’œuvre d’un animal mais
sont le fait d’armes particulièrement tranchantes et utilisées
par des mains expertes.
Il demeure donc à chacun d’en tirer les
conclusions qui s’imposent.
Le problème de la plupart des auteurs contemporains
est qu'ils réagissent avec un souci de logique contemporaine.
Donc
fort linéaire.
Ils réfutent généralement une
hypothèse afin de présenter une autre hypothèse diamétralement
opposée qui sera rapidement contestée par un autre auteur et
ceci sans fin.
Prétendre qu'il ne peut s'agir d'un sadique en démontrant
que la plupart des victimes ont été dévorées,
ce qui est le fait, n'exclut pas qu'un sadique ait pu utiliser les services
d'un animal dressé à tuer et qu'il laissait, ensuite, dévorer partiellement ses victimes.
A l'opposé prétendre
qu'il ne peut s'agir d'un animal en démontrant que certaines victimes
étaient deshabillées et sexuellement mutilées, ce
qui est également le fait, n'exclut pas qu'un animal dressé
ait pu servir de rabatteur.
Une hypothèse n'exclut pas l'autre
comme elle n'exclut pas une troisième hypothèse où
plusieurs types d'animaux seraient intervenus sous la direction de plusieurs
humains.
Cela expliquerait, notamment, les modes opératoires très
différents constatés ainsi qu'une certaine confusion dans
les fameuses descriptions de la bête.
Une éventuelle protection
de celle-ci a pu se modifier au cours du temps évoluant d'une simple
peau tannée à une véritable cuirasse.
Le fait que
plusieurs témoins ne décrivent pas la même chose n'implique
donc pas que cette chose soit une simple affabulation.
Prétendre
que tel individu ne pouvait être coupable car honorablement connu
des plus hautes autorités locales et rémunéré
pour avoir participé à des chasses n'est pas le meilleur
gage d'innocence.
Surtout si on croit estimer que ces hautes autorités
étaient quelque peu mêlées à ces crimes et
commanditaient ce personnage tout en le protégeant.
Prétendre
qu'un autre individu ne pouvait être coupable car seulement âgé
de dix neuf ans ne tient pas compte des réalités de l'époque.
A dix neuf ans on avait déjà souvent beaucoup vécu.
Prétendre
opérer des recherches historiques rigoureuses et oublier de citer
le fait que la hyène est abondamment citée dans les rapports d'époque ainsi que sur les gravures contemporaines des exploits de cette "Bête" n'est
pas nécessairement la meilleure solution lorsque l'on souhaite
donner des leçons de probité morale.
Alors qu'il suffit d'une simple loupe pour lire sous la plupart de ces estampes le mot hyène dont on ne parle pas au profit du loup.
Prétendre que
nulle victime qui a réchappé de la Bête n'a vu en
celle ci autre chose qu'un animal est un effet de style car nombreuses
sont ces victimes, hommes, femmes et enfants qui émirent des doutes
sur l'animalité de la Bête.
Certaines prétendirent même avoir observé des boutons sous son déguisement.
On imagine mal un loup assis sur un muret et observant tranquillement ses victimes avant de les attaquer.
Mais il est vrai qu'à l'époque, comme de nos jours d'ailleurs, les lunettes coûtaient fort cher et étaient très mal remboursées.
Ces victimes qui détonnaient du lot sont donc suspectes de mauvaise vue, sinon de mauvaise foi.
En allant plus loin que Dubois on peut évoquer
plusieurs hypothèses nullement contradictoires.
Tout d'abord celle
d'une bête.
Elle demeure indéniable.
Probablement une hyène ou un hybride.
Ou les deux alternativement ou succesivement.
Mais une bête n'agissant pas seule et profitant de l'intelligence
humaine pour accomplir ses méfaits.
Une bête qui a pu, plusieurs
fois, être blessée et même tuée mais remplacée.
Une bête unique et en même temps multiple, ce qui égare
les diverses pistes, les diverses bêtes successives n'agissant pas
et ne réagissant pas exactement de la même façon.
Ces diverses bêtes pouvaient, au demeurant, être protégées
de diverses manières.
Du coté humain un acteur principal
qui manoeuvrait cette bête, donc ces bêtes, d'une manière
magistrale et qui bénéficiait non seulement d'une complicité
mais de hautes protections.
Cet acteur principal agissant lui-même
avec des acolytes pour le compte d'un haut personnage.
Les uns comme les
autres, acteur principal, acolytes, haut personnage pouvant à leur
tour, en se déguisant, prendre l'apparence d'une bête "humaine".
Ce qui explique les différences de témoignages entre les
bêtes "bestiales" et les bêtes "humaines".
Portefaix en donne une description très imagée pjisqu'il
compare la Bête qu'il a combattu à celle du conte de la Belle
et la Bête.
Ce haut personnage pouvait donc, grâce à
ses sbires et à leur bêtes, assouvir ses passions les plus
bestiales.
De par sa position il bénéficiait de hautes complicités
et de hautes protections, ce qui lui permettait, en outre, de toujours
trouver un point de chute particulièrement bien protégé
à chacune de ses expéditions.
Le Mont Mouchet, lieu de repli stratégique et épicentre de l'affaire
Donc un lieu de repli stratégique.

Le massacre des innoçents par les Denneval Père et fils...
Mais cela pourraient aussi être Monsieur Antoine et son fils Antoine de Beauterne !
Ilustration issue de "Une histoire de la Bête du Gévaudan racontée et peinte par Gérard Lattier
Aux Editions de Candide (1996)
Score des Denneval : Match nul !
.
Il en existe plusieurs entre les abris du Mont Mouchet, le chateau du Besset, les galeries et mines de la Desges, le chateau du Chamblard, tous situés à proximité les uns des autres et d'où on pouvait communiquer visuellement par divers signaux et même par la voix.
Donc prévenir les complices de l'imminence de l'arrivée d'une battue ou d'une troupe, si..
Et d'où on pouvait fort bien suivre et diriger la fameuse "Bête".
Cela explique que, malgré d'immenses battues la Bête ne fut
jamais réellement inquiétée.
Ce personnage et ses
sbires apparaissaient par contre toujours fort à propos lors de
ces battues et étaient, comme on s'en doute, souvent les premiers
sur les lieux.
Les hautes protections se bornèrent, tout d'abord,
à une totale indifférence puis à une complicité
passive aboutissant peu à peu à une aide logistique.
Le
fameux "secours" expédié de la cour à Monsieur
Antoine fait visiblement partie de cette aide logistique.
Malgré cette mise en scène bien orchestrée d'en haut,
ce haut personnage passa visiblement outre la promesse qu'il avait faite
de cesser ses activités criminelles.
Ses protecteurs furent donc
contraints de demander à l'acteur principal d'abattre la dernière
bête.
Ce qui fut fait à la Sogne d'Auvers par Jean Chastel, probablement l'exécuteur des basses oeuvres. de ce fameux "Messire".
Puis ils assignèrent
à résidence forcée le commanditaire en question, donc Messire, et prièrent
ses divers complices de se faire oublier.
Ils le firent assez mal puisque
quelques années plus tard une autre vague de crimes bestiaux eut
lieu et fit encore une trentaine de victimes dans le Vivarais fort proche.
On s'efforça d'effacer les traces compromettantes.
La maison de
Chastel père située à la Besseyre Saint Mary fut
rasée, le château du Besset, quartier général
de Monsieur Antoine de Beauterne, fut rasé, la chapelle de Notre
Dame de Beaulieu où eut lieu le dernier pèlerinage avant
que la Bête fut abattue par Chastel et ses balles bénites
sur place fut rasée, la maison forestière d'Antoine Chastel
située au sommet du Mont Mouchet fut rasée.
Le château d'Apcher était déjà en ruine et, hormi le donjon, était considéré par le notaire du lieu comme une masure.
Il ne fut donc pas nécessaire de le raser !
On évita quand même
de raser la demeure de Messire Jean François Charles de Molette, Comte de Morangiès, ou Morangias suivant l'écriture usuelle à l' époque de la Langue d'Oc, à Saint Alban sur Limagnole, qui est désormais,
juste retour des choses, un hôpital psychiatrique hautement renommé.
Et l'on put, enfin, dormir tranquille !

Dormez tranquilles braves gens !
Juste une petite griffe pour mieux te saisir mon enfant !
Griffe de combat XVIIIe
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