Quelques considérations historiques, géographiques, ethnologiques et sociologiques !
Petit ajout nécessaire après nos dix séjours à Paulhac en Margeride.
Beaucoup de grands mots pour apporter quelques précisions indispensables à la compréhension de l' affaire de la "Bête" !
Nous avons, en Occident, la malheureuse habitude de replacer l'histoire sans aucunement tenir compte du contexte géographique de l'époque considérée.
Ainsi dans la plupart des manuels scolaires on présente encore l'empire de Charlemagne sur un canevas géographique actuel ou peu s'en faut !
Canevas qui ne tient évidemment aucun compte des modifications physiques du territoire en question et moins encore de la perception que l'on avait de ce territoire à l'époque dudit Charlemagne.
Qui soit dit en passant était l'Empereur à la la barbe rase
et non non à la barbe "fleurie" comme on se plait à nous le répèter depuis des siècles.
On a simplement dans son cas précis allègrement confondu
fleurus qui signifie ras, à fleur de peau, naissante et floreus qui signifie couvert de fleurs, fleuri.
Charlemagne, contrairement à la plupart de ses contemporains portait donc la barbe rase, donc rasée ou naissante.
Comme Gainsbourg et non comme Dieu le Père qui, comme chacun le sait est un gros fumeur de Havanes.
Et il y a à peu près autant de différence entre la topographie de l'époque et les cartes actuellement représentées qu'entre Gainsbourg et Dieu le Père !
Mais cela ne dérange pas grand monde puisqu'on s'est déjà habitué depuis l'école primaire à ce tour de passe-passe.
Et on te refile de la Sogne d'Auvers par ici et du Bois Noir de la Teynazère par là alors que les rares cartes d'époque ne comportent nullement et aucunement ces mentions particulières.
Mais indiquent, par contre, plusieurs "siagnes" ou "sagnes"
qui auraient très bien pu être celles où Chastel abbatit une "Bête".
Et actuellement on nous présente un espace dégagé pour cette "Sogne d'Auvers" alors que la "siagne" d'époque se trouve probablement désormais en pleine forêt.
En Chine, par exemple, dès qu'il est question de la période des Tang la représentation géographique est effectuée sur une carte des Tang !
On va prétendre que les cartes de l'époque étaient fausses.
Probablement pour l'IGN mais pas pour celles et ceux qui les utilisaient alors !
La carte de l'époque étais simplement la représentation mentale du terrain de l'époque et on s'en servait fort bien pour aller d'une ville à une autre et d'un pays à un autre aussi surement qu'avec un GPS de série.
Il y a un peu plus d'un siècle une simple carte de visite et des liquidités suffisaient amplement pour passer l'immense majorité des frontières, donc faire le tour du monde, sauf bien évidemment en cas de guerre locale.
Sur ce plan les choses ont bien changé bien qu'on nous rebatte suffisamment les oreilles sur la liberté de circulation.
Effectuer des recherches historiques concernant la "Bête du Gévaudan" sur une carte IGN actuelle, fut-elle d'Etat-Major est comme essayer de rechercher le numéro du portable de Charlemagne.
Sur le terrain, tout au plus, on peut imaginer la situation d'époque.
Or, contrairement à ce qu'on imagine à tort la forêt occupait alors une superficie beaucoup moins étendue que de nos jours et ceci, particulièrement, sur les contreforts du Mont Mouchet.
Les pentes de celui-ci et leurs environs('Saugues, Desge...) étaient donc en grande majorité recouvertes de prairies et le landes.
Le feuillus dominaient largement les pins suite à une période de refroidissement qui avait duré près de deux siècles, de 1550 à 1730.
Pendant cette période les glaciers descendirent jusqu'à Chamonix.
Puis vint une période de réchauffement qui causa un relatif bouleversement climatique et un changement de végétation qui est celle que nous connaissons de nos jours.
Pour donner un exemple plus précis le fameux Mont Blanc, qui n'était plus blanc du tout mais vert sale, fut rebaptisé "Mont Perdu" ou "Mont Pourri", ce qui n'incita pas le tourisme d'autant plus que les alpinistes n'existaient pas encore.
Il existe à Club Alpin de Génève une gravure du Mont Blanc, pardon du "Mont Pourri" et datant justement du milieu du XVIIIe où celui-ci apparaît totalement dépourvu des fameuses "neiges éternelles" qui n'ont , évidemment, d'éternelles que le nom afin d'entretenir un fantasme écologique hautement "pédagogique".
C'est à dire du niveau de l'école primaire.
Puisque paidos signifie enfant et par extension enfantin - littéralement du grec "sans poil".
Désolé pour cette précision anatomique.
Elémentaire dirait Sherlock Holmes.
Il suffit, par ailleurs, d'examiner, non pas de regarder mais d'examiner, les diverses vues du Mont Fuji par Hokusai pour constater, qu'à la même époque, le Fuji San ou Fuji Yama était lui-même très peu enneigé en été et qu'il était, aussi, plutôt gris-vert que blanc.
Mais de cela tout le monde se fout puisque ne nous concernant pas.
A cette époque la circulation à pied et à dos d'ânes était donc facilitée en zone alpine et on passait facilement de la France, pardon de la Savoie, en Italie, pardon en Savoie comme on passait facilement de la France en Confédération Helvétique sans bien évidemment rencontrer le moindre douanier ni, par ailleurs, le moindre loup dévorant !
Ces fameuses pentes, contreforts et environs du Mont Moucher étaient également beaucoup plus peuplées qu'elle ne se sont aujourd'hui.
La "Bête", au vu des effectifs actuels, aurait définitivement rasé plusieurs villages comme La Besseyre Saint Mary, Nozeyrolles, Chanteloube et on en passe.
Nous l'avons déjà dit, le Besset qui compte actuellement 9 habitants résidant le village en comptait alors près de 300 logés soit dans ledit village soit dans de nombreuses métairies proches.
Avec beaucoup moins de forêt et beaucoup plus de monde il était alors assez difficile de se dissimuler si on ne disposait pas de cachettes bien protégées, donc hors de vue des curieux, mais assez facile de communiquer visuellement ou par la voix d'un village à un autre.
C'est un peu le paradoxe de la zone montagneuse où les distances s'accroissent considérablement pour le marcheur ou même pour le cavalier mais où, au contraire le "vol d'oiseau" permet un contact quasi permanent de jour comme de nuit.
Il suffit d'être placé au bon endroit et au bon moment pour prévenir de l'arrivée ou du départ d'une chasse, d'une troupe ou même d'individus isolés.
Lorsqu'on observe la photo du "Bois Noir" de Desges en bas de cette page il est difficile de se rendre compte que quelqu'un situé à l'emplacement du photographe sur ce chemin peut communiquer par geste ou par miroir à quelqu'un se trouvant tout en haut de la sogne que l'on voit en face, où voir ce qui se passe sur celle-ci alors qu'il lui faudrait plus de deux bonnes heures à pied pour gagner cette sogne la pente étant presque à pic.
A cheval, par contre il conviendrait d'effectuer un large détour de près de trois heures pour gagner cette même sogne.
Mais un animal sauvage, fut-il dressé, mettrait moins d'une demie heure.
Il est donc assez facile d'appeler un animal puis de disparaître rapidement ou de prévenir un ou plusieurs complices si une battue se présente.
Lorsqu'on sait qu'à l'époque il existait beaucoup plus de chemins que de routes on comprend que des individus à pied et connaissant fort bien le terrain pouvaient aisément leurrer les grandes battues surtout lorsqu'elle avaient lieu à cheval.
Plus de quatre vingt pour cent du territoire concerné entre le Mont Mouchet, Desges, Venteuges demeurant inaccessible fut-ce au meilleurs cavaliers.
Répétons ce qu'affirmait Monsieur Antoine lui-même à ce sujet.
"J'ai l'honneur de vous faire observer, M.M., que depuis cinquante ans que j'ai exercé des chasses de toutes sortes, tant en France qu'en Allemagne, au Piémont et les Pyrénées, je nai jamais vu de pays pareil à celui-ci et aussi difficile ! "

Même Zorro sur Tornado hésiterait à franchir le pas !
Alors Antoine !
Maintenant, bien évidemment, avec le réseau routier goudronné menant jusqu'au moindre village (Lesbinières, La Soucheyre, Hontès Haut et Bas, Lair...) si on se contente d'effectuer la visite en voiture on ne se rend pas même compte de cette particularité.
Ce qui est assez évident à Desges concernant cette fameuse Sogne l'est également sur deux autres zones qui sont, par le plus grand hasard, celles où les attaques de la "Bête" ont été les plus nombreuses et les plus sanglantes.
Il s'agit d'une part de l'ensemble Paulhac en Margeride, La Vachellerie, Hontès Haut et Hontès Bas, Pompeyrin, La Besseyre Saint Mary, Nozerolles, Auvers, Lair, Lesbinières.

Paulhac en Margeride vu du chemin de la métairie du Broussous au lieu dit "les pendus" !

11 août 2006 17H sur le petit pont de la Desges, chemin du Broussous à Paulhac
La belle est sur le pont mais la "Bête" n'est plus là !

Une autre vue du petit pont de pierre qui enjambe la Desge à Paulhac et où eu lieu l'attaque par la Bête de Marie Jeanne Valet, la petite bonne du curé, surnommée depuis "la pucelle du Gévaudan". Son fait d'arme a été forpaysé à Auvers.

Un tout petit chaperon rouge comme il devait en exister à l'époque !
Alice-Anne a bien voulu se préter au jeu.
C'est Anne Valérie la maman d'Alice-Anne qui est sur le pont !
15 août 2011 à Paulhac en Margeride.
Et de l'autre Saugues, Venteuges, La Soucheyre.
Desges se trouvant exactement à mi chemin entre les deux groupes.
Ces deux zones incluent, bien évidemment le château du Besset, le château du Chamblard où se réunissaient les chasseurs attitrés et, entre deux La Besseyre Saint Marie résidence de Jean Chastel.
Le théorème de base qui n'est jamais remis en cause est que ces chasseurs patentés et que Jean Chastel, qui se connaissaient fort bien à des titres divers, avaient choisi ces lieux puisque la "Bête" y exerçait ses ravages.
La question qui conviendrait peut-être de se poser est pourquoi la "Bête" exerçait ses talents juste sous les fenêtres de ces chasseurs (et probablement non pas de ses chasseurs) et presque dans le jardin de Jean Chastel.
Une photo prise de Notre Dame de Beaulieu, malgrè l'inévitable réduction, montre que La Vachellerie, Hontès haut et Hontès Bas La Besseyre Saint Mary, Nozerolles et Auvers se situent, à vol d'oiseau, sur le même plan.

Le panorama du Mont Mouchet à partir de Notre Dame de Beaulieu
A gauche Paulhac et la ferme de Broussous, en contrebas La Vachellerie , en face Hontès haut et Hontès Bas, à droite La Besseyre, au dessus Nozeyrolles et Auvers puis à droite Lair.
Sur cette seule photo qu'il conviendrait de légèrement élargir on dénombre 26 attaques !
La partie Saugues, Venteuges, La Soucheyre, Bergougnoux, Chazelles, Desges n'est pas moins épargnée puisqu'on peut y dénombrer également 26 attaques !
Soit un total de 52 attaques sur ce seul périmètre.
Et nous n'avons pas comptabilisé les attaques situées à relative proximité (entre 8 et 17 km de rayon à partir du Mont Mouchet ) avec Saint privat du Fau, Juliange, Lorcières, Loubaresses, Ruynes, Le Malzieu, Montchauvet.
Cela correspondrait à plus des 3/4 des attaques de la "Bête" !

Nozeyrolles, Auvers vue du Besset

Le petit village de Nozeyrrolles comptabilise le record absolu : 13 attaques !
Il se situe exactement entre le Besset et Auvers.
Le Besset était la résidence de Monsieur Antoine et Jean Chastel, de la Besseyre Saint Mary, abattit la "Bête" entre Auvers et Desges.
Il est à noter que sur la carte touristique (rouge) 111 de l'IGN (Carte du Patrimoine Auvergne) Nozeyrolles (voir plaque bleue du lien dit visible sur la photo) est écrit Nozerolles qui redevient Nozeyrolles sur la carte IGN série Bleue N° 3636 (Le Malzieu Ville, Mont Mouchet).
On ne peut donc pas en demander plus aux "auteurs" de l'époque qui sont accusés de commettre des erreurs de localisation par certains auteurs actuels dont Bernard Soulier !

Un beau Thor (rochers glaciaires erratiques) à La Besseyre juste en contrebas de la maison de Jean Chastel !
Sur le sommet de celui-ci on a une vue imprenable sur La Besseyre Saint Mary, le Besset, Nozeyrolles, Auvers, la Soucheyre d'un coté et sur Venteuges de l'autre.
Avouez que cela fait quand même beaucoup de monde "dévoré" dans le périmètre sur lequel se trouvaient exactement nos chasseurs et la famille Chastel !
Famille Chastel dont on retrouve des noms sur le petit monument au Morts situé à coté de l'église de La Besseyre Saint Mary et sur quelques ouvrages bien connus dans la région soit à titre d'auteur, soit en tant qu'éditeur ayant fort pignon sur rue !

Le monument aux Morts de 14-18 de la Besseyre Saint Marie comporte encore le nom de trois Chastel morts pour la France.
Il porte également le nom d'un Lebre, or c'est un garde chasse de ce nom qui accompagnera la dernière battue du Comte d'Apcher où Chastel tuera la fameuse Bête décrite dans le rapport Marin !
On demeure donc en famille !

Tour de la Clause à la tombée du jour : pas très rassurant !
Des faits bien étranges pour une seule bete !
Non par plaisir macabre mais pour souligner les agissements de cette "Bête" voici quelques uns de ses méfaits significatifs :
"Garçon de 15 ans. La bête l'assaille, le saisit par la tête qu'elle écorche totalement avant de l'abandonner"
"Elle gardait ses bestiaux aux pâturages, la Bête l'assaille, l'égorge. On retouve la tête à cents pas du corps mutilé"
"Une fillette de douze ans ssort de la aison de ses parents et va au jardin. La Bête qui s'y trouve l'assaille par derrière, lui tranche le col et emporte la tête"
"Un jeune homme de seize ans du Canbton de Saugues disparait sans laisser de trace. Supposé dévoté par la Bête"
"Jeanne Tananelle, vongt cinq ans, épouse Chabannes. Attaquée par la Bête lorsqu'elle rejoignait son domicile. S'est défendue avec un mauvais couteau qu'elle tenait encore en sa main. Quand elle eut succombé la Bête lui trancha le col et emmena la tête loin fu corps..."
"Une jeune fille de Lorcières ayant mystérieusement disparue on ne retrouve rien d'elle. On accuse la Bête"
"Marie Jeanne Rousset, quatorze ans fut agressée par la Bête sur le chemin qui mêne à Mialanettes ce vers 15 heures. La Bête lui coupe la tête. On retrouva celle ci écorchée et rongée mais les yeux intacts"
"François Fortugne, neuf ans, paroisse de Javols est saisi sur le chemin à quatre cent mètres du village. La bête l'agrippe par l'épaule et malgrè la résistance de sa soeur l'entraîne dans le bois. On, le retrouva couché sur le dos, éventré les entrailles étalées près de lui, écorché depuis la tête jusqu'au bas du dos"
"Gabrielle Pélissier, 17 ans, de la Clauze, paroisse de Grèzes fut attaquée dans un pâturage. Elle était avec sa soeur quand le drame arriva. Elles allaient toutes deux au village proche lorsque se retournant elle vit la bête sauter sur Gabrielle. Elle apperçut avec horreur la tête de celle-ci tranchée nette tomber sur le sol alors que le corps était encore debout"
"Claude Biscarrat, neuf ans, d'Auvers fut envoyé par son père à la pâture pour y chercher les boeufs. On ne retrouvera ses restes que trois jours plus tard. La Bête l'avait mangé. Elle avait enlevé la veste et la chemise sans les déchirer"
"Ayant poursuivi la Bête tous le jour avec les chiens et équipage Antoine de Beauterne et le Comte de Tournon, bredouilles, rentrent au Chateau du Besset. La Bête les a suivi et vient égorger sous les fenêtres du chateau une bergère de quinze ans"
Note personnelle : Ils ont donc rentré les chiens louvetiers, les meilleurs du royaume, ont nettoyé et rangé les fusils, congédié les équipages après avoir fait les comptes des dépend et débours de chacun, pris un Whisky devant la cheminée en évoquant le Chien des Baskerville, puis une douche bien chaude avant de se retrouver devant un petit souper et sont allés, enfin, se coucher décidant d'attendre le lendemain qu'il fasse plus jour afin de tenir une réunion sur ce qu'il convenait de faire pour répondre à cette nouvelle provocation.
"Marie Jeanne Barlier, douze ans, de la Vachellerie de Paulhac est assaillie vers huit heures du soir dans lae pâturage et emportée dans le bois voisin. On ne devait la retriuver au petit matin, dans une bruyère, absolument nue, la gorge percée et la cuisse gauche mangée"
"Une fillette de douze ans de Pépinet était à garder des vaches à la lisière du bois de la Besseyre Saint Mary. A la nuit ne la voyant pas revenir ses parents allèèrent à sa rencontre. Où elle s'était tenue ils ne trouvèrent que sa coiffe, sa baïonette fichée en terre, ses sabots. Le lendemain on la retrouva le corps à demi dévoré et rendu méconaissable"
Note personnelle : il ne fait pas bon traîner le soir aux environs de la Besseyre lieu de résidence dudit Jean Chastel quant on est bergère et qu'on a douze ans ! On se doute fort bien que la Bête avant son horrible méfait a poliment demandé à la fillette de retirer sa coiffe, ses sabots et de laisser sa baionette fichée dans le sol !
"Agnès Mourgnies, onze ans, de Marcillac paroisse de Lorrcières gardait du bétail sur les communaux du village et d'autres vachers et vachères virent de loin son troupeau en déroute. Ils vinrent au pas de course. Ils trouvèrent ses vétements déchirés et son corps nu "comme si elle venait de naître", mutilé, la tête coupée. On vit qu'elle s'était défendue avec quelques pierres. On la mit en terre et la Bête vint. Elle traversa le village au moment où les gens sortaient de l'église. Une folle panique déferla sur les villageois les jetant dans le premier abri venu"
"Rousset, propriétaire à Mialanette, paroisse du Malzieu avait une fille âgée de quinze ans environ qui fut envoyée au village de Gardelle pour y cherchher du feu. La Bête la prit à l'endroit appelé Vallat-Chirac. Elle lui mangea l'estomac et lui coupa la tête qu'elle emporta de l'autre coté de la rivière et la laissa sur la route près d'un rocher appelé Malapas (mauvais pas, mauvais passage). Cette fille avait une croix en or et on la trouva avec la tête"
"Gabrielle Pélissier fut tuée et lorsque la Bête l'eut mangée en partie elle 'arrangea au milieu d'un bourbier si bien ses os, sa tête coupée qu'elle couvrit de ses habits et de son chapeau si bien que lorsqu'on vint la cherchet avant qu'il fut nuit on la crut endormie"
"La fille Barlier de Servilange ne rentra pas. On la chercha et on ne la trouva pas pari ses ageneux. On entendit des pleurs et on se dirigea vers eux. On trouva le tronc du cadavre planté contre la muraille et couvert de son manteau"


En cadeau Bonux une griffe de combat XVIII e siècle.
Et là c'est pas du cinéma mais du concret.
Pour les dubitatifs avec un peu d'entrainement il est possible de faire aussi bien, ou aussi mal, qu'un animal
.
Même une bête ne le ferait pas !
Si vous n'avez pas quelques cauchemars après ces quelques extraits choisis c'est que vous faites partie de l'équipe de la série télévisée "Les Experts " !
Il est facile d'affirmer que je suis de mauvaise foi puisque j'ai justement choisi ces extraits, mais pas plus de mauvaise foi que ceux qui les réfutent sous le prétexte qu'il est diffile de les attribuer à un loup fut-il légèrement taré.
Oui j'ai choisi ces extraits qui démontrent facilement qu'il y a autre chose qu'un loup ou qu'une simple bestiole dressée à tuer.
Ayant moi-même un chien, j'ai assez de mal à lui faire apporter mes chaussons sans que cela me prenne au moins une bonne demie heure.
Je le vois mal détacher une tête humaine d'un simple coup de croc, déshabiller la victime, prendre sa tête, traverser la rivière et déposer la tête sur un muret en prenant soin de replacer la chaîne et la croix en or bien en évidence.
Puis de disparaître sans laisser aucune trace.
Et venir me retrouver pour m'apporter, enfin, mes pantoufles.
Cela me fait irrésistiblement penser au gag de la chauve souris de Bigard composant votre numéro d'interphone et ouvrant la porte en verre avec ses petites pattes griffue.
Sauf que dans le cas de la Bête ces massacres et ces mises en scène macabres sont monnaie courante.
De mauvaise foi, certes, mais pas encore totalement idiot. !
"Et l'ordinateur dans tout ça ? " demanda Jacques Chancel
Le coup de la hyène virée des statistiques donc des résultats !
De même on nous rebat les oreilles avec les conclusions d'un ordinateur dans lequel des "spécialistes" entassèrent toutes les données (?! Ah Ah Ah !) ) concernant la fameuse "Bête" et auquel (ou à qui...) on posa alors des questions auquelles il répondit (suivant Jaques Trémolin Faut-il réhabiliter la Bête du Gévaudan. Hachette 1986 ) :
" La bête était-elle un loup ? " réponse de l'ordinateur : Non
" Deux loups ? " réponse de l'ordinateur : Non
" Une bande de loups ? " réponse de l'ordinateur : Non
" Etait-ce un homme ? " réponse de l'ordinateur : Non
"Etait-ce deux hommes ?" réponse de l'ordinateur : Non
Intéressant.
Mais cela fait penser à le devinette "Qu'existe t-il de plus menteur qu'un chasseur"
(ou qu'un pècheur !) ?
Reponse : "Deux chasseurs ! "
D'une part ce coup de l'ordinateur qu'on nous ressasse est un peu usé si!mplement parce qu'un ordinateur d'il y a vingt ans est déjà un outil préhistorique.

Ferme sur la route de Grèze : elle est adossée à un thor de belle dimension.
Des données locales qu'un ordinateur ne prendra pas nécessairement en compte !
D'autre part parce qu'on ne connaît pas ce que sont "toutes ces données concernant la "Bête" "et que pas mal d'entre-elles sont pour le moins très sujettes à caution.
Ce même ordinateur, par exemple, s'amuse à comptabiliser le nombre de "bête", de "loup", d' "animal", de "bête féroce", de "bête sanguinaire", de "bête dévorante", de "féroce bête" , de "cruelle bête", de"loup féroce", de "grand loup féroce" contenu dans les rapports d'époque.
Or, étrangement il n'y est nullement et à aucum moment question de "hyène" ou "yenne" ou "ienne", nom qui figure en clair dans de nombreux rapports très officiels ainsi que sous la plupart des gravures les plus connues représentant la "Bête".
Donc "toutes les données" mais pas toutes, la preuve par hyène.
Il suffit non pas d'un ordinateur mais d'une paire de lunettes, ou d'une loupe, pour s'en rendre compte.
Où le terme de hyène apparait bien plus souvent qu'on le prétend !
Messieurs les historiens, achetez donc une loupe elle vous sera plus utile qu'un ordinateur !
Voici ce qui est écrit sous ces fameuses illustrations !
"Figure de la bête féroce que l'on croit être une hyène qui ravage depuis six mois le Gévaudan..."
"Représentation de la bête féroce nommée hyène qui fait un affreux ravage dans les limites du Gévaudan..."
"Portrait de la hyène, bête féroce qui désole le Gévaudan, vue par M. Duhamel..."
"Figure de la hyène qui en 1764 désola le Gévaudan"
"Représentation de la bête féroce nommée hyène"

L'une des estampes d'époque la plus connue et la plus reproduite
Légende : Figure de la bête féroce que l'on croit être une hyène qui ravage depuis six mois le Gévaudan"
Et ce sur les estampes les plus connues maintes et maintes fois reproduites par tous les auteurs, ou presque.
En effet souvent le texte mentionnant la "hyène" est purement et simplement coupé !
Est-ce simplement le hasard du coup de ciseau ou du copié-coller ?

Estampe allemande
Légende "...Languedoc in Franksich zeigenden wilden Thiers Hÿene..."
" Description précise de l'animal appelé Hÿenne qui apparut en septembre
1764 dans le Gévaudan, Province du Languedoc, en France".

Encore une estampe très connue et qui sert habituellement de modèle à la "Bête"
Légende " Représentation de la bête féroce nommée hyène qui fait un affreux ravage sur les limites du Gévaudan et de l'Auvergne..."

Encore un modèle du genre. Même sans lunettes on lit :
"Description de l'Hiène...Peint d'après nature par B. Chinon"
"Dessin d'après nature de la bête tuée par de Beauterne et Rinchard"

La fameuse chasse de Monsieur Antoine et du Garde Reinhard (Rinchard suivant de nombreux auteurs)
On lit : "Représentation de la bête féroce nommée hiène"
Parfois indexée sous : "La bête du Gévaudan blessée par les frères de La Chaumette"

" Portrait de le Hiene, bête féroce qui désole le Gévaudan, tuée par Monsieur Duhamel - Permis d'imprimer et de distribuer ce 2 mars 1765 De Sartine"
Mention complémentaire : "La Bête du Gévaudan d'après le Capitaine Duhamel"
Désolé mais il s'agit bien là d'un document aussi "officiel" qu'un certificat d'inhumation délivré par un curé de campagne ou qu'un notaire de bled.
De Sartine qui autorise l'imprimatur et la distribution étant l'équivalent du ministre de l'intérieur !
Mais évidemment De Sartine est un con.

La bête féroce qui a ravagé le Gévaudan en l'année 1764
"En voici le vrai portrait envoyé à Monsieur le Prêvot de la Cathédrale d'Usez par l'Abbé Petit de Mende qui se trouva à la vue du fâcheux spectacle de cette jeune fille qui fut dévorée..."
La fameuse Hyenne (Hyène) telle qu'on la présenta à la cour et qui fut empaillée et présentée par le Muséum d'Histoire Naturelle !

Et encore une petite pour la route :
Vous lisez bien : " Hyenne Animal féroce qui ravage le Gévaudan tel qu'on la envoyé à la cour "
C'est, d'ailleurs, probablement, la fameuse hyène rayée du Cap qui empaillée, fut présentée pendant fort longtemps au Muséun d'histoire naturelle comme la "Bete du Gévaudan" et qui a disparu sans laisser de trace.
Mais les historiens "officiels" se contrefoutent de ce fait avéré.
Puisqu'on vous dit que ce n'est pas une hyène !

"Description exacte faite à partir d'un original français de la bête appelée Hyene qui apparut en septembre 1764 dans le Gévaudan"
Et on pourrait vous en trouver encore tant et plus des Hyènes, hienne, hiène, hÿenne...du Gévaudan !
La preuve :

Et ça c'est quoi, un canard mandarin ou une sangsue géante ? !

L' Hyene "officielle" vue par Monsieur Buffon le zoologue officiel de la Cour du Roy
Lequel ne fut probablement pas étranger à la manipulation !

Les planches de zoologie de Buffon et Lacèpède avec la fameuse Hyene
Muséum d'Histoire Naturelle Paris
Mais en 2008 nous avons trouvé un tryptique édité, et distribué, par l'Association Au pays de la bête du Gévaudan - Mairie 43300 AUVERS qui annonce froidement
"En tant qu'association à caractère historique, nous nous tenons aux documents d'époque et ceux-ci indiquent clairement que l'on n'a pas abattu en Gévaudan d'autres animaux que des canidés (en gras !) (grands loups ou hybrides loup/chiens ?). C'est là une réalité incontournable..."
Ben voyons !
On aimerait tant que l'histoire se compose toujours de réalités aussi incontournables que celle-ci puisque la majorité des documents d'époque, justement présentés ci-dessus, évoquent une hyène qui n'est pas un canidé et encore moins un loup .
Mais bien évidemment des estampes d'époque ne sont pas des documents d'époque !
Mais parlons documents maintenant :
La lettre de Beauterne publiée dans "le courrier" du 15 octobre 1765 rapporte
"Après l'examen qui a été fait à Clermont, suivant une observation de M. de Buffon, ils y trouvent beaucoup de ressemblances avec la hyène, tant par le nombre et la position des dents qu'ils jugent différentes de celles de loups, que par bien d'autres circonstances"
Cité P. 151 par René de Chantal in "La fin d'une énigme - la Bête du Gévaudan - La Pensée universelle 1983
Et que dire de l'incontournable rapport Marin concernant l'autopsie de la bête tuée par Beauterne et qui explique :
Rapport Marin :
"Aujourd'hui, vingtième jour du mois de juin 1767, nous Roche Etienne Marin, bailli de l'abbaye royale des Chazes, notaire royal, commis à la subdélégation du Languedoc pour le bon plaisir de Monsieur du Marainvilliers, intendant de cette province d'Auvergne...
Cet animal qui nous a paru être un loup, mais bien extraordinnaire et différent par sa figure et sa proportion des loups que l'on voit dans ce pays.
C'est ce que nous ont certifié plus de 300 personnes de tous les environs, qui sont venues le voir : plusieurs chasseurs et de nombreuses personnes connaiseuses nous ont effectivement fait remarquer que cet animal n'a de ressemblanceavec le loup que par la queue et le derrière.
Sa tête comme on le verra par ses proportions suivantes est monstrueuse ; ses yeux ont une membrane singulière qui part de la partie inférieure de l'orbite venant au gré de l'animal recouvrir le globe de l'oeil.
Son col est recouvert d'un poil très épais d'un gris roussâtre traversé de quelques bandes noires ; il a sur le poitrail une grande marque blanche en forme de coeur...on n'a jamais vu aux loups de pareilles couleurs et il a encore paru à propos d'observer que ses côtes ne ressemblent pas à celles du loup...
sur quoi nous avons dressé le présent procès verbal en quatre copies.
Fait le dit jour et an que dessus"
Là ce n'est pas un baratin de gazette ou un racontard d'oustal mais bel et bien un rapport tout à fait officiel établi par un bailli et notaire devant témoins.
Ce socument d'époque, officiel s'il en est, aurait du attirer l'attention de nos "historiens".
De plus,
il n'est pas cité par un défenseur acharné du loup puisqu'on le retrouve dans l'ouvrage de l'historien Jean Marie Moriceau, Professeur d'histoire moderne à l'Université de Caen - pages 237 à 244 de La Bête du Gévaudan chez Larousse.
En lisant attentivement ce rapport, le moins que l'on puisse dire est qu'il ne s'agit pas d'un loup.
Si, en fait, c'est un loup mais de toute autre proportion qu'un loup, d'une toute autre couleur qu'un loup, qui ne ressemble à un loup que par la queue et le derrière et qui n'a ni les yeux d'un loup, ni les dents d'un loup, ni les côtes d'un loup et que 300 personnes dont des "connaisseurs" de loups attestent formellement...que ce n'est pas un loup sauf par la queue et le derrière.
Nous penchons donc logiquement pour un loup Canada-Dry.
Cela a le nom du loup, même pas la couleur du loup, mais ce n'est pas un loup !
Mais remarquons, comme Beauterne lui-même appuyé par Buffon, que cela ressemble bougrement plus à une hyène qu'à un loup.
Mais évidemment ce ne peut être une hyène puis Moriceau, lui-même, connaisseur de loups, mais probablement pas de hyène, affirme que c'est un loup.
Il semble que nos "historiens", officiels ou non, aient oublié leur lunettes et que leur "incontournable réalité" soit quelque peu batrtue en brêche par la réalité et les documents historiques qu'ils connaissent fort bien puisqu'il les citent dans leurs ouvrages.
" Le poumon, vous dis-je, le poumon ! "
- le Docteur Diafoirus dans le malade imaginaire de molière.
Mais ce sont ces mêmes "historiens" qui ont déplacé la représentation de l'épisode épique de la bonne gauchère du curé de Paulhac à Auvers et là, par contre, c'est une incontournable réalité !
A Auvers où aurait du plutôt se trouver la statue de Jean Chastel abattant la dernière Bête.
L'histoire incontournable a donc bon dos dès qu'il est question de tourisme.
Le plus marrant est que ce même prospectus - historique mais non touristique - évoque
"la recherche à tout prix du sensationnel par certains auteurs en mal de publicité pour mieux vendre leurs écrits"
Ah ces maudits mercantis, que ne feraient-ils point pour vendre leurs salades !
Ce qui n'exclut d'ailleurs pas, dans ce même prospectus parfaitement désintéressé et de reproduction interdite, une publicité explicite pour la Maison de la Bête d'Auvers avec plan, horaires, numéro de téléphone, url du site, petit encard du Crédit Agricole.
Au fait, la visite est gratuite ?
Le prospectus se termine sur cette phrase sybilline s'il en est, surtout à notre époque :
"Les deux premières équipes (sic !) échouèrent complètement dans leur traque de la bête. Quand à la troisième elle se devait de réussir étant investie de la volonté royale"
Cela fleure bon l'ancien régime et le "Monseigneur, touchez ma bosse" qui augurerait, éventuellement, quelques commanditaires de bonne lignée.
Mais cela ne nous regarde pas et chacun est libre de voir midi à sa porte.
Mais revenons à notre, ou plutôt à leur ordinateur.
L'ordinateur en question ne devait pas, à l'époque pouvoir lire ces légendes qui n'en sont pas puisqu'elles représentaient une vérité de l'époque !
En n'oubliant jamais que les estampes d'époque valent tout à fait les documents écrits puisque la majorité de la population concernée ne sait ni lire, ni écrire et parle même un tout autre language que la langue officielle.
Mais vérité n'est pas bonne à lire.
Paul Boccuse a une formule qui lui est très personnelle mais qui a le mérite d'être fort claire et qui pourrait fort bien s'appliquer à ce cher ordinateur :
"Quand on congèle de la merde, on décongèle de la merde ! " Paul Boccuse
Ce qu'un informaticien poli traduirait par
" Si la donnée initiale est fausse le résultat le sera d'autant plus " !
En fait l'ordinateur ne répond que ce qu'on veut bien lui faire dire et il semble que celui qui relate les données ne se soit pas trop posé la question sur les questions qui avaient été posées.
Qu'aurait répondu cet ordinateur à
"Etait-ce trois hommes ou plus ?"
"Etait-ce trois hommes ou plus utilisant les services d'un animal domestique dressé à tuer ? "
" Etait-ce trois hommes ou plus utilisant les services de plusieurs animaux domestiques ou sauvages dressés ? "
"Ces animaux étaient ils un dauphin, une taupe géante, une loutre de mer, un tapir, un loup, une hyène, un hybride ?"
"Quel animal a tué Monsieur Antoine ?"
"Quel animal a tué Jean Chastel?"
Est-il réellement nécessaire de passer par un ordinateur pour répondre à ces questions ?
Evitons de parler de cette fameuse hyène rayée du cap, empaillée, et qui fut longtemps présentée aux visiteurs du Muséum d'Histoire Naturelle, excusez du peu, comme la Bête du Gévaudan puis qui, un jour disparur sans laisser de trace.
Cette hyène, naturalisée, donc ayant probablement acquis la nationalité française due à un séjour dans le Gévaudan fut probablement reconduite à la frontière !
Deux hypothèses : soit il s'agissait de la Bête du Gévaudan, ou du moins de l'une des bêtes du Gévaudan soit les savants du Muséum peuvent, comme tout un chacun se tromper ou se faire tromper.
Dans ce dernier cas on ne peut pas trop compter sur eux pour savoir qui était la fameuse bête et tout ce qu'ils diront on ont dit à son sujet est sujet à caution.
Surtout lorsqu'on connaît l'implication de Monsieur Georges Louis Leclerc, Comte de Buffon et co-fondateur du Muséum d'histoire naturelle da,s l'envoi d'un "secours" à Monsieur Antoinne, le porte arquebuse du Roi !
Etrangement peu avant son fameux coup de fusil, doublé par son neveu Rinchard, un grand loup gris des Carpathes, d'une taille et d'un poids exceptionnels, disparut de la ménagerie du Jardin des Plantes, appartenant au Muséum
Des Parisiens s'étonnèrent et s'alarmèrent de cette disparition et en prévinrent la Maréchaussée qui fut rassurée par Buffon : la situation était sous contrôle.
Et les Parisiens purent dormir tranquille.

Le "Bois Noir" de Desges mérite
bien son nom !
Il est surplombé par le lieu dit "La Sogne".
Il existe donc encore un doute de plus concernant la fameuse
"Sogne d'Auvers" absente de toute topographie.
La Bête de Chastel a probablement été abattue entre
Lesbinières et Lair, au lieu dit "La Sogne", lieu particulièrement
propice à un affût, et non au dessus d'Auvers comme on le croit
généralement.
Mais il faut bien respecter le petit commerce et rentabiliser la statue de Kaeppelin et la "Maison de la Bête" justement situés à Auvers !

Sur une façade de Saugues : Jean Chastel (lumière) et "Bête" (ombre) !
Symbolique, non ?

Vue sur la brocante d'Aumont Aubrac le 18 août 2007
L'hypothèse du gros méchant loup ne fait plus trop recette même dans la population locale !
Et d'autres hypothèses sont désormais admises...ce qui n'était pas le cas il y a encore cinq ans.

Une représentation actuelle de la Bête par A. Douve à l'exposition du Malzieu.
L'ombre au chapeau n'est pas de l'artistemais celle de l'ateur de la photo : moi-même !
Inquiètant, non ?

Le "Bois Noir" de Desges mérite
bien son nom !
Il est surplombé par le lieu dit "La Sogne".
Il existe donc encore un doute de plus concernant la fameuse
"Sogne d'Auvers" absente de toute topographie.
La Bête de Chastel a probablement été abattue entre
Lesbinières et Lair, au lieu dit "La Sogne", lieu particulièrement
propice à un affût, et non au dessus d'Auvers comme on le croit
généralement.
"La Bête, tu n'en mangeras plus l " ... PAN !
C'est sur le bord de la Gourgayre entre la Gazelle
et La Grange, sur le territoire de la petite ville de Desge que fut égorgée Jeanne Bastide, âgée
de 19 ans, qui fut la dernière victime de la Bête le 17 juin
1767 à 17H.
C'est en remontant sur la Sogne, située au dessus et visible sur
la photo, qu'elle fut tuée par Jean Chastel le lendemain matin.
Suivant la tradition, il referma son missel, ajusta ses lunettes, épaula la "Bête" et fit feu avec une balle d'argent provenant d'un chapelet et d'une croix qui lui avaient été données par sa mère, "La Masque" et bénie par l'Evèque de Mende à la cérémonie suivant la procession du 15 aôut de l'année précèdente.
Il dit simplement "Tu n'en mangeras plus !" et il fit feu.
Pan !
Exit la Bête du Gévaudan !
Mais Jean Chastel, quelles que soient ses hautes relations, demeurait un quidam et, à l'époque on ne lui consacra aucune estampe "officielle" !

Sur une façade de Saugues : Jean Chastel (lumière) et "Bête" (ombre) !
Symbolique, non ?
Et très probablement on demanda en très-très haut lieu, avec une certaine insistance,
que Jean François Charles de Molette, Comte de Morangiès, ou Morangias en Langue d'Oc, fut assigné à résidence en son château fort de Saint Alban sur Limagnole.
Donc purement et simplement enfermé.
Mais sans évidemment laisser de trace écrite comme il n'en existe pas, non plus, pour Coluche, Balavoine, Bérégovoy, Eder Allier ou Grossouvre !
Château de Saint Alban qui, depuis, est devenu un asile psychiatrique des plus renommés.
Fait du hasard, évidemment.
Le hasard fait bien les choses, comme on dit simplement.
Puis qu'il aille se faire pendre ailleurs, ce qu'il fit puisqu'il s'exila en Allemagne.
Celui que l'on nommait, jadis à la Cour, "Langue d'Or" (mauvais jeu de mot avec Languedoc) et qui passait pour un débauché notoire, ami du Divin Marquis, couvert de dettes et de mauvais procès, tomba dans la déchéance.
De Morangias, ou Morangiès, ruiné, et ayant ruiné sa famille, finira tué à coup de pelle à feu par une femme de mauvaise vie avec laquelle il vivait en concubinage.
Il est vrai q'il venait simplement de violer sa fille qui n'avait que six ans !
Fait qu'on évite de citer dans les biographies "officielles" ou "autorisées".
De quoi avoir, quand même, quelques doutes sur la probité morale et mentale de cet individu très recommandable et à qui on n'a strictement rien à reprocher.
L'hypothèse du gros méchant loup ne fait plus trop recette même dans la population locale !
Et d'autres hypothèses sont désormais admises...ce qui n'était pas le cas il y a encore cinq ans.

La preuve ? Panneau d'une exposition réalisée au Malzieu en août 2011
La question est quand même posée : hyène ou chien de guerre !
Cela change quand même du gros méchant loup habituel.

A cette même exposition on se pose même une autre question demeurée taboue jusqu'ici dans de tels lieux. Preuve que les mentalités évoluent quand même !
Dans l'ombre chinoise de la main on reconnaît un loup.
Celui-ci aurait-il été accusé, un peu, à tort ?

Ce qui n'empèche nullement la nouvelle Bête du Gévaudan du Malzieu de se fendre la gueule !
En souvenir des "Crapules de cette folle cité du Malzieu" et des "Barabans de Saint Chely" qui la laissèrent filer lors des grandes battues de Denneval.
Et elle vous salue bien.
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