François Antoine... |
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Un pays désarmé suite à la "révolte des camisards"
Suite à la révolte des Camisards *, très proche dans le temps et dans l’espace, et à l’aventure de Louis Mandrin, bandit de grand chemin ayant sévi dans le Vivarais et le Gévaudan et qui fut roué vif le 28 mai 1755, la plupart des armes à feu et des armes longues (armes de hast) avaient été confisquées dans la région. * Vous pouvez lire l'excellent ouvrage "La guerre des Camisards" par André Ducasse chez Hachette Les paysans utilisèrent donc pour se défendre le fameux
couteau aveyronnais, devenu par la suite le Laguiole, alors emmanché
et qui faisait ainsi office de baïonnette. Malheureusement ces armes de fortune, souvent maniées par des enfants ne parvenaient pas à transpercer la peau de la fameuse "bête" ce qui, pour de nombreux chercheurs, indiquerait la présence d'une cuirasse. Ce qui explique, probablement, qu'elle ne fut que rarement blessée. Il est donc plus que probable que ces animaux, protégés par une cuirasse ou divers types de cuirasses, n'aient été que légèrement blessés puis soignés dans un ou plusieurs repaires du Mont Mouchet et du Mont Chauvet.
La La Bête est cernée et n'aura pas le temps de mettre ses sombres projets à éxécution ! La légende de la figure comporte la mention précise et particulière : Il est important de remarquer, dès à présent, que de très nombreuses illustrations d'époque comportent, en légende, la mention de la hyène ! Mais comme le dit justement Paul Boccuse Or, ces estampes et illustrations étaient, à l'époque, le seul moyen d'informer le public, généralement analphabète mais qui n'en pensait pas moins. Quelques privillégiés, dont les colporteurs, pouvaient lire les légendes en les décryptant mot à mot, généralement en famille, aux veillées ou en réunion. Dans les campagnes reculées, comme en Margeride, seuls quelques érudits, échansons, notaires, enseignants, curés pouvaient lire les textes plus complexes et généralemet fort ampoulés à cause de la censure et des bonnes moeurs.
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Duhamel et les grandes battues de 1765...demeurées sans le moindre effet sur la "Bête" De grandes battues furent néanmoins organisées assez rapidement sous la direction du capitaine major de Clermont, Duhamel sur ordre du Conte de Moncan, gouverneur militaire du Languedoc. Le 7 février 1765, par exemple, une battue mobilisa 73 paroisses du Gévaudan, 30 d’Auvergne et 18 du Rouergue soit plusieurs milliers d’hommes sans le moindre résultat. Comme par hasard la "Bête" passa plusieurs fois entre les mailles du filet. Il est vrai que bon nombre de paisibles villageois, comme ceux du Malzieu, n'appréciaient pas réellement de perdre un ou deux jours à battre la campagne ou la montagne, et, généralement, se défilaient dès que les autorités avaient tourné le dos. Certains campagnards ou montagnards n'appréciaient pas, non plus, que l'on vienne fouiner sur leurs territoires, ce qui les empêchait d'exercer leurs habitudes de braconnage nécessaires à la survie de leur famille. Une journée perdue et c'était autant de trravail en plus qui se cumulait ainsi que des pertes substancielles. D'autant plus que bon nombre de ces villgeois, campagnards et montagnards n'étaient pas dupes et savaient que la "Bête" n'était pas assez bête pour aller se fourrer dans la gueule du loup et qu'elle était généralement la première prévenue de la battue et de son déroulement. Ils comptaient plus de douze cents loups à leur tableau de chasse et avaient, notamment, débarrassé la Forêt Royale d’Eu, en haute Normandie, des loups qui l’infestaient. Ces loups, généralement capturés par leurs soins, étaient jugés, condamnés et pendus au plus gros arbre de la forêt devant une nombreuse assistance fort réjouie. On raconte encore qu'on laissait à l'idiot du village le soin d'assurer leur défense. Il reste encore ainsi, dans la forêt Royale et Indivise d'Eu plusieurs "Arbres à Leu" ! Les Denneval, père et fils, étaient accompagnés d’un valet, d’un piqueur, de six limiers et de deux grands chiens dressés à tuer le loup et qu'on disait fort efficaces.
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Les Denneval abattent assez rapidement plusieurs loups, dont certains de belle taille, mais le massacre continue de plus belle. Ils sont donc contraints de demander l’appui de l’armée pour organiser des battues. Les mêmes dragons qui avaient, dans la chanson "incendié Coblence et pillé le Palatinat" et dans la région, commis de nombreuses exactions, dont pas mal de viols, connues sous le terme évocateur de " dragonnades ", à l’occasion de la révolte des Camisards. Ils sont donc détestés par la population qui, malgré la menace de la " Bête ", prend un malin plaisir à les lancer sur les plus mauvaises pistes. Et les Denneval ne vont pas tarder à porter le chapeau !
La "Bête" continue à faire
parler d'elle en 2004.
Les Denneval, plus habitués au calme terroir normand qu’aux sauvages monts du Gévaudan, sont totalement découragés et les gazettes anglaises publient des railleries visant l’armée française dont " Cent vingt mille hommes ont été tenus en
défaite par un seul animal inconnu qui après avoir dévoré
Denneval malgré les pleins pouvoirs qu’on lui a octroyé et des effectifs de plus en plus importants et dispendieux ne réussit à abattre que quelques vulgaires loups. Et c'est loin d'être suffisant ! Des grandes chasses de plus en plus impopulaires jusqu'à la défection des "crapules" du Malzieu et des "mauvais bougres" de Saint Chély. Les "grandes chasses" de Denneval deviennent de plus en plus impopulaires simplement parce que les dédommagements ne satisfaisaient aucunement les participants requis d'office et qui, souvent plusieurs jours durant, devaient quitter leurs fermes ou leurs domiciles pour courir les bois en se faisant houspiller par les Dragons ou la Maréchaussée ! Sur les lieux de chasse les populations se plaignaient sans cesse de l'attitude de la soldatesque qui se comportait commen en terrain étranger conquis et réquisitionnaient fourrage pour les chevaux et nourriture pour la troupe et ceci sans une réelle contrepartie. Le 7 février 1765 les notables et les bourgeois du Malzieu décidèrent de ne pas prendre part à la chasse et, de ce fait, les croquants, suivant ce mauvais exemple restèrent chez eux. Ce qui bien évidemment fit échouer la battue puisque la Bête, profitant de la faille dans le filet, réussit à franchir la Truyère et à disparaître. Denneval, Furieux, se plaignit jusqu'à la Cour de cette forfaiture et traita les notables du Malzieu de "crapules". Ce qu'il fit grâce à une lettre de cachet qui permit de faire emprisonner à Mende un Consul du Malzieu qui avait tenu des propos vindicatif à un Maréchal des Logis (adjudant) des Dragons. Lequel fut rapidement libéré car on se rendait bien compte que ces fameuses chasses étaient de plus en plus mal tolérées. Nos braves bourgeois du Malzieu ne semblaient pas être particulièrement tenus en grande estime par Monsieur le Comte de Morangias, père, qui écrivait le 3 mai 1765 : Il aurait été intéressant de savoir ce que le vieux Comte voulait dire par là mais il semble que, comme Denneval, il ait nourri un important soupçon contre les Chastel qui fréquentaient alors le Malzieu et qui y entretenaient des solides relations. Pour ce qui nous concerne nous acceptons volontiers sa proposition en l'inversant, toutefois. Et "On" s'y employa donc mais en prenanttellement de précautions que les crimes continuèrent de plus belle pendant un bon moment encore. Quelque temps après une autre chasse eut encore lieu le 7 décembre et, cette fois, ce furent les habitants de Saint Chély qui refusèrent d'y participer. Habitants de Saint Chely qu'on nommait, et qu'on nomme encore parfois dans la région, les 'Barabans" Ce qui est un compliment que l'on fait, aussi, aux habitants d'Okinawa avec leur "Okinawa Bo" (gros bâton d'Okinawa !) qu'ils manient avec dextérité. Une quinzaine d'habitants réfractaires, donc de sérieux "barabans", se retrouvèrent donc au cabaret du village de La Garde. L'ayant appris Denneval arriva hors de lui et entrepris de les jeter dehors à coups de plat de sabre et ceci à tel point que le sabre se rompit sur le dos de l'un d'entre eux ! Quatre de ces "mauvais bougres ", suivant l'expression de Denneval furent jetés en prison mais furent également rapidement libérés. Pour la défense de Denneval, celui-ci avait choisi de pratiquer ces battues en grand nombre et à pied ce qui lui permit plusieurs fois de cerner la fameuse Bête. Mais elle s'échappa toujours au bon moment. Comme si elle avait parfaitement connu le déroulement de la battue et surtout ses points faibles. Pas de chance ! Les futures battues d'Antoine, à cheval et aux chiens courants, ne donnèrent pas plus de résultat, d'ailleurs, mais mécontentèrent moins les villageois car si les seigneurs menaient grand train ils ne le faisaient plus, physiquement, sur le dos de l'habitant. Quelques soient les rapports suspects de Jean Chastel avec la "Bête" ou avec les bêtes, car il semble bien qu'il y en ait eu plusieurs, ce fut malgrè tout lui qui eut le dernier mot, et ce, en chasseur solitaire. Il savait parfaitement quel serait l'itininéraire de la Bête de Desge au Mont Mouchet et l'attendit patiemment au bon endroit. Mais nous n'en sommes pas là, encore ! Comme disent nos amis britanniques "N'oubliez jamais que le Titanic fut conçu par des spécialistes alors que l'Arche de Noë le fut par un amateur !" Quant à Denneval, désavoué, disgrâcié, critiqué Il fut contraint, sous la pression générale, d’abandonner la partie. Non sans avoir laissé une imposante "note de frais" ! Et non sans avoir été obligé d'acueillir son successeur, Antoine, et de lui faire bonne figure. Denneval cédera donc le terrain à Antoine et à son fils Antoine de Beauterne et rentrrera en Normandie.
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L'arrivée de "Monsieur Antoine" Porte arquebuse du Roi et Grand Louvetier du Royaume On le remplace donc par François Antoine, porte arquebuse du Roi et Grand Louvetier du Royaume. accompagné de 14 gardes chasse, d’une meute de plusieurs dizaines de chiens, de limiers et de quatre grands chiens de la Louveterie Royale qui ont chacun tué plusieurs loups. Le Sieur Antoine, Porte arquebuse du Roi, Lieutenant des Chasses de sa Majesté, Chevalier de l'Ordre Royal de Saint Louis n'est donc pas venu seul et a personnellement choisi huit gardes des Capitaineries Royales, quatre de la Capitainerie de Saint Germain : Dumoulin, Lacoste, Pélissier et Regnault ; un de la Capitainerie de Versailles : Lecomte ; un de la Capitainerie de Fontainebleau : Maréchaux ainsi que les deux gardes brevetés louvetiers Délion et Lestang.
Au tout début il suit les conseils de Denneval et organise des barttues mixtes utilisant à la fois des cavaliers et des "piétons" en assez grand nombre. Sans le moindre résultat. Antoine décide alors de demeurer, au propre et au figuré, entre professionnels et se se passer des bourgeois, des manants et des croquants. Il décide alors de mener des battues à cheval auxquelles il invite les meilleurs cavaliers.
Le village de Sauzet où Duhamel s'installe initialement Il quitte alors le village de Sauzet que lui avait conseillé Denneval et rejoint alors les châteaux du Chamblard et du Besset sur les pentes du fameux Mont Mouchet. Les gardes qu'il avait réparti dans divers villages le rejoignent et il décide non plus d'attendre que la Bête frappe à nouveau mais de prendre l'initiaive en cherchant à la débusquer de son territoire.
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Notons ici que les gravures d'époque écrivent Rinhard, Rainhard, Reinhardt aors que la plupart des auteurs "modernes" parlent de Rinchard.
On attribue donc cette accalmie à ce fait et on pense que la " Bête " a été tuée. Mais la suite prouve qu'il n'en est rien et la libération des Chastel précède de très peu de nouvelles attaques sanglantes à proximité de la résidence de ces mêmes Chastel. Et presque sous les fenêtres du Sieur Antoine au château du Besset. Qui, bien évidemment enrage car aucun loup ne lui a jamais fait tel affront.
Un grand loup noir !
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Quelques considérations historiques, géographiques, ethnologiques et sociologiques ! Petit ajout nécessaire après notre séjour de 2006 à Paulhac en Margeride. Beaucoup de grands mots pour apporter quelques précisions indispensables à la compréhension de Nous avons, en Occident, la malheureuse habitude de replacer l'histoire sans aucunement tenir compte du contexte géographique de l'époque considérée.
Maintenant, bien évidemment, avec le réseau routier goudronné menant jusqu'au moindre village (Lesbinières, La Soucheyre, Hontès Haut et Bas...) si on se contente d'effectuer la visite en voiture on ne se rend pas même compte de cette particularité.
11 août 2006 17H sur le petit pont de la Desges, chemin du Broussous à Paulhac Et de l'autre Saugues, Venteuges, La Soucheyre.
Le panorama du Mont Mouchet à partir de Notre Dame de Beaulieu Sur cette seule photo qu'il conviendrait de légèrement élargir on dénombre 26 attaques ! La partie Saugues, Venteuges, La Soucheyre, Bergougnoux, Chazelles, Desges n'est pas moins épargnée puisqu'on peut y dénombrer également 26 attaques ! Soit un total de 52 attaques sur ce seul périmètre. Et nous n'avons pas comptabilisé les attaques situées à relative proximité (entre 8 et 17 km de rayon à partir du Mont Mouchet ) avec Saint privat du Fau, Juliange, Lorcières, Loubaresses, Ruynes, Le Malzieu, Montchauvet. Cela correspondrait à plus des 3/4 des attaques de la "Bête" !
Nozeyrolles, Auvers vue du Besset
Le petit village de Nozeyrrolles comptabilise le record absolu : 13 attaques !
Un beau Thor (rochers glaciaires erratiques) à La Besseyre juste en contrebas de la maison de Jean Chastel ! Avouez que cela fait quand même beaucoup de monde "dévoré" dans le périmètre sur lequel se trouvaient exactement nos chasseurs et la famille Chastel ! Famille Chastel dont on retrouve des noms sur le petit monument au Morts situé à coté de l'église de La Besseyre Saint Mary et sur quelques ouvrages bien connus dans la région soit à titre d'auteur, soit en tant qu'éditeur ayant fort pignon sur rue !
Non par plaisir macabre mais pour souligner les agissements de cette "Bête" voici quelques uns de ses méfaits significatifs : "Garçon de 15 ans. La bête l'assaille, le saisit par la tête qu'elle écorche totalement avant de l'abandonner" "Elle gardait ses bestiaux aux pâturages, la Bête l'assaille, l'égorge. On retouve la tête à cents pas du corps mutilé" "Une fillette de douze ans ssort de la aison de ses parents et va au jardin. La Bête qui s'y trouve l'assaille par derrière, lui tranche le col et emporte la tête" "Un jeune homme de seize ans du Canbton de Saugues disparait sans laisser de trace. Supposé dévoté par la Bête" "Jeanne Tananelle, vongt cinq ans, épouse Chabannes. Attaquée par la Bête lorsqu'elle rejoignait son domicile. S'est défendue avec un mauvais couteau qu'elle tenait encore en sa main. Quand elle eut succombé la Bête lui trancha le col et emmena la tête loin fu corps..." "Une jeune fille de Lorcières ayant mystérieusement disparue on ne retrouve rien d'elle. On accuse la Bête" "Marie Jeanne Rousset, quatorze ans fut agressée par la Bête sur le chemin qui mêne à Mialanettes ce vers 15 heures. La Bête lui coupe la tête. On retrouva celle ci écorchée et rongée mais les yeux intacts" "François Fortugne, neuf ans, paroisse de Javols est saisi sur le chemin à quatre cent mètres du village. La bête l'agrippe par l'épaule et malgrè la résistance de sa soeur l'entraîne dans le bois. On, le retrouva couché sur le dos, éventré les entrailles étalées près de lui, écorché depuis la tête jusqu'au bas du dos" "Gabrielle Pélissier, 17 ans, de la Clauze, paroisse de Grèzes fut attaquée dans un pâturage. Elle était avec sa soeur quand le drame arriva. Elles allaient toutes deux au village proche lorsque se retournant elle vit la bête sauter sur Gabrielle. Elle apperçut avec horreur la tête de celle-ci tranchée nette tomber sur le sol alors que le corps était encore debout" "Claude Biscarrat, neuf ans, d'Auvers fut envoyé par son père à la pâture pour y chercher les boeufs. On ne retrouvera ses restes que trois jours plus tard. La Bête l'avait mangé. Elle avait enlevé la veste et la chemise sans les déchirer" "Ayant poursuivi la Bête tous le jour avec les chiens et équipage Antoine de Beauterne et le Comte de Tournon, bredouilles, rentrent au Chateau du Besset. La Bête les a suivi et vient égorger sous les fenêtres du chateau une bergère de quinze ans" "Marie Jeanne Barlier, douze ans, de la Vachellerie de Paulhac est assaillie vers huit heures du soir dans lae pâturage et emportée dans le bois voisin. On ne devait la retriuver au petit matin, dans une bruyère, absolument nue, la gorge percée et la cuisse gauche mangée" "Une fillette de douze ans de Pépinet était à garder des vaches à la lisière du bois de la Besseyre Saint Mary. A la nuit ne la voyant pas revenir ses parents allèèrent à sa rencontre. Où elle s'était tenue ils ne trouvèrent que sa coiffe, sa baïonette fichée en terre, ses sabots. Le lendemain on la retrouva le corps à demi dévoré et rendu méconaissable" "Agnès Mourgnies, onze ans, de Marcillac paroisse de Lorrcières gardait du bétail sur les communaux du village et d'autres vachers et vachères virent de loin son troupeau en déroute. Ils vinrent au pas de course. Ils trouvèrent ses vétements déchirés et son corps nu "comme si elle venait de naître", mutilé, la tête coupée. On vit qu'elle s'était défendue avec quelques pierres. On la mit en terre et la Bête vint. Elle traversa le village au moment où les gens sortaient de l'église. Une folle panique déferla sur les villageois les jetant dans le premier abri venu" "Rousset, propriétaire à Mialanette, paroisse du Malzieu avait une fille âgée de quinze ans environ qui fut envoyée au village de Gardelle pour y cherchher du feu. La Bête la prit à l'endroit appelé Vallat-Chirac. Elle lui mangea l'estomac et lui coupa la tête qu'elle emporta de l'autre coté de la rivière et la laissa sur la route près d'un rocher appelé Malapas (mauvais pas, mauvais passage). Cette fille avait une croix en or et on la trouva avec la tête" "Gabrielle Pélissier fut tuée et lorsque la Bête l'eut mangée en partie elle 'arrangea au milieu d'un bourbier si bien ses os, sa tête coupée qu'elle couvrit de ses habits et de son chapeau si bien que lorsqu'on vint la cherchet avant qu'il fut nuit on la crut endormie" "La fille Barlier de Servilange ne rentra pas. On la chercha et on ne la trouva pas pari ses ageneux. On entendit des pleurs et on se dirigea vers eux. On trouva le tronc du cadavre planté contre la muraille et couvert de son manteau"
Si vous n'avez pas quelques cauchemars après ces quelques extraits choisis c'est que vous faites partie de l'équipe de la série télévisée "Les Experts " ! Il est facile d'affirmer que je suis de mauvaise foi puisque j'ai justement choisi ces extraits, mais pas plus de mauvaise foi que ceux qui les réfutent sous le prétexte qu'il est diffile de les attribuer à un loup fut-il légèrement taré. Oui j'ai choisi ces extraits qui démontrent facilement qu'il y a autre chose qu'un loup ou qu'une simple bestiole dressée à tuer. Ayant moi-même un chien, j'ai assez de mal à lui faire apporter mes chaussons sans que cela me prenne au moins une bonne demie heure. Je le vois mal détacher une tête humaine d'un simple coup de croc, déshabiller la victime, prendre sa tête, traverser la rivière et déposer la tête sur un muret en prenant soin de replacer la chaîne et la croix en or bien en évidence. Puis de disparaître sans laisser aucune trace. Et venir me retrouver pour m'apporter, enfin, mes pantoufles. Cela me fait irrésistiblement penser au gag de la chauve souris de Bigard composant votre numéro d'interphone et ouvrant la porte en verre avec ses petites pattes griffue. Sauf que dans le cas de la Bête ces massacres et ces mises en scène macabres sont monnaie courante. De mauvaise foi, certes, mais pas encore totalement idiot. ! "Et l'ordinateur dans tout ça ? " demanda Jacques Chancel De même on nous rebat les oreilles avec les conclusions d'un ordinateur dans lequel des "spécialistes" entassèrent toutes les données (?! Ah Ah Ah !) ) concernant la fameuse "Bête" et auquel (ou à qui...) on posa alors des questions auquelles il répondit (suivant Jaques Trémolin Faut-il réhabiliter la Bête du Gévaudan. Hachette 1986 ) : " La bête était-elle un loup ? " réponse de l'ordinateur : Non Intéressant. D'une part ce coup de l'ordinateur qu'on nous ressasse est un peu usé si!mplement parce qu'un ordinateur d'il y a vingt ans est déjà un outil préhistorique.
Ce même ordinateur, par exemple, s'amuse à comptabiliser le nombre de "bête", de "loup", d' "animal", de "bête féroce", de "bête sanguinaire", de "bête dévorante", de "féroce bête" , de "cruelle bête", de"loup féroce", de "grand loup féroce" contenu dans les rapports d'époque. Donc "toutes les données" mais pas toutes, la preuve par hyène. Il suffit non pas d'un ordinateur mais d'une paire de lunettes, ou d'une loupe, pour s'en rendre compte. "Figure de la bête féroce que l'on croit être une hyène qui ravage depuis six mois le Gévaudan..." "Représentation de la bête féroce nommée hyène qui fait un affreux ravage dans les limites du Gévaudan..." "Portrait de la hyène, bête féroce qui désole le Gévaudan, vue par M. Duhamel..." "Figure de la hyène qui en 1764 désola le Gévaudan" "Représentation de la bête féroce nommée hyène"
Et ce sur les estampes les plus connues maintes et maintes fois reproduites par tous les auteurs, ou presque.
Encore une estampe très connue et qui sert habituellement de modèle à la "Bête"
Encore un modèle du genre. Même sans lunettes on lit :
La fameuse chasse de Monsieur Antoine et du Garde Reinhard (Rinchard suivant de nombreux auteurs)
Et encore une petite dernière pour la route : Et on pourrait vous en trouver encore tant et plus des Hyènes, hienne, hiène, hÿenne...du Gévaudan ! La preuve :
L'ordinateur en question ne devait pas, à l'époque pouvoir lire ces légendes qui n'en sont pas puisqu'elles représentaient une vérité de l'époque ! Mais vérité n'est pas bonne à lire. Paul Boccuse a une formule qui lui est très personnelle mais qui a le mérite d'être fort claire et qui pourrait fort bien s'appliquer à ce cher ordinateur : Ce qu'un informaticien poli traduirait par " Si la donnée initiale est fausse le résultat le sera également" ! En fait l'ordinateur ne répond que ce qu'on veut bien lui faire dire et il semble que celui qui relate les données ne se soit pas trop posé la question sur les questions qui avaient été posées. Est-il réellement nécessaire de passer par un ordinateur pour répondre à ces questions ?
Le "Bois Noir" de Desges mérite
bien son nom !
"La Bête, tu n'en mangeras plus l " ... PAN ! C'est exactement en ce lieu, sur le bord de la Gourgayre entre la Gazelle
et La Grange que fut égorgée Jeanne Bastide, âgée
de 19 ans, qui fut la dernière victime de la Bête le 17 juin
1767 à 17H. Mais Jean Chastel, quelles que soient ses hautes relations, demeurait un quidam et, à l'époque on ne lui consacra aucune estampe "officielle" !
Suivant la tradition, il referma son missel, ajusta ses lunettes, épaula la "Bête" et fit feu avec une balle d'argent provenant d'un chapelet et d'une croix qui lui avaient été données par sa mère, "La Masque" et bénie par l'Evèque de Mende à la cérémonie suivant la procession du 15 aôut de l'année précèdente. Il dit simplement "Tu n'en mangeras plus !" et il fit feu. Pan ! Et, qu'on le veuille ou non, la "Bête" du Gévaudan cessa alors ses méfaits. Et très probablement on demanda en très-très haut lieu, avec une certaine insistance, Qui depuis est devenu un asile psychiatrique des plus renommés. Puis qu'il aille se faire pendre ailleurs, ce qu'il fit puisqu'il s'exila en Allemagne. Celui que l'on nommait, jadis à la Cour, "Langue d'Or" (mauvais jeu de mot avec Languedoc) et qui passait pour un débauché notoire, ami du Divin Marquis, couvert de dettes et de mauvais procès, tomba dans la déchéance. De Morangias, ruiné, et ayant ruiné sa famille, finira tué à coup de pelle à feu par une femme de mauvaise vie avec laquelle il vivait en concubinage. Il est vrai que le fils de Morangias, né d'un premier mariage, venait simplement de violer sa fille qui n'avait que six ans !
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| Contre-enquête | Faits et chiffres | Les battues | Un secours | Le massacre continue | Beau coup de fusil | Qui "étaients" la Bête du Gévaudan | Conclusion | Bibliographie |
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