Une fois le Baron au sol que s'est-il passé réellement ?
Etait-il déjà mort lorsque son avion s'est posé presque délicatement, comme à la parade ?
Suivant l'avis de plusieurs pilotes très confirmés dont certains ont déjà piloté un Fokker DRI cela est impossible : dès que l'on lâche les commandes ce type d'avion, très maniable mais très instable, pique du nez, se met en vrille et s'écrase généralement sur le dos à cause du poids important de la surface portante.

Or le triplan du Baron s'est bien posé sur ses roues. Il est possible que dans un dernier effort fabuleux, bien qu'étant touché dans région du cœur, le Baron ait utilisé ses dernières forces pour ramener l'avion au sol. Mais il n'était pas mort en l'air comme certains ont pu le prétendre. Les photographes sont arrivés rapidement, presque immédiatement, ce qui implique le fait d'une autorisation officielle. Or, l'armée britannique était avare de ces autorisations, la guerre devant demeurer une affaire sérieuse entre militaires et non un match sportif couvert par la presse.

Epave du Fokker de von Richthofen

 

Les photographes attendaient donc à proximité et étaient déjà munis de ces fameuses autorisations qui leur permettaient de circuler sur la ligne de front et d'utiliser leur matériel.

 

Autres coïncidences.
Ces photos attestent également que le Baron était blessé au visage et il fut expliqué que cela se produisait lors d'un atterrissage de fortune, à cause des lunettes. Or le soldat Mac Diarmid relatait dans un rapport que ces lunettes avaient volé hors de l'avion avant que celui-ci ne touche le sol.
Ces fameuses lunettes très caractéristiques, à pans coupés, ont été ramassées comme souvenir par ce même Mac Diarmid. Elle ne pouvaient donc avoir blessé le pilote lors de son atterrissage. Certains objecteront que cette blessure provenait de la balle qui a éjecté les fameuses lunettes.

Etrangement celles-ci ont été récupérées intactes. Il est fort possible qu'au moment de l'atterrissage von Richthofen les ait simplement arrachées et jetées car elle le gênaient pour mieux apprécier le terrain. Dans un cas comme dans l'autre il était donc encore vivant quelques secondes avant de se poser.

 

Or les témoins n'ont entendu aucun coup de feu après qu'il se soit posé. Peu après son corps fut déposé sur une plaque de tôle. Il ne se passa pas plus de trente minutes entre le fait que l'avion se soit posé et les premières photos.

Le corps du Baron fut rapidement transféré à Bertangles où il fut inhumé le lendemain matin.
Une autre escadrille que celle qui avait été opposée au Cirque rendit les honneurs au cercueil au grand dam de ceux qui étaient présents lors des faits.
On préféra donc ne pas trop donner d'explications officielles et on, renvoya dos à dos " Roy " Brown et les mitrailleurs de la 43eme batterie qui furent tous crédités de cette victoire exceptionnelle.
Le Captain " Roy " Brown demeura par la suite très discret sur la revendication de cette victoire.
On n'entendit plus parler du novice et néanmoins lieutenant " Wop " May... qui s'adjugea quand même sept victoires homologuées dans un laps de temps très réduit, à la cadence de plus de une victoire par mois.

Tout cela fait quand même beaucoup de coïncidences mises bout à bout et le simple
" hasard " a bon dos dans cette affaire.


Maintes reconstitutions du dernier vol du Baron Rouge ont eu lieu, et pas souvent des meilleures, pourquoi pas une de plus ?

Ce qui suit n'est, évidemment, que pure fiction !

mais néanmoins réalisé à partir de témoignages et commentaires authentiques

Mandred von Richthofen :


Le 26 mars nous nous sommes installés à Cappy et je me suis installé dans le château situé à la sortie du village en direction de Herbécourt. Il s'agissait d'un petit village picard en bordure de Somme.
Le terrain était situé en bordure de la route de Eclusier-Vaux.
Le 7 avril je me suis octroyé mes soixante dix septième et soixante dix huitième victoires.
Il faisait un temps exécrable alternant brouillards et averses.
Nous n'a vons donc effectué que quelques rares sorties.
Le 20 avril le temps s'est enfin levé et j'ai pu, à nouveau, réaliser un doublé amenant mon score à quatre vingt victoires.
Nous a vons dignement fêté cet évènement.
Dans la soirée j'ai reçu un télégramme du Haut Commandement m'invitant à prendre une permission exceptionnelle pour la circonstance et Bodenschatz, le chef d'Etat-Major, à immédiatement fait le nécessaire pour aller me faire chercher des billets de train en wagon lit pour Krefeld, en Bade, où j'avais été invité de longue date par les parents de mon ami l'as hussard Werner Voss.
Le 21 avril il s'agissait donc d'une sortie de routine, le téléphone ayant signalé à Bodenschatz quelques avions anglais au dessus de la ligne de front située entre Albert et Bray.
Nous nous sommes donc préparés sans la moindre appréhension.
Le chien Moritz m'a accompagné en boitillant jusqu'à mon triplan écarlate.
Il avait été heurté quelques jours avant par l'avion de Lischke, avait perdu un bout de queue et avait été blessé à la patte.
Comme d'habitude il se désolait de me voir partir et cherchait à monter dans l'avion ce qui fit rire les pilotes.
Les rampants riaient moins car ils savaient qu'il allaient à avoir à le supporter jusqu'à mon retour.

Nous avons décollé un peu avant onze heures en deux groupes distincts.
J'ai pris la direction du premier groupe qui incluait mon jeune cousin Wolfram, Wolff et le Vize-Feldwebel Sholtz.
Le second groupe était par le Leutnant Weiss et comprenait Wenzl, Karius, Lischke et le jeune Löewenhardt.
Nous nous sommes dirigés en direction de Bray où nous a vons été rejoints par la Jasta 5 qui avait également été prévenue de la présence des anglais.
Nous étions désormais vingt cinq à nous diriger directement sur l'ennemi.
Celui-ci était également en nombre puisqu'il comportait visiblement trois escadrilles différentes.
Nous sommes rentrés en contact vers 11H15, comme prévu au dessus de Bray et nous a vons engagé le combat.
Il y avait donc plus de quarante cinq avions en l'air qui se tiraient dessus.

Les anglais cette fois-ci avaient mis le paquet et il n'était plus question de mission de routine mais d'un engagement très important d'autant plus qu'il s'agissait visiblement de pilotes expérimentés aux commandes du meilleur appareil britannique le Sopwith Camel .

Je me suis dirigé vers le premier flight composé de 11 Sopwith et mes pilotes ont engagé le combat y compris Wolfram auquel j'avais recommandé la plus grande prudence.
J'ai envoyé une rafale ou deux et il m'a semblé qu'un appareil en difficulté quittait la formation et cherchait à s'enfuir en descendant vers le sol, plus précisément vers la Somme qui coulait en contrebas.

J'ai donc décidé de le poursuivre en me disant qu'il serait assez facile à abattre.

Une fois descendu il me resterait à revenir dans le dog-fight.

Je lui ai donc filé le train et me suis mis en position de tir mais il s'agissait d'un pilote assez particulier qui se livrait à des manœuvres déconcertantes tout en maintenant son cap juste au dessus de l'eau et entre deux rangées de peupliers.

Le seul point de repère, juste en face, était une cheminée d'usine.

Il m'était donc difficile de rompre l'engagement et de cesser la poursuite que j'avais engagé.

Je n'ai pas réussi à le toucher.

Probablement à cause de la présence très proche de l'eau qui perturbait mon tir.

Une rafale a jailli dans l'eau juste devant moi et j'ai compris que j'avait été, à mon tour, pris en chasse.

Un autre Sopwith me talonnait de près en me mitraillant et il m'a semblé appercevoir deux autres Sopwith qui s'étaient joints à la poursuite.

De chasseur jk'étais soudainement devenu le gibier.

La cheminée d'usine se rapprochait de plus en plus.

Il m'était encore plus difficile de rompre puisque nous volions presque au ras de l'eau entre des peupliers.

J'était presque à court de munitions.

Je suis arrivé au dessus des étangs.

J'ai lâché une autre rafale sans le moindre résultat et tout à coup l'avion que je poursuivais a rompu en dégageant vers la gauche.

Je me suis retrouvé face à une pente boisée, comme devant un cul de sac.

L'avion qui me poursuivait a également dégagé vers la gauche.

La plaisanterie ayant assez duré j'ai viré vers la droite, en direction de nos lignes.

Il était temps que je rejoigne mon Jasta.

Je suis passé très près de ce qui ressemblait presque à une falaise.

A ce moment précis j'ai entendu le tir de plusieurs mitrailleuses dissimulées dans la pente et qui m'alignaient à l'horizontale puis j'ai vu les flammes qui sortaient des canons
.
J'ai compris que j'étais la cible de plusieurs tireurs.

J'ai senti plusieurs impacts dans l'avion puis un choc violent dans le dos, à droite.

Tout à coup j'ai revu la fameuse cheminée d'usine et ai pensé "il faut que je puisse me poser là !"

La dernière chose que j'ai vu était une briqueterie avec une immense cheminée intacte.

J'ai posé le DRI et me suis senti très las, vidé.

Après je ne me souviens plus de rien.

La poursuite commence au dessus de Bouzencourt

Elle continue au niveau de Vayre sous Corbie en suivant le fil de l'eau entre les arbres !

Au fond on commence à voir le fameux "Cirque de Vaux" et le Belvédère Ste Colette

On se rapproche du cirque, on commence à entrevoir la fameuse cheminée

Le "Cirque se précise maintenant mais ce n'est pas encore significatif

On voit plus nettement la cheminée juste dans l'axe de la Somme

On débouche sur un étang en contrebas du "cirque"

Passé l'étang on arrive sur le "Cirque" de Vaux

La côte est fort raide avec des paliers

On arrive à gauche du Belvédère

Le Belvédère à mi pente et probablement, à l'époque, déjà quelques mitrailleuses !

Le haut du Belvédère

 

Les emplacements des mitrailleuses, donc celle de Buie, vues de la mi-pente du Belvédère
Et on revient sur la plaine.

L'usine et sa cheminée à la droite du cirque : un point de repère idéal pour un aviateur

L'usine se rapproche, le point d'impact est étrangement toujours dégagé

Sur le point d'impact

Après s'être posé l'avion fait demi tour vers la vallée et pique du nez

C'est probablement la dernière chose que vit le Baron Rouge

Désolé pour les grincheux.

Et le manque de moyens.

Cette fois-ci le Fokker DRI était indisponible, la reconstitution a donc eu lieu à pied.

Et c'est pas de la tarte !

Mais on a fait ce qu'on a pu et on l'a fait de bonne foi.

Honni soit qui mal y pense !




Leutnant Hans Joachim Wolff :

Le Rittmeister avait donné comme consigne à son cousin Wolfram de ne pas prendre de risque et de le suivre.
Malheureusement ce dernier a engagé un Anglais et s'est laissé emporter dans la nuée.
De mon coté je me suis immédiatement trouvé engagé dans le combat.
J'ai cherché à savoir ce que faisait le Rittmeister.
La dernière fois que je l'ai vu, il poursuivait un avion et s'éloignait en descendant vers les lignes anglaises et australiennes.

Pourquoi volait-il si bas et si loin ?

Il nous avait toujours interdit de rompre la formation en dehors d'un cas de nécessité majeure et plus encore de s'approcher du sol.

J'ai immédiatement eu un pressentiment d'autant plus que plusieurs avions ennemis ont quitté la combat et ont filé dans la même direction.

Mais je n'ai rien pu faire car j'avais également plusieurs Anglais aux trousses, il en arrivait de partout.
C'était un véritable coupe-gorge !

J'ai eu de la chance de m'en tirer et quand je n'ai plus eu de munitions je suis retourné vers Cappy en espérant que le Rittmeister m'avait précédé.

Mais il n'y était pas et il n'est pas rentré.


Captain " Roy " Brown :


J'ai pris la tête du Squadron 209 et nous sommes partis de Bertangles.
Nous n'étions pas des Anglais mais des Canadiens.
Des sacrés teigneux.
Le second " as des as " britanniques, William Avery Bishop, était également canadien...
Ainsi que le troisième " Ray " Collishaw, patron du " Black Flight ".
A ce moment nous étions 11 sopwith du dernier modèle.
A ce jour j'étais crédité de 12 victoires mais souffrais cruellement d'un ulcère à l'estomac.
Le vol se composait du Lieutnant " Wop " May, de Lomas, Mackenzie, Mellersh. Nous a von s été rejoints par les flights des Captains Redgate et Le Boutillier, également des canadiens.
Nous étions au total près d'une trentaine dont de nombreux vétérans.
Comme prévu nous sommes rentrés en contact avec le " cirque " du fameux Baron Rouge en nous dirigeant sur Péronne.
Nous les avons immédiatement reconnus à cause de la couleur bariolée des avions.
On aurait dit un vol de perroquets.
On les appelait justement entre nous les " papagei ".
Il y en avait des verts, des jaunes, des bleus, des rouge et vert, des rouge et noirs, des rouges à rayures ou des rouges à damiers.
Enfin de toutes sortes.

Et surtout un entièrement rouge écarlate.

Lorsqu'il l'a aperçu " Wop " s'est éloigné et est descendu vers la Somme et le " Petit Rouge " lui a immédiatement filé le train.

Il pensait que cela allait être un jeu d'enfant. Mais c'était sans compter sur " Wop " qui est un spécialiste de la voltige en rase motte, ce qui lui vaut son surnom.

Le Baron a eu du sacré fil à retordre et s'est laissé embarquer au dessus de la Somme en direction du Belvédère de Sainte Colette, faussement appelé Cirque de Vaux.

Celui-ci se trouvant plus à l'est au dessus de Suzanne.
Je l'ai immédiatement pris en chasse et ai pu lui envoyer une ou deux rafales.

Mais le baron, bien que poursuivant " Wop ", s'est méfié.

C'est un vieux renard. Je ne suis pas du tout certain d'avoir pu le toucher.
Il est possible que je l'ai touché.
Il était en difficulté et ne pensait plus qu'à se sortir de ce traquenard.
En arrivant au Belvédère on a rompu vers la gauche en direction de nos lignes.

Le Baron, au contraire, a viré à droite, en direction des lignes allemandes, juste au dessus des nids de mitrailleuses dissimulés dans les pentes du Belvédère.

On aurait pu le poursuivre et l'achever car il était seul mais cela aurait gêné les mitrailleurs qui étaient maintenant à l'afffut à son niveau et n'on eu qu'à l'aligner comme à la parade.


Ce sont des professionnels qui ont bien fait leur boulot.

Après cela ne nous regardait plus et notre mission était accomplie.

On a entendu les mitrailleuses et on a compris que tout était joué.

On est rentré à Bertangles.

J'ai immédiatement demandé à un rampant de me conduire en voiture à ce fameux Belvèdère situé juste au dessus de Corbie.

Le Baron avait été étendu sur une tôle provenant de la briqueterie.

Contrairement au Duc de Guise il semblait encore plus petit mort que vivant.

On aurait dit un enfant blond qui dormait

. Je ne me suis pas senti très fier et j'ai préférer filer, mon ulcère commençant à se faire sentir.

On a eu une sacrée chance de bien s'en tirer avec si peu de casse.

" Wop " a été génial.

C'est un pilote exceptionnel !


Lieutnant " Wop " May :

Je n'ai rien à ajouter.

J'ai simplement fait mon job d'officier et mon job de pilote.
Rien que mon job.
Il me reste maintenant à descendre quelques Huns en combat aérien.
Je vais sérieusement m'y employer.
J'ai eu beaucoup de chance dans cette affaire car le Baron était un sacré gros gibier et cette opération était plutôt risquée.
Ses équipiers ont eu le tort de le lâcher.
Il faut dire qu'on y avait mis le paquet pour faire diversion.
Il a eu le seul tort de sous estimer son adversaire en recherchant une victoire facile pour son foutu palmarès.
Je n'étais pas une proie facile et Brown le savait et me couvrait.
C'est un sacré teigneux " Roy ", il me fait penser à un Bulldog.

Pas facile à amadouer. Son ulcère n'arrange rien.

C'est un perfectionniste.

Le Baron n'a eu somme toute que ce qu'il méritait.
Il a assez descendu de jeunes types qui ne souhaitaient que vivre en utilisant son trop fameux " cirque volant " et ses tueurs à gage recrutés à grand prix dans toute les escadrilles d'Allemagne.
Mais nous aussi on a quelques virtuoses en réserve.
Il s'est fait piéger par son instinct de chasseur.


Cette fois-ci se sont les Australiens qui ne lui ont laissé aucune chance dans leur cirque de Vaux et il valait mieux ne pas rester dans l'axe de leurs foutues mitrailleuses.
Je les ai vues, il les avaient trafiquées en montant des collimateurs.
Idéal pour la chasse au moineau.


Je ne regrette pas d'avoir fait mon devoir.

On me fera passer ensuite pour un bleu mais cela n'a aucune importance.

Qui veut la fin veut les moyens.

J'ai été le moyen.

C'est tout.


Mitrailleur Buie de la 53 eme Batterie Australienne :


C'était une bonne planque avec une vue superbe.
Cela nous changeait des tranchées de Villers Bretonneux.
D'autant plus qu'on avait reçu des bijoux d'horlogerie.
Des Lewis flambant neuf.
J'ai rôdé les culasse avec de l'argile mélangée à de la poudre de charbon et du pétrole.
Ca a pris quelques heures mais après la culasse glissait comme dans de la graisse de rognons de bœuf. On s'est bricolé deux collimateurs, avec l'accord du patron, et on a essayé le tout.
On aurait pu participer à un concours de ball-trap.
Autre chose que ces grosses Vickers tout juste bonnes à hacher de la viande au sol.

Cela a beaucoup étonné un drôle de type, un certain Corto Maltese, un bronzé baratineur, probablement un Levantin dont on se demandait ce qu'il venait foutre dans le coin à ce moment précis et qui cherchait à nous refiler des bouteilles de vin frelaté.
On l'a plus ou moins viré à coups de pompe et il a dit qu'il se vengerait en nous faisant passer pour des poivrots débiles dès qu'il en aurait l'occasion.
On ne se méfie jamais assez de ce genre de lascars.


Le patron a reçu un message par téléphone et nous a dit de se tenir prêt.
On était déjà au poste.
Les coucous sont arrivés très vite.
Les deux vert olive qui étaient au jus ont dégagé.
Le rouge nous est tombé dans les pattes.
On l'a bien gâté.
Pendant près de dix secondes on l'a canardé.
On voyait les gerbes de balles frapper l'eau.


Sauf l'une d'entre-elles qui l'a pris de plein fouet.

Je crois avoir entendu un cri
Un peu plus on était arrosé de sang boche ! .
L'avion a fait une embardée et j'ai cru qu'il allait plonger dans l'étang.
Mais il a continué sa route et a disparu derrière la crête.

J'ai appris que nous l'avions sérieusement touché et qu'il s'agissait du fameux Baron Rouge.

Quand on est baron et qu' se mme Von Machintruc on ne vient pas faire le coucou au dessus des Anzacs.

On n'avait pas demandé à venir mais on n'est pas venu pour rien.

Il suffit de voir le nombre de tombes d'aviateurs alliés sur le bord du terrain de Villers pour comprendre que des types comme le Baron sont malfaisants.

Je suis bien content d'avoir mis fin à sa carrière, l'aristo frimeur !

Mais après on a essayé de nous faire avaler que c'est les pilotes qui l'on descendu alors qu'ils se sont cassés pour nous laisser faire notre job.

Ces types là se croient tout permis et en plus c'est des Canadiens.

En tous les cas le type qui était poursuivi par le petit rouge il se démenait comme un beau diable dans un bénitier, pas une seule balle le baron qu'il lui a mis !

Si tous les débuttants étaient comme ce type, la guerre serait finie depuis trois ans au moins !

Et celui qui était derrière, un vrai morpion qui lui collait au fesses, le Baron.

Et celui ci, quand même, il a bien fait son boulot car il en a pas pris une non plus.

Mais quand il est tombé sur nous ça a été une autre musique : on l'attendait depuis un bon moment et on l'a pas loupé.

On a eu du mal à le finguer mais on lui a quand même mis des pruneaux dans la carcasse.

Et il a eu ce qu'il méritait, juste ce qu'il méritait.

Après le patron est venu nous féliciter et nous dire de la fermer, motus et bouche cousu sur la planque.

On aurait pas du être là.

Le seul ennui c'est qu'il a fallu rendre les jolies pétoires et reprendre nos anciennes machines à coudre.

Et on se doute déjà que l'autre lascar de Corto Machinchose va se venger en nous faisant passer pour des abrutis et des alcoolos.

Une bonne planque avec une vue superbe - vers la droite d'où arriva le Baron

Une vue sur les contreforts à gauche

Et une superbue vus sur la gauche. A la pointe extrême du bois la cheminée !

Un transfo EDF camouflé a remplacé les mitrailleuse juste au milieu du Belvèdère : la grande classe !

Et juste à droite du transfo un super poteau et un fil génial : Merci les gars, c'est sympa !

Avez vous remarqué qu'il est rare de trouver un lieu superbe sans la présence d'un sympathique transfo, d'un magnifique poteau, d'un élégant poste à pyralène.
Ceux qui les ont placé là ont aussi profité de la vue.
Surtout avant qu'ils ne laissent l'empreinte de la civilisation conquérante.
Remercions donc ici chaleureusement les technocrates qui font acte de pédagogie en choisissant les lieux où l'on peut admirer sans réserve les bienfaits de leur action sur l'environnement.

 

Colonel X du Bureau Spécial de l'Etat-Major Général.

Richthofen était devenu un mythe jusque dans les escadrilles anglaises.

On s'était déjà débarrassé de Voss, l'as aux soixante victoires, le Hussard de Krefeld, en l'attendant à son retour de sa visite à Antony Fokker avec 7 Se5a du Squadron 56 entraîné par l'as Mac Tomas Byford Mac Cudden.
On savait qu'il avait pas mal bu et qu'il avait pas dormi.
Le combat avait été rude mais nos pilotes avaient fini par avoir sa peau.
Ils ont reconnu que c'était un sérieux client et que la plupart des avions avaient été touchés.

Pour le Baron Rouge c'était plus difficile car il volait toujours avec de multiple co-équipiers et gardes du corps dont les redoutables Wolff et Wolf qui ne le quittaient pour ainsi dire jamais.
Il fallait donc l'inciter à quitter la formation en utilisant un dispositif qualifié de léger.
Pas plus de deux ou trois avions de manière à ne pas inciter le " cirque " a se porter immédiatement au secours du Rittmeister.
J'ai donc donné carte blanche à Brown pour qu'il monte cette opération.
Il n'a pas été chaud car c'est un type réglo.
Pas le genre à monter une embuscade.
Mais je l'ai convaincu en lui présentant " Wop " May qu'il connaissait bien et qui s'est spécialement entraîné pour cette opération.
C'est déjà un pilote de voltige émérite.
Son rôle était d'attirer Richthofen vers le belvédère en évitant de se faire toucher.
Brown,
en qui il avait toute confiance le couvrirait.
Il s'agissait donc d'un binome exceptionnel.

D'un coté un jeune lieutenant as de la voltige, de l'autre un capitaine vétéran au sang froid reconnu de tous et un excellent tireur.

Et qui détestait les Allemands qu'il jugeait responsables de son ulcère.
Sans oublier une brochette de tireurs d'élite munis d'armes spécialement équipées pour la circonstance et qui étaient postés comme à l'affût.

Richthofen voulait une victoire facile pour passer le cap des quatre vingt victoires, on allait lui en offrir une !

Richthofen aimait le cirque, on allait l'emmener au cirque !

Richthofen aimait la chasse au loup et au sanglier on allait l'inviter à une chasse aux canards !

Le plan diabolique consistait à l'attirer au dessus de l'eau afin que ses tirs soient perturbés.

" Wop " devait se contenter de suivre le lit de la rivière entre deux rideaux d'arbres, de faire ce qu'il pouvait pour éviter les tirs et de dégager en arrivant au dessus de l'étang de la Barette juste en contre bas du belvédère Sainte Colette.

Brown devait le couvrir en mitraillant le triplan afin que celui-ci se sente également poursuivi.

Le reste était dans la capacité de nos chasseurs du Bush australien à descendre ce qui passait à leur portée.

Habitués à chasser l'oiseau, un triplan devait être une cible assez facile.

Deux fois de suite on a tendu le piège et il n'a pas été long à fonctionner.

On avait suffisamment d'escadrilles dans le coin pour opposer une force équivalente en nombre et en qualité à celle du cirque.

On aurait pu avoir plus de soixante avions en l'air.

Ils étaient là pour faire de la masse, de la diversion et empêcher les pilotes des jasta 11 et 5 de se regrouper autour de Richthofen.

Il est tombé dans la nasse et dès qu'il a vu " Wop " May rompre il n'a pas pu s'empêcher de le suivre pour le descendre.

Le reste a presque été une formalité.
Le plus dur a été de séparer Wolff qui a certainement été le seul a se rendre compte de la situation.
Mais il était trop tard.
Dès que j'ai été prévenu je suis arrivé sur les lieux avec un photographe.
On a fait un beau tableau de chasse avec le pilote, l'avion, les mitrailleuses.
Après on l'a ramené à Bertangles et pour éviter toute polémique on la rapidement mis en terre avec tous les hommages dus à son rang.
C'est une autre escadrille, la N°3, qui lui au rendu les honneurs.
J'ai rapidement fait développer les photos et en ai fait envoyer une de sa tombe au terrain de Cappy avec la mention :
" To the German Flying Corps. Rittmeister Baron Manfred von Richthofen was killed in aerial combat on april 21st 1918. He was buried with full military honours. From British Royal Air Force"

(Aux forces aériennes allemandes, le Capitaine Baron von Richthofen a été tué en combat aérien ce 21 avril 1918 et a été inhumé avec tous les honneurs militaires. De la part de la RAF).

Cela a évidemment causé un choc sérieux au sein de l'aviation allemande, de l'armée allemande et de la population allemande.

Le cirque a continué a exister mais n'a plus jamais été aussi efficace.

En éliminant Richthofen nous a von s porté un coup mortel au moral de l'Allemagne aussi sûrement que si nous avions remporté une grande victoire sur le terrain.

Mon seul regret est de n'avoir pas eu le temps de m'occuper d'un certain Hermann Goering qui, par la suite, prit la succession de Richthofen .

Cela nous aurait probablement évité quelques problèmes plus tard.

 

Quelques mots de plus sur cette contre-enquête

 

Professeur Stchroumpf
Quel est votre intérêt à publier une telle contre-enquête ?
Georges Charles
J'ai simplement trouvé ce sujet passionnant et constaté que près de quatre-vingt ans plus tard il existait toujours un doute quant aux raisons de la mort du Baron Rouge.
Ce dernier demeure une figure plus qu'emblématique et est toujours un mythe.
Inconsciemment ou non il est devenu, à son insu, une égérie romantique et sa tenue de cuir noir hante l'inconscient collectif des Rockers !
Elvis Presley, Marlon Brando, James Dean et bien d'autres, parmi lesquels Johny ont trouvé en lui une image incontournable.

Le Baron Rouge en "Baron Noir"

Marlon Brando sur sa moto en "Baron Noir" !

L'oeil sombre de James Dean !

Le mythe du pilote n'est pas un vain mot

Professeur Von Stchroumpf
Mais cela n'explique pas tout !
Georges Charles
Bien évidemment mais j'ai habité pendant plusieurs années dans la Somme, une trentaine d'années au bas mot, et j'ai eu l'occasion de me rendre de très nombreuses fois sur les champs de batailles et particulièrement au "Cirque de Vaux" alias "Belvédère de Sainte Colette" où a eu lieu cet épisode historique.
Depuis toujours j'ai eu dans l'idée que ce dernier n'était pas le simple fait du hasard et que les acteurs de cette tragédie avaient bien eu un renderz-vous très particulier à cet endroit précis.
Sur place le récit habituel et officiel ne "colle pas".
Comme pour les Jurés en cours d'Assise il s'agissait donc d'une "intime conviction" et j'ai alors résolu de réunir les pièces manquantes.
Professeur Von Stchroumpf
On ne peut donc pas parler de preuves :
Georges Charles
A moins de faire venir sur place les "Experts" de la série américaine, malheureusement il est difficile de parler de "preuves".
Professeur Von Stchroumpf
Mais de fortes présomptions ?
Georges Charles
Oui, c'est même plus que cela.
Je persiste et signe, le Baron Rouge a été attiré dans un traquenard tendu par les Britanniques qui sont, en ce domaine, experts en la matière.
Professeur Von Stchroumpf
Mais pourquoi l'hypothèse officielle demeure-t-elle encore la seule qui soit retenue par les historiens .
Georges Charles
Simplement par facilité.
Ils n'aiment pas revenir en arrière et moins encore être contredits par un amateur.
Et puis ce qui a été imprmé sur papier fait force de loi.
ProfesseurVon Stchroumpf
Que voulez vous dire par là ?
Georges Charles
C'est un problème de droits d'auteur.
Ceux-ci n'existant pas encore sur Internet ce qui y est publié est nul et non avenu.
Les auteurs "papier" ne se privent pas de piller Internet en omettant de préciser leurs sources.
J'ai remarqué cela tant pour la "contre-enquête" sur la Bête du Gévaudan que celle sur le Baron Rouge.
Les deux thèses reprises dans ces contre-enquêtes sont bien citées mais pas leur provenance ni leur auteur !
Professeur von Stchroumpf
Que voulez vous dire par là
Georges Charles
Je reprend une revue aérienne récente : Dogfignt - au coeur du combat aérien N°4 de Janvier Février 07
C'est au demeurant une revue très intéressante et même passionante...pour les passionnés !
Dans un article intitulé "Le dernier vol du Baron Rouge" - passons - l'auteur, Rolf Steiner (les mauvaises langues diront que c'est un pseudo facile !) explique :

"Une thèse a eté récemment développée tentant de démontrer que le Baron Rouge aurait été attiré dans un traquenard par les britanniques. En effet selon certains les batteries de mitrailleuses auraient été spécialement implantées sur les hauteurs surplombant la vallée de la Somme. May, pilote plus expérimenté que l'on a bien voulu le faire croire, notamment en raison d'un passé de pilote d'exhibition au Canada, aurait servi de "chèvre" et Brown de "rabatteur". Toutefois il est indéniable que, quelles qu'aient été ses qualités de pilote, May n'avait aucune expérience du combat aérien et faisait ainsi la plus mauvaise "chèvre" possible. Cela rend cette hypothèse assez peu crédible"

On remarque donc que l'auteur à bien lu la contre-enquête.

Il a même à ce sujet entretenu une correspondance par mail avec moi il y a un bon moment.

Mais entre temps il a du perdre mon mail.
Et du temps est passé sous les ponts.
Cela lui permet d'enterrer cette hypothèse d'un simple revers de la main.
Et de reprendre la thèse officielle sans se poser trop de question.
C'est vrai que dans une issue précédente il était question que
"Certains historiens remettent en cause la version..."
Il est toujours amusant de se retrouver cité au pluriel sous la dénomination de "certains".
J'ai juste entre temps perdu la mention d'historiens au pluriel.
Mais bon, voilà c'est Internet et nianiania, et puis on va pas remettre l'histoire en cause et nianiania !

Le moins qu'on puisse dire est que l'auteur en question est beaucoup plus prudent que le Baron Rouge et qu'il ne risque pas de s'écarter de la formation groupée du Grand Cirque des historiens patentés et de leurs comparses.

C'est vrai que, dans ce cas, le stratagème britannique ne fonctionne pas comme prévu puisque le Baron Rouge, très prudent, serait resté au bar de l'escadrille ce jour là et que Roy Brown serait en train de se soigner son ulcère grâce à "du bicarbonate se soude et une mixture de fine au lait chaud".
May lui-même est resté chez sa grand-maman et les mitrailleurs autraliens ont demandé une permission exceptionnelle de manière à ne pas risquer de prendre un mauvais coup.

En fait il ne s'est donc rien passé ce jour là et c'est encore de ma faute si on accuse à tort nos amis d'outre manche.

Professeur Von Stchroumpf
Là vous en faites peut-être un peu trop !
Georges Charles
C'est comme ça, je me situe toujours à juste distance entre Georges Charges et Georges Charmes !

Je vais vous en raconter une autre.

Il y a peu de temps j'ai, sympathiquement, été contacté par un illustrateur qui avait reçu une commande d'un site étazunien spécialisé sur l'aviation et qui me demandait de lui apporter conseil sur les circonstances de la fin du Baron.
Il souhaitait donc une photo des lieux afin de réaliser cette fameuse illustration.
Comme je suis définitivement bienveillant je lui ai donc fait parvenir cette photo avec les mentions de la position des avions, des mitrailleuses...
Et il m'a envoyé cette fameuse illustration.
Je lui ai fait remarquer que la mitrailleuse tirait trop verticalement alors que le tir avait du être oblique bien que tendu.
Il m'a alors sympathiquement précisé qu'il n'avait voulu modifier le scénario officiel et qu'il n'intervenait qu'en tant qu'illustrateur à qui on avait fait une commande spécifique n'incluant pas du tout l'hypothèse d'un quelconque traquenard !
Et nianiania et nianiania !
Il me remerciait néanmoins d'avoir pour son illustration utilisé la photo publiée dans le site de la mitrailleuse australienne sur moto !
Et me conseillait de traduire le site en anglais afin de pouvoir faire connaître mon hypothèse outre Manche et outre Atlantique !
Je lui ai bien évidemment demandé de me prévenir dès que cette illustration serait en ligne sur le fameux site Etazunien.
N'ayant aucune nouvelle depuis j'ai pensé publier ici cette photo et cette illustration en avant première.
Et on verra bien !


Le Belvèdère en question


La fameuse illustration !

Professeur Von Stchroumpf
En effet c'est assez significatif !
Georges Charles
Mais avec le temps on arrive à s'y faire !
Cela me donne par ailleurs l'envie d'aller y faire un tour pour reprendre quelque photos *
Le principal c'est que nos amis internautes aient droit à une autre version des faits et après ce sont eux qui jugent.
Et d'après le courrier que j'ai reçu à ce sujet, messieurs du papier glacé, la balle n'est plus uniquement dans votre camp.
J'ai même reçu plusieurs mails d'Allemagne ou cette hypothède d'un traquenard est maintenant prise très au sérieux.
En gros il "pensaient que..." mais ne l'avaient pas encore exprimé pour ne pas passer pour des contestataires de l'histoire officielle !

* ce qui vient d'être fait ce 10 mars courant dont 2007 !

"Rencontre"
Tableau mettant en scène le Triplan du Baron Rouge et deux avions britanniques au sol.
Sans le fameux "traquenard" voilà probablement ce qui serai arrivé à Wop May et à Roy Brown.

Mais on ne rejoue pas l'histoire.


Le Baron Rouge vous salue bien !

Tableau de Yvan Berryman

Divers tableaux mettant en scène le Baron et ses avions rouges.

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