La carricature et le bourrage de crânes, les poilus parlaient de bourrage de mou , ce qui correspond à "se faire entuber" n'est pas uniquement le propre de nos amis les "Boches"

Notre Etat Major n'était pas le dernier à donner des ordres à la presse afin de rendre la vérité plus acceptable.

On dirait actuellement de " faire acte de pédagogie" !

Quelques exemples choisis parmi tant d'autres.


 

Les bombardiers allemands Aviatik survolent le Gross Paris !
C'est évidemment la presse Allemande qui prend le rêve pour la réalité
Quelques Gotha ont pu s'approcher de la capitale mais c'est un canon, surnommé à tort, la "Grosse Bertha", tirant des environs de Compiègne qui fit les dégats attribués aux bombardiers.
Mais il fallait garder secret le fait que les Allemands possédaient un canon à très longue portée et les bombardiers "tueurs d'innocents civils" eurent donc bon dos

.

Encore un sacré montage bidouillé.
Les passionnés reconnaitront un Fokker Eindekker (à un plan donc à une aile) auquel on a collé une autre aile pour le transformer en un improbable biplan Fokker qui était censé rivaliser avec nos Nieuports.
Cet avion présenté par la presse en exclusivité n'a donc jamais existé !

Un sujet récurrent qui a encore lieu de nos jours : le bidouillage des palmarès chez les "Boches"
Qui nous accusent évidemment de truquer nos victoires !

L'As boche vue par la carricature "officielle"
Il est censé avoir abbattu 5 farman, 80 chevaux, mis en fuite 5 voisins, intimidé quelques caudrons
- donc si on excepte les chevaux des avions d'observation peu rapides et mal armés -
Mais il ne compte plus les Nieuport et les Spad entrevus - donc les avions de chasse qu'il a soigneusement évité !
Parler de chevalerie aérienne devant cette accusation facile est peut être parfois un vain mot

Une belle brochette d'As puisqu'il s'agit des frères Richtofen, de Festner, de Wolf, de Schaëffer...
Le seul problème est que la presse, toujours délicate et aux bottes, leur a refait le portrait transformant le Baron Rouge en brute et les autres en crétins des Alpes.
On a même viré Moritz le chien du Baron Rouge.
Une mascotte cela risquait de le rendre plus humain.
L'art de la retouche ne date pas de Photoshop !


La photo d'origine : il n'y a pas photo !

Cette sale petite fripouille d'Antony Fokker, le "hollandais volant", en compagnie d'un Prinz Imperial !
On lui a recollé une fausse médaille et un sourire en coin sournois particulièrement réussi.
On lui doit la fourniture aux Allemands des meilleurs avions de la guerre !


L'avion canon...improbable pour l'époque !


Et sa victime désignée : le sale petit Fokker E qui fait des ravages

Et pour se venger on reproduit un "avion canon" qui écrase un Fokker
Le seul problème est que les avions français de l'époque peinaient déjà à embarquer une mitrailleuse légère avec un misérable chargeur de 48 coups contre bande de 800 coups en face !

Toujours le mythe enfantin de "C'est mon papa qui a la plus grosse ! "
Malheureusement la réalité était toute autre.
Encore à cause de Antony Fokker !

Une autre réalité bien croquée dans un journal des aviateurs :
On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a !

Avant de devenir un As.
Ou simplement un pilote.
Le passage par le fameux "pingouin" avec Finck aux commandes.
C'est aussi cela l'Aviation !

Le fameux numéro du Jeudi prochain Premier Novembre - voir pub plus haut !
On note la super tache de sang et on se doute qu'il va y avoir du réglement de compte sans trop de risques.
"La première victime de la guerre, c'est la vérité ! " Churchill
"Et la seconde c'est les 10 commandements..." Un poilu.


Une vérité plus vraie avec cette passagère quelque peu sinistre

Navarre fait le Mariolle avec un bas de femme !
Lors de ses virées parisiennes il descendait autant sinon plus de policiers que d'avions allemands.
Son jeu favori : les poursuivre sur les trottoirs avec sa puissante Torpédo.
La "Sentinelle de Verdun" avait quelque peu tendance à pèter les plombs.
Mais il était adoré du public et de ces Dames.


Encore une page spéciale sur le "truquage des As Boches" !
Preuve à l'appui avec statistiques et dates.
C'est très scientifique et très pédagogique...donc très suspect.
Le canard invente un troisième Richtofen qui se serait fait tuer après 8 victoires.



Une petite "nécro" allemande bien faite avec les photos des As tués par notre chasse.
On reconait Woss, Allmerroder, Baldamus, Frankl...


L'édition 1917 reliée de "La Guerre Aérienne" avec Guynemer en première
A la fois un document historique et un recueil de manipulation "pédagogique" .


QUELQUES AUTRES DOCUMENTS

Un as chinois !
Le Sous Lieutenant Tsu (Tzu) crédité de 7 victoires, et volant sous les ailes à cocarde tricolore, ce qui est un beau score que n'atteindront pas 95% des pilotes !
Nous disons bien 7 victoires et non 1 comme cela est parfois affirmé avec un certain dédain.

 

Le mitrailleur règle son arme et l'avion annonce la couleur !

 

Le lion Whisky, mascotte de l'Escadrille Layafette avec Raoul Luftberry
En fait il y avait également une jeune lionne qui se nommait Soda.
A la mort de Luftberry les deux félins furent confiés à la ménagerie du Jardin des Plantes mais se laissèrent dépérir assez rapidement.
Preuve qu'il n'est pas nécessaire d'utiliser un fouet et de parler allemand pour transformer un animal dit sauvage en animal dit de compagnie.
Plusieurs fois les autorités militaires et civiles voulurent soustraire ces animaux mais se heurtèrent aux pilotes et aux mécaniciens de l'escadrille et à Luftberry qui était un charmant garçon mais aussi un sacré bagarreur.
Les rencontres tournèrent toujours à l'avantage de La Fayette et force ne demeura pas à la loi.
Jusqu'au jour où l'avion de Luftberry prit feu pour une raison fortuite et où celui-ci sauta par dessus bord pour aller s'écraser sur la palissage d'un jardin non loin de Fisme.
Les habitants firent une collecte impressionnante pour faire élever un mémorial qui est toujours visible.

En fait Luftberry était beaucoup plus aimé que Rickenbacker que ses collègues américains surnommaient "le teuton fou" ou que Luke "le taciturne" ou le "hibou".


Les trophées découpés sur les avions abbatus par le Baron Rouge et tapissant le mur de sa chambre dans la demeure familiale à Breslau.
Le plafonnier est constitué d'un motateur rotatif anglais.


Un document étonnant : un albatros décoré d'une svastika tournant dans le sens dextre, donc d'une croix bouddhique !

A ne pas confondre avec cet appareil français, un spad de l'Escadrille La Fayette, comportant une croix gammée, donc crampée, senestrogyre.
Les photos n'ont pas été inversées.
Il vaut donc mieux se méfier des apparences avant de porter un jugement définitif sur l'utilisation rationnelle des symboles.
Rappelons quand même que la croix bouddhique, la Svastika (ou swastika !) tourne dans le sens des aiguilles d'une montre, donc est dextrogyre et représente la croix solaire (svasti = qui engendre Ka = le feu, la lumière) alors que la croix gammée inverse ou crampée utilisée plus tard par les nazis est senestrogyre ou levogyre, donc tourne dans le sens contraire des aiguuilles d'une montre.
Elles est donc qualifiée de croix crampée ou croix gammée inversée ou à contre-sens et se nome en réalité Sausvastika. Sau = qui s'oppose Svasti = engendrer Ka = lumière.
C'est donc étymologiquement "la croix qui s'oppose à la lumière" donc la "croix des ténèbres".
C'est elle qui "tourne dans le mauvais sens" et non la croix solaire.
Mais de cela tout le monde s'en fout comme de l'an quarante !