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Il n'est pas question, dans cette affaire, d'opérer un quelconque amalgame entre le Baron Rouge et le Petit Chaperon Rouge car le premier, avec ses quatre vingt victoires homologuées et plus de cent quarante six victoires répertoriées, était plus une machine à tuer qu'une victime. Von Richthofen ne dédaignait pas les trophées et il envoyait à sa mère, afin qu'elle l'expose dans une des pièces du manoir familial, une relique de l'avion descendu. Morceaux de toiles portant le numéro identificateur de l'avion, cocarde, hélices, casques, lunettes, bottes, étuis à cigarettes, remplissaient donc peu à peu son musée personnel qui fut détruit lors de l'avancée des troupes soviétiques en 1945. |
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Le Baron Rouge était très fier de son image et passait une bonne partie de son temps à se faire photographier dans des tenues avantageuses qui faisaient oublier sa petite taille. Il fut l'un des premiers à utiliser les services d'une agence de presse attitrée afin de faire valoir au mieux sa légende. Il peaufinait particulièrement le choix des photos qu'il dédicaçait et envoyait à ses admiratrices et admirateurs en y ajoutant un mot personnel. Ce qui lui valait des aventure sentimentales souvent très en avance sur son époque. Manfred était amateur de beaux cuirs, qu'il se faisait tailler sur mesure, et de fourrures, particulièrement de lynx et de loup. Une célèbre photo du Baron avec la casquette posée crânement de travers et un col relevé servit de modèle au " King " Elvis.
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Contrairement à Mannock, qui prenait de grands risques pour se poser à coté de l'avion qu'il venait de vaincre, ce qui lui valut de se faire tuer après sa 73ème victoire, le Baron Rouge envoyait une équipe rechercher le trophée tandis qu'il arrosait sa victoire. Son jeune frère Lothar, quand même crédité de quarante victoires, reprochait souvent à Mandred son coté froidement calculateur si imbu de son image de héros romantique. Comme de nombreux pilotes allemands il possédait une mascotte, en l'occurrence un énorme dogue d'Ulm au pelage tigré qui répondait au nom de Moritz et qui, en l'absence de son maître, terrorisait le personnel. Il est vrai que ce dernier accusait Lothar d'être un casse-cou brutal et sans cervelle. Lothar finit la guerre gravement blessé et se tua peu après dans un meeting d'acrobaties.
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Certains pilotes alliés, ainsi même que certains pilotes allemands comme Udet (62 victoires), faisaient grief au Baron Rouge et à son " cirque volant ", ainsi nommé à cause des multiples couleurs vives décorant les avions du Jasta 11, de plus souvent se livrer à la curée en choisissant de préférence des avions d'observation isolés qu'à un duel chevaleresque avec des avions de chasse performants. D'un autre coté Von Richthofen laissa de nombreuses fois plusieurs de ses jeunes pilotes, dont Kurt Wolff (33 victoires), abattre leur avion, alors qu'il aurait pu le faire rapidement, afin de leur donner confiance. Mais le but de la chasse et particulièrement du Jasta 11 était bel et bien d'empêcher ces avions d'observation alliés de faire leur travail de renseignement de l'ennemi et non de se livrer à des exploits sportifs. C'est le reproche qui sera fait plus tard au Lorrain René Fonck, titulaire de 75 victoires homologuées, as des as des alliés et pour qui l'efficacité primait sur le " beau geste ". |
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Un jour Guynemer laissa la vie sauve à un pilote qu'il avait largement dominé pendant tout le combat mais qui s'était retrouvé à court de munitions. Il s'avéra qu'il s'agissait d'Udet, encore jeune pilote, qui devint le second as allemand et qui raconta sa mésaventure avec admiration pour l'Archange dont il avait fini par reconnaître la cigogne peinte sur le fuselage. De fait Guynemer, " L'Archange ", était beaucoup plus aimé, sinon adulé, par le public que ne le fut Fonck. |
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Fonck et Nungesser entretenaient également une inimitié significative. Nungesser, ancien pilote de courses comme l'As Américain Rickenbacker (qui se nommait en fait Richenbacher (26 victoires) et que ses compatriotes avaient surnommé " le Teuton fou ") était un sacré casse-cou au sens propre et au sens figuré. Victime de nombreux accidents liés à sa témérité il fallait le plus souvent le porter jusqu'à l'habitacle où il rangeait ses béquilles. Passant du lit d'hôpital à son avion et réciproquement il n'en obtint pas moins de 45 victoires et de dix sept blessures ! Nungesser buvait et fumait sans réserve, se livrant à des escapades parisiennes qui, souvent, se finissaient en bagarre. Le général Foch, mis au courant de l'exploit, décida de le décorer personnellement et lui permis de garder la voiture. Venant du front au volant de ce véhicule il traversait la campagne, la banlieue et Paris à tombeau ouvert. Un chauffeur de taxi à qui il avait fait une queue de poisson et voyant son uniforme de hussard chamarré eut le tort de le traiter de " Planqué ! ". " Nunge ", comme l'appelaient ses amis, sortit de la voiture, prit ses béquilles et se déplaça difficultueusement jusqu'au taxi. Saisissant le type par le col il le sortit de son véhicule et lui administra une homérique paire de gifles. |
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Son avion peint en blanc portait ses armes de " Hussard de la Mors " composées d'un cur noir dans lequel figurait un cercueil, une tête de mort, une paire de tibia et un flambeau. Le " Père " Dorme, lui-même, si tranquille au sol, faisait preuve d'une folle témérité en combat et deux fois son avion fut arrosé du sang de son adversaire. |
| Pilote extraordinaire crédité de 23 victoires, son avion ne fut jamais touché et il mourut d'une balle en plein cur. Rien a voir avec la froideur calculée et méthodique de Fonck ! | |
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Du coté allemand, malgré une certaine fantaisie dans la décoration des avions, on privilégiait beaucoup plus la stratégie et le travail d'équipe. Böelcke (40 victoires) fut le premier à instaurer les règles du combat aérien en escadrille dans son fameux " Diktat ", règles qui sont toujours valables de nos jours. Il fut le " Maître " de la plupart des as allemands. D'ou son surnom de " Maester ". Le fameux " Cirque du Baron Rouge " procédait directement de ces règles. Tous les historiens s'accordent sur un fait : pendant la Grande Guerre l'armée occidentale la plus rigide était, de loin, l'armée britannique. Il semble donc particulièrement étrange que les Australiens et Néo-zélandais de la 43eme batterie se trouvent à Vaux sur Somme alors qu'ils auraient du se trouver entre Albert et Fricourt, à près de 12 km de distance. Il est encore plus étrange que le Commandant Davis, le 18 avril, ait demandé à ce que ses meilleurs tireurs soient dotés de mitrailleuses Lewis à la place des Vickers jugées trop lourdes. Donc de remplacer une arme lourde réglementaire de dotation par une arme légère d'appoint déclassée.
Ce qui ne peut se concevoir, au niveau de l'armée britannique, sans un ordre émanant directement de l'état major. Ces armes d'appoint furent, de plus, bricolées puisqu'on y adjoint un viseur en forme de collimateur d'avion. Dans quel but ? |
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Quelles que soient les circonstances du tir qui toucha Von Richthofen et son fameux triplan rouge, " Wop " May, le pseudo néophyte, et " Roy " Brown, l'as confirmé, laissèrent celui-ci s'écarter sans le poursuivre et prirent immédiatement le chemin de leur terrain de Bertangles. " Roy " Brown prétendit plus ou moins avoir touché le Baron quelques instants avant que celui-ci ne vire devant le cirque de Vaux. |