Stage de Qi-Gong et de Kung-Fu Wushu
Les 21 et 22 mars 2009 a Athis-Mons
Ecole San Yiquan "Poing des Trois Harmonies"

Et le HERISSON DE JADE

Taisu Qigong : Le Grand Flux
Essence du Xingyiquan de l'Ecole San Yiquan
archives personnelles de G.G

Tao-Yin Qigong : Pratique énergétique du Ling Pao Ming
archives personnelles de GC

Wu Dang Yin Fa : Mieux comprendre les fondements du Taijiquan
archives personnelles de Georges Charles - reproduction interdite -
Pour un retour aux sources de la pratique dans l'esprit des Arts Classiques du Tao.
Pour une première à Athis Mons ce fut une réussite.

L'Association le Hérisson de Jade ayant bénéficié d'une salle qui fut mise à sa disposition le samedi et le dimanche par la Mairie d'Athis Mons que nous remercions ici.
Avec plus de vingt pratiquants venus de divers horizons, et pour certains de province, nous avons donc pu pratiquer tant de l'Interne que de l'Externe puisque le thème du stage était
"Le Tigre de l'Externe et le Dragon de l'Interne".
Au menu du samedi après midi l'Ouverture des Portes de la Pratique (Kai Men Shi) qui est une initiation au Qigong (pratique énergétique) du Ling Pao.
Il s'agit d'un "Qigong" dymanique qui permet d'opérer une liaison harmonieuse entre le mouvement (Dong), la respiration (Qi), la sensation (Tang) au travers d'enchaînements simples comme "calmer le coeur et pacifier l'esprit" : "éveiller les sens et concentrer le
souffle" ; "mobiliser l'énergie et stabiliser la posture" ; "petite, moyenne et grande régénération" ainsi que des automassages permettant la tonification, la dispersion, la répartition, la mobilisation, la stabilisation et l'utilisation de l'énergie.
Mais également une pratique de "Qigong" utilisant le bâton dit de la "Marquise de Dai" dont les bases remontent au second siècle avant notre ère et qui sont décrits dans le rouleau de soie (Daoyinfy ou Tao Yin Tu) découvert dans la tombe N° 3 de Mawandui à Shangsha en 1972.

Ce fut aussi l'occasion pour Georges Charles de démontrer quelques mouvements du "Bâton de l'Interne" (Nei Gun) qui provient de la "lance fondue à un crochet du Général Yue Fei" (Yue Fei Gulianjiang).
Et à cette occasion il effectua une démonstration avec l'arme en question quii lui fut offerte par les "Anciens" de San Yiquan à l'occasion de son cinquantième anniversaire de pratique.
Cette "lance à crochet" fut à l'origine de la création du Xingyiquan par le Général Yue Fei (1102 1143) et son maniement s'est toujours transmis de Maître à Disciple au sein de la Famille, ou du Clan, Wang de Yue qui recueillit Yue Fei sur les bords du Lac de l'Ouest à proximité de Hangzhou.
Cette forme de lance fut elle-même transmise à Georges Charles par Wang Tse Ming (Wang Zemin ou Tai Ming Wong) qui faisait parti de ce Clan considéré comme le "Protecteur de Hangzhou".
Par la suite, la forme de lance à crochet se transforma dans une forme de bâton contenant les principes essentiels du Xingyiquan (Hsing I Chuan) ou "Poing de l'Unité du Corps et de l'Intention" qui donnera naissance au XXeme siècle au Yiquan (Li Neng Jan ou Li Lo Neng), au Wuxingquan (Kuo Yunshen ou Guo Yunshen), au Dachengquan (Wang Xiangzhai ou Wang Yuseng), au Taikiken (Kennichi Sawai), au Liananquan (Wang Zemin ou Want Tse Ming) et à San Yiquan (Georges Charles ou Cha Li Shi).
Elle est aussi nommée "Baton du Général Yue Fei" et inclut la compréhension de l'utilisation du Principe des Cinq Eléments (Wou Xing).
Il s'agit donc de la transmission d'un patrimoine historique et culturel dépassant, de loin, les Arts Martiaux.
Le dimanche matin fut l'occasion d'étudier et de pratiquer un "Qigong" de tendance bouddhiste puisqu'il s'agit du Yijinjing Xisuijing ou "Nettoyage des muscles et tendons et purification de la moelle et de la quintessence" qui fut originellement initié au Temple de Shaolin par Bodhidharma vers les années 500 de notre ère.
Bodhidharma était le fils du Roi Sughanda dont le royaume se situait approximativement vers la province de Madras.
Il décida d'aller porter la bonne parole en Chine et d'y faire connaître le doctrine du Dhyan qui deviendra le Chan puis au Japon le Zen.
Il rencontre l'Empereur Leug Wudi mais fut incapable de le convertir et de dépit se retira dans le Monastère de la "Petite Forêt" à proximité de Loyang, la capitale impériale de l'époque.
Suivant la légende il passa neuf années accroupi, ou agenouillé, face à un mur puis connul l'Illumination.
Il décida alors d'en faire profiter les moines mais se rendit alors compte qu'il avait perdu l'usage de ses membres.
Il se souvint alors d'une pratique particulière de la Caste des Kshatryras (Chevaliers) indiens que lui avait transmis son père et décida de l'utiliser.
Cela lui permit de recouvrer l'usage de ses membres et il décida, à son tour, de la transmettre.
Suivant la tradition, les Moines de Shaolin, grâce à cette pratique, accrurent leur vigueur ce qui leur permit de profiter au mieux de la méditation assise, le Zhou Chan qui deviendra quelques siècles plus tard le Za Zen (Zen assis)
Cette pratique, quelque peu oubliée des bouddhistes fut donc considérée comme le Zhan Chan, ou Ritsu Zen, le "Zen actif" au même totre, par ailleurs que le tir à l'arc (Kyudo) encore pratiqué au Japon dans le cadre du Bouddhisme Zen.
Mais il convient encore une fois de préciser, sinon d'affirmer, que Dhyana, en sanscrit signifie mot à mot et originellement "agir centre" , donc "agir avec la conscience du centre" et que Chan en chinois, Sôn en coréen et Zen en japonais signifient également la même chose.
Méditer c'est donc "agir centré" et Bodhidharma aurait probablement affirmé "et le reste c'est du baratin !".
On comprend donc qu'il soit quelque peu oublié au profit de ses successeurs probablement moins rigoristes et plus enclins à des compromissions.
Par la même occasion précisons également que si "Sui" correspond bien aux moelles (osseuses, verbébrale et crânienne) "Jing" désigne bien l'Essence donc la "quintessence" et non les sinus (!).
Il s'agit d'une erreur de traduction ou de transcription qui est toujours reprise depuis qu'elle a été commise.
Un peu comme celle qui concerne les "physicians" des feuilletons télévisuels (medical practitionner, doctor in medecine...) qui désignent simplement des médecins et non des physiciens !
Dans la tradition classique de l'énergétique chinoise cette "quintessence" concerne tout ce qui correspond au système
endocrinien (gonades, surénales, thyroïde) donc ce qui règle en profondeur le comportement humain.
Le Yijinjing Xisuijing a donc pour but de "tonifier les muscles, assouplir les tendons, purifier la moelle et la quintessence" et est considéré comme ayant une capacité, par son action sur la moelle, de "régénérer le sang"
La forme étudiée à été transmise en 1975 à Georges Charles par le Patriarche du Hung Gar, provenant du Style de Shaolin du Sud, par le Vénérable Yuen Yik Kai, en présence de Chan Hon Chung dans les Nouveaux Territoires de Hong Kong.
Elle constitue également un patrimoine historique et culturel auant un rapport direct avec l'introduction du Bouddhisme en Chine.
Et, qu'on le veuille ou non, est représentative du Chan ou du Zen dans sa version ancienne.
Georges Charles fut, dans la fin des années 70, le Directeur Technique de la Fédération Française de Ritsu Zen.
Donc une petite trentaine d'années avant que le grand public entende parler de ce terme.
Mais, visiblement, comme pour les Sushi qu'il confectionne depuis une quarantaine d'années pour ses amis, il n'a pas l'air d'en faire un plat.
Henri Plée le présentant à un ami, le journaliste Michel Random, un jour, lui dit
"Il y en a qui font partie des meubles, d'autres des murs, d'autres encore des fondations. Charles pour les pratiques chinoises en France, c'est à lui seul le plan d'occupation des sols !"
Mais en tous les cas la pratique continue à se construire et, heureusement, à évoluer.
Le dimanche midi a été l'occasion d'un repas pris en commun, de type auberge espagnole, mais également l'occasion de déguster des thés chinois précieux, de vrais grands crus, avec notre spécialiste Philippe Tonnerre, muni de ses théières, de ses eaux en bouteille, de son chronomètre et de ses fameux thés.
Des thés chinois bien évidemment et parfumés...au thé.
Ajouter des parfums, fussent-ils bio, à des grands crus de thé, comme le Long Jin, le Tie Kwanyin, le Bilochun ce serait comme ajouter de la menthe ou de le grenadine à un Pétrus ou à un Chambertin.
Le thé se suffit à lui-même, encore fait-il faire l'effort d'apprendre à le préparer classiquement et d'oublier, une fois pour toutes, ce que les maudits Godons se sont ingéniés à nous refiler au petit déjeuner ou au "Five O' clock Tea" .
Si les thés à la bergamotte (Earl Grey) ou fumés (Imperial Souchong) sans parler des autres parfumés comme des cocottes empire (sur lequel le soleil ne se couche jamais !) s'accomodent de scones, muffins et autres crumpets à la marmelade d'orange amère ou de ginseng, de Dundee Cake sans oublier le matin les rognons; les scramble-eggs ou les saucisses aux haricots et autres harengs keepers, le thé chinois véritable est ailleurs.
Dans la tasse et dans le nez puis dans la bouche et dans le coeur.
Et dans l'Esprit.
L'Esprit du thé chinois ne s'accomode pas bien des fanfreluches victoriennes d'outre-manche et ce n'est pas Chinese Gordon qui me contradira !
Buvez le thé comme des Anglais si c'est du thé anglais, voir indien ou de Ceylan.
Mais buvez le thé de Chine comme il doit se boire : pur avec de l'eau chaude de bonne qualité et à bonne température.
Et il en va de même du Whisky : pur ou éventuellement avec un tout petit peu d'eau pas trop froide mais d'excellente qualité.
Comme on le fait dans ma famille depuis des siècles en Ecosse et dans les Highlands où le Coq des Sinclair réveille tous les Clans.
Le reste, comme aurait encore dit Bodhidharma, "C'est du baratin et de la gesticulation".
Et l'après midi on a pu pratiquer les "formes de l'Externe", donc du Kung-Fu Wushu, liées au Bois et au "Seigneur de la Montagne", alias le Tigre !

On dit en France "Si on parle du loup on en voit la queue" alors qu'en Chine on se réfère au "Vieux Seigneur de la Montagne" car "Quand on parle du Tigre, il vient !".
Il s'agit donc de la "Grosse Bête" qui, jadis était fort commune mais qui est envoie de disparition jusqu'en Manchourie où le fameux "Empereur Blanc" (Bai Wang) qui mesure plus de trois mètres cinquante du bout du museau au bout de la queue se fait de plus en plus rare.
Le Tigre représente la fameuse "vertu chevaleresque" (Wu De) ou la "Bravoure Guerrière" (Fu Wu) donc ce qui représente la puissance et la force des muscles et des tendons (une fois encore !) soutenues par le regard qui "informe les muscles de l'effort à accomplir".
C'est également, en Externe, les forces du renouveau, du sortir de l'hiver, de la régénération, presque de la réssuscitation.
Mais en Interne c'est "le Tigre Blanc qui descend de la Montagne et qui se dissimule derrière le rocher" symbole de l'Alchimie Taoïste qui s'oppose, avant de le rejoindre, au "Dragon Vert dissimulé dans les Nuages".
Tigre et Dragon représentant deux forces opposées et complémentaires qui sont, en fait, le Yin/Yang dans la vision du Tao en mouvement.
De l'harmonie.
Et non dans un quelconque découpage en deux catégories tirées de bas en haut et vice versa destiné aux magazines ou "on est Zen" !
Juste une toute petite nuance.
On peut penser sans être.
Et surtout sans être Zen !
Je pense donc je suis Zen.
Etre Zen c'est du Pif - ou du Nez si vous préférez ! -
Etre suffit.
Zen ou pas Zen, that is ze question.
N'y pensez plus.
Etre.
Be.
B.
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Puis quelques explications, implications, applications avec partenaires dans ce qu'on nomme les "Touei Shou" ce qui signifie "mains qui se joignent" et qui permettent surtout de prendre contact, de conserver le contact, de perdre le contact et de reprendre le contact.
Ce qui, en somme, est la vie.
On prend contact, on perd contact, on va et on vient, on parle et on écoute mais surtout on se rencontre amicalement et on se promet de le refaire encore.
Et on s'est promis de le refaire encore.

Et on remercie la Mairie d'Athis Mons au nom du Hérisson de Jade, des Arts Classiques du Tao et de Montesquieu et son Esprit des Lois.
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