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LES ARTS CLASSIQUES DU TAO : UNE IDENTITE PARTICULIERE


Stage de Week-end avec Georges Charles



• Stage de Week-End à Caen avec Georges Charles


A l'invitation de Loïc Rabault, enseignant des Arts Classiques du Tao, Georges Charles animera un stage à Caen le samedi 3 et le dimanche 4 mars 2012.

 

Renseignements et inscriptions auprès de l'Association EVEIL
cliquer ici



Stage Caen avec Georges Charles



• Les Cinq Eléments et leurs applications pratiques


LES CINQ ELEMENTS OU CINQ DYNAMISMES : WU XING QUAN

 

Dans la tradition millénaire chinoise la théorie des Cinq Eléments se nomme en fait
"Yin Yang Wu Xing"
Ce qui signifie simplement " le Tao des Cinq Eléments" Yin Yang représentant le mouvement (Dong) du Tao et son action efficace (De ou Te).
On peut dire que les Cinq Eléments symbolisés par l'Eau (Shui), le Bois (Mu), le Feu (Huo), la Terre (Tu) et le Métal (Jin) sont, au travers des mouvements Yin Yang ce qui rend le Tao efficace et qui lui confère sa vertu (De).
Pour les Chinois il ne s'agit donc pas d'une théorie, donc d'une spéculation, mais d'un simple fait.
Et le fait est que le principe de l'application des Cinq Eléments se retrouve donc dans de nombreuses applications très pratiques comme la médecine chinoise, comprenant l'acupuncture, la pharmacopée, le massage et les manipulations, le Qigong thérapeutique, mais également en horoscopie ou astrologie classique, dans la cuisine et dans la diététique du Tao, dans la calligraphie, la peinture, la musique mais également dans les arts martiaux ou arts chevaleresques que sont le Kung-Fu Wushu, le Taijiquan (Tai Chi Chuan) le Xingyiquan et les écoles classiques de Qigong (Tao-Yin Qigong, Neidangong, Ding Shu Taoyin Qigong...).
En cuisine qu'il s'agisse des couleurs, des saveurs, des textures, des cuissons, des assaisonnements la référence aux Cinq Eléments est permanente et intangible depuis des millénaires et jusqu'à Kongzi (Confucius) qui y fait référence dans le Liji (Li KI) ou "Livre des Rites".
Il serait donc étonnant que les pratiques dites énergétiques (littéralement Yang Sheng Fa ou qui ont pour but d'entretenir la vie) y échappent ou se situent en dehors de ce système originel et original.
Qu'il soit question de purification, de renforcement, de circulation, de protection, d'utilisation et d'application de l'énergie vitale (Qi) les Cinq Eléments sont donc utilisés rationnellement.
Il existe, dans ce principe, ce qui est Yin et ce qui est Yang mais les Cinq Eléments permettent de préciser ce système d'une façon très pratique et très rationnelle.
Le Feu (Huo) est ce qui est très Yang et qui correspond au Sud et à l'été.
L'Eau (Shui) est ce qui est très Yin et qui correspond au Nord et à l'hiver.
Le Bois (Mu) est ce qui est modérément Yang et qui correspond à l'Est ou au printemps.
Le Métal (Jin) est ce qui est modérément Yin et qui correspond à l'Ouest ou à l'automne.
La Terre (Tu) est ce qui est parfaitement équilibré entre très Yang, très Yin, modérément Yang, modérément Yin et qui correspond à une quintessence des quatre éléments (Quinta Essencia).
Pourquoi des majuscules à ces éléments ?
Parce qu'il s'agit de caractères chinois classiques, de symboles ou mieux de synthèmes qui peuvent se lire à sept niveaux de compréhension.
Le Métal (-caractère classique Jin) n'est pas seulement le métal de l'opinel ou de l'aiguille.
C'est tout ce qui est métallique (qui contient le métal comme le minerais de métal) mais également ce qui est minéral, cristallin, hyalin donc minéralisé, cristallisé, fortement structuré.
Il en est de même pour le Bois (Mu) qui correspond au végétal, à la croissance, à la régénération, au renouveau comme ce qui se produit au printemps.
L'Eau (Shui) s'élargit ainsi à tous les principes liquidiens mais aussi à la glace (Ping) et à la vapeur (Qi) à la dissolution, à la sublimation par la fonte lente et profonde.
Le Feu (Huo) est tout ce qui attrait à la combustion, à lignite, à la sublimation, à la transformation rapide.
La Terre (Tu) est ce qui équilibre, ce qui nourrit, ce qui entretien, à ce qui assimile.
C'est à la fois ce qui absorbe et ce qui produit.

 

LA DIFFERENCE ENTRE PRATIQUE ET PLATONIQUE

 

On pose souvent la question du rapport entre ces Cinq Eléments et les Quatre Eléments de Platon.
La différence est fondamentale car les Quatre Eléments de Platon appartiennent à ce qu'on nomme le platonicien, donc le platonique.
Il n'est pas question de pratique mais de théorique.
Preuve en est que l'air (ou Air !) est séparé des trois autres éléments.
Or le bon sens n'imagine pas de Feu sans air, de Bois dans air, d'Eau sans air, de Métal sans air (c'est l'oxygène qui apporte sa cohésion au métal lorqu'il s'oxyde, donc lorsque l'oxygène s'en sépare il y a oxydation puis destruction par le processus de rouille...) et encore moins de Terre sans air !
Dans la vision pragmatique (et non platonique !) chinoise l'air est omni présent dans les Eléments et permet justement leur dynamique.
L'air dans ce principe est simplement le Qi (ou Chi, Ki, Tsri...) donc le principe vital qui anime toutes choses et "la multitudes des Etres" (Wan Wu).
Sans air pas de vie, sans énergie pas de mouvement !
Si on sépare le Qi, donc l'air, des éléments ils cessent d'agir et on retombe dans la platonique.
Et l'autre question qu'on me pose souvent est : pourquoi le Métal.
Simplement parce qu'il est omniprésent si on considère que le Métal représente aussi le minéral, le cristallin, le hyalin.
Plus de 80% de l'écorce terrestre est composée de minéraux cristallins et hyalins donc liés à ce symbole du Métal (Jin).
De plus, nous le savons depuis peu, le coeur de la terre, donc son centre, est composé d'une boule de métal en fusion ce qui implique non seulement la thermorégulation de la planète mais aussi sa protection au travers des champs magnétiques et de la pesanteur.
Dans leur prescience les sages de l'ancienne Chine avaient pressenti cette action profonde du Métal de la terre et donc son importance vitale.
C'est pour cela que le Métal (Jin) et rattaché à l'Energie protectrice (Wei Qi).
La troisième question est : pourquoi n'utilisons nous pas ce système si il est aussi pratique qu'on le prétend en Chine ?


Simplement parce qu'on préfère souvent ce qui est compliqué et inutile à ce qui est simple et efficace.


Pas besoin de formules algébriques compliquée pour comprendre le principe : le bon sens suffit !


Et c'est là ou se situe le problème parce qu'il n'est pas besoin de savants, de scientifiques, de trépaneurs de chats pour l'utiliser.


C'est à la portée de tout le monde et c'est ça qui dérange l'institution.


Et aussi parce que la science chinoise qui existe depuis plusieurs millénaires est conçue en Occident comme un amas de superstitions sans fondement scientifique ou sans application technologique.

Il suffit pourtant de lire Needham de l'Université de Cambridge ou KG Temple pour se rendre compte du nombre effarant d'inventions "technologiques" chinoises : la boussole, la poudre, l'étrier, le gouvernail, la cémentation des métaux, la vaccination, l'endocrinologie, les compartiments étanches, le billet de banque...pour comprendre qu'ils ne nous ont pas attendus pour les réaliser.

Nous avons par exemple en occident la certitude qu'Archimède et son théorème sont indispensables à la science donc à l'être humain.
Pourtant, en Chine et partout dans le monde les constructeurs de bateaux savaient les faire flotter sans jamais avoir entendu parler d'Archimède et de son fameux théorème !
Ce dernier n'étant utile qu'à ceux qui ne construisent pas de bateaux.
Il en va de même pour une immense partie de la science chinoise qui n'a pas eu besoin des savants occidentaux pour se développer, comme le Chinois, par ailleurs savaient se soigner sans l'utilisation de l'allopathie occidentale et cela depuis trois millénaires.
Et il n'est pas besoin d'être chinois pour comprendre et utiliser les Cinq Eléments
Le Feu monte, l'Eau descend, le Bois enserre, le Métal sépare et la Terre équilibre.
Pas la peine d'être un brillant intellectuel pour suivre cela !
Si on prend l'exemple du développement durable et de l'utilisation rationnelle de l'énergie renouvelable, la Terre correspond à la biomasse, à la transformation de l'organique en chaleur, donc en énergie (méthane...) : le Métal correspond à l'utilisation rationnelle de la géothermie donc à la récupération de la chaleur et de l'énergie tellurique ; l'Eau correspond à l'utilisation rationnelle des mouvements des liquides (turbines des barrages, usines marée-motrices...On ne sait (ou on ne veut) toujours pas utiliser la fabuleuse énergie qui se dégage de la glace en fusion dans les deux pôles...) ; le Bois est l'utilisation rationnelle des énergies renouvelables que sont le vent (Feng) (éoliennes) et le bois (modérément renouvelable puiqu'il faut 25 ans pour qu'une forêt se régénère) ; le Feu correspond à l'énergie du soleil (panneaux solaires) (On ne sait toujours pas (ou on ne veut pas) utiliser la fabuleuse énergie du vent solaire découvert par les Chinois il y a près d'un millénaire).
A la différence de la vison occidentale où ces éléments sont séparés, dans le principe des Cinq Eléments il existe, de plus, une synergie où les éléments agissent ensemble puisqu'ils s'engendrent et se dominent mutuellement.

La dernière question qu'on me pose souvent enfin : Pourquoi les Chinois ne font pas mieux que nous ?


Parce qu'ils sont comme nous et ont été envahis par les principes du compliqué et de l'inutile, donc du marché, et que celui-ci rapporte beaucoup plus d'argent que le simple et efficace !
Pourquoi utiliser une aiguille (qui ne rapporte pas grand chose !) quand on peut se servir des médicaments (qui rapportent énormément d'argent à l'industrie des médicaments et aux états qui les soutiennent, les cautionnent, les subventionnent...).
Il suffit de constater le nombre de médecins et d'avocats à l'Assemblée Nationale, au Sénat ou au Conseil de l'Europe pour comprendre une partie du problème.


Et parce que la Chine est un bon modèle mais un très mauvais exemple !

 

LE STAGE :

 

Il est donc essentiellement pratique bien que celle-ci se base sur les fondements essentiels de la pensée chinoise classique qui sont décrits dans le Yijing (ou Yi King ; I King ; Yi Tching...) (Livre du Changement) ; dans le Daodejing (Tao Te King ; Tao Tô King...) ainsi que dans les écrits de Zhuangzi (Tchouang Tseu) de Liezi (Lie Tseu) du Huainanzi (Houai Nan Tseu) ainsi que dans le Liji (Li Ki) ou Livre des Rites attribué à Kongzi (Confucius).

Il s'agit, au travers de mouvements très simples, mais efficaces, de prendre conscience de la circulation de l'énergie dans le corps, énergie qui est la même qui motive par ailleurs le Tao, le cosmos, la nature et tout ce qui nous environne de manière à apprendre à la régulariser en vue d'une utilisation rationnelle.

Certains mouvements ou enchaînements ont pour but de purifier l'énergie, donc celle qui circule en nous mais aussi autrour de nous dans le lieu où nous agissons, de renforcer cette énérgie en fonction des saisons et des heures de la journée et de la nuit, de faire harmonieusement circuler cette énérgie suivant les mêmes principes qu'en médecine chinoise ou en acupuncture, d'utiliser rationnellement cette énergie dans un souci, bien actuel, d'économie et d'usage conscient et respectueux de notre corps comme nous pourrions être respectueux de l'environnement et de la nature, de protéger cette énergie contre les agressions extérieures fussent-elles climatiques, virales, provoquées par un tiers puis, éventuellement, de transformer cette énérgie en quelque chose de plus subtil encore qui est l'action de l'Esprit (Shen).

En fonction des âges de la vie, des années, des saisons, des moments ou des besoins c'est donc un processus qui conçoit la vie comme un ensemble dont il convient d'assurer l'harmonie et non comme des parties ou des pièces séparées agissant sans contrôle et perturbant ainsi le corps et le psychisme dans un environnement dénaturé.

On a souvent accusé Confucius sans réellement le connaître alors que sa proposition est simple, comme l'affirmait Wang Pi au IIIeme siècle "Toute la doctrine du Maître Kong tient en deux caractères : Zhong et Shu. Zhong c'est s'élever au plus haut de soi-même. Shu c'est se porter vers les autres. "
Il est donc question de s'élever encore un peu sans oublier la bienfaisance envers ce qui nous entoure.
Il n'est pas question de favoriser la nature au détriment de l'homme comme certains nous le proposent actuellement dans une nouvelle forme de fascisme ni de favoriser l'homme au détriment de la nature comme nous l'avons fait pendant des décennies sinon des siècles.
Il est question que l'homme qui fait partie intégrante de la nature s'élève au delà de son habitude de prédateur sans foi ni loi et respecte, enfin, ce qui est indispensable à sa survie tout en laissant cette nature s'exprimer harmonieusement.


C'est aussi pourquoi pendant cette pratique nous échangeons avec des partenaires qui sont autant d'alter-égo, d' autres soi-même, car il est facile d'être en harmonie avec l'univers et fâché avec son voisin de palier pour des raisons futiles.

Faire un pas vers l'autre est essentiel mais il faut, encore, établir un dialogue.
Dans le cas de la pratique c'est un dialogue universel que chacun, si il y consent, peut comprendre très vite.

Il suffit pour cela de simplement sortir de l'habitude de l'habitude et de consentir, donc d'accepter de le faire.

Il est facile de dire "je ne comprend pas" donc "je ne fais pas" et "j'ai dix mille raisons pour ne pas le faire".

Mais il est plus facile encore de simplement le faire parce qu'il n'y a pour cela qu'une seule raison : l'action !

Dix mille raisons de ne rien faire.

Une raison pour agir !

Cela fait un peu penser à certains de ces journalistes qui ont du mal à prononcer des noms japonais et qui hésitent à le faire alors qu'il suffit simplement de les prononcer.
Yamamoto se prononce Yamamoto et non Ya (eueu ?) Ma (eueu ?) Mo (eueu ?) To (eueu ?).
Cela se lit comme cela se prononce sans les eueu ni les interrogations les temps morts les complications, les cheveux sur la langue et autres alternoiements inutiles.

Pourquoi faire simple et efficace pendant qu'on peu faire compliqué et inutile ?

Simplement parce que c'est plus efficace.

Mais où irait-on, je vous le demande, si chacun était capable d'entretenir sa santé, de pouvoir se défendre et même, éventuellement, de réflèchir et de comprendre ?

 

Eh bien vers quelque chose de plus simple, de plus efficace, de plus intelligent et de plus respectueux des autres, de l'environnement, de la nature et de soi-même.

 

Donc du Tao*.

 

En rappelant que concernant l'universel, l'universalisme, l'universalité, l'univers...que celui-ci n'est qu'une merde de mouche sur la sandale du Bouddha !



















Un vieil étang
Une grenouille plonge
Plouf !
Quel vacarme

Basho




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