| Une
correspondante vivant en Chine, ayant étudié l'énergétique
chinoise et mariée à un médecin chinois pratiquant
conjointement la médecine occidentale et l'acupuncture vient
de me demander quelques explications complémentaire sur l'éditorial
concernant la Chèvre d'Eau Gui Wei de l'année 2003.
En effet, j'y ai précisé "Il s'agit d'une année
de tendance froide et humide qui peut entraîner des pathologies
rhumatismales ainsi que des problèmes de poumons et de gros
intestin" et "Ce Métal est justement l'élément
qui manque afin que l'année soit équilibrée".
Elle se dit frappée par cette description qui correspond
très exactement à la pathologie du SRAS. Elle me demande
également "Est-ce parce que le Métal est en manque
que les poumons et gros intestins sont plus particulièrement
fragilisés ?" Je lui ai précisé que, malheureusement,
cette vision classique de l'acupuncture tenant compte de la climatologie
en fonction des tendances énergétiques des années
traditionnelles de l'ancien calendrier chinois tendait à
disparaître. J'ai également ajouté le commentaire
de Chamfrault dans son 5eme tome du Traité de Médecine
Chinoise et concernant ce type d'années :
" Il y aura des troubles pulmonaires parfois avec
hémorragie ainsi que des affections intestinales hémorragique
- Suwen Chapitre 71- Les Six Energies Essentielles".
Qiba (Khi Pa), le conseiller de l'empereur Wangdi ajoute à
la fin du chapitre :
"Il faut observer le climat durant la saison où
on traite le malade pour décider de la manière de
le soigner".
Lorsque l'on sait que ce manque d'énergie du Métal
inhérent à cette tendance énergétique
restreint l'énergie protectrice ou défensive (Waiqi)
et que le métal est directement en relation avec les poumons
et le gros intestin, il semble évident qu'il y ait une relation
directe de cause à effet. Les poumons et le gros intestin
n'étant plus protégés par cette énergie
défensive issue du Métal peuvent être attaqués
par ce que les anciens nommaient une "énergie perverse"
(Xie Qi ou Sha Qi) et que l'on pourrait qualifier de nos jours par
énergie pathogène ou perturbatrice. Or, étrangement
Xie ou Hsieh, correspondant au caractère 1942 du Dictionnaire
Ricci (influx néfaste, miasme, corrompu...) était
jadis représenté par le graphisme d'un animal fouisseur
ayant envahi un terrier (Xue). Les points d'acupuncture, de leur
coté, utilisaient cette même terminologie désignant
le terrier et les méridiens (Jing) représentaient
la coulée, donc le passage d'un animal d'un terrier à
un autre terrier. Le rôle initial de l'acupuncteur était,
grâce à son poinçon antique de pierre ou à
son aiguille de métal, sinon grâce à l'utilisation
du feu par le biais d'un moxa (armoise), de "tuer" cet
hôte encombrant et dangereux afin que la circulation de l'énergie
puisse s'effectuer normalement. Il est donc depuis plusieurs millénaires
question d'utiliser "le fer (l'aiguille) et le feu (le moxa)"
Ce qui correspond au nom même de l'acupuncture en chinois
(Jenjiu ou Tchen Tchiou). Lorsque l'on traite "par le fer et
par le feu" il ne s'agit pas d'une "médecine douce"
mais d'une médecine particulièrement efficace lorsqu'elle
est pratiquée classiquement et non édulcorée
comme c'est parfois le cas en Occident.
Nous venons d'apprendre que le SRAS ou pneumopathie atypique provenait
très probablement d'un animal sauvage et fouisseur, la civette
(viverra civetta), élevée à grande échelle
dans le sud de la Chine (Fo Shan et Guangdong) à des fins
alimentaires. Elle est en effet élevée tant pour l'utilisation
en parfumerie de ses glandes odorantes (musc de civette) que pour
figurer, malgré de multiples interdictions gouvernementales
et internationales, sur les tables des riches Chinois du continent
et de la diaspora. Ce petit animal fort sympathique et que l'on
peu assez facilement apprivoiser puisque dans l'antiquité
il remplaçait souvent le chat, n'en est pas moins un farouche
prédateur qui n'hésite pas à s'introduire dans
les terriers des rongeurs pour les exterminer. Il correspond donc
tout à fait à l'image antique de l'animal fouisseur
et dangereux que l'on retrouve dans la graphie du caractère
Xie.
Son élevage intensif, sa proximité avec l'être
humain dans ces élevages et sur les marchés du sud
de la Chine et sa présence même sur les tables des
restaurants réputés a probablement permis la diffusion
du fameux virus. Dans son milieu naturel la civette est donc ce
qu'on peut probablement nommer un "porteur immunisé".
Dans le milieu de l'élevage intensif il en est autrement
puisqu'elle a pu transmettre ce virus à l'homme et transformer
celui-ci en "porteur contaminé" puis en "porteur
contaminant".
En acupuncture classique il conviendrait de se poser la question
:
"d'où provient le virus et d'où provient le fait
que la civette soit naturellement immunisée contre celui-ci
?"
Et on rechercherait dans l'alimentation de la civette les causes
de cette contamination et probablement également le remède
de son immunisation. Mais ce serait visiblement là trop demander
aux scientifiques rationalistes penchés sur leurs éprouvettes.
Si le problème est chinois, la solution est vraisemblablement
chinoise et comme il s'agit d'un problème de toujours la
solution est vraisemblablement très ancienne. Encore faudrait-il
en prendre conscience et ne pas systématiquement rejeter
le passé.
Elevée
à grande échelle et probablement nourrie avec des
sous produits d'animaux élaborés en laboratoires on
a donc désormais droit à la "civette folle"
et à un nouveau virus ravageur et particulièrement
pervers. Juste retour des choses. Il est peut-être temps de
se rendre compte que le souci de protection des espèces animales,
si critiqué par les trépaneurs de chats, les donneurs
de leçons en humanisme à bon marché et ceux
qui tirent principalement profit du commerce des espèces
animales et particulièrement sauvages, est peut-être
tout simplement un souci de la protection de l'espèce humaine
contre les dérives de tous poils liées à la
recherche du seul profit. Poulet aux hormones, vaches folles, fièvre
aphteuse du mouton, peste du cochon, sida issu du singe bleu et
probablement échappé d'un laboratoire militaire et
civettes chinoises cela fait déjà beaucoup en quelques
années. Que dire du poisson d'élevage ?. Et ne parlons
pas des OGM, ce serait irresponsable !
Comme le précisait déjà le Prince de Wainan
(Wainanzi ou Houai Nan Tseu)au quatrième siècle avant
notre ère:
"Lorsque la nature peut se passer de l'être
humain, l'être humain ne peut pas se passer de la nature dont
il fait simplement partie. L'être humain doit donc respecter
la nature". IVe siècle avant notre ère.
Une fois encore l'être humain, ou inhumain, n'a pas respecté
la nature et s'est cru le plus fort, le seul, le meilleur et le
plus beau et ceci qu'il soit occidental ou oriental. Et il faut
désormais payer le prix fort. Pour un profit de quelques
poignées de yuan et pour satisfaire la satisfaction de quelques
uns, l'addition va être lourde, très lourde en millions
de dollars, de yen ou d'euros et on demandera finalement au citoyen
de passer à la caisse si il ne passe pas l'arme à
gauche. Lorsque ces plaisanteries finiront par coûter trop
cher en vies humaines (mais peut-être est-on déjà
trop nombreux aux yeux de certains sur cette planète ?) et
en fabuleuses dépenses elles seront probablement interdites.
Et on ne s'en portera que mieux.
Rappelons à tout hasard que le fameuse grippe espagnole,
qui, comme son nom ne l'indique pas, provenait d'Asie et plus particulièrement
du sud de la Chine, prit son essor en automne 1917 à partir
de Macao où on recensa les premières victimes "officielles",
se retrouva en Amérique du Nord au printemps 1918 et mit
trois mois pour parvenir en Europe où elle fit, bon an, mal
an selon les sources de l'époque, entre 20 et 50 millions
de morts. Donc beaucoup plus que la Grande Guerre qui venait de
prendre fin. A en croire les documents d'époque les symptômes
étaient fort semblables à ceux du sras. Mais évidemment
cela n'a rien à voir avec ce qui nous concerne. Nous pouvons
donc dormir tranquille.
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