FFRZ - Un Ovni dans le paysage martial !

La Fédération Française de Ritsu Zen :
une expérience utopique mais bien réelle.

 

La Fédération Française de Ritsu Zen FFRZ

Encore un problème de définitions !
Le Ritsu Zen c'est, étymologiquement, le Zen "debout" en opposition et en complément du Za Zen qui est le Zen "assis".
A l'instar du "Zen dans l'Art chevaleresque du tir à l'arc" de Eugen Herrigel il représente donc la partie la plus active de la méditation.
En précisant que méditation signifie étymologiquement, de son coté,"agir centré " (Medius = le centre, ce qui est centré, ce qui se situe au milieu ; ation (axion, action) = agir, l'acte).
Ritsu Zen se lit en chinois Zhan Chan tandis que Za Zen (ou zazen !) se lit Zhou Chan.
Le terme chinois Chan et le terme japonais Zen, comme le terme coréen Sôn proviennent tous du terme sanscrit Dhyâna (ou Thyan) qui signifie originellement "agir centré". Ce qu'on a donc traduit par "méditation" par simple analogie avec la définition occidentale provenant du latin.
Or, dans les monastères existaient deux principales formes de pratiques : l'entretien du monastère lui-même et les tâches communes effectuées par les moines : jardinage, entretien des allées, polissage des parquets, préparation de la nourriture et, parfois, défense des lieux contre les brigands. Donc pratique des "Arts de Combat".
Pratique dans laquelle excellaient les moines du Monastère de Shaolin (Shaolin Shi) en Chine ou les Moines guerriers japonais, les Yamabushi (Guerriers des Montagnes).
Ces diverses pratiques étaient donc considérées comme "Ritsu Zen" ou "Zhan Chan", la "méditation debout".
La "gymnastique bouddhiste" telle qu'enseignée par Bodhidharma (Daruma, Potitamo, Damo, Tamo...), donc le Yijingking Yisuijing "Nettoyage des muscles et des tendons et purification de la moelle et des sinus", Eiki Kinkyo en japonais. entre dans le cadre de ce "Ritsu Zen".
Donc à la fois des activités de la vie de tous les jours, des techniques de combat et des pratiques de santé et d'éveil.
D'autre part les moines de ces monastères pratiquaient également le Zhou Chan ou le Zazen, donc la "méditation assise".
L'un comme l'autre demeurant normalement indissociables.
Comme Yin/Yang.
Sauf dans les monastères qui avaient les moyens de s'offrir les services de domestiques, de gardes du corps et de masseurs kinésithérapeutes.
Et où on ne pratiquait que le Zazen.
Mais ils étaient assez rares.
Zhan Chan, concernant les pratiques chinoises, c'est aussi "se tenir fermement debout"
donc la fameuse "Posture de l'Arbre" qui se décline en "Adossé à un arbre" ou "Embrassant un arbre". C'est donc "la posture sans posture" ou la "posture naturelle" (Shizentai en Japonais Ziran Taidu ou Tseujan Tai Do en chinois).
C'est la posture permettant de travailler "le mouvement dans l'immobilité" (Kan Tung Pu Kan Tung - Gan Dong Pu Gan Dong dite aussi Wudong) caractéristique de l'enseignement de Wang Xiangzhai dans le Yiquan (I Chuan) et dans le Dachengquan (Ta Tcheng Chuan) et qui se situe justement à la limite entre la pratique de combat (Xingyiquan) et la pratique de santé et d'éveil (Tao-Yin Fa ou Daoyin Qigong).

De nombreuses pratiques dont le Ritsu Zen ou Zhan Chan
La Fédération de Ritsu Zen, n'en déplaise à certains, était déjà quelque peu en avance dans ce domaine particulier.
Elle représentait des pratiques comme le Karatedo ; l'Aïkido ; le Iai Do ; le Naginata ; le Kobudo ; l'Ikebana ; le Shodo ; le Zazen mais également la "Boxe Chinoise" ; la "Gymnastique Taoïste" et, à partir de 1979, suite à l'autorisation de Wang Tse Ming faite à Georges Charles qu'il venait de désigner comme son successeur en titre, l'Ecole San Yi Chuan (San Yiquan) avec le Zhan Chan explicitement cité.
On y retrouvait, entre autres, Claude Schrayer, Philippe Florientiau, Jean Pierre Blain, Pierre Portocarrero et...Georges Charles.
Ce dernier y occupait le poste de Directeur Technique, enseignant 3eme Degré avec une équivalence de Ryunomaki. Distinction japonaise délivrée au dessus du 5eme dan.

Et quelques frictions !
Mais, une fois encore il était difficile de gérer un groupe comportant des pratiques, donc des enseignants, très dissemblables surtout lorsqu'il s'agissait de stages d'été regroupant plus d'une dizaine de disciplines.
D'autant plus que le principe était de rémunérer les enseignants sur leur participation et non sur le nombre de stagiaires qu'ils motivaient ni les cours qu'ils assumaient.
De ce fait ceux qui enseignaient à un nombre important de participants pendant de nombreuses heures de la journée finançaient ceux qui se la coulaient douce avec trois ou quatre stagiaires et une ou deux heures de prestation.
Concernant les Arts Chinois, donc les cours de Georges Charles, ils comprenaient le "Kung-fu Wushu" de style interne et externe, les armes, le Tao-yin, donc de nombreuses heures de pratique avec de nombreux participants.
Jusqu'à soixante.
D'autres pratiques, comme le Zen, pour le pas le citer, regroupaient cinq ou six élèves et se limitait à une heure et demie de Zazen le matin de bonne heure.
Ce qui laissait beaucoup de temps libre à l'enseignant qui ne trouva pas mieux que de venir surveiller les cours des "chinois" et qui prit sur le fait un visiteur, en fait le frère d'un ancien qui passait simplement et qui s'était inclus au groupe pour une heure ou deux, qui n'avait pas payé sa cotisation.
Gros scandale. Reproches. Incompréhension entre la conception "japonaise" et la vision "chinoise" et clash.
Mais en fait le problème devait être latent car la cohabitation devenait de plus en plus difficile entre deux mondes, voire trois si on inclut les "Okinawaiens", très différents.

Georges Charles décida, une fois encore, de démissionner de son poste de Directeur Technique et, partant, de la FFRZ.


Et il décida de créer COREAM.